L'intelligence des limites. Avec Patrick Tort à Issoudun.


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07.2019

L'hypertélie est le développement d'une partie anatomique au-delà de son niveau optimal d'utilité : ramures géantes de cervidés, canines hypertrophiées des "tigres aux dents de sabre", défenses croisées des mammouths, etc. Ces structures, en grandissant au-delà de leur fonction initiale, seraient devenues nuisibles à leurs détenteurs et tendanciellement fatale à la survie de l'espèce.
Contre de trop rapides conclusions sur le caractère "non darwinien" du concept d'hyper-télie, Patrick Tort démontre son origine darwinienne. Il en tire un instrument pour penser la naissance bio-éthologique du symbolique et pour modéliser les conséquences du dogme d'une croissance sans limite propre au capitalisme.

Et ils mirent Dieu à la retraite : quatre siècles d'histoire. Avec Didier Le Fur sur Radio Courtoisie.


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07.04.2019

Entre le XVIe siècle et le début du XXIe, la place, l'écriture, le statut et la réception de l'histoire n'ont cessé d'évoluer, pour aboutir aux formes que nous lui connaissons aujourd'hui. Didier Le Fur montre ainsi que, après la Renaissance, l'explication du passé et de l'histoire du monde par les églises chrétiennes décline, en même temps que naît l'idéologie du "progrès", qui donnera ensuite naissance à la "science" de l'histoire actuelle.
Particulièrement original, porté par un historien capable d'interroger sa pratique comme sa matière, Didier Le Fur nous rappelle que l'écriture de l'histoire en France, à l'image de ses deux principaux courants que sont le "roman national" et l' "histoire mondiale", est encore et toujours largement influencée par l'imaginaire chrétien, ce qu'il serait peut-être intéressant de questionner...

Émission du "Libre Journal des amitiés françaises", animée par Thierry Delcourt.

Critiquer Foucault. Avec Daniel Zamora sur Radio Campus Bruxelles.


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07.01.2015

Lorsque Michel Foucault décède en 1984, c’est également le monde de l'après guerre, ses institutions et ses espoirs de transformation sociale, qui s'éteint avec lui. Les décennies qui suivront seront indéniablement celles du triomphe du néolibéralisme et des attaques contre les droits sociaux. Si Michel Foucault n'en a pas été le témoin direct, son oeuvre dans ce domaine apparaît néanmoins visionnaire. La question du libéralisme occupe en effet une place importante dans ses derniers écrits. Depuis sa disparition, l’appareil de pensée foucaldien a, en outre, acquis une place centrale, pour ne pas dire dominante, au sein d’un large pan du monde intellectuel de gauche.
Pourtant, l'attitude du philosophe face au néolibéralisme fut pour le moins équivoque. Loin de mener une lutte intellectuelle résolue contre la doxa du libre marché, Michel Foucault semble, sur bien des points, y adhérer. Comment en effet interpréter sa critique radicale de la sécurité sociale, qualifiée d'instrument d'accomplissement du "biopouvoir" ? Ou son soutien aux "nouveaux philosophes" ?
Foucault aurait-il été séduit par le néolibéralisme ? Cette question, loin d’incarner simplement les évolutions d'un intellectuel, interroge plus généralement les mutations d'une certaine gauche de l'après-mai 68, les désillusions à venir et les transformations profondes du champ intellectuel français au cours des trente dernières années. Comprendre les années 1980 et le triomphe néolibéral, c'est également explorer les recoins les plus ambigus de la gauche intellectuelle à travers une de ses plus importantes figures.

Gabriele D'Annunzio et le printemps de Fiume. Avec Didier Carette et Luc-Olivier d'Algange sur Méridien Zéro.


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18.12.2018

C'est à un entretien sur Gabriele D'Annunzio et l'expérience mythique de Fiume, en compagnie de Didier Carette et Luc-Olivier d'Algange, que nous avons droit ici.
L'occasion de rappeler qu'un mouvement politique qui se sclérose est un mouvement qui meurt, ce qu'avaient bien compris tous ceux qui avaient participé à cette expérience fondatrice pour les mémoires militantes européennes des XXe et XXIe siècles.

Émission "L'Echo des Canuts", animée par Roberto Fiorini.

Apprendre, éduquer, transmettre. Avec Barbara Stiegler à Cap-Ferret.


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08.06.2019

La philosophe Barbara Stiegler vient de publier "Il faut s'adapter" : Sur un nouvel impératif politique (Gallimard, 2019), dans lequel elle se penche sur les sources biologiques du néolibéralisme.
Car cette idéologie est beaucoup plus structurée, politique et hégémonique que l'affiliation à une simple théorie économique pourrait le laisser penser. C'est avec elle que les catégories empruntées à la biologie que sont l' "évolution", la "sélection", l' "adaptation" et la "compétition" se sont mises à dominer l'ensemble du champ politique contemporain, particulièrement dans les domaines du droit, de l'éducation et de la santé.
Barbara Stiegler, dont les travaux sont à situer dans la lignée de ceux entamés par Michel Foucault, réinstruit le procès du néolibéralisme.

Entretien mené par Sylvie Hazebroucq dans le cadre des 8e rencontres "Cap Philo".

Guillaume Tell était-il le black block des Waldstätten ? Avec David L'Epée à la Nouvelle Librairie.


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15.05.2019

C'est pour la ré-édition du film Guillaume Tell (Michael Dickoff, Suisse, 1961) chez Artus que David L'Epée revient sur ce mythe en analysant, de l'histoire à la légende, le contexte historique, les sources écrites et les controverses sur l'analyse, l'usage et la récupération de ce symbole.
À mi-chemin entre authenticité historique et légende, Guillaume Tell nous rappelle la puissance des mythes mobilisateurs tout en offrant un angle de vue particulièrement intéressant sur l'histoire suisse, des premières unifications jusqu'à la création de la Confédération Helvétique.

Les mafias dans une société démocratique. Avec Jacques de Saint Victor pour le MoDem.


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09.04.2013

La mafia naît sur les décombres du "régime féodal" mais c'’est avec l'’avènement de la démocratie et du capitalisme qu'’elle connaîtra son essor. Elle s'’enracine très tôt à Naples, en Sicile, en Calabre et doit sa prospérité à des "pactes scélérats" passés avec une fraction de l'’élite politique et sociale, tel un pouvoir invisible qui va insidieusement corroder l’'ordre social.
Jacques de Saint Victor reconstitue dans la durée l'’histoire de ces sociétés secrètes et de leur expansion à travers le continent européen. Il visite leur berceau et en retrouve les premiers acteurs, aristocrates véreux, notables sans scrupules, fermiers parvenus, tueurs à la botte.… Il interroge les accointances invisibles de ces "sectes criminelles" avec la démocratie naissante et les suit dans leur conquête de l'’Amérique. Il révèle aussi l'’échec du fascisme à éradiquer une plaie mafieuse qui a su se jouer de son pouvoir totalitaire.
Avec la Guerre froide, on découvre la mutation affairiste des réseaux mafieux et la complexité de leurs méthodes pour parasiter l’'économie libérale. C'’est l’époque de l’'explosion du trafic de drogue, de l’'essor des paradis fiscaux, des compromissions de la banque vaticane et des scandales immobiliers, où se côtoient boss criminels, hommes politiques, industriels et financiers. Avec la chute du Mur, de nouvelles nébuleuses criminelles vont se faire jour en Europe, qui utiliseront ce "modèle" pour conquérir de nouveaux territoires.
Le phénomène mafieux n’est pas consubstantiel à la démocratie et pas davantage au capitalisme ; mais il est le mieux à même de tirer profit des insuffisances de l’'une et de l'’autre.

Une conférence qui s'inscrit dans les "Rendez-vous de la Démocratie", introduite par François Bayrou.

Happycratie. Avec Eva Illouz à la Librairie Mollat.


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15.05.2019

L'industrie du bonheur et du développement personnel prétend que le bonheur se construit, s'enseigne et s'apprend : telle est en tout cas l'idée à laquelle la psychologie positive, née au tournant du siècle, s'attache à conférer une légitimité scientifique. Les individus doivent pouvoir se reprogrammer en créatures capables de faire obstruction aux sentiments négatifs, de tirer le meilleur parti d'elles-mêmes en contrôlant totalement leurs désirs improductifs et leurs pensées défaitistes.
Mais n'aurions-nous pas affaire ici à une autre ruse destinée à nous convaincre, encore une fois, que la richesse et la pauvreté, le succès et l'échec, la santé et la maladie sont de notre seule responsabilité ? Et si la dite "science du bonheur" visait à nous convertir à un modèle individualiste niant toute idée de société ?
Eva Illouz explore les implications d'un phénomène parmi les plus captivants et inquiétants de ce début de siècle, dans la droite ligne de ses précédent travaux qui montraient comment les marchandises et les émotions étaient désormais coproduites au point de se confondre dans nos modes de vies actuels.

Arabie Saoudite, un pays protégé ? Avec Pierre Conesa sur ThinkerView.


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03.07.2019

Alors que la France continue, en toute impunité, de vendre des armes à l'Arabie saoudite ensuite utilisées dans la guerre au Yémen, il est temps de s'interroger sur les complaisances de la diplomatie française envers le régime saoudien.
Car c'est bien un gigantesque lobbying financier à destination de nos politiques et une campagne de communication massive visan l'opinion publique française que mènent l'Arabie saoudite.
Pierre Conesa met à nu le soft power saoudien et révèle les dessous du royaume le plus puissant et le plus secret au monde.
son influence au sein de l'Hexagone.

Un été avec Paul Valéry. Avec Régis Debray à la Librairie Mollat.


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31.05.2019

L'été sied à Paul Valéry (1871-1945), ce solaire impénitent qui nous enjoint de plonger dans la mer pour mieux renaître. Même en maillot de bain, ce grand amoureux des femmes, de la peinture et de la musique, reste un homme du trait, du brillant, de l'éclat, du paradoxe et du charnel. Son oeuvre dessine une rose des vents. L'auteur de l'universel Cimetière marin est aussi "un lanceur d'alerte" sur la fragilité de notre civilisation et de notre société mondialisée.
Régis Debray, dans un entretien avec Jean Petaux, nous présente son portrait de Paul Valéry, notre contemporain brûlant, poète à (re)lire de toute urgence par temps de détresse.

L'Algérie et la repentance coloniale. Avec Daniel Lefeuvre pour Herodote.net.


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04.2006

L'historien Daniel Lefeuvre nous propose de revenir de façon nuancée et critique sur la colonisation et la guerre d'Algérie, pans tragiques de notre passé colonial.
Mais c'est surtout des enjeux de mémoire dont il est question. Car après la décolonisation, une nouvelle génération d'anticolonialistes s'est levée, qui mène combat pour dénoncer le péché capital que nous devons tous expier : notre passé colonial, à nous français.
Mais le passé est-il aussi simple pour se résumer à un affronterment entre des gentils et des méchants ? Et peut-on en finir avec la repentance se faire le chantre de la colonisation ?
Un entretien mené par Richard Fremder, qui risque de heurter les partisans de la commémoration nostalgique comme les tenants d'une repentante mal entendue.

L'avenir de la Palestine. Avec Henry Laurens à Tunis.


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05.03.2019

Alors que le processus de paix avec Israël semble bloqué, que le gouvernement israélien a adopté une loi controversée sur "l'Etat-nation", que les Etats-Unis multiplient les mesures contre les Palestiniens (transfert de leur ambassade à Jérusalem et coupure des vivres à l'agence de l'ONU pour les réfugiés Palestiniens), où en est la question palestinienne dans ce brouillard politico-diplomatique ?
Henry Laurens, titulaire de la chaire "Histoire contemporaine du monde arabe" au Collège de France, revient sur cette question en balayant un siècle d'histoire pour traiter de façon thématique les différentes composantes de la question de Palestine, montrant ainsi son exceptionnelle complexité et son inscription dans une histoire de longue durée.

Une conférence organisée par l'Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain.