Rituels et imaginaires du sauvage. Avec Charles Stépanoff au Musée de la Chasse et de la Nature.


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16.11.2021

A l'occasion de la parution de son essai L'Animal et la mort. Chasses, modernité et crise du sauvage (La Découverte), l'ethnologue Charles Stépanoff déploye, à partir de la figure centrale de lʼimaginaire du sauvage en Occident qu'est le cerf, une réflexion sur lʼévolution de la conception du sauvage et de lʼanimal dans le contexte des bouleversements écologiques et éthiques des dernières décennies.
Confrontant les réponses quʼapportent les peuples chasseurs-cueilleurs animistes, les défenseurs des animaux et les chasseurs occidentaux aux questions morales que pose la violence exercée sur le vivant, Charles Stépanoff interroge lʼuniversalité de la figure du "prédateur empathique" et lʼévolution de la cognition de lʼespèce humaine où elle puise son origine. Et si la trajectoire de la modernité occidentale apparaît sous cet angle singulier, le rapport à lʼanimal y demeure, à lʼinstar dʼautres sociétés hiérarchisées, un puissant opérateur de distinction.

Les sondages disent-ils la vérité ? Avec Jérôme Fourquet pour l'Atelier de la langue française.


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04.2026

Il analyse l'évolution politique et sociale de la France depuis une trentaine d'années ; il est à l'origine de la notion d' "archipel français", qui s'est peu à peu imposée dans le débat public pour décrire les divisions et les fractures de notre pays : c'est en fin observateur de l'Hexagone, passionné de géographie, que Jérôme Fourquet revient sur les grandes métamorphoses de la société française.
Quelques jours après les élections municipales de mars 2026, il commente les résultats de ce scrutin primordial, prélude à la bataille présidentielle. Il décrypte les recompositions politiques en cours et l'ascension des forces radicales, susceptibles de redessiner le paysage électoral à l'horizon 2027.
Face à la lassitude qui étreint la classe politique comme les citoyens, face à des institutions au fonctionnement grippé, face au tourbillon des évènements internationaux, nous lui demandons quelles sont les perspectives pour la France de demain.

Un entretien mené par Lauriane Vague.

La révolution portugaise (1974-75), entre léninisme putschiste et mouvement apartidaire. Avec Charles Reeve pour Sortir du capitalisme.


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2025

Le 25 avril 1974, la Révolution des Œillets met fin à près de cinquante ans de dictature fasciste au Portugal. À l'affut de ce qui va se jouer dans cette partie de la péninsule ibérique, voisine de l'Espagne franquiste, les libertaires des années 68 y décèlent l'émergence d'un socialisme spontané, auto-organisé et "apartidaire".
Un demi-siècle plus tard, Charles Reeve, témoin et acteur (occasionnel) des événements, nous donne une analyse de la révolution portugaise et de ses dynamiques, des stratégies d'entrisme dans l'institution militaire aux luttes populaires de base, du pays fatigué de ses guerres coloniales jusqu'à sa jeunesse et ses travailleurs poussés à l'émigration et à l'exil.

Une émission animée par Armel Campagne.

Les idéologies qui sous-tendent management et coaching. Avec Baptiste Rappin sur Radio Courtoisie.


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15.01.2026

De quoi est-il question, au fond, dans le coaching ? De rien de moins que de la fabrique de l'homme cybernétique planétaire. Méthode d'accompagnement née dans les années 1990 qui se développa dans la décennie suivante, le coaching s'est aujourd'hui pleinement institutionnalisé : il est reconnu, à part entière, comme un outil de développement de la personne qui conjugue recherche du bien-être et souci de l'efficacité, intégré dans le déploiement planétaire du management.
Baptiste Rappin met ici en exergue les fondements philosophiques de ces pratiques, et interroge le type de subjectivité à l'œuvre dans le déploiement opérationnel du coaching, offrant une perspective générale d'interprétation.

Émission du "Libre Journal d'Aude de Kerros".

Le genre du capital : dépossession des femmes et reproduction du patriarcat par la famille et le droit. Avec Céline Bessière et Sibylle Gollac pour Sortir du capitalisme.


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05.2025

On sait que le capitalisme au XXIe siècle est synonyme d'inégalités grandissantes entre les classes sociales. Ce que l'on sait moins, c'est que l'inégalité de richesse entre les hommes et les femmes augmente aussi, malgré des droits formellement égaux et la croyance selon laquelle, en accédant au marché du travail, les femmes auraient gagné leur autonomie. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder ce qui se passe dans les familles, qui accumulent et transmettent le capital économique afin de consolider leur position sociale d'une génération à la suivante.
Fruit de vingt ans de recherches, le travail de Céline Bessière et Sibylle Gollac exposer la façon dont la société de classes se reproduit grâce à l'appropriation masculine du capital. Elles enquêtent sur les calculs, les partages et les conflits qui ont lieu au moment des séparations conjugales et des héritages, avec le concours des professions du droit.
Des mères isolées du mouvement des Gilets jaunes au divorce de Jeff Bezos et MacKenzie Scott, des transmissions de petites entreprises à l'héritage de Johnny Hallyday, les mécanismes de contrôle et de distribution du capital varient selon les classes sociales, mais aboutissent toujours à la dépossession des femmes.

Une émission animée par Armel Campagne.

Génie de René Guénon : Rémi Soulié répond aux questions de Stéphane Zagdanski.


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19.04.2026

Tout au long de son oeuvre, René Guénon a dressé la cartographie la plus rigoureuse et la plus minutieuse des espaces physique et psychique contemporains.
Rien d'étonnant à cela, dès lors qu'il les a représentés à l'échelle immuable de la métaphysique et de l'esprit. Très peu d'abstractions, d’ailleurs, dans ses descriptions et analyses, mais une limpide et sereine exposition des causes et des conséquences du désastre que nous sommes plus ou moins fermement invités à considérer comme une avancée ou un progrès.
Nouvel ordre mondial et mondialisation, uniformisation, chaos social, individualisme, dégénérescence de la monnaie, etc.: très tôt, il a tout vu venir et il a tout décrit, non par grâce divine ou don de clairvoyance, mais par la seule connaissance des principes — notamment cosmologiques — qui régissent la manifestation.
Ainsi se déploie devant nos yeux la ténébreuse fresque du Kali Yuga, jusqu'à la touche la plus actuelle qui parachève l'expression des possibilités les plus inférieures, donc les plus infernales du cycle.
D’évidence, nous vivons "la fin d'un monde" qui, assure pourtant Guénon, "n'est jamais et ne peut jamais être autre chose que la fin d'une illusion". Ce qui n'est pas illusoire, en effet, c'est l'Être, "ce qui est, et qui ne peut pas ne pas être, ni être autre que ce qu'il est". Or, l'Être implique tout aussi sûrement la "rénovation totale" que les hommes fidèles à la Tradition préparent, depuis l' "Abomination de la désolation".

 - 0'00'00 : René Guénon, écrivain français né à Blois
 - 0'07'47 : Fréquentation des milieux occultistes
 - 0'13'13 : Rapprochement avec les intellectuels catholiques
 - 0'23'11 : Initiation à l'hindouisme non-dualiste
 - 0'33'14 : Rupture avec les milieux catholiques
 - 0'41'00 : La contemplation hors de l'action politique
 - 0'43'30 : Cohérence de la pensée de Guénon
 - 0'46'45 : Les cycles cosmologiques selon les Védas
 - 0'53'10 : Fracture du Moyen Âge occidental
 - 0'58'50 : Critique du progrès et de l'égalitarisme
 - 1'13'35 : Déménagement en Égypte
 - 1'17'10 : Installation de Guénon dans l'islam
 - 1'28'20 : Correspondance avec l'intelligentsia européenne
 - 1'32'46 : La crise du monde moderne
 - 2'36'35 : Le règne de la quantité et les signes des temps

Transformations du religieux. Avec Chantal Delsol pour le podcast Hérétiques.


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05.2026

L'effondrement du christianisme semble achevé en Europe, refermant ainsi une période historique de plus d'un millénaire et demi. Mais cette victoire incontestée des luttes anticléricales, antireligieuses, laïques ou athées a un goût amer : plutôt qu'à une généralisation de la libre pensée nous assistons à la prolifération de pseudo-religions de substitution, tissées de croyances, de superstitions et de pensée magique. Ce néo-paganisme, constitué d'un mélange de marxisme dégénéré, de mystiques asiatiques, d'écologie, d'islam, de new age et de wokisme, semble un bouillon de culture qui renverse les normes morales jusque-là évidentes.
C'est en compagnie de la philosophe catholique Chantal Delsol, auteur du livre La fin de la chrétienté (Ed. du Cerf, 2021), qu'est analysé ce basculement historique comme un écho inversé à la christianisation de l'empire romain.

Louis Soutter, le séquestré de Ballaigues. Avec Michel Thévoz et Heinz Holliger sur la RTS.


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26.10.2013

Durant dix-neuf ans, de 1923 à sa mort en 1942, Louis Soutter conçut une œuvre inimitable dans un état de transe créatrice dû aux jeûnes et à de longues marches dans le Jura vaudois. Mis sous tutelle par sa famille pour excentricité, cet artiste cultivé, ancien premier violon de l'Orchestre philharmonique de Genève, est devenu un des peintres suisses marquants du XXe siècle.

Émission "L'horloge de sable", animée par Christian Ciocca.

Bio-objets, les nouvelles frontières du vivant. Avec Céline Lafontaine sur La balado de Fred Savard.


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11.2024

À l'heure où l'on s'inquiète de l'avenir de la biodiversité, de nouvelles formes de vie éclosent chaque jour dans les laboratoires du monde globalisé. À mi-chemin entre le biologique et l'artificiel, les bio-objets (gamètes, embryons, cellules souches) sont les descendants directs des technologies in vitro qui ont permis de cultiver des cellules et des tissus vivants.
Or ces entités biologiques sont, malgré leur omniprésence, des objets insaisissables dont la vitalité brouille de manière concrète le découpage culturel entre sujet et objet, entre nature et artifice, entre humain et non-humain. Dotés d'une très grande plasticité, ils peuvent être congelés, modifiés, transplantés, transportés et échangés.
En quoi leur production croissante transforme notre rapport au vivant et à l'identité corporelle ? Quelles implications matérielles, économiques, sociales et culturelles sous-tendent leur prolifération ?
À partir d'exemples tirés de la médecine reproductive, du génie génétique et d'une enquête menée auprès de chercheurs en bio-impression, la sociologue Céline Lafontaine insiste sur le fait que les produits de la culture in vitro ne sont justement pas des objets comme les autres, du seul fait de leur vitalité biologique. Plus globalement, elle souligne les défis et les questionnements épistémologiques que les bio-objets posent à la sociologie.

12 questions : Thibaut Giraud répond à Alexis Cassel sur Absol Videos.


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11.2018

Thibaut Giraud, alias "Monsieur Phi" sur YouTube, a un doctorat en philosophie et quelques années d'enseignement au compteur. Il s'inscrit dans la philosophie dite analytique qui accorde une importance particulière à la rigueur argumentative et l'ancrage dans les sciences.
Il répond ici longuement aux questions d'Alexis Cassel : l'occasion de mieux découvrir son travail et son approche de la philosophie.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'01'33 : [1] Pourquoi la grande majorité des lycéens n'apprécient pas la philosophie ? Peut-on vraiment noter quelqu'un en philosophie ? Pourquoi lire de la philosophie ?
 - 0'28'58 : [2] Penses-tu que certaines inégalités sont utiles, et auquel cas, lesquelles et pourquoi ?
 - 0'44'06 : [3] Notre conscience n'est-elle que le résultat de courants électrochimiques ? Crois-tu en l'existence du libre arbitre ? La responsabilité dépend-elle du libre arbitre ?
 - 1'17'49 : [4] Le bonheur n'est-il réservé qu'aux imbéciles ? La recherche du bonheur est-elle une quête maudite qui ne conduit toujours qu'à la souffrance ?
 - 1'38'12 : [5] Quel est ton avis sur les religions ? Devrions-nous tous être athées ou même antithéistes, ou au contraire sauvegarder les religions pour nous "canaliser" ?
 - 2'02'10 : [6] L'amortalité serait-elle bénéfique pour l'humain ? Quelle vision du temps aurions-nous en tant qu'amortels ? A quoi ressemblerait un monde d'humains amortels ?
 - 2'30'22 : [7] Quels problèmes éthiques le transhumanisme peut-il poser ? L'eugénisme sera-t-il source de problèmes ? Tel le bateau de Thésée, un humain à 80% robotique serait-il encore le même humain, et même un humain tout court ?
 - 2'49'03 : [8] Comment vois-tu l'avenir de l'intelligence artificielle, et selon toi, quelle réaction devrions-nous adopter face à tous les changements qu'elle va engendrer ?
 - 3'05'33 : [9] Quel est ton point de vue sur notre perception de la réalité ? (Descartes)
 - 3'21'03 : [10] Les mathématiques ont-ils toujours existé ou ne sont-ils qu'une invention humaine pour nous aider à décrire notre perception de la réalité ?
 - 3'40'06 : [11] L'existence humaine et sa conscience ont-elles un sens face à l'immensité de l'univers ? L'avenir de l'humanité se situe-t-il dans l'espace ?
 - 3'52'04 : [12] Quels philosophes déconseillerais-tu de lire et pourquoi ?

L'extase et la transe. Avec Charles Stépanoff et Catherine Clément pour l'Université Populaire du Musée du quai Branly.


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07.06.2012

Chamans sibériens, mystiques soufis, danseurs possédés d'Afrique, transes rituelles ou expériences spirituelles intenses : depuis toujours, l'humanité cherche à sortir d'elle-même, à toucher un autre monde, à dialoguer avec l'invisible.
Deux voix complémentaires dialoguent sur ce phénomène universel et fascinant : Charles Stépanoff, anthropologue spécialiste du chamanisme sibérien et mongol, nous plonge dans les techniques corporelles et cognitives de la transe dans ces régions. Catherine Clément, philosophe et romancière, apporte son regard sur les rapports entre extase, féminité, folie et création.
Ensemble, ils exploreront les frontières mouvantes entre le sacré et le pathologique, la performance et la sincérité, le corps et l'esprit. Qu'est-ce que la transe nous dit de la conscience humaine ? Pourquoi ces états continuent-ils à nous fasciner ?

Les mécanismes de l'ignorance : production, modalités, conséquences. Avec Mathias Girel à l'Académie Royale de Belgique.


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09.04.2025

L'histoire des "marchands de doute" de l'industrie du tabac (santé publique) et du pétrole (changements climatiques) est connue et documentée. Mais les mécanismes de l'ignorance sont un processus complexe à l'intersection de trois dynamiques :
 1. quels acteurs produisent l'ignorance et comment (volontairement ou pas, par mensonge, par omission, par négligence, etc.) ;
 2. comment l'ignorance est-elle reçue par les individus et les groupes sociaux (par ex. consciemment ou à leur insu, avec crédulité, etc. ?) ; et
 3. avec quelles conséquences sociales, politiques et économiques ?
En compagnie du philosophe Mathias Girel, il s'agit de présenter les concepts fondamentaux mobilisés depuis une vingtaine d'années dans le champ des études sur l'ignorance (Ignorance Studies) en ce qu'il présente des textures tout à fait différentes si on la rapporte à des questions ouvertes (thème de l'ignorance scientifique) ou si l'on considère la distribution sociale de la connaissance, comme l'ont montré les études de la censure et du secret notamment.
Elle n'est pas seulement un état mais peut aussi, dans certains contextes, être considérée comme un effet, ce qui ne rend que plus impérieuse l'étude des mécanismes qui conduisent à la produire.
Mathias Girel explorer deux grandes approches : celle qui met l'accent sur les institutions et l'inertie des comportements, et celle qui identifie une dimension "stratégique" dans cette production d'ignorance. Dans les deux cas, il précise la manière dont le public peut se rapporter à cette ignorance produite.