Les croyances : entre causes et raisons. Avec Pascal Engel à la Bibliothèque nationale de France.


(0)
111 Vues
0 commentaire
20.03.2024

La croyance est un concept complexe qui touche à la psychologie, la philosophie, la logique et la sociologie. Le philosophe Pascal Engel en propose une analyse minutieuse en soulignant qu'elle est généralement un état passif de l'esprit, susceptible de degrés tout en manifestant une certaine cohérence rationnelle.
Critiquant les approches purement causales qui réduisent les croyances à des dispositions ou des informations encapsulées ou les théories qui considèrent les croyances comme de simples illusions ou des engagements sociaux, Pascal Engel rappelle que certaines croyances peuvent avoir des effets concrets sur les comportements et défend une conception rationaliste des croyances, où la raison et la délibération jouent un rôle central, et dans laquelle l'éducation est d'une extrême importance.

Venezuela : Trump, le prédateur sans limite. Avec Sylvie Laurent, Christophe Ventura et Gallagher Fenwick sur Blast.


(1)
120 Vues
0 commentaire
01.2026

Sous le vernis d'un discours sécuritaire soigneusement calibré, les États-Unis justifient l'enlèvement de Nicolas Maduro par la lutte contre le trafic drogue. Pourtant, derrière cette rhétorique officielle se cache une réalité bien plus inquiétante.
Cette attitude s'inscrit dans une logique impériale, où la force prime sur le droit et où les institutions internationales ne sont respectées que lorsqu'elles servent les intérêts américains. Les sanctions unilatérales, les menaces militaires, les tentatives de reconnaissance de gouvernements parallèles ou encore les opérations de déstabilisation économique et politique illustrent une volonté claire : soumettre un État récalcitrant à l'ordre géopolitique voulu par les États-Unis.
Car l'enjeu réel dépasse largement la personne de Maduro ou la situation intérieure du Venezuela. Il s'agit du contrôle de ressources considérables, au premier rang desquelles le pétrole, mais aussi de la capacité à empêcher l'émergence de modèles politiques et économiques indépendants de l'influence américaine. Tout dirigeant qui ose affirmer une voie souveraine, remettre en cause l'ordre établi ou refuser de se plier aux exigences de Washington devient une cible potentielle. La destitution, l'asphyxie économique ou le soutien à des forces d'opposition servent alors d'outils pour briser toute résistance.
L'action des États-Unis révèle une continuité historique : celle d'une puissance qui se considère au-dessus des lois internationales, persuadée que rien ne peut ne l'arrêter.

Un échange mené par Yanis Mhamdi.

Jean Coutrot, ingénieur et prophête de la technocratie et du transhumanisme. Avec Olivier Dard sur Radio Courtoisie.


(0)
158 Vues
0 commentaire
31.03.2024

Polytechnicien engagé dans l'industrie, taylorien fervent, Jean Coutrot est un des patrons ingénieurs les plus originaux de l'entre-deux-guerres, soucieux, à travers ses activités d'ingénieur-conseil et ses écrits, de rénover le fonctionnement des entreprises et de transformer les relations sociales : son objectif est de substituer au capitalisme d'alors un humanisme économique. Jean Coutrot est aussi un agitateur d'idées et un publiciste en vue.
Fer de lance du groupe X-Crise, et du groupe du 9 juillet 1934, il fréquente des figures de proue de la mouvance non-conformiste, de Georges Valois à l'Ordre Nouveau. Maître d'oeuvre des entretiens de Pontigny, il lance, avec le patronage d'Aldous Huxley et d'Alexis Carrel, un Centre d'études des problèmes humains. Cette création illustre le passage de Jean Coutrot du statut d'ingénieur à celui du prophète soucieux de régénérer une humanité jugée sclérosée et de bâtir, sur un soubassement rationaliste, un homme nouveau.
Loin d'oeuvrer au service d'une prétendue synarchie, Jean Coutrot professe ses idées au grand jour et espère les voir mises en oeuvre en 1936-1937, lorsqu'il conseille Charles Spinasse, le ministre de l'économie nationale du front populaire.
L'échec de Coutrot ne saurait faire oublier l'importance du personnage, qui ne tient pas tant à son individualité qu'au carrefour que représentent les groupements qu'il anime et qui permet de revisiter, sur un mode inédit, les novations intellectuelles des années trente.

Deux concepts de liberté. Avec Olivier Boulnois aux Facultés Loyola Paris.


(0)
162 Vues
0 commentaire
01.01.2026

La question de la liberté est à la fois fondamentale et posée en des termes qui la rendent insoluble : comment penser une action libre si l'on admet que les phénomènes sont soumis à la causalité ?
En analysant l'émergence du concept de libre arbitre, Olivier Boulnois propose une autre généalogie de la morale. Sous un problème en apparence évident (la liberté de la volonté, née de l’idée de responsabilité, et la difficulté de penser cette liberté dans un monde régi par des rapports de cause à effet), il débusque une série de questions correspondant aux différents sens de la liberté : la liberté à l’égard d'une contrainte n'est pas la liberté à l'égard des causes extérieures ou internes ; elle peut viser la liberté d'agir, mais aussi la liberté de choisir entre plusieurs options et la liberté de vouloir ou de ne pas vouloir.
D'une liberté à l'autre, les questions ne sont pas les mêmes – ainsi, Aristote élabore une théorie cohérente de l'action sans poser la question de la liberté. Il fallait faire apparaître l' "impensé" des théories du libre arbitre pour poser correctement la question, et espérer la résoudre.

Le Monde selon Todd, sur Fréquence Populaire.


(0)
1307 Vues
0 commentaire
2025

Une pensée libre, une méthode unique, une voix à part : le démographe et politologue Emmanuel Todd analyse les grands bouleversements géopolitiques, économiques et sociaux qui bouleversent notre monde. Comprendre le chaos mondial avec une grille de lecture singulière et rigoureuse, entre anthropologie, histoire longue et lucidité politique, nous permet de nous décoller de l'actualité immédiate et de ses effets d'annonce pour nous focaliser sur les tendances lourdes qui structurent le devenir des nations.

 1. Les États-Unis sont-ils en situation de déclin économique et social ? Donald Trump doit-il être compris comme symptôme d'une fracture civilisationnelle profonde ?
 2. Autrefois modèle de rigueur économique et de stabilité, l'Allemagne traverse une crise profonde, entre récession, dépendance énergétique, et fragilisation sociale.
 3. S'appuyant sur son ouvrage Les luttes de classes en France au XXIe siècle, Emmanuel Todd dresse un constat alarmant de l'état social, économique et politique de la France. Il décrypte notamment les fractures invisibles qui menacent le pays : paupérisation, crise de l'État, inégalités croissantes, fracture générationnelle, mortalité infantile en hausse et déconnexion des élites, davantage obsédées par l'Ukraine que par le quotidien des Français...
 4. Donald Trump ayant déjà passé trois mois à la tête des Etats-Unis, il est possible de dresser un bilan du début de sa mandature. L'occasion pour Emmanuel Todd de mettre en lumière les fractures invisibles de la société américaine : paupérisation, crise de l'État Fédéral, inégalités croissantes et fracture sociale. L'Occident est-il en voie d'effondrement ?
 5. Les tensions entre Israël, l'Iran et les États-Unis virent à la guerre : les ressorts profonds de cet affrontement ne seraient-il pas à chercher dans l'effondrement du modèle américain, l'impasse stratégique israélienne, les malentendus sur l'Iran chiite et la société iranienne, le délitement du discours occidental et les risques de prolifération nucléaire ? Une nouvelle "guerre éternelle" peut-elle s'installer ?
 6. La France est en crise, avec une dette massive, des mobilisations sociales et une instabilité politique chronique. Elle est aussi le siège d'une revendication égalitaire forte, reflet d'un malaise social profond, sur fond de fragmentation sociale en "archipels", où classes populaires, moyennes et élites vivent séparées et dans un mépris réciproque, nourrissant la crise démocratique et la montée des extrêmes. À l'international, le rapport asymétrique et néocolonial entre l'Europe et les États-Unis devient chaque jour plus évident, pointant vers un futur marqué par l'effondrement progressif de l'Occident, la fin de l'hégémonie américaine et un basculement du monde vers la multipolarité.
 7. Alors que l'Occident vit une défaite sans vouloir y croire (militaire face à la Russie, économique face à la Chine), l'Asie redevient naturellement le centre du monde, portée par des géants démographiques et économiques (Inde, Chine, Indonésie), et par des transformations sociales massives — croissance des tailles, allongement de l'espérance de vie, urbanisation fulgurante. Il s'agit également de comprendre la grande énigme démographique asiatique, à savoir des niveaux de fécondité très faibles, et de décrypter la montée des tensions sino-japonaises autour du statut de Taïwan.

Une série d'entretiens menée par Diane Lagrange.

Faut-il en finir avec le gouvernement des juges ? Avec Jean-Éric Schoettl pour le Cercle Droit et Liberté.


(0)
163 Vues
0 commentaire
05.2022

Une fissure s'est ouverte, depuis une cinquantaine d'années, entre juge et démocratie représentative. La montée en puissance du premier anémie la seconde.
L'emprise du juge sur la démocratie revêt deux aspects distincts : le droit se construit désormais en dehors de la loi, voire contre elle ; la pénalisation de la vie publique est croissante. Ces deux aspects sont liés car ils conduisent tous deux à la dégradation de la figure du Représentant : le premier en restreignant toujours davantage son champ d'action ; le second en en faisant un perpétuel suspect.
Le mal qui ronge aujourd'hui la démocratie paraît se situer beaucoup plus là - c'est-à-dire dans l'abaissement du Représentant, dans le rétrécissement de la souveraineté du peuple, dans la rétraction de l'autorité publique - que dans les réactions allergiques que provoque cet affaiblissement de l'État : abstention, populisme, illibéralisme.
Cet ascendant croissant du pouvoir juridictionnel sur les autres a-t-il amené davantage de rigueur et de transparence dans le fonctionnement démocratique ? Il se découvre chaque jour un peu plus qu'il n'a fait que remplacer le caprice du prince par le caprice du juge.
D'où la question : que faire pour restaurer une juste séparation des pouvoirs ?

Un échange mené par Caroline Brézet.

Sur les principes de la Philosophie du Droit de Hegel. Avec Franck Fischbach à la Librairie Tropiques.


(0)
128 Vues
0 commentaire
16.10.2025

S'inscrivant dans la continuité des travaux de Bernard Bourgeois, le philosophe Franck Fischbach analyse ici la structure des Principes de la philosophie du droit de Hegel, conçue initialement comme un manuel universitaire. Il se focalise sur le déploiement du concept de "volonté libre", qui permet à Hegel de dialectiser le passage du droit abstrait et de la conscience morale subjective vers l'éthicité concrète (Sittlichkeit), stade où l'individu se réalise au sein de la famille, de la société civile et de l'État.
Lors des développements, la vision hégélienne est confrontée à la critique marxiste, abordant la tension entre l'idéalisme de Hegel et le matérialisme historique. Il explore des concepts clés tels que l'universel concret, les dangers d'une liberté abstraite menant au fanatisme, et la distinction entre la morale individuelle et les mœurs sociales.
L'échange s'étend également aux interprétations politiques postérieures, évoquant les lectures de Lénine ou Kojève, pour questionner la pertinence de ces outils philosophiques dans l'analyse des rapports de pouvoir modernes.

Comment l'Islam a-t-il évolue depuis ses origines ? Avec Mohammad Ali Amir-Moezzi pour l'association Cordoba.


(0)
140 Vues
0 commentaire
10.04.2018

Les tout premiers siècles de l'islam furent marqués par deux faits majeurs indissolublement liés qui ont déterminé les évolutions historique et spirituelle de cette religion jusqu'à nos jours : l'élaboration des sources scripturaires, à savoir le Coran et le Hadith, et une violence chronique se manifestant principalement sous forme de guerres civiles.
Mohammad Ali Amir-Moezzi, islamologue français spécialiste du chiisme, étudie l'articulation entre les deux phénomènes à travers l'examen minutieux de l'histoire des textes anciens et propose une nouvelle grille de lecture, un nouveau cadre de théorisation de l'histoire des débuts de l'islam, éclairant, en les mettant en perspective, jusqu'aux tensions contemporaines.

Franz Kafka (1883-1924). Avec Marthe Robert, Eduard Goldstücker, Ivo Fleischmann et Joël Askénazi sur France Culture.


(0)
145 Vues
0 commentaire
19.03.1987

Depuis la mort de Kafka, chaque mouvement de pensée de ce siècle a, jusqu'à aujourd'hui, tenté tour à tour de s'approprier et d'exclure son œuvre. En France, le surréalisme, l'existentialisme, le Nouveau Roman et le structuralisme ont marqué de leur empreinte la lecture que nous faisons du Procès ou du Château : les intellectuels communistes, et non des moindres, se demandaient, dans notre pays, s'il fallait "brûler Kafka" ; en Tchécoslovaquie, d'autres communistes, au fameux congrès de Liblice de 1963, tentaient la réhabilitation d'un auteur jusque là interdit, et donnaient le feu vert à ce qui devait s'appeler trop prématurément "le printemps de Prague".
Aujourd'hui, de nouvelles traductions de ses œuvres ont été faites. La critique essaie de se refaire, dans le mesure de ses possibilités, une "virginité" du regard, où l'ironie, l'humour noir du texte l'emporteraient sur toutes les exégèses métaphysiques du passé.
A travers ce sinueux parcours, il s'agit donc de laisser parler le texte de Kafka (son journal, sa correspondance, aussi bien que la fiction) qui n'appartient à personne et demeure ainsi le bien de tous : il s'agit alors de cheminer le long de cet itinéraire qui demeure à plus d'un titre essentiel et unique pour tous ceux que l'enjeu de l'écriture interroge et met en jeu.

Émission "Une vie, une oeuvre", réalisée par Marie-Christine Navarro et Claude Giovannetti.

Transhumanisme et sociéte : regards sociologiques critiques sur l'idéologie de l'humain augmenté. Avec Nicolas Le Devedec à l'Université du Québec à Montréal.


(0)
138 Vues
0 commentaire
19.04.2024

Le transhumanisme est un courant de pensée animé par l'ambition centrale d'augmenter, grâce aux nouvelles technologies, l'être humain et ses performances intellectuelles, physiques et émotionnelles en vue d'accéder ni plus ni moins qu'à un nouveau stade de l'évolution. Porté par une diversité d'acteurs (ingénieurs, entrepreneurs, philosophes, bioéthiciens, etc.) et appuyé par de grandes entreprises, le transhumanisme connaît aujourd'hui un rayonnement international en même temps qu'il nourrit de nombreux débats et controverses.
Faut-il condamner le transhumanisme au prétexte que la réalisation de ses idées mettrait en péril la nature même de l'être humain, comme le font valoir certains de ses opposants ? Faut-il au contraire envisager de l'encadrer en régulant les développements technologiques dont il se réclame, qui constituent aux yeux de beaucoup une révolution de toute façon inéluctable ? Et si le débat était ailleurs ?
À partir d'un regard sociologique critique, Nicolas Le Devedec invite à prendre du recul sur ce mouvement de pensée, en le resituant dans son contexte social et historique et en éclairant les enjeux sociaux, politiques et écologiques trop souvent invisibilisés qu'il soulève. 

Une conférence organisée par le Collectif Société.

La bataille de la Sécu : une histoire du système de santé. Avec Nicolas Da Silva à la Librairie Terra Nova.


(0)
154 Vues
0 commentaire
27.10.2022

Comment a-t-il été possible de construire la Sécurité sociale en 1946 dans un pays où la population dépendait de tickets de rationnement pour se nourrir alors qu'aujourd'hui nous ne serions pas capables de l'étendre dans un pays qui a rarement été aussi riche ? Nicolas Da Silva propose une histoire des transformations de la protection santé en France de 1789 à nos jours, à travers le prisme des conflits qui l'ont façonnée.
Au cours de la Révolution de 1789, alors que les débats sur la place de l'État et du capital dans la protection santé se déroulent dans des termes très contemporains, l'État refuse de procéder à des réformes d'envergure. Les mutuelles naissent alors comme forme d'auto-organisation malgré les interdits et la répression. Par crainte de leurs velléités révolutionnaires, l'État se réapproprie l'esprit des mutuelles par une série de loi à partir de 1852. C'est avec la Première Guerre mondiale que naît véritablement l'État social : la conduite et les conséquences de cette "guerre totale" renforcent le rôle de l'État dans la société, et son besoin de prendre soin comme de contrôler la population. L'État social en France n'est pas le produit de la bienveillance parlementaire mais celui de la guerre.
Après 1945, deux logiques en germe depuis un siècle s'affrontent directement : d'un côté, des militants cégétistes issus de la Résistance mettent en place en quelques mois un système de sécurité sociale autogéré par les intéressés, dans la tradition de la "Sociale" initiée par la Commune de Paris ; de l'autre, dès 1946, l'État cherche à mettre la main sur la "Sécu" contre le pouvoir populaire. Bientôt, il va modifier les principes de l'institution – de "chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins" à "chacun paye selon ses moyens et reçoit selon son niveau de risque".
Au gré des réformes, l'État social renforce un capitalisme politique où la proximité entre élites politiques et économiques impose des politiques souvent en contradiction avec les aspirations populaires. Si les dépenses de santé ne baissent pas, elles sont de plus en plus contraintes (nouvelle gestion publique) et changent de nature. Au nom de la lutte contre les déficits – c'est l'invention du "trou de la Sécu" –, la politique de ciblage des dépenses vers les plus pauvres et les plus malades ouvre un espace pour l'épanouissement des alliés politiques de l'État (médecine libérale, complémentaires santé) et pour le capital (cliniques, industrie pharmaceutique).
La pandémie a mis en lumière toute l'absurdité de ces évolutions et l'impérieuse nécessité à reprendre le pouvoir sur la sécurité sociale.

Les grandes philosophies. Avec Charles Robin sur Le Précepteur.


(1)
728 Vues
0 commentaire
2025

Au fil des siècles, de nombreux courants de pensée ont façonné notre conception du monde et notre manière d'appréhender l'existence : Qu'est-ce que la vérité ? Comment peut-on vivre heureux ? Dieu existe-t-il ? Quel est le sens de notre vie ?
Bien loin du jargon des spécialistes, le professeur de philosophie Charles Robin nous rend accessible les œuvres des plus grands philosophes afin d'en faciliter la compréhension et, pourquoi pas, de nous faire changer le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde.
Une initiation sérieuse à une discipline souvent difficile d'accès, dans un langage clair et une atmosphère détendue.