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Evangéliques ou évangélistes ? Ceux dont il est ici question ne sont pas les quatre évangélistes, Matthieu, Marc, Luc et Jean, mais bel et bien les évangéliques, les croyants qui se réclament de cette branche du protestantisme. Branche vivace, très vivace. Nous les voyons dans nos rues chanter avec exaltation, nous lisons leurs graffitis "Jésus sauve" dans nos villes. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Que veulent-ils ?
L'historien du protestantisme Sébastien Fath révèle leur histoire, à partir du moment où Voltaire les découvrit avec curiosité, jusqu'à leur implantation aux Etats-Unis, où, comme on sait, ils ont fortement contribué à l'élection de Donald Trump, puis dans le reste du monde, et singulièrement en France.
Prosélytes plus qu'aucune autre religion peut-être, ils sont devenus un pouvoir à la conquête du monde. On connaît leur influence dans l'électorat MAGA aux Etats-Unis.
Et en France ? De 50'000 environ en 1950, ils y sont aujourd'hui 1,1 million – ne cessant de croître et de multiplier. Ils ont leurs stars, du footballeur Olivier Giroud au chanteur Kendji Girac en passant par l'ex-braqueur repenti Yannis Gauthier, ils ont leurs pasteurs, venant souvent de puissants réseaux africains, ils ont de l'argent, ils ont des idées morales et politiques. Faut-il les craindre ?
Sans sensationnalisme, avec rigueur, Sébastien Fath fait le constat d'une révolution dans le christianisme et dans nos sociétés.


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Le présent a besoin d'une histoire, ou plutôt d'histoires plurielles, qui considèrent à parts égales le passé de toute l'humanité. Mieux comprendre ce qui s'est réellement joué entre les différentes parties d'un monde clivé par ses frontières est une nécessité vitale. Et celle-ci ne peut être mise en œuvre que dans une perspective élargie, qu'entend apporter l'histoire globale : une analyse jouant des échelles temporelles et géographiques, s'affranchissant des frontières disciplinaires.
Les travaux de Laurent Testot esquissent, à travers différents thèmes (mondialisation, capitalisme, modernité, échanges, environnement…), une histoire de notre Monde, de nos passés divers qui se sont rencontrés depuis fort longtemps et qui, sinon, auraient à coup sûr été différents…
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Né et mort à Zurich, où il a passé une bonne partie de son existence, Max Frisch a acquis une stature unique dans les lettres suisses, devenant un exemple pour toute une génération d'intellectuels engagés de l'après-guerre.
Architecte devenu écrivain, il a questionné, dans une Suisse épargnée par la guerre et encline à l'autosatisfaction, la capacité prospective et utopique d'une démocratie directe qu'il jugeait trop normative. Cette posture courageuse lui a valu, jusqu'à la fin de sa vie, une hostilité tenace des élites politico-militaires du pays, surtout en Suisse alémanique.
Écrivain contestataire de la bien-pensance helvétique, marqué par la Guerre froide, le romancier et dramaturge voulait bousculer l'establishment, qui le lui a bien rendu. Mort le 4 avril 1991 à l'âge de 80 ans, quelques mois après son alter ego Friedrich Dürrenmatt, le Zurichois a laissé un grand vide, notamment sur le plan intellectuel et politique.
Qui croit encore à la capacité de régénérer la société par l'utopie ? Existe-t-il toujours des intellectuels qui savent allier dénonciation politique et grand art littéraire ?
Émission "L'horloge de sable".
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L'historien Rashid Khalidi bouleverse les interprétations communément admises de la question palestinienne qui tendent, au mieux, à décrire le conflit israélo-palestinien comme un affrontement tragique entre deux peuples revendiquant la même terre. Il s'emploie plutôt à retracer un siècle de guerre coloniale menée contre une population autochtone, d'abord par le mouvement sioniste, puis par Israël, soutenu par la Grande-Bretagne et les États-Unis.
Il met en lumière les épisodes clés de cette campagne coloniale, de la déclaration Balfour de 1917 à la destruction de la Palestine en 1948, de l'invasion du Liban par Israël en 1982 aux échecs des processus de paix contemporains. Loin de tout récit victimaire, ses travaux n'occultent ni les erreurs des responsables palestiniens, ni le rôle des dirigeants arabes, ni celui de l'émergence de mouvements nationaux.
Rashid Khalidi nous permet de comprendre comment des événements de toutes sortes à l'échelle locale, régionale et surtout internationale se sont conjugués pour déposséder progressivement les Palestiniens de leur pays. Il offre un regard original et passionnant sur le conflit le plus inextricable du Moyen-Orient.
Un échange mené par Gabrielle Cathala.


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Cet entretien avec Thierry Coville est l'occasion d'aborder de nombreux enjeux clés de la société iranienne : légitimité du régime, fonctionnement des institutions, relations extérieurs, arsenal nucléaire, sanctions américaines et futurs de la société iranienne.
Une tentative d'éclairer la situation politique et économique de l'Iran contemporaine.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'02 : Parcours de Thierry Coville en Iran
- 0'03'52 : Relations exterieurs de l'Iran
- 0'04'11 : Protocole d'accord
- 0'08'00 : Pourquoi Trump relance-t-il cette guerre ?
- 0'12'50 : Réaction européenne
- 0'14'35 : Sanctions nucléaire irannien
- 0'26'50 : Régime politique interne
- 0'39'00 : Situation économique
- 0'42'49 : Questions de l'association
- 0'43'28 : Adaptions de l'Iran sous embargo
- 0'47'37 : Risque de guerre civile
- 0'53'20 : Relation linguistique avec la France
- 0'57'01 : Futur de la société iranienne
- 1'06'07 : Questions du public
- 1'06'20 : Pétrole iranien et intérêt économique américain
- 1'14'34 : Pourquoi ne pas bloquer le détroit plus tôt ?
- 1'27'48 : Logique de la stratégie américaine


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Nous avons moins d'enfants. Nous avons des raisons : économiques, écologiques, professionnelles, psychologiques. Mais derrière ces raisons, des questions plus sourdes affleurent.
Mettre au monde un enfant, c'est parier sur demain, croire qu'il mérite d'être habité.
Avons-nous cessé de croire au monde que nous laissons ? Ou est-ce notre rapport au temps, au corps, à la liberté, qui s'est transformé ? Moins d'enfants : est-ce un choix rationnel, une fatigue civilisationnelle, ou un symptôme plus profond ? Que dit cette dénatalité de notre conception de la vie, de l'amour, de la responsabilité ?
Autant de questions qui touchent à l'intime autant qu'au politique.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'03'10 : Pourquoi avez-vous des enfants ?
- 0'06'40 : Charge financière de la parentalité
- 0'14'30 : Les pressions sociales liées à la parentalité
- 0'21'00 : Sexualité & natalité
- 0'27'30 : Ecologie & natalité
- 0'37'00 : Pourquoi la natalité est-elle importante ?
- 0'45'00 : Nos sociétés sont-elles faites pour les enfants ?
- 0'50'20 : Comment transformer nos sociétés ?
- 0'56'20 : Infécondité & natalité
- 1'06'30 : Pistes politiques
- 1'09'00 : Conclusion
Une rencontre animée par Alexandre Wirth.


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Serions-nous entrés dans une société du discrédit ? Et si notre inconscient collectif accordait plus d'attention au scandaleux, à l'outrance, au grotesque, à ce qui ne peut susciter ni estime ni adhésion ? C'est le constat assez sombre que dresse l'essayiste Christian Salmon.
Dans son ouvrage L'Empire du discrédit (Les liens qui libèrent, 2024), il décrypte le phénomène de "profanation" des valeurs qui s'immisce dans nos sensibilités.
En résumé, la tendance de fond dans nos sociétés contemporaines n'est pas seulement le doute - des institutions, de la parole rationnelle et des discours scientifiques - mais une certaine fascination pour la destruction.
Émission "Dialogue", présentée par Sarah Brunel.



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C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.


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Denis de Rougemont s'est alarmé depuis 1928 du productivisme industriel en prophétisant l'écrasement des communautés par les visées belliqueuses des états-nations et la possible déflagration d'une guerre nucléaire.
Son écologie politique annonçait la pensée universaliste d'Ivan Illich, audacieuse dans les années 1970, et les observations actuelles mais désabusées de Dominique Bourg sur notre capacité à changer de modèle économique.
Trois prophètes qui ont souvent prêché dans le désert mais dont les réflexions s'avèrent plus nécessaires que jamais.
Émission "L'horloge de sable", animée par Christian Ciocca.


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Entre héritage grec, idéalisme allemand et spiritualité orthodoxe, la philosophie russe offre une perspective unique sur l'Occident. Rambert Nicolas nous offre une plongée dans les travaux de Soloviev, Berdiaïev, et les éurasistes, pour comprendre leurs critiques et leurs propositions.
- 0'00'12 : Introduction et remerciements
- 0'00'32 : L'absence institutionnelle de la philosophie russe
- 0'02'05 : Les préjugés occidentaux sur les penseurs russes
- 0'11'22 : Vladimir Soloviev, père de la philosophie russe
- 0'13'16 : L'âge d’argent et la philosophie religieuse russe
- 0'14'07 : Le malaise russe face au modèle occidental
- 0'16'17 : Critique de l'État-nation et du libéralisme
- 0'22'35 : Le nihilisme : qui sont les vrais nihilistes ?
- 0'30'54 : La vision russe du sacrifice et de la mort
- 0'38'52 : L'Occident accusé de nihilisme
- 0'43'38 : L'héritage spirituel contre le matérialisme
- 0'46'25 : Conclusion : la Russie face à l'Occident
- 0'47'30 : FAQ
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Karl Marx n'est pas mort le 14 mars 1883. Il a quitté Londres pour partager la vie des Iroquois sénécas. Il avait eu connaissance de leur démocratie exemplaire par la lecture de travaux ethnologiques. Il veut faire enfin l'expérience d'une autre vie, d'un libre communisme d'amitié et de partage. Cette décision radicale va le lancer dans des aventures imprévues et l'amener à faire des découvertes bouleversantes.
Comment devient-on Iroquois quand on s'appelle Marx ? Par quelles métamorphoses passe-t-on quand, après avoir tombé le masque de l'ethnologue, on est adopté par les irréductibles Red Guns ? Comment se transforme-t-on en guerrier prêt à tout, jusqu'au meurtre, pour venger le peuple sénéca ? Et quel regard porte-t-on alors sur sa vie ancienne, son oeuvre, ses combats ?
Quand ce Marx spectral et pourtant plus vivant que jamais retrouve son ami Engels et sa fille cadette Eleanor au bord des chutes du Niagara, la confrontation des mondes est inévitable. Et le destin surprenant des personnages, leurs désirs et leurs drames, résonnent alors comme autant d'appels pour changer la vie et révolutionner la terre entière.
C'est un homme de notre temps qui s'adresse à nous. Un Marx inattendu, et qu'on attendait.
Un entretien conduit par Franck Gaudichaud et Emmanuelle Perez.


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Scientia potentia est — le savoir c'est le pouvoir. L'adage prend un tour singulier à l'heure du capitalisme numérique.
1. Technoféodalisme. Né dans le cyberpunk des années 1980, ce concept s'oppose à l'idéologie californienne, qui promettait une cure de jouvence du capitalisme : moins de coûts d'échange, plus de petits producteurs, moins d'État — le fantasme d'une start-up nation. Cette redynamisation n'a pas eu lieu. Dans les années 2020, c'est plutôt le spectre technoféodal qui prend forme : par-delà la conjoncture, un processus de reconfiguration du mode de production est à l'œuvre, où un post-capitalisme régressif apparaît comme un avenir possible.
2. Nouvelles enclosures. Depuis les années 1980, l'extension des droits de propriété intellectuelle, partie des États-Unis, s'est propagée mondialement — suscitant l'opposition des pays en développement et des activistes, notamment en santé, dénonçant ces "nouvelles enclosures". Mais cette privatisation juridique n'est pas la forme la plus puissante de monopolisation. En contrôlant les réseaux d'innovation, en accumulant données et compétences, les Big Tech sont devenus de nouveaux monopolistes. L'évaporation de la concurrence va de pair avec une nouvelle stratification sociale et une remise en cause de la souveraineté des États.
3. Cyber-écosocialisme. Paradoxalement, ces mêmes infrastructures ouvrent des voies pour la crise écologique. La planification à l'ère de l'anthropocène s'inverse : il ne s'agit plus d'accélérer la croissance mais de planifier la décroissance de l'impact biophysique. Et là où le traitement de l'information bloquait la planification au XXe siècle, le numérique permet désormais une connaissance en temps réel du métabolisme terrestre. Cette maîtrise technique ne saurait pourtant se réduire au contrôle : elle doit laisser place au sens, à l'autonomie individuelle, à la diversité des manières d'être au monde. Telle est la voie étroite d'un rationalisme démocratique et tempéré, au service de la justice écologique.