Les enjeux de l'anthropologie. Avec Philippe Descola sur France Culture.


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01.01.2018

Comment, aujourd'hui, faire de l'anthropologie ? Comment repenser la notion de nature en pleine crise écologique ? Quelles pistes envisager pour repenser le rapport humains/non humains ?
En cette nouvelle année 2018 qui débute sur fond de crise écologique, de chute de la biodiversité et de saccage continu et répété de ce que nous qualifions notre patrimoine naturel, ne faudrait-il pas tout simplement repenser cette notion de patrimoine et notre rapport à la nature ?
C'est précisément ce que fait Philippe Descola depuis ses premiers voyages chez les Jivajos Achuar en Amazonie jusqu'à ses appels récents à dynamiter l'anthropocentrisme et l'eurocentrisme des sciences sociales.
Parce que s'il est une certitude et une seule en cette nouvelle année, c'est que oui, les concepts changent le monde...

Émission "La Méthode scientifique", animée par Nicolas Martin.

À quoi tient une société ? Avec Frédéric Lordon à l'Université d'Evry.


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11.04.2019

Sachant qu'il n'existe pas de force intrinsèque des idées vraies, comment les valeurs et les idées peuvent-elles nous affecter si nous voulons mettre en place des modèles de société plus justes, plus démocratiques et plus égalitaires ?
Le sociologue, philosophe et économiste Frédéric Lordon nous montre, à partir d'une anthropologie spinoziste, comment les affects collectifs font tenir les sociétés, et nous enjoint à en tirer toutes les conséquences logiques.

Une séance animée par Daniel Bachet et Victor Collard.

Vassili Grossman, les manuscrits ne brûlent pas. Avec Luba Jurgenson, Alexis Berelowitch, François Bonnet, Pierre Daix et Tzvetan Todorov sur France Culture.


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16.09.2001

"Pour qu'existe le socialisme dans un seul pays, il fallait priver les paysans du droit de semer et de vendre librement, et Staline n'hésita pas : il liquida des millions de paysans. Notre Hitler s'aperçut que des ennemis entravaient la marche de notre mouvement national et socialiste, et il décida de liquider des millions de Juifs."
Ce passage du roman Vie et destin de Vassili Grossman stupéfie les censeurs soviétiques de 1960. Rapporter les propos d'un dignitaire nazi qui démontre à un responsable bolchévique la gémellité de leurs régimes respectifs, cela dépasse l'entendement... Ce roman, s'il doit être édité un jour, ne le sera que dans 300 ans - tel est le verdict des plus hautes autorités qui ordonnent la confiscation du manuscrit. Une affaire insensée dont s'est rendu coupable un auteur considéré, jusque-là, comme un écrivain responsable !
Quel rapport y a-t-il en effet entre le Vassili Grossman auteur de Vie et destin et le Vassili Grossamn né en 1905, ancien ingénieur dans une mine puis dans une usine de crayons, bon écrivain soviétique, béni par Gorki, capable depuis 1934 de réussites dans des genres aussi différents que les récits sur la guerre civile, les romans "industriels", l'épopée ouvriériste, le théâtre, les reportages de guerre et même la fresque historique sur la bataille de Stalingrad intitulée Pour une juste cause ?
Vassili Grossman est un "cas". Vingt ans après, Vie et destin, le roman maudit conçu comme la deuxième partie de Pour une juste cause, passe clandestinement en occident pour être publié en russe, en 1980, à Lausanne, à l'Age d'Homme. Très peu de temps après, il paraît en français, devient un best-seller international avant d'être édité en 1988, en URSS, en plein Pérestroïka. Belle revanche pour un auteur mort désespéré en 1964. Une fois de plus c'est Mikhaïl Boulgakov qui a raison : "les manuscrits ne brûlent pas". En Russie du moins.
La vie et l'oeuvre de cet "écrivain russe du destin juif", selon la belle expression de Simon Markish, permettront encore longtemps de comprendre le XXe siècle et ses horreurs. Mais sa "leçon des ténèbres" n'est pas qu'un chant funèbre comme en témoignent les carnets d'Ikonnikov de Vie et destin, le roman posthume Tout passe ou la nouvelle La Madonne sixtine... Autant que la beauté qui, selon Dostoïevski, devait sauver le monde, la bonté, nous dit Grossman, peut elle aussi accomplir ce miracle...

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Michel Parfenov.

Pierre-Yves Rougeyron : grand entretien pour le Cercle Aristote.


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09.2019

Dans ce grand entretien de rentrée, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique de septembre 2019.
Une analyse où les actualités nationale et internationale sont passées au crible de l'intérêt français souverain.

PARTIE 1
1. Cercle Aristote :
 - 00'20 : actualité éditoriale
2. Questions nationales :
 - 09'55 : Chirac, la mort du Grand Con
 - 30'45 : la Convention de la Droite
 - 45'40 : l'incendie de Lubrizol à Rouen
 - 52'15 : Justice, affaires Balkany et Mélenchon
 - 57'25 : Onfray vs. Asselineau

PARTIE 2
3. Questions internationales :
 - 00'05 : le Brexit
 - 24'50 : Italie -Salvini
 - 33'50 : Trump
 - 39'20 : Greta...
4. Economie :
 - 44'55 : pauvreté de masse en Allemagne
 - 47'50 : la crise

La place de la femme dans la société française. Avec Mona Ozouf sur Radio Courtoisie.


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01.1996

La France a longtemps passé pour le pays des femmes. Elle a pourtant la réputation d'être aussi celui d'un féminisme timoré qui a tardé plus qu'ailleurs à asseoir ses conquêtes. D'où vient cette timidité ? Et pourquoi le discours du féminisme extrémiste trouve-t-il en France si peu d'écho ?
C'est ce paradoxe qu'explore Mona Ozouf, en cherchant à écouter et à faire entendre "les mots des femmes", ceux qu'elles ont choisis elles-mêmes pour décrire la féminité. Ainsi se succèdent les figures et les voix de Madame du Deffand, Madame de Charrière, Madame Roland, Madame de Staël, Madame de Rémusat, George Sand, Hubertine Auclert, Colette, Simone Weil et Simone de Beauvoir.
La traversée de cette galerie fait découvrir la diversité inventive des cheminements féminins et met en valeur une singularité française dont Mona Ozouf restitue magistralement l'histoire et les contours, à savoir que les Français (et ce neutre englobe bien entendu les Françaises !) demeurent capables de négocier un rapport heureux entre la différence et l'égalité.

Émission des "Mardis de la mémoire", animée par Pierre Chaunu.

Le conservatisme, une critique de la démocratie. Avec Olivier Dard sur France Culture.


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26.12.2018

Jusqu'à ces dernières années, rares étaient ceux à se réclamer ouvertement du conservatisme en France, en l'absence d'un parti conservateur identique à celui de nos voisins britanniques. Et les termes conservateurs et conservatisme restent plus fréquemment employés sur le mode péjoratif et offensif pour dénoncer des adversaires.
Alors, vieux jeu, réactionnaires ou ennemis du progrès : qui sont les conservateurs ? Comment cette doctrine a-t-elle évolué au cours de l'Histoire ? Que reste-t-il du conservatisme aujourd'hui ?
Olivier Dard fait le point sur l'histoire de ce courant politique souvent trop méconnu et caricaturé en France, et en essayant de comprendre les raisons de sa récente renaissance politique, mais peut-être surtout culturelle.

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Anastasia Colosimo.

Du paradigme de l'art contemporain. Avec Nathalie Heinich pour The Farm.


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01.2019

C'est à partir d'une perspective de sociologie de l'art contemporain que Nathalie Heinich tente d'en définir le paradigme. Car l'art contemporain rompt avec l'art moderne et non avec l'art classique : il ne s'agit pas seulement d'une période mais surtout d'une question de genre. On comprend que l'œuvre contemporaine peut s'éloigner des canons de beauté de l'art classique exposant premièrement l'intériorité de l'artiste.
Le "ready-made" de Duchamp devient alors la préhistoire de l'art contemporain. L'œuvre est révélatrice de ce paradigme, dans une vision de l'art où l'œuvre n'est plus l'objet mais plutôt l'idée proposée. Et peu à peu l'art contemporain de renverser les codes de l'art moderne en en modifiant les médiums. Il ne s'agit plus seulement d'un pinceau et d'un artiste mais de performances, d'installations, de vidéos...
La sociologue expose ensuite une frise des grandes dates de l'art contemporain. On passe de l'exposition du vide de Klein dans les années 1950 à l'arte povera en Italie une décennie plus tard, puis au prix de la Biennale de Venise attribué à Rauschenberg en 1964, pour avoir des propositions croissantes dans les années 1970 et enfin, dans les années 1990, une mondialisation de l'art contemporain à travers une extension dans les pays émergents.
Enfin, Nathalie Heinich brise les amalgames sur le monde de l'art contemporain, constatant que les médias n'en exposent qu'une partie. Ce monde ne se réduit pas seulement à un marché aux prix exorbitants, il est surtout constitué d'artistes peu reconnus vivant souvent dans une situation précaire.

Émission "Codex Conversation", animée par Frédéric Clad.

William Cavanaugh, la théologie politique et l'Eglise : des pistes pour aujourd'hui. Avec le père Sylvain Brison à l'Institut Catholique de Paris.


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11.03.2019

William Cavanaugh est devenu dans les quinze dernières années une voix saillante de la théologie en général et de la théologie politique en particulier. S'intéressant à la place de l'Eglise dans l'espace public, dans sa relation à l'Etat-nation et au monde, il met en oeuvre une véritable imagination théologique fondée sur la dimension eucharistique du Peuple de Dieu.
Cette forme de théologie présente un fort coefficient d'étrangeté pour la tradition européenne, en même temps qu'une "promesse stimulante" pour penser un engagement fort de l'Eglise dans l'histoire et dans la société.
Cette conférence se veut une introduction à la pensée politique et écclésiologique de William Cavanaugh et une invitation à aller plus loin dans le débat et la recherche théologique.

Sous la statue, le volcan : lire René Char. Avec Mickaël Félicité pour l'Université Réelle à Montpellier.


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02.02.2019

On ne parle pas de René Char (1907-1988) : on le lit, on le dit, on l'entend, on le voit, tel un tableau de ces peintres, ces alliés substantiels qui l'ont parfois illustré, ou l'un de ces paysages où il s'est enraciné, entre la Sorgue et le Luberon, domaine poétique qu'il a défendu par des mots comme les armes à la main.
Tout poète réinvente le langage. Le sien est fait d'alliances inouïes, "lyre pour des monts internés", approfondissant l'entreprise poétique jusqu'à l'expérience métaphysique la plus évidente et la plus nécessaire, celle de l'espace et du temps, à l'école d'Héraclite et de Heidegger.
Couleur et douleur, soleil et rivière ou pluie, il faut "faire du chemin avec..."

Histoire des femmes et de leurs luttes au cours des années 1968. Avec Michelle Zancarini sur Radio Libertaire.


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2018

Les récits des violences comme les modes de prise de parole étudiante révèlent la place du féminin dans les événements de Mai 68. Au cours des longues grèves, l'occupation des usines délimite les territoires respectifs des hommes et des femmes et la définition des rôles reproduit la différence inégalitaire des sexes.
Mais parfois, les grèves d'ouvrières prennent un tour spécifique, tant par leurs revendications que par les réactions qu'elles suscitent au sein des syndicats et de la population masculine. Une nouvelle conscience de genre naît dans le combat pour l'émancipation sexuelle et pour la libéralisation de l'avortement.
Moteur de la contestation, le combat féministe pèse enfin sur le débat interne aux centrales syndicales. Au total, ce sont les relations entre genre et politique qui connaissent une mutation décisive au cours des années 1968 en France...

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

Jean-Jacques Pauvert, un obsédé textuel (1926-2014). Avec Jean Castelli, Chantal Aubry, Corinne Pauvert, Frédéric Martin et Raphaël Lefeuvre sur France Culture.


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16.03.2019

"J'étais l'Arsène Lupin de l'édition. Je voulais échapper à toutes les étiquettes". De fait, Jean-Jacques Pauvert reste inclassable, tout comme son personnage fétiche, le gentleman cambrioleur qui se déguisait pour avoir une multitude de vies différentes. L'homme n'est jamais là où on l'attend : véritable cancre à l'école, il devient le plus jeune éditeur de France. Il passe pour fou et irresponsable en publiant tout Sade, un demi-siècle plus tard le divin marquis sera à la Pléiade. On tente de l'enfermer dans la littérature érotique, il publie intégralement le dictionnaire du Littré en 7 volumes. Car Jean-Jacques Pauvert est avant tout un amoureux de la grande littérature.
Son catalogue d'éditeur réunit aussi bien la poésie complète de Victor Hugo, L'Histoire de l'art d'Elie Faure en 3 volumes, les Surréalistes, Georges Bataille, Dominique Aury, que la comtesse de Ségur, Raymond Roussel, Siné ou Kenneth Anger. Insaisissable Pauvert… Qualifié à sa mort en 2014 de "grand fauve de l'édition", l'homme fonctionne à l'instinct. En 1942, il quitte l’école à l'âge de 15 ans. Son père, journaliste, le fait entrer chez Gallimard où il devient apprenti vendeur à la librairie. En parallèle, pendant le restant de la guerre, il fait du trafic de livres rares, avec un épisode de 3 mois en prison pour soupçon de résistance.
Tout en apprenant son métier, il dévore les livres qui lui passe sous la main ou qui se passent sous le manteau : "le choc, l'ébranlement majeur de ma jeune existence littéraire" c'est la lecture du Con d'Irène, puis Histoire de l'œil de Georges Bataille et Les 120 journées de Sodome de Sade. Curieux, ayant le contact facile, le jeune apprenti circule dans la maison ancestrale, frappe à tous les bureaux, celui de Raymond Queneau, d'Albert Camus, de Jean Paulhan, se lie d'amitié avec ces hommes. A 20 ans, il annonce qu'il va publier les œuvres intégrales de Sade. Ce qu'il fera dès 1947 sous son propre nom alors qu'à l'époque, le marquis figure au rang des auteurs indisponibles tout en étant le principal sujet de conversation du milieu littéraire. Paulhan le premier, le citant à tout bout de champ. "Son nom circulait dans les couloirs de la NRF comme un furet" dira Jean-Jacques Pauvert.
La suite on la connaît : pendant 11 ans, une longue suite de convocations à la brigade mondaine, de perquisitions, de procès à répétition, maître Garçon de l'Académie française pour le défendre, la destitution de ses droits civiques, jusqu'à ce qu'il obtienne gain de cause en 1958 : "Sade est un écrivain digne de ce nom" déclare le tribunal. Mais Pauvert c'est aussi un fait d'arme retentissant dans le monde littéraire : la parution d'Histoire d'O, livre érotique que Jean Paulhan lui confie en 1954, suivie de procès retentissants pour atteinte aux bonnes mœurs. Cinq ans plus tard, il sera déclaré non-coupable. Ce n'est pas pour autant que la censure cessera. Pauvert bataillera toute sa vie contre elle, devenant l'incarnation de l'éditeur indépendant, un enragé anticonformiste de la littérature. Une aventure personnelle qui s'arrêtera en 1979, année où sa maison d'édition fut rachetée par Hachette mais qui ne l'empêchera pas pour autant de continuer à publier ailleurs et à écrire.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Céline du Chéné et Laurent Paulré.

Qu'appelle-t-on panser ? Avec Bernard Stiegler et Charles Melman à l'Association Lacanienne Internationale.


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2019

Quelle "nouvelle économie psychique" émerge des mutations économiques, politiques, sociales, induites par le développement des technologies numériques ?
Quels enseignements tirer aujourd'hui des avancées de Freud dans Massenpsychologie und Ich-Analyse, publié en 1921 ?
La gouvernementalité algorithmique ne propose-t-elle pas, en effet, par le biais aussi des réseaux sociaux, un "nous" imaginaire et narcissique, un "nous" du resssentiment plus que civilisationnel, projeté sur des identifications d'autant plus radicalisées qu'elles ont perdu la références aux savoirs et à la mémoire collective, ainsi qu'un ancrage symbolique ?
Comment contrer la fabrication, par un capitalisme appuyé sur la troisième révolution industrielle, la révolution numérique, d'un "homme sans gravité", atopique et hors discours ? Que faire de la "disruption" au XXIe siècle ?
Le philosophe, directeur de l'institut de recherche du centre Georges Pompidou et créateur et président du groupe Ars Industrialis Bernard Stiegler poursuit un dialogue engagé depuis quelques temps avec le psychanalyste Charles Melman sur ces questions de la plus haute importance.

Une conférence modérée par Esther Tellermann.