Transformation de la "personnalité" et changements de la société. Avec Alain Ehrenberg à l'Université de Caen.


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02.03.2010

De nos jours, la souffrance et les affects sont mis au centre du questionnement social et ne relèvent plus du seul domaine des pathologies psychologiques. Toutefois, ce discours du malaise est en réalité très "français" - quoique généralement fondus dans une critique des sociétés modernes. Cette particularité s'explique par la tradition française d'égalité et de solidarité dans la protection. Celle-ci suppose que la tension démocratique entre égalité et liberté est insoluble.
De fait donc, l'autonomisation, l'individualisation, apparaît dans l'Hexagone comme un phénomène critique et dangereux, soit comme un facteur de désinstitutionnalisation, de désocialisation, ce qui n'est pas le cas aux État-Unis.
Or, l'opposition entre individu et société peut être dépassée pour permettre de comprendre que la souffrance, les affects, le malaise des individus, sont bien socialement déterminés, et même pérennisés. L'individualisme est un fait collectif et institutionnalisé ; aussi peut-on penser que l'alternative est dans l'individualisme lui-même.
L'intégration sociale et la solidarité pourraient être développées par un renforcement de la personnalité, des capacités individuelles, à travers les institutions. La crise de "l'état social" a accrédité la thèse de la désinstitutionnalisation contemporaine. Mais la responsabilité de répartir les conditions d'agir est bien collective et existante. Aussi, l'empowerment de la personne à la française pourrait être une hypothèse dans le débat sur l'actualité de l'Etat-providence.

Economie marchande, économie psychique. Avec Dany-Robert Dufour pour l'Association Psychanalyse et Médecine.


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13.06.2019

Le philosophe Dany-Robert Dufour a tenté d'isoler, dans ses travaux, quatre grandes économies humaines : économies politique, discursive, marchande et psychique.
'La question qui se pose est donc : comment passe-t-on de l'une à l'autre ? C’est ce qu'il se propose d'expliquer dans cette conférence.

Les neurosciences cognitives ont-elles rencontré leur temps ? Avec Alain Ehrenberg sur RCJ.


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2018

De nouvelles sciences du comportement humain ne cessent de prendre de l'ampleur et de susciter l’engouement depuis le début des années 1990 : il s'agit des neurosciences cognitives.
Leur ambition est de faire de l'exploration du cerveau le moyen de traiter les pathologies mentales (comme la dépression ou la schizophrénie) mais aussi de nombreux problèmes sociaux et éducatifs, comme l'apprentissage ou la maîtrise de ses émotions.
Ces sciences sont-elles devenues le baromètre de nos conduites et de nos vies, prenant la place autrefois occupée par la psychanalyse ? L'homme "neuronal" est-il en passe de remplacer l'homme "social" ?

Émission "Médecine au carrefour des sciences", animée par José Cohen et Philippe Grimbert.

Un immonde sans limite. Avec Jean-Pierre Lebrun à la Librairie Ombres Blanches.


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27.02.2020

L'avènement de "l'individu total", de celui qui ne doit rien à la société mais peut en revanche tout exiger d'elle, construit une société de "l'immonde", caractérisée par la disparition de la limite reconnue collectivement. Le fait de nous être libérés à juste titre des carcans du patriarcat et du religieux nous a laissés croire que nous n'avions plus à nous soucier de la construction de la réalité psychique, que nous serions d'emblée des êtres libres et autonomes. Notre fascination pour les progrès scientifiques et technologiques nous a rendu sourds et aveugles à ce qui fait notre humaine condition.
Pourtant, nous sommes et restons des êtres de langage - des parlêtres - forcément dépendants des premiers autres, souvent les parents, et de la société dans laquelle nous vivons, et à partir desquels nous nous construisons comme sujets, et non comme des individus autonomes, voire autoengendrés.
Jean-Pierre Lebrun analyse les conséquences - sur la vie psychique, la vie politique, la clinique, l'éducation - de cet individualisme exacerbé qui a déconnecté le citoyen de son implication dans le lien social. Il montre la place que les psychanalystes ont aujourd'hui encore à tenir, alors que le risque d'une aliénation sociétale, qui se méconnaît elle-même, est sans précédent dans l'Histoire.

Bien-être, santé mentale, autonomie. Avec Alain Ehrenberg pour l'Université de Montréal.


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06.05.2021

Plus que jamais la question du bien-être est au cœur de nos vies et de nos préoccupations : mais quel rôle lui donne-t-on vraiment dans nos vies personnelles, professionnelles et plus largement dans notre société ?
Le sociologue Alain Ehrenberg nous propose une réflexion nous invitant à saisir le grand bouleversement de l'individualisme comme une condition de l'entrée dans la société actuelle, posant alors la valeur de l'autonomie comme un horizon d'attente commun.

Une conférence organisée par l'Institut de recherches cliniques de Montréal qui s'inscrit dans le cadre de la série de conférences en éthique de la santé 2021 : "Bien-être, santé et épanouissement humain".

Otto Rank, la volonté créatrice. Avec Pierre Bitoun, Claude-Louis Combet, Alain de Mijolla et Aimé Agnel sur France Culture.


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03.04.1997

Otto Rank, né Otto Rosenfeld le 22 avril 1884 à Vienne et mort le 31 octobre 1939 à New York, est un psychologue et psychanalyste autrichien. D'abord membre du premier cercle freudien, secrétaire de la Société psychanalytique de Vienne et membre du "comité secret", l'évolution de ses recherches lui vaut d'être exclu de l'Association psychanalytique internationale en 1930. Il est considéré comme un dissident du mouvement international.
Originaire de Vienne, Otto Rank est issu d'une famille de la moyenne bourgeoisie juive. Fils de l'artisan d'art Simon Rosenfeld, il est contraint, dans un premier temps, de travailler lui-même comme artisan et de renoncer aux études supérieures. Il prend le nom de Rank à l'âge de dix-neuf ans, en référence au bon Dr Rank de la pièce d'Ibsen, La Maison de poupée. Il lit à vingt ans L'Interprétation des rêves de Freud et écrit un essai que le psychanalyste Alfred Adler transmet à Freud. Il devient dès lors un psychanalyste du premier cercle et, en 1906, le premier secrétaire de la Société psychanalytique de Vienne et à ce titre, l'auteur des transcriptions des minutes de la société viennoise (conférences et d'échanges), de 1906 à 1918. En 1924, il publie Le Traumatisme de la naissance, s'intéresse à ce qui se trouve avant le complexe d'Œdipe et propose une vision différente de celle de la psychanalyse d'orientation freudienne. Sigmund Freud l'analyse brièvement jusqu'à fin décembre 1924 puis le rejette ; Rank se trouve exclu des cercles psychanalytiques freudiens.
En 1926, Rank s'installe à Paris, devenant l'analyste d'Henry Miller et d'Anaïs Nin, avec qui il a une courte liaison. Il voyage en Amérique, où il rencontre un certain succès. Il est invité notamment à la société de Rochester pour la Protection de l'enfance en danger où travaille alors Carl Rogers. Il est exclu de l'Association psychanalytique internationale le 10 mai 1930. En octobre 1939, il meurt à New York à l'âge de 55 ans, des suites d'une septicémie.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Bénédicte Niogret.

L'innovation et la peur en temps de guerre. Avec Michel Goya pour l'IRSEM.


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09.2019

Michel Goya est un essayiste particulier, qui allie la vocation militaire à la rigueur de l'historien. Dans le cadre de cet entretien, il revient sur deux de ses livres, Sous le feu. La mort comme hypothèse de travail (Tallandier) et S'adapter pour vaincre (Perrin).
L'occasion de développer des thématiques aussi différentes que l'expérience du feu, la formation des soldats et le problème des "savoir-faires disparus" à certaines époques au sein de l'institution, son intérêt pour la Grande guerre et la manière dont celle-ci fonctionne comme un cas d'école du changement en contexte de guerre, la problématique de l'innovation technique ou encore la notion de "doctrine", centrale dans le fonctionnement militaire, de sa naissance au XIXe siècle jusqu'à ses mutations contemporaines.

Émission "Le Collimateur", animée par Alexandre Jubelin.

Christopher Lasch, un populisme vertueux. Avec Renaud Beauchard sur Amicus Radio.


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25.10.2019

Peu de sujets de l'actualité contemporaine ne sauraient trouver dans l'oeuvre de Christopher Lasch des explications de fond. Son analyse est d'une puissance critique inégalée parce qu'il évite l'écueil de ceux qui critiquent le capitalisme contemporain tout en présentant ses dégâts comme le prix du progrès matériel et moral.
Chronique de la rencontre programmée entre la fuite en avant du progrès, c'est-à-dire la destruction méthodique au nom du principe de plaisir de tous les piliers de l'ordre bourgeois et la rationalisation de tous les aspects de la vie par la dynamique du capitalisme, la critique du progrès de Lasch est fondée sur l'étude de la personnalité dominante produite par le capitalisme avancé : Narcisse ou le moi minimal.
Au travers des grands thèmes qui traversent la pensée de Lasch, Renaud Beauchard présente un panorama des diagnostics de Lasch sur son temps et sur la catastrophe anthropologique du capitalisme de consommation.
Il expose aussi la philosophie de l'espérance que Lasch a articulée au travers de l'exploration d'une tradition civique américaine dont la redécouverte offre des pistes au monde entier afin de faire en sorte que la volonté de construire une société meilleure demeure vivace sur les décombres encore fumants de la social-démocratie.

Émission "Les lundis du Bien commun", animée par Antoine Garapon.