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Depuis la mort de Kafka, chaque mouvement de pensée de ce siècle a, jusqu'à aujourd'hui, tenté tour à tour de s'approprier et d'exclure son œuvre. En France, le surréalisme, l'existentialisme, le Nouveau Roman et le structuralisme ont marqué de leur empreinte la lecture que nous faisons du Procès ou du Château : les intellectuels communistes, et non des moindres, se demandaient, dans notre pays, s'il fallait "brûler Kafka" ; en Tchécoslovaquie, d'autres communistes, au fameux congrès de Liblice de 1963, tentaient la réhabilitation d'un auteur jusque là interdit, et donnaient le feu vert à ce qui devait s'appeler trop prématurément "le printemps de Prague".
Aujourd'hui, de nouvelles traductions de ses œuvres ont été faites. La critique essaie de se refaire, dans le mesure de ses possibilités, une "virginité" du regard, où l'ironie, l'humour noir du texte l'emporteraient sur toutes les exégèses métaphysiques du passé.
A travers ce sinueux parcours, il s'agit donc de laisser parler le texte de Kafka (son journal, sa correspondance, aussi bien que la fiction) qui n'appartient à personne et demeure ainsi le bien de tous : il s'agit alors de cheminer le long de cet itinéraire qui demeure à plus d'un titre essentiel et unique pour tous ceux que l'enjeu de l'écriture interroge et met en jeu.
Émission "Une vie, une oeuvre", réalisée par Marie-Christine Navarro et Claude Giovannetti.


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Grand folkloriste et mythologue français, Claude Gaignebet est spécialiste de François Rabelais et grand connaisseur aussi bien des traditions populaires que des sources scripturaires de l'Antiquité. Ilpropose de l'œuvre du plus grand écrivain du XVIe siècle une lecture "à plus hault sens", notamment grâce aux clefs folkloriques et calendaires qu'il a su y reconnaître : sous le masque de la facétie, Rabelais a caché dans ses livres tout un savoir ésotérique empruntant aussi bien à l'héritage pythagoricien qu'à la kabbale, et trouvant échos et prolongements dans la culture populaire, particulièrement dans les conceptions touchant à l'impureté, qu'il s’agisse de la lèpre, des menstrues ou des excréments.
Émission "Une vie, une œuvre", réalisée par Claude Mettra et Jean-Claude Loiseau.


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Quelque chose est en train de craquer. Face à l'angoisse apocalyptique qui hante notre temps, les puissants de ce monde se préparent eux aussi à l'effondrement. Certains croient assurer leur survie en s'offrant de luxueux bunkers, d'autres capitalisent sur le désastre qu'ils ont contribué à provoquer.
Eugénie Valier, héritière déclinante d'un grand groupe industriel, se résigne quant à elle à une mort prochaine. Et puisque l'humanité court à sa perte, elle décide de démanteler l'empire érigé par son père au lieu de le léguer à son fils. L'intégralité de sa fortune ira à une fondation destinée à nettoyer les "trash vortex", ces vastes tourbillons marins qui charrient tous les déchets dérivant à la surface des océans. Mais cette mission, a priori vertueuse, sert en fait un projet de liquidation générale, auquel se mêle un inavouable règlement de comptes familial.
Avec cette satire virtuose des élites économiques, politiques, et des multiples acteurs qui gravitent autour d'elles, Mathieu Larnaudie nous emporte dans une traversée vertigineuse de notre époque, et signe le grand roman d'une civilisation fascinée par sa propre fin. Que reste-t-il à transmettre lorsque demain est incertain ?


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Doctorant en littérature comparée, Pierre Poligone s'interroge ici sur la notion de progrès en littérature, et pour cela s'appuyer sur des rapports faits pendant les deux siècles précédents. L'occasion également de s'interroger sur ce qu'est un chef d'oeuvre suite à la multiplication des publications et au foisonnement d'oeuvres prétendant à ce titre sur la même période.


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Surtout connu comme romancier (Les Epées, Le Hussard bleu, Les Enfants tristes, D'Artagnan amoureux...), l'écrivain Roger Nimier eut aussi dans les années 1950 une intense activité de critique littéraire.
Marc Dambre met en lumière les caractéristiques et les enjeux de cette critique (notamment recueillie dans les Journées de lecture), tout en interrogeant plus largement la démarche des écrivains-critiques et les valeurs qui sous-tendent la critique littéraire.


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Y a-t-il un "style de droite" ? Le "style" n'appartient-il qu'à la droite ? Le style est-il une invention réac ?Pour répondre à ces questions, Vincent Berthelier, maître de conférences en littérature française et auteur du livre Le style réactionnaire - De Maurras à Houellebecq (éditions Amsterdam), nous fait traverser plus d'un siècle de littérature très à droite pour interroger les rapports entre les choix esthétiques, la manière d'écrire d'auteurs comme Bernanos, Jouhandeau, Aymé, Morand, Cioran… et leurs idées politiques.
Émission du "Libre journal des littératures", animée par Hector Burnouf.
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Entre ce qu'étaient les pirates réellement et ce qu'on en imagine, il y a un gouffre ! Alors, depuis quand s'intéresse-t-on à eux, et comment a évolué ce mythe pirate depuis le 18e siècle ?
- 0'00'00 : Introduction
- 0'02'12 : Le parcours de William
- 0'05'20 : Une révolte à l'origine de la piraterie ?
- 0'12'59 : Les premières représentations de la piraterie
- 0'15'38 : Les pirates dans la littérature - Les Aventures de Beauchesne d’Alain-René Lesage, une œuvre fondatrice du mythe pirate
- 0'19'11 : Comment sont définis les pirates dans la littérature ?
- 0'21'47 : Les pirates dans la littérature après Beauchesne : la recherche d'un ailleurs
- 0'24'44 : Où se passent les histoires de pirates racontées aux 18e et 19e siècles ?
- 0'27'30 : Parenthèse politique : le mythe pirate comme justification de la colonisation
- 0'32'11 : Le pirate dans la littérature vu à la fois comme un héros et comme un monstre : exemple avec Fanny Campbell
- 0'35'15 : Les évolutions de l'image de la piraterie dans la littérature du XIXe siècle
- 0'40'36 : L'apport des œuvres d'Emilio Salgari
- 0'44'18 : Les pirates au cinéma
- 0'49'33 : Pourquoi les films se passent essentiellement dans les Caraïbes ?
- 0'50'21 : L'évolution du pirate au cinéma à partir des années 50
- 0'53'39 : Les films de pirates dans les années 80
- 0'57'12 : Les pirates dans les films ou la littérature d'horreur
- 0'59'48 : La représentation des pirates dans Pirates des Caraïbes
- 1'04'39 : Les pirates dans la série Black Sails
- 1'06'02 : Les pirates et l'univers Fantasy
- 1'11'54 : L'histoire de l'imagerie des pirates
- 1'16'02 : Les pirates dans les BD
- 1'22'31 : Les pirates dans les jeux vidéos
- 1'30'45 : Les pirates contre le capitalisme
- 1'33'23 : L'image de la femme pirate
- 1'36'53 : Les usages politiques du mythe pirate
- 1'47'00 : Les conseils de lecture
- 1'49'50 : Présentation de l'ouvrage collectif Pirates
- 1'51'51 : Actualités et conclusion


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La bêtise n'est pas seulement une défaillance individuelle de la raison, mais un phénomène social et politique qui interroge les fondements mêmes de la démocratie. Dans une époque où les fake news et les discours démagogiques prospèrent, comment penser le lien entre bêtise et espace public ?
C'est à cette question que répondent, chacun à leur manière, trois figures majeures de la modernité littéraire et intellectuelle : James Joyce, Robert Musil et Karl Kraus. À travers leurs œuvres – Ulysse, L'Homme sans qualités ou Les Derniers Jours de l'humanité –, ils dissèquent les mécanismes de la stupidité organisée, révélant comment elle se nourrit des failles du langage, des illusions de la technique et des passions tristes de la masse.
Pascal Engel nous invite à explorer cette généalogie littéraire et critique, où la raison, loin d'être un rempart infaillible, doit sans cesse se confronter à ses propres limites pour préserver l'idée même de démocratie.