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Figure incontournable de la cinéphilie contemporaine, Jean-Baptiste Thoret revient sur ses différentes casquettes, de la critique proprement dite à l'éditorialisation de films dans la collection Make My Day, de l'importance des supports phyisques à son travail de réalisateur.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'28 : Le parcours de Jean-Baptiste Thoret
- 0'02'48 : Retour sur le ciné-club d'Enghien-les-bains
- 0'13'56 : Retour sur l'accompagnement en salle de THE NEON PEOPLE
- 0'35'36 : La mise en ligne de 86 PRINTEMPS (documentaire sur Jean-Luc Godard)
- 0'37'46 : La collection DVD Make My Day : comment est-elle née ?
- 0'42'36 : L'éditorialisation des films
- 0'54'44 : Le choix des films à éditer, la question des droits, la rareté, l'accès au matériel (copies restaurées)
- 1'00'21 : Le modèle économique
- 1'09'55 : Le packaging, la charte graphique de la collection
- 1'17'15 : Le marché DVD français
- 1'25'29 : Se constituer sa propre vidéothèque, c'est façonner sa propre compréhension du cinéma
- 1'30'26 : Handgun de Tony Garnett (dernière sortie Make my Day)
- 1'33'30 : Les autres titres, les double-programmes
- 1'38'33 : Le choix des intervenants pour les bonus
- 1'46'14 : Être cinéphile c'est aussi lire des livres
- 1'47'42 : La cinéphilie a-t-elle évolué depuis 2017 ? Et d'ailleurs, qu'est-ce que la cinéphilie ?
- 2'02'02 : La critique cinéma sur YouTube et les podcasts
- 2'09'37 : Le cinéma dans l'espace commun
- 2'15'58 : Les séries TV ont-elles remplacé le cinéma ?
- 2'23'53 : Le cinéma de "parc d'attractions" (Marvel, Avatar 3)
- 2'30'57 : L'année cinéma 2025 : Eddington
- 2'36'43 : L'année cinéma 2025 : Une bataille après l'autre
- 2'41'46 : The Smashing Machine et autres films
- 2'45'00 : La diffusion récente de scans 35mm "vintage" sur internet


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Le cinéma, art populaire par excellence, est dominé par une minorité sociale : la bourgeoisie. Héritiers de milieux favorisés, enfants d'artistes ou de grands patrons, ce sont eux qui fabriquent l'essentiel des récits, décident quels personnages existent à l'écran et comment ils sont représentés.
À l'instar du male gaze, Rob Grams propose le concept de "bourgeois gaze" : une manière de filmer le monde depuis une position sociale dominante qui se prétend universelle, marquée par le mépris de classe, un centrisme moralisateur, un rapport hors-sol à la ruralité et une surreprésentation des thématiques bourgeoises.
En analysant un système de production socialement homogène, nourri par le népotisme et l'entre-soi, Rob Grams interroge : quelles voix, quels imaginaires émergeraient si l'art n'était pas monopolisé par une seule classe ? Quelle richesse de récits nous est volée ? Et quelles oeuvres parviennent, malgré tout, à ouvrir des brèches ?
Un entretien mené par Nicolas Framont.


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Pourquoi l'homme est-il un être théâtral ? Pour le juriste et psychanalyste Pierre Legendre, le théâtre n'est pas un simple divertissement, mais une nécessité vitale, un impératif inscrit dans notre condition même, un des ressorts principaux de l'anthropologie dogmatique qu'il a fondée.
Le théâtre, au sens large de mise en scène, de rituel et de représentation, structure nos sociétés. Il révèle comment les institutions, les mythes et même le langage jouent un rôle de scène où se déploie l'ordre symbolique, garant de la transmission et de la légitimité.
Une invitation à repenser notre rapport au pouvoir, à la loi et à nous-mêmes.


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Critique, historien du cinéma et réalisateur, Jean-Baptiste Thoret est un amoureux du 7e art. Spécialiste du cinéma américain, en particulier du Nouvel Hollywood, et du cinéma italien des années 1970, il nous donne l'envie de découvrir ou redécouvrir certains films, réalisateurs voire carrément des pans entiers de l'histoire du cinéma qui ne sont plus forcément au goût du jour.
De ses premiers émois cinéphiliques aux films surcôtés, des grandes trilogies aux affiches les plus iconiques, Jean-Baptiste Thoret parvient à nous communiquer la passion qui vise à rendre compte des émotions qui nous traversent à la réception de ces images qui, quand elles sont grandes, rentrent toujours en résonnance avec une époque, un lieu, une ambition artistique, qui s'insérent, bien évidemment, dans l'histoire du cinéma en tant que discipline.


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Figure de l'avant-garde des années 50, Eugène Ionesco devint en une décennie un auteur dramatique mondialement célèbre. Du théâtre de dérision de ses débuts jusqu'aux œuvres plus symboliques qui marquèrent la seconde partie de sa carrière, les nombreux témoignages ici rassemblés permettent de mieux comprendre l'évolution de la carrière d'une des figures centrales du paysage théâtral du XXIe siècle.
Émission "Une vie, une œuvre", produite par Ghislaine David et Christian Giudicelli.


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Pour l'auteur de BD Hugo Pratt, "plus le livre s'éloigne du réel, plus il devient vrai et prend son envol, sans voile ni vent". Dans sa quête de la fable, il a toujours nourri son œuvre de sa vie et fait de sa vie une œuvre, dessinée entre les mers du sud, les mythes celtes, Venise, Buenos Aires, Addis-Abeba, la Kabbale ou la franc-maçonnerie.
Une vie d'aventures au service de la BD et des aquarelles au point que le nom de ce personnage phare qu'il crée à 40 ans finit par éclipser son créateur : Corto Maltese, personnage romantique complexe, marin, pirate, gentilhomme de fortune.
Corto Maltese a vu le jour sur l'île de Malte, le 10 juillet 1887. Son père était un marin des Cornouailles. Sa mère, une prostituée gitane de Séville, née à Triana d'où Magellan partit pour le premier voyage autour du monde, en 1519.
Hugo Pratt, lui, est un Vénitien avec un nom anglais, fils d'une Italienne juive hérétique, et d'un père militaire fasciste qui l'entraîne en Éthiopie en 1937. Ce voyage initiatique marquera à jamais le jeune soldat fasciste qui décide alors d'opter pour le crayon, apprend l'amharique, et trahit l'Italie.
Témoin troublé de la guerre et d'une époque révolue, Pratt raconte alors des histoires, situées avant la Grande Guerre, en les peuplant de ses expériences, de ses souvenirs et des lectures de son enfance. Conrad, Stevenson, London, Staline ou Gauguin y croisent le fameux Corto Maltese.
Après toutes ses aventures et ses conquêtes, Pratt, ce "menteur du beau" pudique et extraverti, finit sa vie en Suisse, au milieu de ses 20 000 livres, et disparaît le 20 août 1995. Corto Maltese, lui, continue à vivre depuis 2014 par la plume, l'encre et les idées des Espagnols Juan Diaz Canales et Rubén Pellejero.
Première figure du festival Angoulême, Hugo Pratt est devenu un auteur classique du neuvième art, François Mitterrand confiait qu'il était l'un des rares auteurs de BD qu'il lisait, Woody Allen le cite dans Hannah et ses sœurs, et Frank Miller lui rend hommage dans son fameux Sin City.
Émission "Toute une vie", réalisée par Elodie Maillot et Nathalie Salles.


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Nous sommes ici au cœur du paradoxe chrétien : l'évènement du Christ, alors même qu'il n'avait pas un sens culturel, transforme la culture depuis les origines jusqu'à maintenant. Continuera-t-il à le faire ?
Cette réflexion ne s'adresse pas uniquement aux chrétiens mais à tous les acteurs de la culture. C'est l'homme qui est transformé par la rencontre du Christ, et qui, par contrecoup, change la culture, laquelle devient (à des degrés divers et non sans trahison) chrétienne. La culture devient alors le lieu de la rencontre entre l'homme et Dieu.
Bien loin de marquer une rupture entre culture chrétienne et culture non-chrétienne, l'entreprise d'Olivier Boulnois est de montrer la présence de formes chrétiennes au cœur même d'œuvres qui ne s'en réclament pas, et de souligner que nous sommes tous, à des degrés divers, plus ou moins éloignés du Christ. L'objet n'est pas de défendre le christianisme comme une contre-culture, mais positivement, de faire valoir l'autonomie des cultures, des arts, des expériences, et la manière dont chacune, à sa manière, recherche l'accomplissement de l'homme (la vérité et la beauté).
D'autre part, il s'agit de parler du Christ aujourd'hui et non de défendre un patrimoine. D'où la nécessité, tout en gardant bien sûr des références fondatrices, de dialoguer avec des auteurs et des penseurs de notre temps. Il ne s'agit pas davantage d'être récupérateur : le Christ est un signe de contradiction, il se donne à tout homme, mais suscite la liberté, et rencontre le rejet.


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Les tréfonds d'internet regorgent de trésors et d'étrangetés. Ils ont leurs propres codes, leurs propres cultures et même leurs propres mythes. Vidéos virales, détournements incontrôlables et horreur digitale : Pacôme Thiellement et Benjamin Patinaud -alias Bolchegeek- nous proposent de plonger dans les abysses du web depuis leur canapé pour en explorer les nouveaux usages et les nouvelles mythologies qui en émergent.