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À partir des données ethnologiques et anthropologiques, Christophe Darmangeat déconstruit l'une idée profondément ancrée dans l'imaginaire contemporain qui veut que la guerre serait, au choix, une fatalité inscrite dans la nature humaine ou un produit tardif de la sédentarisation avec l'apparition des États et des surplus matériels. Ces deux récits dominants — celui des "colombes" (un passé pacifié) et celui des "faucons" (une violence naturelle) — ne tiennent pas face aux faits historiques : la guerre existe bien avant l'État, mais elle n'obéit ni aux mêmes logiques, ni aux mêmes finalités que les guerres modernes.
Dans les sociétés sans État, la violence collective ne vise ni la conquête ni l'accumulation. : elle repose avant tout sur la vengeance, l'équilibrage des torts, la réputation et la nécessité de se faire justice soi-même en l'absence d'institutions.
En distinguant rigoureusement guerre, vendetta et autres formes de confrontation armée, Christophe Darmangeat remet en cause les récits simplistes sur l'origine des conflits et interroge, en creux, notre propre rapport contemporain à la guerre, à la violence et à l'État.
Un entretien mené par Thomas Arrighi.




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Chiffres à l'appui, Thomas Sowell explique que les politiques dites "sociales" sont contre-productives : elles font le plus de mal à ceux qu'elles sont censées secourir !
Ses travaux explorent quatre types de sophismes :
1. l'illusion que dans un monde idéal, les différentes catégories sociales auraient des résultats équivalents - fondement des politiques visant à assurer une "représentation équitable"
2. l'illusion que le racisme expliquerait à lui seul les disparités réelles de résultats entre les groupes ethniques
3. l'illusion que les décisions politiques n'engendrent pas de rétroactions, et qu'elles s'exerceraient sur des "pièces d'échecs" inertes
4. l'illusion que des instances publiques savent mieux ce qui est bon pour les individus, à leur place.
Radu Stoenescu et Mos Majorum reviennent sur les thèses du sociologue américain, indispensables pour comprendre le succès d'un Trump auprès des classes populaires.



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C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.


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Une fissure s'est ouverte, depuis une cinquantaine d'années, entre juge et démocratie représentative. La montée en puissance du premier anémie la seconde.
L'emprise du juge sur la démocratie revêt deux aspects distincts : le droit se construit désormais en dehors de la loi, voire contre elle ; la pénalisation de la vie publique est croissante. Ces deux aspects sont liés car ils conduisent tous deux à la dégradation de la figure du Représentant : le premier en restreignant toujours davantage son champ d'action ; le second en en faisant un perpétuel suspect.
Le mal qui ronge aujourd'hui la démocratie paraît se situer beaucoup plus là - c'est-à-dire dans l'abaissement du Représentant, dans le rétrécissement de la souveraineté du peuple, dans la rétraction de l'autorité publique - que dans les réactions allergiques que provoque cet affaiblissement de l'État : abstention, populisme, illibéralisme.
Cet ascendant croissant du pouvoir juridictionnel sur les autres a-t-il amené davantage de rigueur et de transparence dans le fonctionnement démocratique ? Il se découvre chaque jour un peu plus qu'il n'a fait que remplacer le caprice du prince par le caprice du juge.
D'où la question : que faire pour restaurer une juste séparation des pouvoirs ?
Un échange mené par Caroline Brézet.


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Dans ce grand entretien, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique du mois de novembre 2025.
Une analyse où les actualités nationale et internationale sont passées au crible de l'intérêt français souverain.
- 0'01'15 : Lecornu II et budget
- 0'25'00 : Accords Franco-Algérien
- 0'52'33 : Cambriolage du Louvre
- 0'59'35 : Film Sacré Cœur
- 1'08'49 : Justice pour Lola ?
- 1'24'57 : Future guerre avec la Russie ?
- 1'37'20 : Arrivée de SHEIN et fast fashion
- 1'46'00 : Hommage à Tchéky Karyo
- 1'52'49 : Actus du Cercle
- 2'52'56 : Rentrée littéraire
- 2'00'43 : Conférences
- 2'07'37 : Actus internationales
- 2'07'45 : De quoi Philippe Aghion est-il le nom ?
- 2'27'37 : Guerre civile au Soudan
- 2'32'28 : Victoire de Javier Milei aux élections législatives
- 2'42'42 : Elections locales aux USA
- 2'58'36 : Mort de Dick Cheney
- 3'04'51 : Tensions entre les USA et le Vénézuela
- 3'10'06 : Guerre des puces électroniques
- 3'14'39 : Sommet de l'APEC en Corée du Sud
- 3'22'06 : Nouvelle coalition au Japon


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Juriste, historien et anthropologue saisi par la psychanalyse, Pierre Legendre est l'un des grands penseurs de notre époque. Il nous ouvre ici les arcanes latines du droit, d'un droit pris dans l'épaisseur du temps, d'un droit fait homme aussi, dont Ulpien, Gratien, Justinien ont été des passeurs.
Tout le monde connaît le proverbe "L'habit ne fait pas le moine", mais sait-on encore qu'il s'agit d'une maxime médiévale, "Habitus non facit monachus" ? Parler du droit moderne, c'est faire parler les mots et les maximes, en révéler l'incroyable histoire depuis l'Antiquité.
C'est à ce prix seulement que nous pourrons retrouver le sens des concepts au cœur de notre propre civilisation.
Une conférence organisée par l'Association le Latin dans les Littératures Européennes et conduite par Hubert Aupetit.


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Le conflit récent sur les retraites a suscité un intérêt inhabituel du public pour une institution liée à la Constitution de la Vème République : le Conseil constitutionnel. Dans d'autres pays (États-Unis, Israël, Pologne…), on voit aussi que le rôle de la Cour suprême est loin d'être anodin, d'où les luttes importantes qui se cristallisent autour de ce type d'instance.
Qu'en est-il du fonctionnement effectif du Conseil constitutionnel en France ? Que peut-on attendre de cette institution ? Si certains y voient le symbole même du "gouvernement des juges", non-élus, d'autres y voient l'un des garants de la démocratie et de l'État de droit.Est-ce une illusion ?
Une conférence modérée par Christian Louboutin.


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Étudier in vivo notre habitat traditionnel impose d'interroger le silence des mots qui véhiculent l'essence de notre structure : la politique, le droit. Ces mots abritent des concepts-clés. Ils sont les témoins du vécu normatif de nos sociétés arrimées au déploiement du christianisme associé à l'imperium romain, mais aussi l'arme efficace d'une expansion industrielle planétaire parvenue sous nos yeux à ses fins, du moins en apparence.
Le phénomène de la parole est le fonds commun de l'humanité, l'universel des civilisations. Sous cet éclairage, nos constructions prennent statut de Texte singulier dans un espace mondial différencié. Cet écrit fait revenir vers l'Occident le regard ethnographique, ce savoir-questionner qui a rendu possible la vivisection des sociétés sauvages.
Juste retournement, la logique dogmatique nous oriente dans l'exploration des montages langagiers forgés par la tradition ouest-européenne et nous enjoint à mettre sur la table la question du noyau langagier des sociétés humaines : la foi dans les mots.