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C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.



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Professeur à l'ESCP, Benoît Heilbrunn analyse la société de consommation et le capitalisme pour proposer des solutions face à l'insignifiance, en repensant nos imaginaires, le rôle du marketing et la transition vers une économie de la fonctionnalité.
Il revient sur les origines de notre besoin constant de nouveauté, déconstruit l'idée que les choix d'achat sont strictement individuels et nous invite à lutter contre le "low cost" par une véritable politique des biens communs. C'est la redéfinition de l'utilité et l'usage paradoxal des techniques marketing comme outils d'émancipation écologique et sociétale qui nous permettront d'atteindre ce but.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'02 : Présentation
- 0'02'13 : Définition du concept de consommation
- 0'04'05 : Origines historiques de la société de consommation
- 0'12'59 : Articulation entre politique de production et consommation individuelle
- 0'14'27 : Impossibilité de sortir du capitalisme et juste répartition de la valeur
- 0'17'01 : Redonner la parole aux consommateurs et définition du prix juste
- 0'25'07 : Les conditions pour faire évoluer les pratiques de consommation
- 0'34'31 : Distinction entre sobriété, austérité et esthétique minimaliste
- 0'38'30 : Réhabilitation de l'utilité face à la culture de l'insignifiance
- 0'44'23 : Pertinence de la lutte des imaginaires face à l'urgence environnementale
- 0'50'57 : Les contradictions culturelles du capitalisme et le modèle de la fast fashion
- 0'54'46 : La transition vers une économie de la fonctionnalité et des communs
- 0'57'01 : Exemples et limites de l'économie de la fonctionnalité
- 0'58'12 : Ambivalence du marketing en tant que pharmakon selon Bernard Stiegler
- 1'03'25 : Utilisation du marketing à des fins écologiques et militantes
- 1'06'11 : Poursuite de l'analyse marxiste par Jean Baudrillard sur l'objet comme signe
- 1'08'46 : Réappropriation du sens par la culture de l'artisanat et la résistance matérielle
- 1'16'08 : La question de la responsabilité collective et l'éthique de Hans Jonas
- 1'18'50 : Nécessité du conflit, du dissensus et du courage politique
- 1'24'29 : Conclusion
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L'économiste et philosophe Frédéric Lordon propose une critique radicale et méthodique des structures du capitalisme financier. Il s'attaque aux dogmes du système financier contemporain avec une ligne claire : "taper fort" et ramener l'analyse économique à une simplicité absolue pour détruire les arguments de la complexité.
Frédéric Lordon décompose les mécanismes du capitalisme en plusieurs étapes successives pour en montrer la toxicité intrinsèque puis, afin de rompre avec cet ordre établi (crédit privé, pouvoir actionnarial et liquidité permanente), formule des mesures d'une clarté redoutable (taux de rendement normatif strict et fermeture de la Bourse). Quitte à provoquer quelques réactions indignées chez les partisans du marché...



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Veblen offre du capitalisme financier, qu'il voit émerger, la conception d'un régime économique fondé sur de nouvelles pratiques commerciales, financières et bancaires qui s'emparent de la production et nous éloignent du capitalisme de Ricardo et Marx. Quand la finance soumet l'industrie, il faut comprendre comment les représentations collectives aliénantes sont autant d'images agissant sur la société.
Veblen est un savant iconoclaste, un briseur de cette économie des images, secret de la nouvelle forme que prend le capitalisme au début du XXe siècle. Une forme qui, depuis lors, a connu bien des avatars déclinés à l'envi grâce aux multiples progrès techniques, mais une forme qui, pour l'essentiel, demeure un principe toujours organisateur du capitalisme.
À cet égard, les dispositifs monétaires et financiers ne peuvent être compris sans prêter attention à l'empire que les vested interests exercent sur le système économique. Veblen soutient que le Système de la Réserve fédérale est, par excellence, une émanation de ces intérêts établis, véritable machine à produire de l'illusion de façon à opérer des transferts de richesses au profit de la perpétuation d'un pouvoir de classe.


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Denis Collin interroge le rapport de l'être humain à la nature et au travail à partir de la pensée de Marx. L'être humain est présenté comme un être naturel, dépendant de son environnement et des autres vivants. Le travail lui permet de transformer la nature pour répondre à ses besoins, mais aussi de développer ses propres facultés. Dans le système capitaliste, cette activité est toutefois détournée : on ne produit plus d'abord pour satisfaire des besoins, mais pour vendre des marchandises et accumuler de la valeur. La société se retrouve ainsi soumise à une logique de croissance devenue indépendante des besoins réels.
Il analyse ensuite les conséquences écologiques de cette dynamique : épuisement des ressources, dégradation des sols, extractivisme et dérèglement climatique. Une croissance infinie étant impossible dans un monde fini, plusieurs scénarios sont envisagés, de l'autoritarisme à la barbarie. Une autre perspective repose sur la démocratie, l'égalité, l'entraide et la gestion collective des biens communs.
Il s'agirait donc de réorienter la production vers les usages réels, de privilégier la durabilité, la réparation et la sobriété, tout en reprenant collectivement le contrôle du travail, du temps et des choix techniques.
Une conférence pour l'association "Les Remparts" à la Maison Hirondelle.


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Scientia potentia est — le savoir c'est le pouvoir. L'adage prend un tour singulier à l'heure du capitalisme numérique.
1. Technoféodalisme. Né dans le cyberpunk des années 1980, ce concept s'oppose à l'idéologie californienne, qui promettait une cure de jouvence du capitalisme : moins de coûts d'échange, plus de petits producteurs, moins d'État — le fantasme d'une start-up nation. Cette redynamisation n'a pas eu lieu. Dans les années 2020, c'est plutôt le spectre technoféodal qui prend forme : par-delà la conjoncture, un processus de reconfiguration du mode de production est à l'œuvre, où un post-capitalisme régressif apparaît comme un avenir possible.
2. Nouvelles enclosures. Depuis les années 1980, l'extension des droits de propriété intellectuelle, partie des États-Unis, s'est propagée mondialement — suscitant l'opposition des pays en développement et des activistes, notamment en santé, dénonçant ces "nouvelles enclosures". Mais cette privatisation juridique n'est pas la forme la plus puissante de monopolisation. En contrôlant les réseaux d'innovation, en accumulant données et compétences, les Big Tech sont devenus de nouveaux monopolistes. L'évaporation de la concurrence va de pair avec une nouvelle stratification sociale et une remise en cause de la souveraineté des États.
3. Cyber-écosocialisme. Paradoxalement, ces mêmes infrastructures ouvrent des voies pour la crise écologique. La planification à l'ère de l'anthropocène s'inverse : il ne s'agit plus d'accélérer la croissance mais de planifier la décroissance de l'impact biophysique. Et là où le traitement de l'information bloquait la planification au XXe siècle, le numérique permet désormais une connaissance en temps réel du métabolisme terrestre. Cette maîtrise technique ne saurait pourtant se réduire au contrôle : elle doit laisser place au sens, à l'autonomie individuelle, à la diversité des manières d'être au monde. Telle est la voie étroite d'un rationalisme démocratique et tempéré, au service de la justice écologique.


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Il analyse l'évolution politique et sociale de la France depuis une trentaine d'années ; il est à l'origine de la notion d' "archipel français", qui s'est peu à peu imposée dans le débat public pour décrire les divisions et les fractures de notre pays : c'est en fin observateur de l'Hexagone, passionné de géographie, que Jérôme Fourquet revient sur les grandes métamorphoses de la société française.
Quelques jours après les élections municipales de mars 2026, il commente les résultats de ce scrutin primordial, prélude à la bataille présidentielle. Il décrypte les recompositions politiques en cours et l'ascension des forces radicales, susceptibles de redessiner le paysage électoral à l'horizon 2027.
Face à la lassitude qui étreint la classe politique comme les citoyens, face à des institutions au fonctionnement grippé, face au tourbillon des évènements internationaux, nous lui demandons quelles sont les perspectives pour la France de demain.
Un entretien mené par Lauriane Vague.
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On sait que le capitalisme au XXIe siècle est synonyme d'inégalités grandissantes entre les classes sociales. Ce que l'on sait moins, c'est que l'inégalité de richesse entre les hommes et les femmes augmente aussi, malgré des droits formellement égaux et la croyance selon laquelle, en accédant au marché du travail, les femmes auraient gagné leur autonomie. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder ce qui se passe dans les familles, qui accumulent et transmettent le capital économique afin de consolider leur position sociale d'une génération à la suivante.
Fruit de vingt ans de recherches, le travail de Céline Bessière et Sibylle Gollac exposer la façon dont la société de classes se reproduit grâce à l'appropriation masculine du capital. Elles enquêtent sur les calculs, les partages et les conflits qui ont lieu au moment des séparations conjugales et des héritages, avec le concours des professions du droit.
Des mères isolées du mouvement des Gilets jaunes au divorce de Jeff Bezos et MacKenzie Scott, des transmissions de petites entreprises à l'héritage de Johnny Hallyday, les mécanismes de contrôle et de distribution du capital varient selon les classes sociales, mais aboutissent toujours à la dépossession des femmes.
Une émission animée par Armel Campagne.