

(0)
Depuis la crise énergétique née de la guerre en Ukraine, la sobriété est dans toutes les bouches. Mais le terme ne dépasse jamais en réalité dans le débat actuel le niveau de la lutte anti-gaspi selon l'expression à la mode dans les années 1970. Jamais l'expression de nécessité vertu n'a été aussi justifiée. La notion de sobriété est assurément plus exigeante et globale. Elle renvoie à une dimension morale de la vie qui englobe l'ensemble de nos faits et gestes. Davantage elle semble étrangère à nos économie fondées entièrement sur la production et la consommation.
En partant de la morale antique où la sobriété occupe une place considérable, nous voyons avec Pierre Caye toutes les conséquences qu'implique dans l'économie contemporaine une sobriété clairement assumée dans sa dimension aussi bien morale que matérielle.
Une conférence organisée par le Groupe de Recherche pour l'Éducation et la Prospective.
(1)
Les récentes expériences chiliennes et françaises de confrontation à l'hégémonie néolibérale ont montré deux points de convergence, qui sont explicités par Pierre Dardot. D'une part, l'idée que la pluralité des luttes concerne le contenu démocratique lui-même, et non un affaiblissement organisationnel. D'autre part, le diagnostic selon lequel la cohésion néolibérale est de nature stratégique, basée sur des politiques de guerre civile et d'inimitié.
(1)
Les luttes anticapitaliste et décoloniale sont-elles convergentes ? Alors que la militante Houria Bouteldja appelle la gauche à sortir de sa blanchité pour construire une réelle solidarité avec les populations racisées, le sociologue et économiste Bernard Friot défend le salaire à vie et une économie post-capitaliste.
Ils discutent ici des moyens d'articuler ces luttes pour imaginer un projet commun, axé sur la justice sociale et la décolonisation.


(0)
Le monde n’est pas le même selon l'endroit d'où on le regarde ni selon la manière de chausser ses lunettes. Emmanuel Todd, au cours de bientôt cinquante années de recherche et d'écriture, nous a livré des analyses qui se sont distinguées des modèles économiques et sociologiques dominants tendant à tout placer sous le prisme d'un développement mesuré par un PIB à prétention universelle.
Ainsi, en publiant en 1976 La chute finale, des signaux comme le taux de mortalité infantile, les taux de suicide ou d'alcoolisme l'ont conduit à prévoir l'effondrement de l'URSS à contre-courant de l'opinion générale. Son travail intègre aussi les types familiaux, les religions et ses substituts ainsi que la problèmatique de l'accès massif à l'éducation supérieure dans la structuration des classes sociales. Grâce à une cartographie des divers phénomènes sociétaux, économiques et anthropologiques, par "empilement", Emmanuel Todd parvient à établir des relations scientifiques, des corrélations entre des événements.
Aujourd'hui, en ayant détecté en d'autres lieux l'état "zéro" du protestantisme, l'élévation de la mortalité infantile et des taux de suicide, conforté par la désindustrialisation persistante, l'utilisation du reste du monde pour les productions essentielles et quelques dérives sociétales, il pense qu'un basculement se produit sous nos pieds. Vers un nihilisme, sans relève.
La question du déclin de l'Occident appartient au débat de type scientifique et, à ce titre, mérite d'être interrogée avec rigueur et méthode.


(0)
Lors des crises financières, la panique prend brutalement le pas sur l'euphorie. L'économie casino conduit alors à des situations a priori incohérentes. Cette exubérance des marchés n'est pourtant pas irrationnelle. Bien au contraire, elle révèle la nature autoréférentielle des anticipations sur les marchés financiers.
La prise en considération du mimétisme des comportements permet ainsi d'appréhender la déconnexion de la finance avec l'économie réelle et souligne l'impérieuse nécessité de la réguler.


(0)
Depuis plus d'un siècle, le marketing a pris le pouvoir sur l'économie. C'est ce système et sa rationalité spécifique qui désormais gouverne des consommateurs qu'il se targue d'ériger en rois pour mieux les assujettir sans user de contraintes trop puissantes.
Thibault Le Texier a mené une passionnante enquête historique sur cette révolution encore largement inachevée, et qui bénéficie à plein de la mutation numérique.
Émission "La Suite dans les idées", animée par Sylvain Bourmeau.


(0)
Ayant grandi en Roumanie communiste et philosophe de formation, Radu Stoenescu est traducteur et co-créateur des éditions Carmin. Il nous propose de découvrir ou de redécouvrir des textes philosophiques et politiques passés dont la portée reste tout à fait actuelle.
Hilaire Belloc, Max Scheler ou G. K. Chesterton : autant de penseurs qui nous permettent de remettre Nietzsche et Marx à l'endroit et de penser notre monde d'une manière différente, notamment dans l'optique distributiste.


(0)
Penseur majeur du corporatisme et du syndicalisme, de l'économie politique et du catholicisme au XXe siècle, Louis Salleron (1905-1992) a voué sa vie au service du bien commun.
Que Louis Salleron ait traité d'agriculture et de corporation dès sa thèse de doctorat, qu'il se soit penché sur l'équilibre des rapports sociaux entre patrons et salariés ou ouvriers au sein de l'entreprise, qu'il ait dispensé des cours d'économie politique à l'Institut catholique de Paris inspirés par la Doctrine sociale de l'Église ou qu'il se soit intéressé au sort de la France et de l'Europe, jamais il ne se départit d'un sens aigu du réel, étranger aux idéologies totalitaires ou pseudo progressistes fossoyeuses de tout ordre naturel et surnaturel.
Témoin des bouleversements liturgiques et pastoraux de l'après-Concile, il entreprend une résistance tout à la fois patiente et résolue, tant contre les hérésies que contre l'esprit de chapelle au sein du catholicisme.
Père de douze enfants, aimant la vie, il s'entoure de relations ou d'amis d'envergure avec lesquels il correspond. Parmi eux : Georges Bernanos, Mgr Jean Rupp, Dom Gaston Aubourg, Gustave Thibon, Marcel De Corte, le général Weygand, le colonel Rémy, le révérend père Bruckberger, Mgr Marcel Lefebvre, Henri Rambaud ou l'amiral Paul Auphan. L'on découvre à travers sa vie un cœur de poète pétri d'humour et d'humanité, en particulier lorsqu'il fustige l'acharnement des clercs ou des profanes à détruire notre civilisation.
Tout aura nourri la curiosité de cet homme d'honneur, humble et brûlant de charité, et l'on ne peut que constater l'éventail et l'actualité de ses réflexions et propositions sur l'école, la justice sociale, la politique, la philosophie et la doctrine chrétienne.
Émission du "Libre Journal des Débats", animée par Charles de Meyer.