Les grandes idées du XXe siècle. Avec Normand Baillargeon sur Radio Canada.


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19.02.2020

Le XXe siècle aura été un riche incubateur d'idées et d'approches novatrices, dont les répercussions se font encore sentir aujourd'hui.
Accompagné de plusieurs spécialistes, le philosophe Normand Baillargeon aborde les problématiques de l'école pour tous comme idéal de démocratisation de l'éducation, de l'écologie et du mouvement environnemental, discute d'intelligence artificielle ou encore d'économie de marché.
Tout au long de cette série d'émissions, il souhaite offrir des clés de compréhension afin que chaque citoyen puisse saisir les enjeux des grandes idées scientifiques, politiques et philosophiques qui façonnent le monde d'aujourd'hui et de demain.

L'enfumage de la transition écologique ? Avec Guillaume Pitron sur ThinkerView.


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18.12.2019

En nous émancipant des énergies fossiles, nous sombrons en réalité dans une nouvelle dépendance : celle aux métaux rares. Graphite, cobalt, indium, platinoïdes, tungstène, terres rares... ces ressources sont devenues indispensables à notre nouvelle société écologique et numérique. Elles se nichent dans nos smartphones, nos ordinateurs, tablettes et autre objets connectés de notre quotidien.
Or les coûts environnementaux, économiques et géopolitiques de cette dépendance pourraient se révéler encore plus dramatiques que ceux qui nous lient au pétrole.
Le journaliste et réalisateur Guillaume Pitron décrypte les tendances symptomatiques d'un monde globalisé en s'intéressant notamment aux enjeux économiques, politiques et environnementaux liés à l’exploitation des matières premières. Par là, il nous révèle la face cachée de la transition énergétique...

Propriété et pouvoir. Avec Frédéric Lordon et Thomas Piketty pour le Journal l'Humanité.


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31.01.2020

Ils ont en commun d'avoir refusé l'enfermement des labos de recherche pour s'engager dans le débat public. Thomas Piketty creuse avec acharnement la question des inégalités. Soucieux de faire partager le fruit de son travail, il parvient, grâce à un remarquable effort d'écriture à faire passer des pavés de 1'200 pages pour des livres de chevet. A l'étroit dans une matière, l'économie, qui se rêve une science dure, Frédéric Lordon se pique de philosophie. Il revisite Marx et Spinoza. Si ces livres restent peu accessibles au grand public, de Nuit debout aux usines en grève, il sait chauffer les AG.
Ni l'un ni l'autre ne se satisfont de la société actuelle. Ils veulent la transformer, ou tout au moins fournir des armes intellectuelles aux forces sociales qui s'y attèlent. Pourtant, de l'analyse des causes de l'inacceptable aux solutions de son dépassement, tout les oppose. Frédéric Lordon réaffirme la nécessité de sortir du capitalisme, l'inéluctabilité d'une révolution. Il prévient que le capital ne va pas "gentiment rendre les clés". Thomas Piketty veut refonder la social-démocratie, mais prévient pourtant que ce ne sera "pas un processus paisible".  L'un et l'autre ont mis au cœur de leur réflexion la question de la propriété privée, de son lien avec le pouvoir et la domination.
Mais de quoi parlent-ils l'un et l'autre ? Des patrimoines privés ou du capital comme rapport social ? Du pouvoir de l'argent dans la société ou d'un mode de production qui a formaté la société à sa main ? Faut-il exproprier, taxer, nationaliser, socialiser, permettre aux salariés de cogérer les entreprises ? Peut-on s'en sortir en multipliant les expériences locales de coopératives ou d'autogestion ? Peut-on ainsi éluder la question de la prise de pouvoir ?

Les Luttes des classes en France. Avec Emmanuel Todd sur RT France.


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27.01.2020

Macron et les Gilets jaunes ont ouvert une page nouvelle de l'histoire de France, qui mêle retour des luttes sociales et apathie politique, sursaut révolutionnaire et résignation devant les dégâts de l'euro, regain démocratique et menace autoritaire. Pour la comprendre, Emmanuel Todd examine, scrupuleusement et sans a priori, l'évolution rapide de notre société depuis le début des années 1990 : démographie, inégalités, niveau de vie, structure de classe, performance éducative, place des femmes, immigration, religion, suicide, consommation d'antidépresseurs, etc.
Les faits surprendront. Les interprétations que propose Emmanuel Todd doivent, quant à elles, beaucoup à Marx, mais à un Marx mis "sous surveillance statistique". À gauche, comme à droite, elles paraîtront à beaucoup étonnantes, amusantes, contrariantes, ou angoissantes. Cet empirisme sans concession le conduit même à réviser radicalement certaines de ses analyses antérieures.
À son écoute, la vie politique des années 1992-2019 prend tout son sens : une longue comédie politique où s'invitent les classes sociales. Bienvenue donc dans cette France du XXIe siècle, paralysée mais vivante, où se côtoient et s'affrontent des dominés qui se croient dominants, des étatistes qui se croient libéraux, des individus égarés qui célèbrent encore l'individu-roi, avant l'inéluctable retour de la lutte des classes.

Émission "Interdit d'interdire", animée par Frédéric Taddeï.

La crise des médias. Avec Myret Zaki sur TheSwissBox Conversation.


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08.2019

Le monde vit une transition conflictuelle entre puissances en déclin et puissances émergentes. Finance de l'ombre, maquillage des données économiques, guerres des monnaies, uberisation et vérouillage des médias, ... Tous ces paramètres sont à prendre en compte dans les stratégies que déploient les puissances aujourd'hui en compétition.
Myret Zaki, rédactrice en chef du magazine économique BILAN et auteur de plusieurs ouvrages liés à l'actualité financière, nous offre son expertise pour produire une analyse lucide des enjeux auxquels nous devont faire face.
Dans un contexte de tensions géopolitiques, c'est les informations de qualité qui doivent primer, afin de permettre au citoyen un décryptage minutieux et vigilant.

Capital et idéologie. Avec Thomas Piketty à l'Université de Genève.


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28.11.2019

Toutes les sociétés humaines ont besoin de justifier leurs inégalités : il faut leur trouver des raisons, faute de quoi c'est l'ensemble de l'édifice politique et social qui menace de s'effondrer. Les idéologies du passé, si on les étudie de près, ne sont à cet égard pas toujours plus folles que celles du présent. C'est en montrant la multiplicité des trajectoires et des bifurcations possibles que l'on peut interroger les fondements de nos propres institutions et envisager les conditions de leur transformation.
À partir de données comparatives d'une ampleur et d'une profondeur considérables, Thomas Piketty retrace dans une perspective tout à la fois économique, sociale, intellectuelle et politique l'histoire et le devenir des régimes inégalitaires, depuis les sociétés trifonctionnelles et esclavagistes anciennes jusqu'aux sociétés postcoloniales et hypercapitalistes modernes, en passant par les sociétés propriétaristes, coloniales, communistes et sociales démocrates. À l'encontre du récit hyperinégalitaire qui s'est imposé depuis les années 1980-1990, il montre que c'est le combat pour l'égalité et l'éducation, et non pas la sacralisation de la propriété, qui a permis le développement économique et le progrès humain.
En s'appuyant sur les leçons de l'histoire globale, il est possible de rompre avec le fatalisme qui nourrit les dérives identitaires actuelles et d'imaginer un socialisme participatif pour le XXIe siècle : un nouvel horizon égalitaire à visée universelle, une nouvelle idéologie de l'égalité, de la propriété sociale, de l'éducation et du partage des savoirs et des pouvoirs.

Une histoire souterraine du capitalisme. Avec Dany-Robert Dufour au Cercle Aristote.


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18.11.2019

Le dernier essai du philosophe Dany-Robert Dufour Baise ton prochain. Une histoire souterraine du capitalisme résulte d'une sidération. Celle qui l'a saisi lorsqu'il est tombé sur un écrit aujourd'hui oublié, Recherches sur l'origine de la vertu morale de Bernard de Mandeville. C'est en 1714, à l'aube de la première révolution industrielle, que Mandeville, philosophe et médecin, a publié ce libelle sulfureux, en complément de sa fameuse Fable des abeilles. Cet écrit est le logiciel caché du capitalisme car ses idées ont infusé toute la pensée économique libérale moderne, d'Adam Smith à Friedrich Hayek.
Fini l'amour du prochain ! Il faut confier le destin du monde aux "pires d'entre les hommes" (les pervers), ceux qui veulent toujours plus, quels que soient les moyens à employer. Eux seuls sauront faire en sorte que la richesse s'accroisse et ruisselle ensuite sur le reste des hommes. Et c'est là le véritable plan de Dieu dont il résultera un quasi-paradis sur terre. Pour ce faire, Mandeville a élaboré un art de gouverner - flatter les uns, stigmatiser les autres - qui se révélera bien plus retors et plus efficace que celui de Machiavel, parce que fondé sur l'instauration d'un nouveau régime, la libération des pulsions. On comprend pourquoi Mandeville fut de son vivant surnommé Man Devil (l'homme du Diable) et pourquoi son paradis ressemble à l'enfer.
Trois siècles plus tard, il s'avère qu'aucune autre idée n'a autant transformé le monde. Nous sommes globalement plus riches. À ceci près que le ruissellement aurait tendance à couler à l'envers : les 1% d'individus les plus riches possèdent désormais autant que les 99% restants. Mais on commence à comprendre le coût de ce pacte faustien : la destruction du monde. Peut-on encore obvier à ce devenir ?

Naissance de la biopolitique. Avec Michel Foucault au Collège de France.


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1979

Le cours prononcé par Michel Foucault au Collège de France de janvier à avril 1979, Naissance de la biopolitique, s'inscrit dans la continuité de celui de l'année précédente, Sécurité, Territoire, Population. Après avoir montré comment l'économie politique, au XVIIIe siècle, marque la naissance d'une nouvelle raison gouvernementale - gouverner moins, par souci d'efficacité maximum, en fonction de la naturalité des phénomènes auxquels on a affaire -, Michel Foucault entreprend l'analyse des formes de cette gouvernementalité libérale. Il s'agit de décrire la rationalité politique à l'intérieur de laquelle ont été posés les problèmes spécifiques de la vie et de la population : "Étudier le libéralisme comme cadre général de la biopolitique."
Quels sont les traits spécifiques de l'art libéral de gouverner, tel qu'il se dessine au XVIIIe siècle ? Quelle crise de gouvernementalité caractérise le monde actuel et à quelles révisions du gouvernement libéral a-t-elle donné lieu ? C'est à cette tâche de diagnostic que répond l'étude des deux grandes écoles néolibérales du XXe siècle, l'ordolibéralisme allemand et le néolibéralisme de l'École de Chicago - unique incursion de Michel Foucault, tout au long de son enseignement au Collège de France, dans le champ de l'histoire contemporaine.
Cette analyse met en évidence le rôle paradoxal que joue la "société" par rapport au gouvernement : principe au nom duquel celui-ci tend à s'autolimiter, mais cible également d'une intervention gouvernementale permanente, pour produire, multiplier et garantir les libertés nécessaires au libéralisme économique. La société civile, loin de s'opposer à l'État, est donc le corrélatif de la technologie libérale de gouvernement.