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Coach, animateur, facilitateur : le manager ne se contente plus d'organiser le travail. Il écoute, accompagne, donne du sens, prêche l'engagement et la bienveillance. Derrière ce vocabulaire pastoral, Baptiste Rappin met au jour une véritable théologie de l'organisation, un discours qui promet le salut par la performance, la transformation de soi par le changement permanent et la communion dans la "culture d'entreprise".
Et si le management, loin d'être une simple technique, était devenu la religion séculière de notre temps ? Il aurait alors ses rites (l'entretien annuel), ses dogmes (l'excellence) et ses confessions (le feedback). Ce glissement mérite d'être interrogé : que reste-t-il de notre liberté quand l'organisation se fait Église ?
Émission "La tête hors de l'eau", animée par Catherine Rouvier.


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D'après Cioran, il aurait été "l'homme le plus réalisé" qu'il ait jamais rencontré. Figure intellectuelle fascinante, Ludwig Klages a exercé son influence sur de grands penseurs ou artistes comme Hermann Hesse, C. G. Jung, Walter F. Otto, Robert Musil ou Gustave Thibon. Il demeure pourtant un nom méconnu, voire énigmatique, en France.
Disciple hétérodoxe de Nietzsche, représentant d'une pensée écologiste et vitaliste avant la lettre, Klages incarne, selon François Plat Colonna, l'acmé de la pensée antimoderne. Le philosophe allemand défia en effet dans son œuvre tous les fondements de la pensée moderne que sont la mathématisation du monde, la déification de la raison, le progressisme et l'universalisme. Au logocentrisme qui a dominé l'ensemble de la philosophie occidentale, Klages opposa le biocentrisme, revalorisant ainsi les dimensions instinctives et poétiques du monde enfouies par des siècles de rationalisme.
Émission du "Libre Journal des lycéens", animée par Pascal Lassalle.




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Cette série d'émissions animée par Paul-Marie Couteaux nous emmène à la découverte de la personnalité d'Alain de Benoist.
C’est l'occasion de découvrir les passions, les souvenirs et les éléments fondateurs de sa vie pour mieux comprendre son oeuvre.
Volontairement intimiste, elles sont enregistrées in situ, là où ce personnage hors du commun trouve ses forces et son inspiration.


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Que signifie faire ensemble ? Et faut-il penser cet agir social avant tout comme une interaction entre individus, à la manière de Georg Simmel, ou comme la participation à des rapports sociaux hérités, à la manière du Marx de la maturité ?
Il s'agit ici de comprendre les origines philosophiques de la notion d'agir ensemble puis d'action réciproque, ainsi que leurs critères.
Franck Fischbach montre aussi toutes les limites de l'analyse wébérienne, qui s'efforce de définir la relation de communauté entre individus sans avoir besoin de présupposer aucun acte de coopération.


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C'est l'obsession de l'époque. Entreprises, politiques, chercheurs... ne jurent que par elle, car elle laisse entrevoir des perspectives économiques illimitées ainsi que l'émergence d'un monde partout sécurisé, optimisé et fluidifié. L'objet de cet enivrement, c'est l'intelligence artificielle.
Elle génère pléthore de discours qui occultent sa principale fonction : énoncer la vérité. Elle se dresse comme une puissance habilitée à expertiser le réel de façon plus fiable que nous-mêmes. L'intelligence artificielle est appelée à imposer sa loi, orientant la conduite des affaires humaines.
Désormais, une technologie revêt un "pouvoir injonctif" entraînant l'éradication progressive des principes juridicopolitiques qui nous fondent, soit le libre exercice de notre faculté de jugement et d'action.
Chaque énonciation de la vérité vise à générer quantité d'actions tout au long de notre quotidien, faisant émerger une "main invisible automatisée", une "data driven society", où le moindre phénomène du réel se trouve analysé en vue d'être monétisé ou orienté à des fins utilitaristes.
Il s'avère impératif de s'opposer à cette offensive antihumaniste et de faire valoir, contre une rationalité normative promettant la perfection supposée en toute chose, des formes de rationalité fondées sur la pluralité des êtres et l'incertitude inhérente à la vie.
Tel est l'enjeu politique majeur de notre temps.


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Gilles Deleuze clôt L'Image-Mouvement par un chapitre, La crise de l'image-action, dans lequel, à partir des films d'Hitchcock (Fenêtre sur cour), il identifie la fin de cette grande forme propre au cinéma hollywoodien, qui se manifeste d'abord par la perte du "lien sensorimoteur".
Quelles furent les conséquences esthétiques et formelles de cette crise ? Aujourd'hui, après la redécouverte du cinéma des années 70, ce concept est-il toujours valide ?


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De nombreux films américains baignent dans une atmosphère "baudrillardienne", au sens où s'y exprime le sentiment diffus d'un monde qui complote, sous contrôle, à la fois transparent (tout est visible) et totalement opaque (tout est caché), un monde paradoxal où ce que l'on me montre n'est pas ce qui est. Ce sont Vidéodrome et Crash (David Cronenberg, 1983 et 1996), Dark City (Alex Proyas, 1998), The Truman Show (Peter Weir, 1998) et, bien sûr, la trilogie Matrix (1999-2003) des Wachowski, explicitement inspirée par Simulacres et simulation, où les humains rêvent une réalité électronique enfermés dans des cocons câblés à un ordinateur central.
Alors, le cinéma américain a-t-il trouvé dans la pensée de Baudrillard de quoi penser la nature du Système, d'anticiper ses mutations, et d'envisager le type d'action qu'on pourrait lui opposer, utilisant ainsi ses écrits comme autant d'armes théoriques et dissidentes ?
Jean-Baptiste Thoret analyse l'influence du philosophe sur ce cinéma de l'hyperréalité.


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De quoi parlons-nous quand nous parlons du temps ? Au terme d'une enquête métaphysique aussi captivante que rigoureuse, Francis Wolff cherche à éclaircir cette énigme du maintenant dont parlait Einstein.
Le temps est-il comme une flèche, ou comme un fleuve ? Événements passés et futurs existent-ils, ou le réel ne se conjugue-t-il qu'au présent
? Entre le temps de la nature (étudié par les physiciens) et la temporalité de la conscience (décrite par les philosophes), il convient de ne pas oublier le temps du monde, celui-là même dans lequel nous vivons et nous parlons les uns aux autres.
Une rencontre animée par Thibaud Ottevaere.