Orwell et la décence ordinaire. Avec Bruce Bégout sur France Culture.


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14.02.2017

C'est un paradoxe rarement souligné : bien rares sont les intellectuels de gauche à avoir glorifié les vertus ordinaires, en les attribuant au mode de vie des gens simples.
George Orwell, lui, croyait à l'existence d'un sens moral inné chez les gens ordinaires. En 1939, à la veille de l'entrée de son pays à reculons dans la guerre la plus effroyable de l'histoire européenne, il écrit : "Tout le message de Dickens tient dans une constatation d'une colossale banalité : si les gens se comportaient comme il faut, le monde serait ce qu'il doit être". Et quelques dizaines de pages plus loin dans le même texte, on lit : "en dernier ressort, Charles Dickens n'admire rien, si ce n'est la common decency, l'honnêteté des mœurs". Cette "décence commune", cette décence ordinaire, est la pierre angulaire sur laquelle Orwell a bâti sa propre vision de la politique.
Orwell, qui se proclamait socialiste différait radicalement du léninisme alors triomphant. Il ne croyait pas que les masses étaient aliénées par l'idéologie des classes dirigeantes. Il n'adhérait nullement à l'idée qu'il fallait "conscientiser" les opprimés, afin qu'ils entrent en lutte. Il misait, au contraire, sur les croyances spontanées et les manières de vivre des gens simples ; il les opposait à la fois aux élites dirigeantes traditionnelles – égoïstes et incapables - et aux intellectuels donneurs de leçons.
De ces derniers, il écrit dans Le lion et la licorne, ce sont "des gens qui vivent dans le monde des idées et ont très peu de contacts avec la réalité matérielle". Il pensait que la méfiance spontanée des gens simples envers l'autorité ferait barrage à la montée des régimes autoritaires et totalitaires dont il était l'un des témoins les plus lucides de son temps.

Marx, Proudhon et la misère de la philosophie. Avec Eric Martin à l'Université du Québec à Montréal.


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22.05.2018

À l'occasion d'une célèbre polémique avec Proudhon, Marx règle en 1847, dans Misère de la philosophie, ses comptes avec une certaine idée du socialisme et de l'économie, très bien incarnée par Proudhon. Critiquant le socialisme "petit-bourgeois", il précise ses thèses et en donne une version très accessible dans un texte brillant et caustique qui peut servir d'introduction à son oeuvre.
Ce texte ne doit pas cependant être pris pour argent comptant et les thèses de Proudhon, intéressantes par bien des aspects, méritent d'être redécouvertes, au-delà des caricatures...

Nancy Fraser, philosophe et militante féministe. Avec Estelle Ferrarese sur France Culture.


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12.11.2018

Née en 1947, Nancy Fraser est professeure de philosophie et de sciences politiques à la New School for Social Research. À l'époque de sa thèse à l'université de New-York, dans les années 60, peu de femmes étudiaient la philosophie. Avec ses quelques camarades femmes, elle formait un bastion de résistance féministe.
C'est à la fin des années 60 qu'elle commence à militer dans le milieu politique trotskiste. Elle concilie alors l'activité théorique philosophique avec la pratique politique militante qui devient l'origine de ses objets d'étude de philosophie : les espaces publics, les fondements de la justice sociale, la reconnaissance et l'évolution du mouvement féministe.
Aujourd'hui, son travail à la fois politique et militant, présenté par la philosophe Estelle Ferrarese, porte sur le féminisme et la justice sociale.

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

La portée critique de la sociologie de Michel Freitag. Avec Eric Duhaime à l'Université Nice Sophia-Antipolis.


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10.04.2010

Sociologue d'origine suisse, né à la Chaux-de-Fonds en 1935, Michel Freitag, après des études de droit et d'économie à l'université Neuchâtel, s'est tourné vers la sociologie. Après un doctorat à Paris dans les années soixante sous la direction d'Alain Touraine, il rejoint le département de sociologie de l'Université du Québec à Montréal, tout juste fondée, et y enseignera de 1970 à 2001.
Pour Michel Freitag, il appartient aux sciences sociales, notamment à la sociologie, d'élucider la nature, le sens et la portée des transformations sociales et sociétales en cours, et d'en expliciter les enjeux sociaux et normatifs. Il s'agit là d'une tâche à la fois urgente et cruciale, si l'on considère les divergences théoriques et idéologiques profondes qui existent sur l'ensemble de ces questions.
Et Eric Duhaime, dans cette conférence, d'expliciter les fondements théoriques de son projet ambitieux en revenant sur son ontologie, sa théorie du symbolique et de la pratique sociale, et sa critique de la postmodernité.
La sociologie dialectique Michel Freitag, où l'une des dernières grandes tentatives intellectuelles de penser et d'apporter une réponse qui soit à la hauteur des enjeux civilisationnels qui sont les nôtres.

Une intervention qui s'inscrit dans le séminaire de Franck Fischbach "Connaissance et critique du social".

Karl Marx, philosophe du travail (1818-1883). Avec Franck Fischbach aux Rencontres de Sophie à Nantes.


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24.03.2017

Le professeur de philosophie Franck Fischbach, en se fondant sur des textes précis de Marx, montre le caractère central que celui-ci attribue au travail dans sa conception de l'homme, de la société et de l'histoire, depuis ses écrits dits de jeunesse (Manuscrits de 1844) jusqu'à ses oeuvres tardives (Capital compris).
À partir des analyses que Marx consacre aux déformations (aliénation, exploitation, hétéronomie) que les sociétés caractérisées par le mode de production capitaliste font subir au travail, on peut se demander la façon dont il envisageait ce que pourrait être une société à venir : serait-elle une société libérée du travail ou bien une société qui libère le travail ? Quels effets produirait sur cette société, et sur les formes sociales de vie, la libération du travail ?

Une conférence qui s'inscrit dans la thématique de l'année 2017 : "La fin du travail ?"

La nouvelle idéologie dominante : le post-modernisme. Avec Shmuel Trigano à l'Institut français de Tel Aviv.


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07.01.2013

Et si la domination n'était pas là où on la croit ? Et si la façon dont nous nous représentons aujourd'hui l'identité, l'humain, les genres, la nature, mais aussi la démocratie, le rapport à l'étranger, le contenu même du savoir, la finalité du droit, si tout cela ne relevait pas en réalité d'un savoir objectif mais d'une "idéologie" qui projette de changer l'ordre social et politique mais surtout l'humain ? C'est le propre de toute époque que de trouver dans un ordre d'idées le principe du pouvoir et de la cohérence, sauf que cette idéologie se présente comme l'anti-pouvoir, le facteur d'une liberté jamais imaginée.
Shmuel Trigano s'efforce d'en construire le modèle et de prendre la mesure de l'ampleur de l'agenda du post-modernisme, cette pensée née en France dans les années 1970, redécouverte aux États-Unis et devenue, depuis, la "langue commune" de toutes les élites du monde démocratique, à travers ses multiples visages : multiculturalisme, post colonialisme, queer theory, altermondialisme, mondialisme, etc.
Dans la perspective de la sociologie de la connaissance, il tente d'identifier les centres de pouvoir et l'ordre nouveau qu'installe cette idéologie pour comprendre le contexte de son développement, notamment la décomposition de l'état-nation européen des suites de l'unification européenne, grosse, selon lui d'une forme de pouvoir de type impérial.
Un travail engagé qui alerte face à la dernière née des utopies politiques.

La Guerre Civile en France. Avec Francis Cousin pour le Collectif Guerre de Classe.


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07.2019

C'est avec son regard radical et critique que Francis Cousin commente l'actualité du mois de juillet 2019. L'occasion d'aller au-delà de l'écume des choses pour comprendre les logiques profondes qui meuvent notre monde.
 - 0'01'25 : introduction : comment traiter l'actualité
 - 0'09'59 : le 14 juillet
 - 0'30'42 : l'ingénierie sociale
 - 0'40'56 : mystifications omniprésentes
 - 1'00'03 : CETA, Mercosur
 - 1'06'44 : Vincent Lambert
 - 1'17'28 : émancipation contre restructuration
 - 1'24'01 : guerres, cycles du capital, phagocytose
 - 1'35'12 : endettement, finance
 - 1'47'20 : médias, affaires politiques
 - 1'54'07 : crack bancaire, guerre civile
 - 2'09'12 : Dieudonné, Alain Soral
 - 2'14'47 : l'affaire Chouard
 - 2'15'44 : lire Marx, se tenir debout

Theodor W. Adorno (1903-1969), minima moralia. Avec Marc Jimenez et Irving Wohlfarth sur France Culture.


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02.05.1996

Le philosophe, sociologue et musicologue allemand Theodor W. Adorno est l'un des principaux représentants de l'Ecole de Francfort, exilé aux Etats-Unis après l'arrivée au pouvoir des nazis avant de revenir en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale.
Ses ouvrages les plus importants ont posé les bases de la "théorie critique", notamment Dialectique négative (rédigé avec son acolyte Max Horkheimer) et Minima Moralia.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Claudia Krebs et Claude Giovannetti.