Eloge de L'Inégalité. Avec Anthony Cobalt, Jean Lesalle, Lino Vertigo et NIMH pour Rage Culture.


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01.2026

La modernité, ivre d'égalitarisme, a fait de l'égalité une idole. Elle en oublie que l'inégalité n'est pas une malédiction, mais la condition même de l'ordre et de la vitalité des sociétés. Là où l'égalité nivele, l'inégalité hiérarchise ; là où l'une prétend effacer les différences, l'autre les assume et les valorise.
L'histoire montre que les civilisations les plus florissantes furent celles qui surent cultiver les écarts – de mérite, de talent, de rang – plutôt que de les nier. Une société sans élites est une société sans boussole, condamnée à l'entropie. L'inégalité, loin d’être un vice, est le moteur des hiérarchies naturelles, celles qui récompensent l'effort, la compétence et la responsabilité.
Pourtant, la modernité, obsédée par l'illusion d'une égalité absolue, s'épuise à vouloir gommer ces distinctions. Elle confond justice et nivellement, équité et uniformité, et finit par produire une médiocrité généralisée. L'éloge de l'inégalité n'est pas un appel à l'arbitraire, mais à la reconnaissance des différences légitimes – celles qui élèvent plutôt que celles qui écrasent.

L'éthique des croyances religieuses. Avec Roger Pouivet à la Bibliothèque nationale de France.


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24.01.2024

A-t-on le droit de croire en l'existence de Dieu ? Non, répondent ceux qui veulent des preuves. Oui, affirme Roger Pouivet, car nous avons le droit de croire même sans justification épistémologique. Cela n'a rien d'intellectuellement honteux, contrairement à ce que disent certains philosophes, en parlant d'une "éthique des croyances".
Une nouvelle question se pose alors : a-t-on le droit de croire avoir reçu une révélation et prétendre connaître ainsi la vérité ? Non, répondent ceux pour lesquels la vérité ne peut pas être donnée par Dieu dans la Bible. Oui, affirme toujours Roger Pouivet, et, qui plus est, une épistémologie peut défendre la rationalité de notre croyance à la révélation.
Dès lors, peut-on faire "comme si" les affirmations du "Credo" étaient des fictions ? Est-il vrai que la religion est avant tout une affaire pratique et une forme de vie ? Non, répond enfin Roger Pouivet : les arguments en faveur d'une conception non réaliste de la religion sont faibles en revanche, le réalisme théologique peut être défendu.

Thomas Sowell et les illusions de la justice sociale. Avec Radu Stoenescu et Mos Majorum pour les Editions Carmin.


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01.2025

Chiffres à l'appui, Thomas Sowell explique que les politiques dites "sociales" sont contre-productives : elles font le plus de mal à ceux qu'elles sont censées secourir !
Ses travaux explorent quatre types de sophismes :
 1. l'illusion que dans un monde idéal, les différentes catégories sociales auraient des résultats équivalents - fondement des politiques visant à assurer une "représentation équitable"
 2. l'illusion que le racisme expliquerait à lui seul les disparités réelles de résultats entre les groupes ethniques
 3. l'illusion que les décisions politiques n'engendrent pas de rétroactions, et qu'elles s'exerceraient sur des "pièces d'échecs" inertes
 4. l'illusion que des instances publiques savent mieux ce qui est bon pour les individus, à leur place.
Radu Stoenescu et Mos Majorum reviennent sur les thèses du sociologue américain, indispensables pour comprendre le succès d'un Trump auprès des classes populaires.

L'esprit et la donnée. Avec Mark Hunyadi à l'Académie Royale de Belgique.


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01.10.2025

Dans le monde numérique qui est le nôtre, l'esprit humain baigne désormais dans les données comme dans son nouveau milieu naturel. Relié par ses appareils numériques à un univers cybernétique fait d'inputs, d'outputs et d'applications assurant leurs échanges, l'esprit humain tend lui-même à devenir un opérateur cybernétique : il se meut avec toujours plus d'aisance dans ce milieu alléchant de processus automatisés où chaque question reçoit sa réponse, chaque demande sa satisfaction. À monde cybernétique, esprit cybernétique. Se profile ainsi sous nos yeux l'horizon d'un devenir-cybernétique de l'esprit, idéal d'une société automatisée.
Si l'on juge que c'est là un danger, il faut alors en tirer la conclusion : c'est l’esprit qu'il s'agit désormais de protéger.
Dans cette perspective, Mark Hunyadi développe trois thèses :
 1. le numérique doit être avant tout caractérisé comme une "technologie de l'esprit
 2. par l'extension croissante du numérique, l'esprit humain se trouve menacé dans sa propriété reine, qui est sa capacité d'aller au-delà du donné
 3. il faut donc le protéger par un nouveau cadre normatif, dépassant celui des droits et libertés individuels qui prévaut aujourd'hui, lequel ne protège en rien contre le devenir-cybernétique de l’esprit
C'est dans ce sens qu'est alors avancée la proposition, audacieuse mais nécessaire, de déclarer l'esprit humain patrimoine commun de l'humanité, comme on l'a fait naguère pour les fonds marins.

Pensait-on au Moyen Age ? Avec Olivier Boulnois à l'Académie Catholique du Val de Seine.


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09.10.2025

Le Moyen Âge fut une période d'une richesse intellectuelle remarquable, notamment à travers le développement des universités et la quête de la vérité. En effet, le Moyen Âge a vu naître une pensée structurée, où théologie, philosophie et science dialoguaient pour construire un savoir rigoureux. Les universités médiévales, loin d'être de simples lieux de transmission, étaient des espaces dynamiques où l'on cherchait activement la vérité, en s'appuyant sur les textes antiques tout en les discutant et en les dépassant. La logique, la disputatio (débat contradictoire) et l'enseignement des arts libéraux y jouaient un rôle central, formant des esprits critiques capables de raisonner par eux-mêmes.
Cette période a aussi été marquée par un vaste mouvement de traduction et d'assimilation des savoirs grecs, arabes et latins, posant les fondations de la Renaissance. Ainsi, le Moyen Âge apparaît comme une époque où la pensée, loin d'être figée, était en constante évolution, mêlant héritage antique et innovations pour façonner l'avenir intellectuel de l'Europe.

Pourquoi la violence dans les religions ? Avec Roger Pouivet pour l'association Cordoba.


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25.09.2025

On peut tuer au nom de Dieu ! Nous l'avons récemment redécouvert, par des actes de terrorisme et de nouvelles guerres de Religion, en France et ailleurs.
Dans le monde occidental aujourd'hui, beaucoup pensent que les croyants devraient renoncer à leur revendication de vérité.
L'exclusivisme, selon lequel une seule religion est vraie, n'entraînerait-il pas inévitablement l'intolérance religieuse, rendant la cohabitation impossible ? Mais ce pluralisme et ce relativisme, si présents dans l'exigence de laïcité, sont-ils pertinents au regard de ce que sont les croyances religieuses ?
Cette question, si vive, de notre vie sociale est abordée par une réflexion sur les croyances religieuses, la vérité, la tolérance et la question de savoir si nous avons tous le même Dieu.
Roger Pouivet défend un exclusivisme de la vérité religieuse qui ne mènerait pas à dresser les incroyants contre les croyants et les religions les unes contre les autres.

Kojève et la conscience de Staline. Avec Rambert Nicolas à la Librairie Tropiques.


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20.09.2025

"Que s’est-il passé en Russie hier ?" se demandait Kojève en 1941 dans un livre longtemps enfoui qui vient d’être exhumé sous le titre de Sophia. "Que se passera-t-il en Russie demain ?" s'interrogeait en 1877 le père de la philosophie russe, Vladimir Soloviev, dans les Principes philosophiques de la connaissance intégrale, soucieux alors de découvrir la "parole" que la Russie devait lancer à la face du monde pour le transfigurer. Entre eux, il y eut la révolution et le tournant d'un siècle. Et, si Soloviev fondait un système philosophique prérévolutionnaire où il se faisait, selon le mot de ses admirateurs, la "conscience de la Russie", il appartenait à Kojève à la fois d'hériter de cette Russie et de la renverser au nom du soviétisme, jusqu'à s'affirmer lui-même comme la "conscience de Staline", c'est-à-dire la "conscience de l'URSS". C’est cette lutte entre la philosophie religieuse russe fondée par Soloviev et la philosophie athée soviétique construite par Kojève qu'analyse Rambert Nicolas.
On découvre un Kojève réinscrit dans la culture de son pays, mais aussi une pensée importante et, pourtant, méconnue : la philosophie russe, au rôle déterminant dans les destinées d'une nation en pleine ébullition et expérimentation tant artistiques, politiques que philosophiques.

L'Absurde cosmique (Lovecraft). Avec Anthony Cobalt, Jean Lesalle, Lino Vertigo et NIMH pour Rage Culture.


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12.2025

C'est au travers de l'œuvre de Howard Philip Lovecraft, spécialement sa lettre sur Nietzsche, que la notion d'absurde cosmique peut être explorée. Lovecraft y exprime une vision pessimiste de l'humanité, la qualifiant de "vermine nuisible" et souligne l'absence de valeurs absolues dans un univers mécanique et indifférent.
La vérité peut être terrifiante et difficile à accepter, comme nous le rappelle le destin tragique de Semmelweis suite à sa découverte de l'importance de l'hygiène en médecine.
Quelles sont alors les implications philosophiques de ces idées, spécialement en lien avec la perception de la réalité, la nature de la vérité et la condition humaine ? Est-il possible de résoudre la tension entre le sens et l'absurde du monde ?