Théologie et philosophie médiévales. Avec Olivier Boulnois et Cyrille Michon sur Radio Courtoisie.


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1995

Qu'est-ce que la toute-puissance ? Dieu peut-il vraiment tout ? Peut-il marcher, mentir, faire le mal ? Peut-il faire que ce qui a été n'ait pas été ? Ou, au contraire, ne peut-il faire que le meilleur et le plus rationnel ? Peut-il faire autre chose que ce qu'il fait ? Créer d'autres mondes ?
Autant de questions qui ébranlent les limites du possible et du pensable, qui organisent le partage entre la puissance et son ombre, cette obscure limite qui lui permet d'exister, entre la contingence et la nécessité, la liberté et la bonté, le pouvoir absolu et l'ordre du monde, construisant le cadre conceptuel des débats de l'âge classique.
Olivier Boulnois et Cyrille Michon nous présentent une spéculation continue sur la toute-puissance divine sur plus de trois siècles, qui forme une sorte d'introduction à la philosophie médiévale : Pierre Lombard, évêque de Paris vers 1150, auteur des Sentences, maître livre qui a donné lieu à plus de mille quatre cents commentaires théologiques, puis ceux qui l'ont repris et discuté, notamment Albert le Grand, Bonaventure, Thomas d'Aquin, Duns Scot, Ockham et Luther.

Émission des "Mardis de la mémoire", animée par Pierre Chaunu.

Sur Pic de la Mirandole. Avec Pierre Legendre au Lycée Henri-IV.


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17.01.2018

En 1486, Jean Pic de La Mirandole publiait à Rome l'ouvrage intitulé Conclusiones sive Theses DCCCC, les 900 Conclusions ou Thèses. Pierre Legendre, avec sa 901e conclusion, se donne pour ambition d'en prolonger la geste. Il choisit de se coller à ce titre, par le forçage d'une addition qui n'en est pas une. Ce à quoi s'autorisaient les glossateurs scolastiques, à quoi s'autorisent encore les publicitaires et les militants - coller son propre texte au discours d'un autre -, pourquoi ne s'y aventurerait-il pas ?

L'Europe des Lumières. Avec Monique Cottret sur StoriaVoce.


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01.2024

"Nous voilà dans un siècle qui va devenir de jour en jour plus éclairé", écrit dès 1684 le philosophe Pierre Bayle. De proche en proche et d'ouest en est, la lumière, singulière puis plurielle, gagne l'ensemble du continent européen : Enlightenment, Lumières, Aufklärung, Illuminismo..., le mouvement se décline dans toutes les langues au XVIIIe siècle, pénètre les esprits et modifie les comportements.
C'est la fin d'une histoire, et le commencement d'une autre, où la raison, la science, le droit, la tolérance, la liberté et le bonheur individuel dessinent un horizon nouveau. Même déchirée par les guerres, deux années sur trois, l'Europe se constitue en conscience collective, conçoit et met en oeuvre, dans des réalisations multiples, l'idée de progrès.
Sans être une histoire sainte des Lumières, le récit de Monique Cottret, ancré dans les écrits comme dans les faits, accorde une large part aux destins individuels des philosophes, des rois, des inventeurs, des écrivains et des artistes ; de Newton à Kant, entre Voltaire et Frédéric II, avec Emilie du Châtelet et Angelica Kauffman, des dévots de la Grande Catherine aux partisans du Contrat social, de Lumières en Révolutions...
Alors qu'aujourd'hui les Lumières subissent des remises en cause et des assauts critiques, il fallait convoquer ce passé et le mobiliser au service d'un humanisme universaliste plus actuel et nécessaire que jamais.

Transhumanisme et Cosmisme Russe : une parenté intellectuelle ? Avec Olga Rechetnikova pour le podcast The Flares.


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10.2023

Le cosmisme russe est un mouvement philosophique et scientifique qui a influencé la pensée russe et internationale. Son fondateur, Nicolas Fiodorov, était un bibliothécaire modeste surnommé le "Socrate de Moscou" qui rêvait de ressusciter les ancêtres grâce à la science et à la coopération mondiale. Il prônait l'arrêt des guerres et la mobilisation des ressources scientifiques pour cette "grande œuvre" commune, reflétant son idéal de fraternité universelle.
Olga Rachetnikova aborde également les critiques et les influences du cosmisme, notamment sur l'astronautique et les sciences modernes avant d'évoquer les travaux de Konstantin Tsiolkovski, qui a appliqué les idées cosmistes à la conquête spatiale, et de Vladimir Vernadsky, dont les théories sur la noosphère inspirent encore aujourd'hui.
Enfin, ce sont les liens entre cosmisme et transhumanisme qui sont explorés, en soulignant notamment la conservation du mystère dans le cosmisme.

Un entretien mené par Gaëtan Selle et Marc Roux.

Une cartographie des nouvelles pensées critiques. Avec Razmig Keucheyan pour le Séminaire Sophiapol.


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18.10.2011

Alain Badiou, Judith Butler, Giorgio Agamben, Fredric Jameson, Wang Hui, Moishe Postone, Gayatri Spivak ou Axel Honneth, la pensée radicale est de retour. Mais quelles sont ces théories qui accompagnent l'émergence des nouvelles luttes sociales ? En quoi se distinguent-elles de celles qui caractérisaient le mouvement ouvrier dans ses formes traditionnelles ?
Razmig Keucheyan rend compte de la diversité de ces nouvelles pensées : théorie queer, marxisme et postmarxisme, théorie postcoloniale, théorie de la reconnaissance, poststructuralisme, néospinozisme, etc. Il montre également l'unité qui sous-tend ces courants, tous produits des défaites subies par les mouvements de contestation des années 1960 et 1970.
Un travail qui se veut une cartographie intellectuelle, un instrument d'orientation dans le nouveau paysage des pensées critiques, dans une perspective internationale.

L'attention chez Simone Weil. Avec Olivier Rey à l'Institut Catholique de Paris.


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10.01.2022

Olivier Rey aborde le thème de l'attention selon la philosophe Simone Weil, qu'elle considère comme la forme la plus rare et la plus pure de la générosité. L'attention est donc traitée de la manière dont Simone Weil écrivait : "il y a quelque chose dans notre âme qui répugne à la véritable attention beaucoup plus violemment que la chair ne répugne à la fatigue".

Une conférence qui s'inscrit dans le cadre du Séminaire "Éducation et soin à l'ère du numérique", animée par Cynthia Fleury et Camille Riquier.

Un impératif cosmique d'explorer la galaxie. Avec Rudolph Bierent pour le podcast The Flares.


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09.2019

L'humanité doit aller dans l’espace, comme les poissons ont dû sortir hors de l’eau. Dans un passé très reculé, cet impératif fut exprimé par un discours religieux. À l'aube du XIXe siècle, alors que la connaissance scientifique et les moyens techniques explosent, cet impératif n'est plus seulement prophétique, mais exige une réalisation ici et maintenant. C’est tout du moins ce que certains intellectuels pensèrent dans la Russie tsariste. Enjeux religieux, politiques et techniques se croisent sur ce territoire, qui hésite encore entre l'industrialisme occidental et la recherche d'une voie propre, eurasiatique.
Avec Rudolph Bierent, nous nous plongeons dans les enjeux religieux, politique et techniques de la Russie tsariste et son avant-garde cosmiste ! 

 - 0'05'15 : Qu’est-ce que la philosophie cosmiste ?
 - 0'13'00 : Pourquoi ce courant de pensée est-il né en Russie ?
 - 0'18'00 : Pourquoi avons nous un impératif cosmique ?
 - 0'25'00 : Les racines Zoroastriennes dans le cosmisme
 - 0'31'30 : Allons nous exploiter et polluer les autres planetes colonisées
 - 0'45'40 : Que signifie la fraternité planétaire dont parle le cosmisme ?
 - 1'13'00 : Quelles sont les étapes du cosmismes ?
 - 1'22'00 : Est ce que le cosmisme se rapproche du transhumanisme sur certains points ?
 - 2'14'00 : Que reste-t-il du cosmisme original du XIXe aujourd'hui en Russie ?
 - 2'25'00 : Quel futur pour l'exploration spatiale ?
 - 2'47'00 : Quel est ta vision du futur ?
 - 2'50'00 : Un mot sur la collapsologie

Un entretien mené par Gaëtan Selle.

Privation de l'intime. Avec Michaël Foessel à l'Institut Catholique de Paris.


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13.03.2023

Depuis quelques années, les politiques se sont décidés à nous entretenir d'eux-mêmes, en partie pour ne plus avoir à parler de nous. De quoi ces mises en scène de l'intime sont-elles le symptôme ? Michaaël Foessel montre que la "pipolisation" n'affecte pas seulement la politique, mais l'intime lui-même qui se trouve dévalué d'être ainsi donné à voir. L'intime désigne l'ensemble des liens qui n'existent que pour autant qu'ils sont soustraits au regard social et à son jugement. Ces liens sont le support d'expériences qui, contrairement à ce que l'on dit le plus souvent, entretiennent un rapport avec la démocratie.
La privation de l'intime est d'abord sa "privatisation", c'est-à-dire sa confusion avec les propriétés du Moi. L'intime n'est pas le privé parce qu'il renvoie à des liens affectifs, amoureux, désirants où le sujet prend le risque de se perdre.
On découvre que la préservation de l'intime est aussi une manière de ne pas rabattre la démocratie sur une société de propriétaires. Michaël Fœssel interroge les ambivalences de la modernité libérale qui invente l'intime et l'identifie presque aussitôt avec le privé. De là des questions inattendues : la démocratie doit-elle être sensible pour demeurer démocratique ? L'intime peut-il figurer au rang d'idéal commun ? Dans quelle mesure l'amour est-il un sentiment politique ?

Une conférence qui s'inscrit dans le cadre du Séminaire "Éducation et soin à l'ère du numérique", animée par Cynthia Fleury et Camille Riquier.