Engendrer en temps d'effondrement, des Pères de l'Eglise à Michel Foucault. Avec Marianne Durano pour le séminaire Diognète à Lyon.


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14.12.2024

La procréation est-elle une bénédiction ou un fardeau dans un monde marqué par la chute et l'attente eschatologique ? Les Évangiles, avec leurs paroles sévères sur les femmes enceintes en temps de crise ("Malheureuses celles qui allaiteront en ces jours-là", Mt 24), et les Pères de l'Église, tiraillés entre l'héritage juif du "Croissez et multipliez-vous" et les tentations ascétiques des hérésies encratites, ont profondément interrogé ce paradoxe.
À travers Clément d'Alexandrie, Jean Chrysostome ou Augustin, c'est toute une théologie politique du corps qui se dessine : la procréation y apparaît tour à tour comme un devoir naturel, une image de la Résurrection, ou une consolation divine face à la mort. Mais comment concilier ces visions avec l'urgence apocalyptique des premiers chrétiens, pour qui le monde semblait devoir s'achever demain ?
La réflexion de Marianne Durano, nourrie des travaux de Michel Foucault sur les Aveux de la chair, révèle une actualité brûlante. Alors que des philosophes contemporains comme David Benatar ou Antoine Bueno prônent un anti-natalisme radical (jusqu'à imaginer des "permis de procréer" contrôlés par l'État), les débats des premiers siècles résonnent étrangement avec nos crises démographiques et nos questionnements éthiques.
Entre biopouvoir, subjectivation chrétienne et résistance à l'indifférenciation, une question traverse les âges : engendrer, est-ce encore un acte de foi en l'avenir, ou le signe d'une soumission à un ordre naturel – voire politique – que certains voudraient dépasser ?

Le progrès en état critique. Avec Denis Collin et Marie-Pierre Frondziak pour le Cercle Condorcet de l'Avallonnais.


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2025

Dans un monde où la croyance au progrès semble à la fois évidente et profondément ébranlée, il est plus que nécessaire d'analyser les contradictions qui traversent notre époque. À l'heure où les avancées technologiques s'accélèrent tandis que les crises écologiques, sociales et politiques s'aggravent, Denis Collin et Marie-Pierre Frondziak interrogent les fondements mêmes de cette idée de progrès, héritée des Lumières et devenue dogme des sociétés industrielles.
Loins des discours triomphalistes comme des dénonciations simplistes, ils invitent à repenser la modernité non comme une marche linéaire vers le mieux-être, mais comme un champ de tensions où se jouent des rapports de pouvoir, des impasses économiques et des choix éthiques souvent occultés. En croisant philosophie politique, histoire des idées et critique sociale, ils déconstruisent les mythes contemporains pour révéler les mécanismes par lesquels le progrès, brandi comme une promesse, peut aussi servir de leurre ou d'alibi à des logiques de domination.

Le suicide identitaire de l'Occident. Avec Jacques Dewitte sur Mosaïque.


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01.2025

L'Occident serait-il en train de perdre le sens des distinctions ? Pour le philosophe Jacques Dewitte, l'indifférenciation – cette dissolution des frontières entre les sexes, les identités, les nations ou même le vrai et le faux – n'est pas anodine : elle révèle une "attirance pour la mort", un renoncement à l'effort de penser le réel. Dans La texture des choses (Salvator), il analyse comment notre époque, après des siècles de passion des distinctions (de Aristote à Hannah Arendt), bascule dans un relativisme où tout devient construit, arbitraire, interchangeable.
Mais quels sont les risques concrets de cet effacement ? Comment en est-on arrivé à nier les fondements naturels, historiques ou même architecturaux qui structurent notre monde ?

 - 00'00 : Introduction à l'indifférenciation
 - 02'46 : La tentation de l'indifférenciation
 - 05'57 : Les conséquences de l'indifférenciation
 - 08'50 : La perte du monde et l'identité
 - 11'42 : Réflexions sur Hannah Arendt
 - 15'02 : L'indifférenciation et la politique contemporaine
 - 17'50 : Réactions aux événements récents
 - 22'47 : La perception des Juifs dans l'Occident moderne
 - 25'57 : Parallèles historiques : Berlin et Gaza
 - 31'02 : L'aveuglement du système sécuritaire israélien
 - 34'30 : La polémique avec Alain Finkelkraut
 - 39'54 : Radicalisation des opinions sur le conflit israélo-palestinien
 - 42'50 : Identités et indifférenciation dans le discours contemporain

De la Révolution à l'Histoire. Avec Jean-Yves Pranchère et Frédéric Brahami aux Facultés Loyola Paris.


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20.04.2017

L'Histoire a-t-elle perdu son sens ? Les grandes philosophies de l'histoire, qui cherchaient à y discerner une raison ou une finalité, semblent aujourd'hui contestées. Une approche originale propose d'aborder cette question à travers l'événement fondateur de la Révolution française, et plus particulièrement son aspect le plus déroutant : la Terreur. Plutôt que d'y voir un simple projet ou une étape téléologique, il s'agit de la considérer comme une oeuvre accomplie, dont l'énigme persiste.
Pour les penseurs du XIXe siècle – qu'ils soient contre-révolutionnaires (comme Bonald ou Maistre) ou défenseurs des idéaux révolutionnaires (comme Saint-Simon, Leroux, Michelet ou Quinet) –, la Révolution marque une rupture absolue. Inutile d'en chercher les causes lointaines dans des théories préparatoires : c'est dans ses effets, ses résonances et ses recompositions sociales qu'elle révèle sa portée philosophique. Elle redéfinit les liens entre religion, pouvoir, conscience individuelle et collective, tout en faisant émerger le Peuple comme nouveau sujet de l'Histoire.
Cette réflexion écarte toute dialectique spéculative ou matérialiste qui réduirait l'Histoire à un schéma préétabli. Elle met en lumière une scène politique et philosophique où se nouent, de manière inédite, les éléments d'un monde en mutation. La Révolution y conserve son caractère énigmatique, sans être instrumentalisée comme preuve d'une philosophie de l'Histoire préconçue.

Critiques classiques du management. Avec Baptiste Rappin et Michel Boyance sur Haltérophilo.


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23.05.2025

Alors que nos sociétés sont désormais soumis à une implacable "théologie managériale", il est important de mettre en perspective l'héritage des traditions philosophiques antiques et médiévales face aux ruptures introduites par la modernité et la postmodernité. L'occasion d'interroger la manière dont le management s'est imposé comme un cadre normatif dominant, en se substituant parfois au politique et au religieux, et d'inviter à envisager ce que la pensée classique peut encore offrir pour répondre aux enjeux contemporains.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'03'45 : Quelques définitions : pensée classique, modernité et post-modernité
 - 0'12'40 : Le piège de la binarité
 - 0'29'46 : Quand fut le point de rupture entre pensée classique et pensée moderne ?
 - 0'41'19 : Substitution de l'Église par l’état puis de l’état par l’entreprise ?
 - 0'49'02 : Vers un état mondial et unifié ?
 - 0'54'58 : Y a-t-il un lien entre l’athéisme, l’eugénisme et le management ?
 - 1'04'53 : "Mourir dans la dignité" et la substitution du prêtre par la machine
 - 1'11'36 : Qui d'autre peut apporter une réponse si ce n'est l'Église ou la machine ?
 - 1'16'33 : Quelques recommandations de lecture
 - 1'20'57 : Conclusion et remerciements

La foi par la raison. Avec Frédéric Guillaud pour Pôle Mission Paris.


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2021

Jésus-Christ a-t-il vraiment existé ? Avait-il une femme et des frères ? Sa résurrection est-elle une hallucination ? Qui a écrit les Évangiles ? À ces questions, comme à toutes celles que nous n'avons jamais osé poser au catéchisme, Frédéric Guillaud apporte avec brio et simplicité les plus lumineuses des réponses.
L'occasion de montrer la profonde cohérence rationnelle de la doctrine chrétienne, sans esquiver aucune des difficultés historiques ou philosophiques rencontrées par les Chrétiens.
Attention, que vous ayez la foi ou pas encore, vous risquez d'être convaincu !

Réponses et objections. Avec Jacques Bouveresse au Centre Pompidou.


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18.10.2000

Professeur au Collège de France, Jacques Bouveresse est l'auteur récent de Wittgenstein, la modernité, le progrès et le déclin (éditions Agone). L'occasion pour quatre philosophes -Alban Bouvier, Frédéric Nef, Ruwen Ogien et Clément Rosset- d'examiner cette parution philosophique sans parti pris d'école ou de tendance, pour tenter de tirer au clair l'antipathie que Wittgenstein entretenait envers la civilisation contemporaine, antipathie qui l'a poussée à ne s'attacher qu'au très petit nombre de choses qu'il considérait comme essentielles.

Economie, affects et politiques. Avec Frédéric Lordon et Brian Massumi à l'École universitaire de recherche Artec.


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28.11.2018

Tous deux intellectuels à la pointe du renouvellement des pensées de la gauche radicale, Frédéric Lordon et Brian Massumi proposent chacun une pensée radicalement critique de l'économie orthodoxe à partir de la notion d'affect. L'un s’appuie sur Spinoza (par exemple dans La Société des affects et dans Les affects de la politique), l'autre sur Deleuze et Guattari (par exemple dans L'économie contre elle-même).
Si leurs prémisses critiques semblent converger, leurs approches, leurs conclusions et leurs propositions politiques nous emmènent dans des directions assez différentes entre elles. Leurs rapports à l'État-nation comme leurs analyses des dérivations financières sont en contraste particulièrement marqué.
Chacun d'eux peut incarner un devenir possible de la gauche radicale : la question sera de savoir si ces devenirs sont compossibles, contradictoires ou complémentaires.

Un débat animée par Yves Citton et Quentin Badaire.