

(0)
La liberté telle que nous l'entendons aujourd'hui, que ce soit à gauche et à droite de l'échiquier politique, se fonde sur l'idée de délivrance. C'est à dire le fait d'être déchargé par d'autres ou par la technologie d'une partie des tâches quotidiennes de la vie : cuisiner, s'occuper des enfants, faire le ménage, etc.
Pourtant, si cette définition de la liberté est devenue hégémonique, elle n'est pas la seule. Celle-ci s'est imposée au dépend d'autres manières d'entrevoir la liberté, notamment comme autonomie collective visant à prendre en main sa propre subsistance.
Professeur d'université, activiste et agriculteur, Aurélien Berlan, analyse les différentes conceptions de la liberté pour en exhumer les hypothèses sous-jacentes et proposer des alternatives réellement émancipatrices.
Un entretien mené par Jean-Philippe Decka.


(0)
Le sociologue et philosophe québécois Michel Freitag distingue, au sein de sa "sociologie dialectique", trois modes formels de reproduction : le "culturel-symbolique", le "politico-institutionnel" et le "décisionnel-opérationnel". La modernité, qui correspond au second de ces modes, est aujourd'hui en crise alors qu'il est acculé par le nouveau mode de reproduction cybernétique propre à la post-modernité.Comment devons-nous comprendre cette évolution de la société prise comme totalité à la fois réelle et subjective ?


(0)
Théoricien du courant dit de la critique de la valeur (Wertkritik), Anselm Jappe a grandi à Cologne et dans le Périgord. Après des études à Rome et à Paris, il développe une pensée qui fait le lien entre l'École de Francfort, la théorie Situationniste et les productions d'auteurs comme Robert Kurz, dans l'orbite des revues Krisis et Exit.
Introducteur en France de la critique de la valeur, il se propose d'approfondir la pensée de Marx pour comprendre notre monde contemporain : c'est le fétichisme de la valeur et le narcissisme de l'individualisme qui provoque une crise non pas financière mais une crise de la valeur.
L'occasion d'évoquer avec lui cette analyse de la crise contemporaine et de revenir sur son parcours.
Un entretien mené par Michel Sourget.




(1)
Est-il légitime de tuer les animaux ? Peut-on ignorer ce que révèlent les enquêtes menées dans les abattoirs ? Et surtout : que signifie prendre au sérieux la question morale animale dans une société qui consomme des milliards d’animaux chaque année ?
Autant de questions pour lesquelles Dominic Hofbauer, membre de l'association L214, nous donne des réponses.
Un entretien mené par Charles Robin.


(0)
Thème en vogue, la violence est une notion qui a connu bien des vicissitudes théoriques, notamment une métaphorisation poussée (ne parle-t-on pas d'un regard violent, d'une couleur violente ?), si bien que tout phénomène ou presque peut être taxé de violent. Dans cette mesure, il est courant de la confondre avec la force, ou encore avec l'agressivité.
Un amalgame règne entre la violence et la force : on dit que faire violence à quelqu'un, c'est le forcer. Par exemple, l'extorsion illicite d'un accord sous la contrainte est conçue comme une forme de violence. Alors, malgré leurs ressemblances, faut-il dissocier violence et force ?
L'autre assimilation à examiner concerne la violence et l'agressivité : à première vue, rien ne semble décisivement dissocier la violence de l'agressivité, attitude hargneuse et querelleuse qui manifeste une volonté d'entrer en lutte. En outre, la violence dans son déroulement s'accompagne le plus souvent d'agressivité (cris, menaces, paroles de défi), tant et si bien qu'il est ardu de démêler la part exacte qui revient à l'une et à l'autre. Dans ces conditions, la violence commence-t-elle dès la phase de l'agressivité ? Menacer quelqu'un, est-ce déjà à strictement parler être violent ?
Hervé Vautrelle essaie de distinguer la violence des concepts-satellites qui gravitent autour d'elle.


(0)
Comment les philosophes des Lumières ont-ils repensé la religion à travers la raison ?
Philosophe spécialiste des idées des Lumières et de la Révolution française, Stéphanie Roza met en évidence la spécificité et la radicalité de cette pensée à travers trois figures emblématiques : l'anti-dogmatisme anticlérical de Voltaire (avec un excursus sur la question : Voltaire était-il antisémite ou islamophobe ?), le matérialisme athée du baron d'Holbach et la critique de la religion et des inégalités avec le curé Meslier.


(0)
Dans un dialogue avec Jean-Jacques Pauvert, Alain Bernardin et Jean Benoît, mêlant érotisme, surréalisme et combats politiques, Annie Le Brun livre son propre auto-portrait littéraire et philosophique pour qui la poésie est au coeur de la vie, révolte qu'elle est contre cette condition humaine incapable de répondre à l'infinie du désir qui nous habite.Héritière de Breton, dotée d’une intelligence rare, elle célèbre l'œuvre méconnue d'Alfred Jarry, critique le féminisme "totalitaire" qui n'a plus pour unique ambition que de neutraliser le désir.
Fidèle au surréalisme, qu'elle voit comme une "révolte sensible" contre le monde, elle rejette sa récupération culturelle. Sade, enfin, incarne une "révolution épistémologique" : en démasquant les justifications sociales du désir, il révèle sa vérité crue.
Une voix libre, entre poésie, désir et subversion.
Une émission produite par Christine Goémé


(0)
Comment le politique, autrefois 'colle' entre croyances collectives et normes, se transforme-t-il en un bricolage de signes sous l’effet de la technoscience et du management ? Pierre Musso décrypte cette métamorphose, des révolutions médiévales à l'IA, en passant par la Silicon Valley.
Une réflexion essentielle sur l’avenir de la démocratie.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'05'47 : Le politique comme "colle" symbolique
- 0'12'36 : Mythos et logos, les deux pôles
- 0'29'36 : La structure fiduciaire des sociétés
- 0'38'10 : La flagellation du Christ, art et politique
- 0'40'10 : Désymbolisation et prolifération des signes
- 0'47'24 : L'errance du symbolique moderne
- 0'52'10 : Management et gouvernance algorithmique
- 1'00'24 : Le rêve (ou cauchemar) technocratique
- 1'04'24 : Conclusion : le politique en bricolage