Le phénomène Husserl. Avec Julien Farges et Philippe Cabestan sur France Culture.


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03.2020

Né en 1859 dans l’actuelle république Tchèque et mort en 1938 en Allemagne, Edmund Husserl est l'un des plus grands penseurs du XXe siècle, père de la phénoménologie. Son projet philosophique ? Refonder la métaphysique en repensant la façon dont l'Homme saisit l'essence des choses. Ses outils ? Les mathématiques et la logique.
Mais comment revenir au monde ? Et surtout, pourquoi et comment en sommes-nous partis ? La phénoménologie cesse de s'intéresser sur le "quoi" du monde pour s'intéresser au "comment". Pour Husserl, le monde est l'horizon de notre expérience. Mais alors, comment le monde se donne-t-il ? Quel est son mode d'expérience ? Et de quel monde parle-t-on ? Vit-on chacun dans son monde ? Et comment saisir l'expérience de la conscience ? Comment la temporaliser ? Et quelle est la nature de la conscience ?
Autant de questions auxquelles il faut bien répondre, tant la méthode philosophique d'Edmund Husserl est sans précédent et engendra une vaste postérité.

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

L'idolâtrie de la vie. Avec Olivier Rey au Cercle Aristote.


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12.10.2020

En tant qu'il commande un respect absolu, le sacré se trouvait anciennement placé au-dessus de la vie. C'est pourquoi il pouvait, le cas échéant, réclamer le sacrifice de celle-ci.
Comment la vie nue en est-elle venue à prendre elle-même la place du sacré ? Au point que sa conservation, comme l'a montré la crise engendrée en 2020 par l'épidémie de coronavirus, semble bien être devenue le fondement ultime de la légitimité de nos gouvernements.
Que cela apprend-il du rapport des populations à la politique, au pouvoir ? À quelles servitudes nous disposons-nous, si nous accordons à la "vie" la position suprême ?

L'art de la disputatio au Moyen Age. Avec Gaëlle Jeanmart à l'Université de Mons.


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2020

La philosophie que nous connaissons aujourd'hui est académique. Cette situation institutionnelle a une histoire et détermine les modalités pratiques dans lesquelles elle s'exerce et se constitue.
Gaëlle Jeanmart nous propose une démarche généalogique qui nous rend attentif à la transformation de la discipline occasionnée par son entrée dans l'université au Moyen Age et, par conséquent, aux habitudes conquises qui forment nos réflexes académiques actuels.

Une histoire intellectuelle de la Révolution. Avec Jonathan Israel aux Rendez-vous de l'histoire de Blois.


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13.10.2019

La Révolution française fut aussi une Révolution des idées. En sapant les bases de l'Ancien Régime, les Lumières ont fondé la vie politique moderne. De la Déclaration des droits de l’homme (1789) à la prise du pouvoir de Napoléon Bonaparte (1799) en passant par la journée du 10 août 1792, les événements dramatiques se succèdent à un rythme exténuant.
Après s'être plongé dans les débats qui se déroulent dans les assemblées, au sein des clubs, des sociétés et dans une profusion de journaux ou de libelles, Jonathan Israel distingue trois courants de pensée : les Lumières radicales, les Lumières modérées et la mouvance populiste.
La tendance "radicale" se bat pour une démocratie sans restriction, fondée sur l'universalisme et la laïcité. La deuxième – dite "modérée" – est plus conservatrice. Elle entend préserver la monarchie et s'inspire de l'Angleterre. Le dernier courant, le populisme autoritaire, prend forme au cours de la Révolution et n'a pas d'antécédent. Incarné par Robespierre, ce mouvement se réclame du peuple et de Jean-Jacques Rousseau. Il impose la Terreur, corrompant les principes mêmes des Droits de l'Homme.
Bousculant l'histoire de la démocratie, Jonathan Israel nous rappelle à quel point la Révolution française fut novatrice en la matière, malgré la violence qui l'accompagna – et sur laquelle il ouvre une réflexion originale.

Un entretien mené par Paul Chopelin.

Le réel et le donné. Avec Jean-Luc Marion à l'Ecole Normale Supérieure.


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12.02.2018

La question du "réalisme" souffre de l'indétermination dans laquelle on y laisse la notion même de "réel". Car le réel ne se résume pas à l'objet, et la chose demande précisément qu'on l'émancipe de sa constitution comme un objet pour un ego constituant.
Cette opération, négligée par la plupart des "réalistes" contemporains impose non seulement la décontraction de l'objectité de la metaphysica moderne, mais aussi la réduction au donné.

Un exposé dans le cadre des "Lundis de la Philosophie".

Theodor W. Adorno et l'individu. Avec Claire Pagès aux Rencontres philosophiques de Monaco.


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21.06.2020

Cette leçon de philosophie entend déployer la pensée d'un philosophe majeur du XXe siècle à partir d'un sujet central à son oeuvre. Ce philosophe, il s'agit de Theodor W. Adorno, chef de fil de l'École de Francfort dont la théorie critique sociale s'interesse de près au statut de l'individu contemporain.
Un problème plus que jamais actuel, et pour la compréhension dulequel un détour par Adorno est plus que recommandé !

Libéralisme, lumières et modernité. Avec Guillaume Bernard chez Academia Christiana.


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08.2020

Le déclin du christianisme au XXe siècle a créé un vide, rapidement comblé par les idéologies. On oublie souvent que le libéralisme constitue une des quatre grandes idéologies du XXe siècle parmi le communisme, le national-socialisme et le fascisme. L'idéologie libérale règne en maître sur nos institutions. Née au XVIIe siècle à la suite des guerres de religion, le libéralisme s'est imposé comme la seule issue possible au conflit. En prétendant neutraliser le domaine public, pour préserver l'État des guerres civiles religieuses, la doctrine libérale à inauguré un nouveau type de société dans laquelle coexistent deux sphères : la sphère publique, celle de la neutralité, et la sphère privée, celle des opinions individuelles. Désormais, ni l'Histoire nationale, ni les principes d'une civilisation, ni plus aucune coutume ou tradition ne sont légitimes pour fonder le droit.
Cette nouvelle doctrine laisse en réalité réapparaître le conflit sous une forme encore plus virulente. La société civile, d'autant plus dans le contexte de la mondialisation et du multiculturalisme, est en proie non seulement à une guerre des ego mais aussi à des conflits religieux, ethniques, communautaires et idéologiques. Les conflits ne sont pas résorbés, ils irradient la société toute entière en prenant de nouvelles voies. On ne lutte plus sur le terrain de la guerre physique, mais les armes ont seulement changé de nature : lobbying, campagnes médiatiques, propagande publicitaire, criminalisation des opinions, intimidations, dénonciations… Le neutralité n'existe pas, Héraclite le disait déjà dans l'Antiquité : le conflit est père de toute chose. La société libérale se présente comme la seule alternative pragmatique, "l'empire du moindre mal" (Jean-Claude Michéa), mais en fait elle repose sur l'hypocrisie, elle est la société du conflit larvé permanent.

La fin d'un monde commun ? Avec Eric Sadin sur ThinkerView.


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06.10.2020

Protestations, manifestations, émeutes, grèves ; crispation, défiance, dénonciations : depuis quelques années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l'autorité et paraissent de moins en moins gouvernables. Jamais le climat n'a été si tendu, laissant nombre de commentateurs dans la sidération. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels éléments et circonstances ont fait naitre et entendre une telle rage, démultipliée sur les réseaux sociaux ?
Les raisons de la révolte sont connues et liées aux dérives du libéralisme élu comme seul modèle politique. Mais la violence avec laquelle elle se manifeste à présent est inédite car exprimée par un sujet nouveau : l'individu tyran. Né avec les progrès technologiques récents, l'apparition d'internet, du smartphone et les bouleversements induits par la révolution numérique, c'est un être ultra connecté, replié sur sa subjectivité, conforté dans l'idée qu'il est le centre du monde, qu'il peut tout savoir, tout faire, et voyant dans l'outillage technologique moderne l'arme qui lui permettra de peser sur le cours des choses.
Jamais combinaison n'aura été plus explosive : les crises économiques renforcent l'impression d'être dépossédé, la technologie celle d'être tout-puissant. L'écart entre les deux ne cesse de se creuser et devient de plus en plus intolérable. Les conséquences sont délétères : délitement du lien social, de la confiance, du politique ; montée du communautarisme, du complotisme, de la violence... Plane la menace d'un "totalitarisme de la multitude".
Le philosophe Eric Sadin livre une analyse neuve et tragiquement juste de l'effondrement de notre monde commun à travers une mise en perspective historique, politique, sociale, économique et technique unique. Mais il le fait pour mieux repenser les termes d'un contrat social capable de nous tenir, à nouveau, ensemble.