Lire Maurras aujourd'hui. Avec Michel de Jaeghere et Martin Motte à Répliques sur France Culture.


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23.06.2018

Françoise Nyssen, la Ministre de la Culture, a-t-elle eu raison ou tort de retirer la référence à Charles Maurras dans le livre des Commémorations de 2018 ? Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory ont rappelé à très juste titre que "commémorer n'est pas célébrer : on commémore la Saint Barthélémy, on ne la célèbre pas". D'un autre côté, comme le dit un autre historien Sébastien Ledoux "si les commémorations officielles  des pages sombres de notre histoire ont pu faire sens collectivement, c'est au nom de l'hommage  rendu aux victimes."
Une chose est sûre en tous cas : si nous voulons comprendre quelque chose au passé français, l'œuvre et l'action de Maurras ne doivent surtout pas tomber dans l'oubli.
Aussi faut-il saluer la parution dans la belle collection Bouquins de Robert Laffont d'une anthologie de ses textes fondamentaux présentés et établis par Martin Motte ainsi que la réimpression de L'Âge d'or du Maurassisme de Jacques Paugam, préfacée par Michel de Jaeghere.
Reste cette question : comment lire Maurras aujourd'hui ? ou, pour être plus précis : peut-on être, encore maurrassien aujourd'hui, en faisant le tri de sa pensée ?

Suburbex, l'exploration suburbaine entre errance et anonymat. Avec Bruce Bégout à l'Université de Toulouse.


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08.02.2016

Le philosophe Bruce Bégout a longtemps arpenté les villes, à la fois physiquement et intellectuellement. Il essaie de créer une sorte de parcours à la fois philosophique mais aussi transdisciplinaire, utilisant toutes les ressources possibles, de la littérature, de la photographie, des sciences humaines et de l'histoire et pratiquant trois genres d'écritures pour explorer les nouveaux territoires, que ce soit le genre de l'analyse théorique pure, le genre de l'essai ou le genre de la fiction.
Dans cette communication, Bruce Bégout s'intéresse aux friches, plus particulièrement à ce qu'il appelle le troisième âge de la friche qui est un élément central de la "suburbia", marquée par un effort de rationalisation en zones commerciales, zones de travail et zones d'habitations pavillonnaires et de cités, de l'homogénéisation des fonctions mais dont on s'aperçoit qu'il est un espace extrêmement chaotique puisque sont rassemblés là des gens, des pratiques, des univers assez différents qui coexistent et montrent une hétérogénéité plus grande de modes de vie que la relative homogénéité culturelle et existentielle des centres-villes.
La "suburbia" est souvent disqualifiée : manque de mixité, de proximité, d'équipements -notamment culturels, manque d'échanges et de sociabilité, manque de beauté. Mais elle n'est pas simplement un espace du manque ; cette négativité est la positivité même de cet espace. Pour les philosophes, les écrivains, les chercheurs, il s'y passe quelque chose. Dans les marges de la ville disqualifiée, il y a la possibilité de l'émergence du sens, d'un sens qui aurait fait l'épreuve de la négativité et, au prix d'une éventuelle destruction, de la création. L'expérience de la négativité est présente dans l'expérience de ces ruines contemporaines que sont les friches qui comprennent les usines désaffectées, les cars abandonnés, les lieux oubliés de la modernité, jamais totalement vides...

Horizontalité sans horizon, la crise du sens à l'époque contemporaine. Avec Pierre Magnard sur Radio Courtoisie.


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09.07.2012

Nous vivons dans un monde dont la caractéristique principale est son absence de sens. Nous avons reçu un héritage, mais sans testament, et nous retrouvons dans la position des héritiers sans mandat, incapables dès lors de recevoir, de conserver et de transmettre.
Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Et qui en est responsable ? Ce sont les questions auxquelles répond le philosophie Pierre Magnard, en revenant sur le travail de sape que les déconstructeurs ont opéré dans le champ de la pensée réflexive.

Émission "Le monde de la philosophie", animée par Philippe Nemo.

Parcs/Camps, étude sur la forme urbaine de l'enclave. Avec Bruce Bégout à l'École nationale supérieure d'architecture de Grenoble.


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19.02.2013

L'écrivain et philosophe Bruce Bégout travaille depuis de nombreuses années sur l'intrication entre monde quotidien et monde urbain. Il a écrit à ce propos plusieurs ouvrages devenus des classiques, notamment Zéropolis (éditions Allia, 2002) sur son expérience de Las Vegas. Il aborde de manière particulièrement singulière les terrains suburbains (motels, infrastructures routières, parcs de loisirs, commerces, etc.), développant un regard critique sur la pérennité de ces lieux, tout en reconnaissant ces territoires pour leurs pratiques quotidiennes.
Dans cette conférence, il poursuit la réflexion entamée dans Le ParK (éditions Allia, 2010) : "Peut-être est-il temps de dire, à ceux qui ne l'auraient pas déjà compris, en quoi consiste exactement Le ParK ? Le principe en est très simple. Son concepteur a voulu rassembler en un seul parc toutes ses formes possibles. Le ParK associe ainsi, en une totalité neuve, une réserve animale à un parc d’attraction, un camp de concentration à une technopole, une foire aux plaisirs à un cantonnement de réfugiés, un cimetière à un Kindergarten, un jardin zoologique à une maison de retraite, un arboretum à une prison. Mais il ne les associe pas de manière à ce que chacun de ces éléments maintienne son autonomie et continue de fonctionner à part. Il les combine entièrement, joint tel caractère à tel autre, jette des ponts, mélange les genres, confond les bâtiments, agrège les populations, intervertit les rôles."

Histoire de la philosophie. Avec Henri Blocher à l'Institut Biblique de Nogent.


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2008

Henri Blocher, professeur de théologie systématique à la faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, est l'un des théologiens protestants français actuels les plus éminents.
Cette série de cours qu'il a donnée pendant plusieurs dizaines d'années à pour ambition de balayer l'histoire de la philosophie occidentale et de passer ses différents courants spirituels-intellectuels au crible d'une critique théologique solide tout en en restitutant fidèlement le contenu.
Comprendre les tendances qui orientent les pensées alentour et les mesurer à l'aune de la Parole de Dieu, voilà ce dont nous devrions être capable après avoir suivi ces enseignements.

Prendre soin de soi, des autres et du monde. Avec Françoise Bonardel sur France Culture.


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22.03.2017

Pour pouvoir réaliser notre humanité, devenir véritablement soi et quittant l'ego tyrannique, peut-être qu'il faudrait prendre mieux soin de soi, et même plus : revisiter de fond en comble la notion de "souci de soi", la penser à l'aune de ce que les sages de l'antiquité appelait la connaissance de soi autant qu'à la mesure d'un véritable altruisme, dépouillé des oripeaux de nos illusions égotiques, individualistes, et aussi sentimentalistes.
La philosophe et essayiste Françoise Bonardel vient nous parler de ce sujet délicat et ô combien passionnant. Auteure d'une douzaine de livres alliant philosophie et poésie, réflexions sur la religion et sur l'art, elle s'inspire de traditions anciennes (hermétisme, gnose, alchimie) et de la pensée de Jung pour renouveler l'approche de questions contemporaines.

Émission "Les Discussions du soir", animée par Leili Anvar.

La personne au Moyen Age. Avec Jérôme Baschet sur France Culture.


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11.11.2016

Les lieux communs ont la vie dure. Ainsi cette idée d'un Moyen Age dualiste, qui aurait instauré une guerre entre le corps et l'âme : d'un côté, un corps coupable, source du péché, de l'autre, une âme pure tournée vers Dieu.
Réfutant cette construction, Jérôme Baschet montre plus subtilement que le Moyen Age chrétien a développé une pensée positive du lien entre l'âme et le corps, soucieuse de valoriser l'unité psychosomatique de la personne.
Ce modèle a permis de penser non seulement l'être humain mais aussi l'ordre social dont l'Eglise est alors l'institution dominante.
Jérôme Baschet dépasse les limites habituelles du Moyen Age en prolongeant l'analyse jusqu'au moment où, avec Descartes et Locke, s'impose une conception radicalement nouvelle de la personne, identifiée à la conscience, qui ne doit son activité à rien d'autre qu'à elle-même.
En montrant enfin les différentes perceptions de la personne dans d'autres cultures - de la Chine impériale aux sociétés amérindiennes en passant par l'Afrique ou la Nouvelle-Guinée - Jérôme Baschet nous offre un voyage comparatiste indispensable pour évaluer la singularité des conceptions occidentales de l'humain et mettre à distance l'idée moderne du moi.

Émission "La Fabrique de l'Histoire", animée par Emmanuel Laurentin.

Contre le libéralisme. Avec Alain de Benoist au Cercle Pol Vandromme.


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19.03.2019

Une société libérale est une société où dominent la primauté de l'individu isolé, l'idéologie du progrès, l'idéologie des droits de l'homme, l'obsession de la croissance, la place disproportionnée des valeurs marchandes, l'assujettissement de l'imaginaire symbolique à l'axiomatique de l'intérêt. Le libéralisme a acquis en outre une portée mondiale depuis que la mondialisation a institué le capital en tant que réel sujet historique de la modernité. Il est à l'origine de cette mondialisation, qui n'est jamais que la transformation de la planète en un immense marché. Il inspire ce qu'on appelle aujourd'hui la "pensée unique" libérale-libertaire. Et bien entendu, comme toute idéologie dominante, il est aussi l'idéologie de la classe dominante.
Le libéralisme est une doctrine philosophique, économique et politique, et c'est comme tel qu'il doit être étudié et jugé. Le vieux clivage droite-gauche est à cet égard de peu d'utilité, puisque la gauche morale, oubliant le socialisme, s'est ralliée à la société de marché, tandis qu'une certaine droite conservatrice ne parvient toujours pas à comprendre que le capitalisme libéral détruit systématiquement tout ce qu'elle veut conserver.
Alain de Benoist nous propose d'aller à l'essentiel, au coeur de l'idéologie libérale, à partir d'une analyse critique de ses fondements, c'est-à-dire d'une anthropologie essentiellement fondée sur l'individualisme et sur l'économisme - celle de l'Homo oeconomicus.