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La bêtise n'est pas seulement une défaillance individuelle de la raison, mais un phénomène social et politique qui interroge les fondements mêmes de la démocratie. Dans une époque où les fake news et les discours démagogiques prospèrent, comment penser le lien entre bêtise et espace public ?
C'est à cette question que répondent, chacun à leur manière, trois figures majeures de la modernité littéraire et intellectuelle : James Joyce, Robert Musil et Karl Kraus. À travers leurs œuvres – Ulysse, L'Homme sans qualités ou Les Derniers Jours de l'humanité –, ils dissèquent les mécanismes de la stupidité organisée, révélant comment elle se nourrit des failles du langage, des illusions de la technique et des passions tristes de la masse.
Pascal Engel nous invite à explorer cette généalogie littéraire et critique, où la raison, loin d'être un rempart infaillible, doit sans cesse se confronter à ses propres limites pour préserver l'idée même de démocratie.


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Nous ne sommes pas avant tout des "moi", des âmes ou des consciences désincarnées, mais des êtres humains à part entière, inscrits dans le monde par notre corps. C'est l'idée que Claude Romano examine, à la lumière du débat contemporain entre les théories de l'animalisme et celles fondées sur la continuité psychologique de la personne, en interrogeant la validité philosophique des expériences de pensée qui dissocient le corps du sujet.
Claude Romano s'attache à montrer que ces expériences — telles que les greffes cérébrales imaginaires ou les transferts d'esprit — relèvent davantage de la fiction que de la philosophie.
En confrontant la tradition phénoménologique à la philosophie analytique, il propose de réhabiliter une conception incarnée de l'identité, dans laquelle la conscience, le langage et la subjectivité ne se séparent jamais de l'existence biologique.
En somme, son intervention plaide pour une redéfinition du sujet humain : non pas un esprit logé dans un corps, mais un être vivant dont la pensée même naît de son appartenance au monde.


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Si pour certains d’entre nous, la fin du monde sonne comme un horizon lointain, comme une idée vague d'une catastrophe fictive, pour d'autres elle est une possibilité concrète, matérielle, prédite par les données d'une science plus avancée que jamais. La progression fulgurante du réchauffement et du dérèglement climatique provoque ce qu'on appelle l'éco-anxiété, une anxiété liée à la destruction des possibilités d'existence pérenne de l'espèce humaine sur une terre vouée à devenir inhabitable. Si cette prophétie des temps modernes semble inédite, et l'est du fait de sa rationalité incontestable, nous ne sommes pas les premiers à vivre avec l'idée d'une fin du monde imminente.
Outre les élucubrations millénaristes divers et variés entourant le passage à l'an mil, à l'an 2000 ou encore au 21 décembre 2012, les premiers chrétiens vivaient eux aussi la fin du monde comme quelque chose d'imminent, qui serait annoncé par le retour du Christ et qu'ils verraient de leur propres yeux. Si l'église catholique à perdu aujourd'hui ce goût prononcé de l'eschatologie, il n'en demeure pas moins que les grands philosophes, loin de se moquer de cette idée archaïque, en font un objet de pensée central. Emmanuel Kant lui-même, explique dans La Fin de toutes choses qu'il est dans la nature de la raison humaine de vouloir penser la fin, dans la mesure où il est impossible pour la raison de se représenter l'éternité.
Émission "Les nouveaux chemins de la connaissance", animée par Adèle Van Reeth.


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La "gigantomakhia peri tês ousias" ("gigantomachie autour de l'étantité", Sophiste, 246a), que met en scène le Sophiste entre les fils de la Terre et les amis des Formes, constitue moins une antinomie qu'une dialectique où chacun des termes est appelé à régler son rapport à l'être et au non-être, à l'âme et au corps, à la part visible et invisible du monde en fonction des positions de l'autre terme.
Cette dialectique est appelée à un grand avenir et traversera toute l'histoire de la philosophie jusqu'à nos jours, selon des modalités à chaque fois renouvelées, mais qui toutes renvoient aux questions initiées par les dialogues de Platon.
C'est à ce travail de la dialectique, à sa richesse problématiques, à sa fécondité intellectuelle, mais aussi à ses apories, à ses tours de passe-passe, voire à ses mystifications que Pierre Caye consacre cette conférence en revenant particluièrement sur les thèses de Proculs.


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En 1978, René Girard publiait Des choses cachées depuis la fondation du monde. Un livre dans lequel, six ans après l'avoir exposée dans La Violence et le sacré, il approfondissait sa théorie selon laquelle toute société humaine repose sur une violence qu'engendre la mimèsis d'appropriation, le désir mimétique de posséder ce que l'autre possède.
L'occasion pour l'anthropologue de détailler son interprétation du mythe d'Œdipe, sa théorie du mimétisme, une analyse de la bible avec des références à l'Apocalypse ou encore à la Passion du Christ. René Girard analyse les processus de sacrifice, de désignation du bouc émissaire sur lesquels se seraient fondées toutes les religions primitives. Enfin, il revient sur la relation avec la psychiatrie, les liens avec Freud et l'énorme apport de la littérature à son corpus théorique à travers les œuvres de Cervantès, Stendhal, Flaubert, Dostoïevski, Proust mais aussi celles de James Joyce et Virginia Woolf.
Émission "Chemins de la connaissance", animée par Roland Auguet.


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La pensée de Max Stirner repose essentiellement sur un seul livre, L'Unique et sa propriété (1845), où il démontre que l'homme est unique et qu'il se doit de considérer tout comme sa propriété. Parvenir à la libre conscience de soi, c'est se faire valoir à n'importe quel prix, même au prix du crime ; c'est faire appel aux virtualités créatrices du Moi, c'est permettre au Moi d'édifier un univers où l'homme rencontre les autres dans une totale indépendance.
A l'origine de l'anarchisme individuel, Max Stirner annonce le surhomme nietzschéen et la revalorisation de la personne humaine tentée par l'existentialisme. Une pensée passionnante à redécouvrir.
Émission "Une vie, une œuvre", produite par Jean Daive et Claude Giovannetti.


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Comment comprendre Rousseau dans une perspective d'histoire intellectuelle et sociale des idées ?
C'est d'abord le contexte historique et social qui fut le sien qui mérite d'être explicité, pour y replacer ses oeuvres maîtresses, comme le Discours sur les sciences et les arts, Du Contrat social et l'Emile ou de l'Education.
L'occasion également d'examiner les influences que Rousseau a pu exercer sur les événements qui ont suivi sa disparition en 1778, et parmi eux, forcément, la Révolution française.
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Les collapsologues se revendiquent du "catastrophisme éclairé", qui consiste à faire comme si la catastrophe était une fatalité pour que l'inéluctable ne se produise pas. Pourtant, et en contradiction avec la thèse précédente, ils soutiennent aussi que tout système complexe est destiné à s'effondrer, ce qui est conceptuellement faux selon le philosophe Jean-Pierre Dupuy.
Explications.
Émission "La Terre au carré", animée par Mathieu Vidard.