La nouveauté de Platon. Avec Pierre Le Vigan pour le Cercle Aristote.


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01.2021

La philosophie n'est pas une forme supérieure de la pensée. C'est la pensée même. Mais c'est la pensée avec du recul, sur soi et sur le monde. C'est la mise à distance du réel pour mieux le voir et le comprendre. Tel est le travail que les grands philosophes nous ont légué.
L'urbaniste et essayiste Pierre Le Vigan nous invite ici à regarder à Platon et à la nouveauté qu'il a apporté dans la philosophie grecque. Un moment pivot dans l'histoire des idées qui n'aura eu de cesse d'influencer les penseurs après lui.

Un entretien mené par Marianne Corvellec.

Nietzsche contre le progressisme. Avec Julien Rochedy pour Le Média Pour Tous.


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01.2021

Et si la philosophie nietzschéenne était un outil majeur pour affronter les aberrations de notre modernité ? C'est en tout cas l'analyse que fait Julien Rochedy de ce philosophe populaire mais souvent mal compris qu'est Friedrich Nietzsche.
Accusé d'être le philosophe des régimes totalitaires par certains, encensé comme le philosophe des "surhommes" par d'autres, il est temps de se plonger dans cette pensée originale et peut-être très... actuelle.

Émission "Eurêka", animée par Vincent Lapierre.

La tradition, penser après et d'après. Avec Jean-Luc Marion à l'Université de Caen.


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16.10.2019

Le terme de tradition est d'un usage fréquent en philosophie, et pourtant même là il se trouve rarement défini ; on peut même dire que très souvent le terme de tradition ne reçoit pas la dignité d'un concept, et sert avant tout d'arme idéologique. Ainsi, pour affirmer un nouveau commencement en philosophie, on cherche, par exemple, à faire table rase de la tradition passée. Autrement dit, on se donne souvent la facilité d'opposer le nouveau concept (de nature, d'histoire, d'homme, de société etc.) avec un concept "traditionnel" que l'on se garde bien de définir et qui devient en quelque sorte un fourretout. Cela souligne déjà qu'il ne suffit pas de tout ignorer pour pouvoir commencer quelque chose de nouveau.
De ce point de vue, le rapport de la philosophie à la tradition peut servir d'analyse "exemplaire" pour tenter d'élucider le sens de la tradition en général, dans la mesure où la philosophie se comprend et se vit comme une tradition. En effet, afin qu'une pensée neuve puisse apparaître, il est nécessaire de parvenir à identifier, le plus clairement possible, la thèse que l'on veut réfuter, et dont la réfutation va servir de fondement à de nouvelles analyses. Il est alors possible de dire, au-delà du seul exemple de la philosophie, qu'il n'y a d'innovation possible qu'à partir d'une démolition radicale, et c'est pourquoi tout commencement est un recommencement.
Néanmoins, une thèse nouvelle ne peut se poser qu'en constituant en plus une autre tradition dont elle va se comprendre comme étant l'aboutissement. En un sens, cela semble être une loi d'essence de toute pensée commençante qu'elle constitue deux traditions : celle qu'elle refuse et celle dont elle se réclame. Même si bien évidemment, dans les deux cas, la tradition passée peut être déformée à partir des questions présentes, quitte à projeter sur les textes des expressions anachroniques. Néanmoins, c'est dans cette reprise, même déformante, que la tradition n'est pas la mémoire morte des vivants, mais la mémoire vivante des morts. De ce point de vue, il y a bien un lien d'essence entre innovation et tradition ; c'est même une exigence méthodologique de l'innovation que de se construire à partir de véritables désaccords, et non bien sûr à partir de simples disputes contingentes liées à l'air du temps.
En fin de compte, il est possible de dire que dans tout acte de pensée véritable, il y a toujours trois traditions : celle que l'on refuse, celle dont on se réclame, et enfin celle qui se trouve ouverte. Ainsi, c'est à partir de l'avenir que le sens du passé peut-être constitué, et cela sans tomber dans un simple relativisme. En conséquence, ceux qui font abstraction de la tradition, ou qui ont un rapport très léger avec elle, ne font finalement que répéter ce qui a déjà été dit. Il n'y a pas de philosophie sans une authentique histoire de la philosophie. La question se pose alors de savoir s'il est possible d'avoir accès à l'origine d'une tradition et donc de savoir si une tradition est véritablement achevable, ou bien si le propre d'une tradition est d'être inachevable, même si elle meurt un jour.

Une communicatin donnée dans le cadre du séminaire "Enjeux de l'écriture".

Être soi-même. Avec Claude Romano sur la RTBF.


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07.04.2019

L'Odyssée, le plus ancien poème de la culture occidentale, met en scène la métamorphose qui change Ulysse en lui-même sous les yeux dessillés de ceux qui échouaient jusque-là à le reconnaître.
Ulysse constitue ainsi la première d'une longue série de figures donnant corps à cette opération mystérieuse : le passage de l'existence en régime d'obscurité à l'existence "en personne", dans une forme de vérité. Que signifie un tel passage ? Comment s'opère cette transition ? Quelles formes cette idée d'existence en personne a-t-elle pu revêtir dans la pensée occidentale ?
Claude Romano interroge les sources, y compris lointaines, de cette idée d' "existence en vérité" telle qu'elle sous-tend notamment l'idéal moderne d'authenticité personnelle, en retraçant la généalogie de cet idéal et en exhumant certaines de ses formes plus anciennes. Chemin faisant, le lecteur découvre différents types et régimes de discours, philosophique, mais aussi théologique, spirituel, rhétorique, littéraire, esthétique. Romano esquisse ainsi une histoire de la philosophie occidentale aux contours bien différents de ceux qu'on lui prête généralement : à l'écart des grandes métaphysiques du moi et de la subjectivité, il emprunte les chemins de traverse d'une enquête sur les formes de vie et les modes d'existence.

Émission "Et dieu dans tout ça ?", animée par Pascal Claude.

Une analyse critique des théories de Francis Cousin. Avec Benoit Bohy-Bunel sur Radio Libertaire.


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2020

Du point de vue de la théorie critique, il est désormais impossible d'éviter de traiter le dossier Francis Cousin. Ce "philo-analyste" de profession, docteur en philosophie, n'hésite pas à répondre aux sollicitations de Radio Courtoisie, de TV Libertés ou encore à discuter pendant plus de trois heures avec Étienne Chouard, le tout en professant dogmatiquement une pensée marxienne qui serait celle des origines, débarrassée des rajouts successifs qui n'auraient fait qu'altérer sa substance subversive initiale.
Enfilant les perles et les poncifs éculés jusqu'à la corde, son audience n'a pourtant cessé d’augmenter, jusqu'à devenir celle d'un leader d’opinion.
C'est en compagnie du professeur de philosophie et militant de l'Union Communiste Libertaire Benoit Bohy-Bunel que cette émission produit une analyse critique "radicale et définitive" des théories fumeuses et dangereuses de Francis Cousin.

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

Penser, c'est rendre grâce. Avec Pierre Magnard pour le Cercle Aristote.


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08.12.2020

"Retrouver le pays natal, pouvoir se prévaloir d'un authentique retour aux origines, c'est ainsi que l'on devient philosophe, pour reprendre pied quand le sol vient à se dérober."
C’est à emprunter un chemin d'écolier que nous invite le dernier livre de Pierre Magnard. Un chemin qui part d'une rencontre, celle de la pensée de Heidegger, dans la khâgne de Jean Beaufret en 1946, où se joue l'intime d'une vocation philosophique.
Un chemin jalonné d'anecdotes savoureuses, où l'on croise toutes les grandes figures de la pensée française de la seconde moitié du XXe siècle, de Gandillac à Boutang, de Foucault à Michel Henry, dialoguant avec Platon, Montaigne ou Bergson.
Un chemin où l'âme d'un vieux maître d'école se recueille pour mieux se livrer, et "conjuguer une fois encore la poussière et l'étoile".

Roswitha Scholz et la critique de la valeur-dissociation. Avec Benoit Bohy-Bunel et Clément Homs à la Librairie Terra Nova de Toulouse.


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17.01.2020

Roswitha Scholz est, aux côtés de Robert Kurz et des membres de la revue Exit !, l'une des principales théoriciennes en Allemagne du courant de la critique de la valeur-dissociation (Wert-Abspaltungskritik). Elle s'attache à théoriser le lien entre capitalisme et patriarcat moderne ainsi que les métamorphoses de ce patriarcat, et à dépasser les féminismes de l'égalité et de la différence, comme les féminismes intersectionnels, déconstructionnistes, matérialistes, écoféministes ou de la "lutte des classes".
Avec son théorème de la "valeur-dissociation", Roswitha Scholz propose une critique féministe du patriarcat capitaliste au-delà du progressisme politique, du marxisme traditionnel et de tous les développements postmodernes. Elle effectue une critique radicale de la modernité comprise comme patriarcat producteur de marchandises, ce qui la conduit à refuser de se laisser enfermer aussi bien dans la croyance en un progrès immanent de la modernité, que dans les "contradictions secondaires ", l'essentialisme naturalisant ou le différentialisme post-structuraliste.

D'un siècle l'autre. Avec Régis Debray pour ABC Penser.


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30.11.2020

Né en 1940 à Paris dans un milieu bourgeois, Régis Debray rechigne à parler de lui à l'oral. Il n'a rien à dire sur son enfance et sa vie, annonce-t-il, a commencé à l'âge de 16 ans. Au cours de ces mémoires improvisées, il s'attarde sur sa jeunesse révolutionnaire en Bolivie, où il fut fait prisonnier, et revient sur son rôle de conseiller diplomatique de François Mitterrand. Il évoque ses enthousiasmes, et ce qu'il appelle ses bévues avant de revenir longuement sur les concepts de civilisation, de nation et de sacré, tous trois au coeur de sa pensée politique.

Un entretien conduit par Philippe Petit.