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Révolutions, fascismes, nazisme, Shoah, exil et violence : c'est un bilan critique et une mise en perspective de quelques controverses historiographiques qui ont marqué les trois dernières décennies que nous présente Enzo Traverso.
Ces débats sont analysés dans une double perspective. D'une part ils sont appréhendés comme une étape de l'écriture de l'histoire, en insistant sur les éléments de continuité et de rupture. D'autre part, ils sont inscrits dans les mutations intellectuelles et politiques de ce tournant de siècle.
C'est à partir du tournant de 1989 que s'est modifiée la manière de penser et d'écrire l’histoire du XXe siècle. Parmi les mutations que ce tournant a engendrées, Enzo Traverso en relève au moins trois : l'histoire globale, le retour de l'événement et le surgissement de la mémoire.


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Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore. Le travail qu'expose Eric Marty est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre.
Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, il est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées…
Il s'agit donc d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ? Le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire.


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La mode est aux vampires mais la croyance en ces créatures imaginaires remonte à loin. Issu de faits étranges déformés par l'imagination populaire, le vampire - est-il nécessaire de le rappeler ? - est un défunt qui, à la faveur de la nuit, revêtant parfois une forme animale, s'échappe de son tombeau pour sucer le sang des vivants, seule "nourriture" à son goût.
On date la naissance du personnage du vampire en 1732 en Serbie suite aux décès inexpliqués d'une quinzaine de personnes. Depuis lors, la figure du vampire n'a cessé d'évoluer, reflétant les grandes tendances de son époque : à chaque période de crise, son vampire comme exutoire. On peut projeter sur lui tous les fantasmes possibles.
La littérature gothique du début du XIXe siècle va reprendre le personnage du vampire comme dans les romans de John William Polidori ou Sheridan Le Fanu, qui met en scène un vampire féminin, avant de s'épanouir à la fin du XIXe siècle, dans le très célèbre et romantique Dracula de Bram Stoker, fondateur du mythe moderne du vampire. Il a puisé dans un fonds commun de croyances à toute l'Europe et monté ensemble des éléments disparates qu'on n'avait encore jamais reliés. Il a ainsi su donner une cohérence à son personnage de Dracula.
Jusqu'à nos jours le mythe du vampire a connu d'innombrables versions littéraires et cinématographiques. C'est un univers où on tue les morts, dans le cas des vampires à l'aide d'un pieu, nous explique Claude Lecouteux. Le vampire a remplacé les sorcières dans l'imaginaire, on trouve d'ailleurs des similitudes étonnantes entre les deux. La figure vampirique a maintenant évolué vers de la grande vulgarisation, c'est même devenu un sujet récréatif à travers des série télévisées.
Claude Lecouteux, en historien des mentalités, explique en quoi le vampire, avatar du revenant, est bien le reflet de son époque.
Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.


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"Qu’y a-t-il de commun entre Athènes et Jérusalem ?" demandait rhétoriquement Tertullien vers l'an 200, opposant l'academia et l'ecclesia, soit la philosophie et la foi. Quelques décennies plus tôt, l'empereur Hadrien avait voulu, dans un même élan, effacer Jérusalem de la carte et refaire d'Athènes le cœur spirituel de l'Empire. Deux siècles plus tard, le christianisme triomphait sous Constantin.
Docteur en études médiévales, Laurent Guyénot s'est intéressé à l'histoire et l'anthropologie religieuses et nous propose de nous parler des influences de la civilisation chrétienne, entre judaïsme et hellénisme, en se demandant comment le christianisme a surmonté l'incompatibilité fondamentale entre ces deux influences.


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Publié en 1927, Strategiia (Stratégie) est l’œuvre visionnaire dans laquelle Alexandre Svetchine repense la guerre à l'âge industriel. À rebours des doctrines rigides, il montre que la stratégie n'est jamais un ensemble de recettes, mais un art de l'adaptation, où chaque nation doit ajuster son action militaire à ses forces, ses limites et ses buts politiques.
Opposant la bataille décisive à la guerre d'usure, analysant le rôle de l'économie, des infrastructures, de la mobilisation sociale et de la profondeur stratégique, Svetchine dévoile une guerre moderne totale, longue et façonnée par l'ensemble de la société. Précurseur de l'art opératif soviétique, il propose une réflexion lucide et nuancée, qui éclaire autant les conflits du XXe siècle que ceux d'aujourd'hui.
Redécouvert après avoir été marginalisé, Svetchine apparaît ici dans toute sa modernité : un penseur essentiel pour comprendre comment les nations conçoivent, soutiennent et remportent la guerre.
- 0'00'00 : Intro
- 0'00'39 : Conférence
- 0'48'35 : Quelles étaient les relations en Svetchine et Trotski et sa pensée sur le marxisme ?
- 0'53'31 : Purgé en 1938 ?
- 0'56'35 : Vous reprenez la déclaration de guerre de février 2022 sous l'angle de Svetchine en expliquant que la Russie opte pour des buts de guerres rapides, vous êtes sûr ?
- 1'03'15 : Qu'en pense l'Etat-major français ?
- 1'09'02 : La classe politique est peut-être "svetchiniène"
- 1'13'37 : Dans l'Europe actuelle, quel est le souverain ? Quelle est la volonté ?
- 1'20'11 : Retour sur la notion de bataille décisive
- 1'30'32 : Et Stalingrad alors ?
- 1'34'05 : Outro


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Les tréfonds d'internet regorgent de trésors et d'étrangetés. Ils ont leurs propres codes, leurs propres cultures et même leurs propres mythes. Vidéos virales, détournements incontrôlables et horreur digitale : Pacôme Thiellement et Benjamin Patinaud -alias Bolchegeek- nous proposent de plonger dans les abysses du web depuis leur canapé pour en explorer les nouveaux usages et les nouvelles mythologies qui en émergent.




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Docteur en science politique et historien des idées, David Bisson propose une lecture politique et philosophique de l'œuvre de Pier Paolo Pasolini. À travers les différentes périodes de la vie et de l'intellectuel Italien, il revient sur son rapport au monde moderne, au sacré et au christianisme, mais aussi sur sa critique du développement du capitalisme et des transformations profondes de son pays.
De son parcours intellectuel à sa réflexion sur le sacré païen et chrétien, en passant par la figure christique, les Évangiles et l'émergence d'un "sacré de la modernité", David Bisson cherche à comprendre la pensée d'un auteur qui n'a cessé d'interroger les bouleversements de son époque.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'26 : Politique de Pasolini
- 0'04'07 : L'insurrection des âmes
- 0'05'46 : L'importance de l’âme
- 0'06'51 : Pasolini contre le monde moderne
- 0'08'07 : Première période : 1922-1949
- 0'13'18 : Deuxième période : 1949-1968
- 0'18'38 : Troisième période : 1968-1975
- 0'22'53 : Pasolini et le sacré
- 0'27'30 : Le sacré païen
- 0'38'03 : Le sacré chrétien
- 0'39'22 : La figure christique
- 0'41'18 : Le christianisme politique
- 0'42'52 : Les Évangiles
- 0'44'46 : Le sacré de la modernité
- 0'47'07 : Le développement du capitalisme
- 0'49'03 : Le capitalisme et le contre-sacré
- 0'54'11 : Conclusion : l'insurrection des âmes

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Entre 1618 et 1648, l'Europe est en proie à l'une des guerres les plus meurtrières de son histoire, la guerre de Trente Ans. Les premiers heurts éclatent en Bohême en 1618 et ce qui semble au départ n'être qu'un acte de rébellion de nobles contre l'empereur dégénère en un conflit à l'échelle européenne.
Durant trois décennies, le continent est le théâtre de violences sans précédent qui auraient décimé 15 à 20 % de la population du Saint-Empire. Il était alors impératif de poser les règles d'une paix durable ; c'est ce que firent les traités de Westphalie en 1648.
À travers une approche globale de la guerre de Trente Ans, Claire Gantet met en lumière le rôle des hommes et des femmes qui, d'emblée, cherchèrent à limiter et encadrer l'exercice de la force. Une approche qui renouvelle notre compréhension de la violence et de la portée de cette guerre à l'échelle européenne.
Une émission animée par Christophe Dickès.



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Professeur à l'ESCP, Benoît Heilbrunn analyse la société de consommation et le capitalisme pour proposer des solutions face à l'insignifiance, en repensant nos imaginaires, le rôle du marketing et la transition vers une économie de la fonctionnalité.
Il revient sur les origines de notre besoin constant de nouveauté, déconstruit l'idée que les choix d'achat sont strictement individuels et nous invite à lutter contre le "low cost" par une véritable politique des biens communs. C'est la redéfinition de l'utilité et l'usage paradoxal des techniques marketing comme outils d'émancipation écologique et sociétale qui nous permettront d'atteindre ce but.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'02 : Présentation
- 0'02'13 : Définition du concept de consommation
- 0'04'05 : Origines historiques de la société de consommation
- 0'12'59 : Articulation entre politique de production et consommation individuelle
- 0'14'27 : Impossibilité de sortir du capitalisme et juste répartition de la valeur
- 0'17'01 : Redonner la parole aux consommateurs et définition du prix juste
- 0'25'07 : Les conditions pour faire évoluer les pratiques de consommation
- 0'34'31 : Distinction entre sobriété, austérité et esthétique minimaliste
- 0'38'30 : Réhabilitation de l'utilité face à la culture de l'insignifiance
- 0'44'23 : Pertinence de la lutte des imaginaires face à l'urgence environnementale
- 0'50'57 : Les contradictions culturelles du capitalisme et le modèle de la fast fashion
- 0'54'46 : La transition vers une économie de la fonctionnalité et des communs
- 0'57'01 : Exemples et limites de l'économie de la fonctionnalité
- 0'58'12 : Ambivalence du marketing en tant que pharmakon selon Bernard Stiegler
- 1'03'25 : Utilisation du marketing à des fins écologiques et militantes
- 1'06'11 : Poursuite de l'analyse marxiste par Jean Baudrillard sur l'objet comme signe
- 1'08'46 : Réappropriation du sens par la culture de l'artisanat et la résistance matérielle
- 1'16'08 : La question de la responsabilité collective et l'éthique de Hans Jonas
- 1'18'50 : Nécessité du conflit, du dissensus et du courage politique
- 1'24'29 : Conclusion


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Dans son livre Kolkhoze (P.O.L, 2025), Emmanuel Carrère nous offre un récit foisonnant et palpitant qui fait revivre ses aïeux, qui rend compte de la tragédie ukrainienne, de l'effondrement moral de la Russie, de la situation en Géorgie, et qui dresse un portrait aimant, admiratif, mais aussi sévère de l'académicienne Hélène Carrère d’Encausse, disparue en 2023, sa mère.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


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Depuis quelques années, la question des rapports entre les femmes et la chasse durant la Préhistoire est revenue sur le devant de la scène. Qu'il s'agisse de productions destinées au grand public ou de publications scientifiques largement relayées, les certitudes traditionnelles sont régulièrement et bruyamment remises en cause.
S'il n'est pas difficile de voir dans ce renouveau d'intérêt pour le lointain passé un écho de préoccupations actuelles, il importe en revanche d'enquêter soigneusement pour cerner l'état actuel des connaissances sur cette question, ainsi que pour en soupeser les réelles implications sur la perspective de l'émancipation féminine.


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Explorant la pensée d'Alexandre Kojève à partir de son rapport à l'athéisme et à la philosophie russe, Rambert Nicolas revient sur le "pari" qui consiste non seulement à choisir, sur le plan théorique, entre l'existence ou l'inexistence de Dieu, mais engage aussi une manière de vivre, une transformation de soi et une certaine conception de l'Histoire.
En effet, le théisme implique la croyance en Dieu, l'immortalité de l'âme et une béatitude à venir quand l'athéisme mise au contraire sur la mortalité, l'action humaine et la construction d'un monde désirable, ici et maintenant. Et chez Kojève, la mort n'est pas un simple fait biologique : elle révèle la liberté radicale de l'homme, sa capacité à s'arracher à la nécessité et à affirmer sa volonté, jusque dans la possibilité du suicide.
À travers cette réflexion, se dessine une philosophie de l'engagement, irréductible aux discours abstraits ou aux positions que pourrait produire une machine : croire ou ne pas croire, c'est toujours devenir quelqu'un.