S'adapter pour vaincre. Avec Michel Goya pour Les voix de l'histoire.


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08.2019

Avec la clarté et la hauteur de vue qu'on lui connait, Michel Goya, à travers plusieurs exemples pris dans l'histoire militaire contemporaine, explique comment évolue une armée. Quelles sont ses contraintes ? Qu'est ce qu'une innovation militaire ? Qui décide qu'une innovation doit devenir réalité ? Quels chemins prennent les réflexions nécessaires pour les imposer ou les rejeter ?
Ce travail récemment publié aux Editions Perrin va intéresser les amateurs d'histoire militaire, les militaires et toutes les personnes intéressées par l'étude des évolutions des entreprises et des structures importantes dont la survie dépend de la capacité à s'adapter.

Second Empire : le bonapartisme en héritage. Avec Jean Garrigues sur France Culture.


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03.12.2016

Le bonapartisme, des origines à nos jours, sa force et à son héritage. Car l'on ne peut qu'être sensible aux analyses qui s'attachent à repérer les résurgences de ce courant particulier, de cette aspiration à un mode de gouvernement original. L'historien René Rémond, dans une théorie demeurée fameuse, s'est attaché naguère à distinguer trois droites différentes dont il a débusqué la permanence, dans la longue durée, depuis le XXe siècle : légitimiste, orléaniste et bonapartiste.
Et on observe qu'à l’occasion des primaires de 2016, cette triade a été ressuscitée par divers observateurs éclairés : elle se serait incarnée dans les personnalités différentes de François Fillon pour le légitimisme, Alain Juppé pour l'orléanisme et Nicolas Sarkozy pour le bonapartisme. Bien sûr, il faut se garder, comme toujours en Histoire, de tout systématisme mais il n'en demeure pas moins que le temps du Second Empire a constitué le bonapartisme en culture politique spécifique dont l’empreinte a été profonde et dont l’héritage est important.
Pour traiter de ce sujet, c'est avec le professeur Jean Garrigues, excellent connaisseur de notre XIXe siècle politique et de la passion française pour les hommes dits "providentiels", que nous nous attachons ensemble à cerner les traits majeurs du bonapartisme, ses sources, ses avatars et son influence de long terme dans le cours de notre vie publique.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Herbert Marcuse (1898-1979), une philosophie de l'espoir pour les sans espoir. Avec Gilles Châtelet, Gérard Raulet, Elisabeth Roudinesco et Katharina von Bülow sur France Culture.


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07.05.1998

Lorsqu'en mai 68, la presse associa à la révolte qui enflammait la jeunesse, le nom d'Herbert Marcuse, celui-ci était pour la plupart un inconnu. Même si la réplique de Daniel Cohn-Bendit, "Marcuse qui est-ce ?", n'était qu'une provocation, elle signe l'étrangeté de cette rencontre avec un universitaire septuagénaire, devenu à son corps défendant "philosophe de la contestation", et des contestataires qui ne l'avaient jamais lu.
Ses deux uniques livres traduits en français, Marxisme soviétique et Eros et Civilisation n'étaient objet d'intérêt que dans des cercles très restreints, sans aucune commune proportion avec l'audience de ses textes ultérieurs, dont L'homme unidimensionnel (publié après 68) où l'on allait bientôt chercher avec avidité l'explication de cette violence soudaine !
Alors que les différents groupes révolutionnaires se réclament de Trotski, Lénine, Mao ou Guevara, Marcuse développe une critique radicale de toutes les formes d'oppression quotidienne, en affirmant la nécessité d'abandonner le socialisme scientifique pour un socialisme utopique, d'unir l'art, l'imaginaire, nos désirs et nos rêves, et de croire dans les pouvoirs subversifs des marginaux, des sans-droits, des chomeurs ou des étudiants, ou de tous ceux qui refusent de pactiser avec un monde qui confond bien-être et oppression, liberté et barbarie.
Obsédé par la question de savoir quelle force pousse des individus ou les groupes à s'aliéner dans un système politique dictatorial ou technocratique, quel principe historique de mort les empêche d'assumer leur liberté, il développe une éthique du refus où l'endurance de l'espoir scrute l'horizon afin d'y détecter ce qui vient d'ailleurs. Il achève L'homme unidimentionnel par ce qui sera le leit-motiv de son œuvre, la phrase de Benjamin : "C'est par ceux qui sont sans espoir que l'espoir nous est donné".
L'itinéraire philosophique de Marcuse est l'un des plus surprenants de toute la pensée philosophique contemporaine. Né le 19 juillet 1889 à Berlin au sein d'une vieille famille juive attachée aux traditions allemandes, il adhère au SPF en 1917 pour le quitter en 1919, après l'assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht par le ministre social-démocrate Noske. L'avènement du national-socialisme le contraindra à l'exil, par la Suisse, Paris, puis les Etats-Unis. Il meurt en Allemange le 29 juillet 1979, alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Italie pour enquêter sur Negri et les Brigades rouges : "Toute cette violence, toute cette cruauté, il faut l'analyser, l'expliquer, la désamorcer et la transcender".
Il semblerait que désormais Marcuse ne soit plus écrasé par son mythe mais enterré sous son image. Que reste-t-il de sa singulière lecture de Freud ou de Marx, de sa critique de la société de consommation, de sa conception subvertive de l'art qui ouvre à à l'histoire un autre horizon, de ce quelque chose comme un cri ?
"Reste que le cri est toujours présent dans l'œuvre d'Art, mais présent par absence. On pourrait ajouter que l'art peut être déchiré par des silences, par ce qu'il ne dit pas".

Émission "Une vie, une œuvre", produite par Catherine Paoletti et Isabelle Yhuel.

Penser le politique. Avec Pierre Manent sur KTOTV.


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12.09.2019

Après une jeunesse toulousaine marquée par le communisme familial, le philosophe du politique Pierre Manent va monter à Paris pour faire l'École Normale supérieure. Suivront quelques rencontres décisives pour la formation de sa pensée, notamment avec Raymond Aron et Léo Strauss.
Nous découvrons ici un itinéraire intellectuel d'une grande richesse, avec des réflexions fondamentales sur la genèse de la modernité, l'évolution des formes politiques (cité, empire, nation) et les défis d'aujourd'hui : quelle place pour les nations ? comment intégrer l'islam ? quelle laïcité voulons-nous ?
Pierre Manent, intellectuel majeur de notre temps, répond à ces questions en pédagogue et en croyant, au fil d'une conversation passionnante qui rend sa pensée accessible à tous.

"7 conversations philosophiques" animées par François Huguenin.

La Révolution Gaïatique : de Gaïa à Greta. Avec Sylvain Durain au Cercle Politeia à Bordeaux.


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07.09.2019

Dans cette conférence, l'essayiste Sylvain Durain poursuit le travail qui l'a amené à écrire Ce Sang qui nous Lie. Il développe notamment ses intuitions concernant la nouvelle religion écologiste mondiale qui semble s'imposer dans la vie intellectuelle et médiatique moderne : la religion "gaïatique".
Par un mélange d'écologisme et de collapsologie, Sylvain Durain démontre qu'il s'agit en fait d'un retour à l'archaïque et que cette nouvelle ré-volution manipule la jeunesse et utilise une nouvelle figure de "golem", la jeune Greta, au service de la déesse-mère Gaïa.

L'hégémonie de l'Entreprise, de l'industrialisme aux GAFAM. Avec Pierre Musso pour les Amis de la Liberté à Nice.


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16.05.2019

La grande entreprise est devenue avec l'industrialisation une puissance économique et technique, mais aussi une institution politique et culturelle. Cela résulte d'une longue histoire en Occident au cours de laquelle l'Etat a combattu contre le pouvoir théologique pour la sécularisation, alors qu'en coulisses, l'Entreprise a formé une hégémonie culturelle (au sens gramscien), une véritable "religion industrielle".
Cette religion s'impose sous la forme d'utopies technologiques censées révolutionner le monde (slogan de Google) et d'industries de l'imaginaire : hier, l'audiovisuel et le cinéma dont Hollywood est le temple et aujourd’hui, la Silicon Valley et les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). La très grande entreprise tend même à contester le rôle des Etats, ou à s'hybrider avec eux, dans une nouvelle institution, "l'Etat-Entreprise".
C'est Pierre Musso, philosophe et professeur des Universités, qui aborde ces thématiques dans une conférence reprenant les thèses de ses deux derniers ouvrages La religion industrielle : monastère, manufacture, usine. Une généalogie de l'entreprise (Fayard, 2017) et L'ère de l'Etat-Entreprise. Berlusconi, Trump, Macron (Fayard, 2019).

Discriminations et ambiguïtés de l'humanisme officiel. Avec Xavier Martin sur Radio Courtoisie.


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01.06.2014

Les philosophes des Lumières sont-ils à l'origine de la notion de sous-homme ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est pourtant ce que démontre Xavier Martin dans ses travaux.
Car les philosophes,. dans leurs écrits, ne considèrent l'homme que comme une machine de chair et affichent un souverain mépris des ethnies exotiques, des hommes imparfaits, sous-humanisent l'espèce féminine et le peuple en général.
Le siècle des Lumières est bien aussi le siècle de la construction intellectuelle du sous-homme.

Émission du "Libre Journal de Lumière de l'espérance", animée par Philippe Pichot-Bravard.

La France, la laïcité et la gauche. Avec Laurent Bouvet sur QUB Radio.


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15.04.2019

Du point de vue des institutions politiques, la France s'est ralliée au principe de laïcité au début du XXe siècle.
Pour revenir sur l'histoire mouvementé de la laïcité, c'est Laurent Bouvet, professeur de sciences politiques et auteur d'un récent ouvrage sur la question, La nouvelle question laïque (Flammarion, 2019), qui vient nous en rappeler les enjeux et l'actualité.

Émission "Les idées mènent le monde", animée par Mathieu Bock-Côté.

La contre-révolution franquiste (1936-1939), les raisons d'une victoire. Avec Michael Seidman sur Radio Libertaire.


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2019

Quatre-vingts après le sinistre triomphe de la contre-révolution franquiste au cours de la guerre civile espagnole (1936-1939), il est important de reprendre l'étude de la défaite du camp républicain pour en comprendre les causes, échec à mettre en comparaison avec la contre-révolution défaite des "Blancs" en Russie (1917-1921) et des nationalistes en Chine (1945-1949).
C'est l'historien Michael Seidman, auteur de The Victorious Counter-Revolution. The Nationalist Effort in the Spanish Civil War (University of Wisconsin Press, 2011), qui revient sur le sujet.

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

L'emprise du numérique. Avec Mark Hunyadi pour l'Université de Sudbury.


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2018

Cet entretien avec le professeur Mark Hunyadi vise à appréhender la condition de l'homme numérique, condition qui dépasse la relation instrumentale avec le monde pour en modifier la subjectivité même de l'homme : elle n'impacte pas seulement ce que nous faisons, mais ce que nous sommes, notamment en nous soumettant au principe libidinal qui tend à faire de tout dispositif numérique une extension de soi.
Du coup, l'individu est plus arrimé à son médium technologique qu'au monde lui-même. La vie de l'esprit s'en trouve modifiée : le jugement est remplacé par le calcul, la relation de confiance par le raisonnement assuranciel.
Sur le plan social, c'est le déficit démocratique qui s'en suit et la disparition de l'empathie, comme en témoigne le traitement récent des flux de réfugiés en Europe.

Émission "Ethics Center Podcast", animée par François Côté-Vaillancourt.

Pénurie de médicaments, la souveraineté pharmaceutique en question. Avec Jacques Sapir et Bruno Bonnemain sur Radio Sputnik.


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18.07.2019

Depuis plusieurs mois, un nombre inquiétant de médicaments connaît des ruptures de stock. En cause, le manque de disponibilité de certaines substances, souvent produites à l'étranger ou vendues en priorité à des pays pratiquant des prix plus élevés que la France.
Le marché peut-il vraiment prendre en charge ce secteur de façon autorégulée ?
L'économise Jacques Sapir reçoit Bruno Bonnemain, membre de l'Académie nationale de pharmacie, pour évoquer ces problématiques de santé publique.

Vous avez dit : saint-simonisme ? Avec Pierre Musso sur France Inter.


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26.03.2018

En 1825, un homme meurt à Paris. Il avait été comte de Saint-Simon et avait congédié ses titres ; la richesse l'avait quitté, seuls quelques amis l'avaient accompagné dans ses dernières années. Mais il laissait une œuvre scientifique et politique d'une dimension inouïe, semée d'intuitions de génie.
Peu après, en tirant parti du microclimat de liberté né de la révolution de 1830, ses disciples, les saint-simoniens, vont labourer le chaos de ses livres, créer une école de pensée et même une église et faire se lever d'imprévisibles moissons.
Si à nos yeux, il y a une idée-force qui émerge de leur groupe, passablement disparate, c'est la conviction que le monde nouveau sera traversé par la circulation. Les solides compteront moins que les fluides. Le monde sera maillé de réseaux, matériels et immatériels. Michel Chevalier, penseur de premier plan de l'école saint-simonienne, a ainsi conçu dès 1832 un "Système de la Méditerranée" : "Mare nostrum", bordée de golfes féconds est appelée au laboratoire de l'association Orient-Occident. Dès 1834, le Père Enfantin, qui, dans l'église saint-simonienne, fait figure de messie, s'installe pour sa part en Egypte : le projet de canal de Suez lui doit beaucoup.
En matière politique, les saint-simoniens ne croient plus aux pyramides hiérarchiques anciennes. La politique aura dorénavant pour fonction de rendre possibles tous les genres de production car c'est autour de la production que la société se restructurera.
On voit combien ce langage de la circulation et de la production est actuel. Le saint-simonisme, souvent rangé au magasin des bizarreries utopiques attendait à bas bruit le moment "disruptif" où nous sommes pour être enfin réinterprété.
On a entendu récemment Gérard Collomb dire qu'à Lyon, il n'a pas été socialiste mais saint-simonien et Emmanuel Macron candidat à l'Elysée reconnaître une filiation. Mais quand Saint-Simon voulait faire basculer le pouvoir vers la classe industrielle, il plaçait au cœur de celle-ci les travailleurs qui, faisant tout, n'avaient pourtant rien et en venaient à penser que leur travail était inutile. Le saint-simonisme était bien davantage qu'un technocratisme à destination des entrepreneurs...

Émission "La Marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.