La forme de la Terre, un aperçu de la science médiévale. Avec Jean-Marc Mandosio pour l'Association Chronos.


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09.10.2014

Contrairement à une idée reçue qui a la vie dure, les savants médiévaux savaient parfaitement que la Terre est ronde. Comment l'expliquaient-ils, et comment cette connaissance s'inscrivait-elle dans leur représentation du monde ?
Jean-Marc Mandosio, historien des sciences et de la philosophie, nous présente cet exposé.

Trans-, Posthumanisme... et l'humain dans tout ça ? Avec Olivier Rey et Mark Hunyadi sur France Culture.


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08.10.2018

Après Une question de taille (Stock, 2014), où est interrogé, dans le sillage d'Ivan Illich, l'ignorance de la juste mesure dans les sociétés contemporaines, et Quand le monde s'est fait nombre en 2016, une critique de la raison statistique, le philosophe et mathématicien Olivier Rey revient aujourd'hui agacé par les promesses exorbitantes dont est investi le progrès dans Leurre et malheur du transhumanisme (Desclée de Brouwer, 2018).
A ses côtés Mark Hunyadi, professeur de philosophie morale et politique et auteur du Temps du posthumanisme (Les Belles Lettres, 2018), s'interroge aussi sur les fascination et illusions que charrient l'idéologie et la pratique du transhumanisme.

Émission "La Grande table idées", animée par Olivia Gesbert.

John Fante, une soif de revanche (1909-1983). Avec Brice Matthieussent, Philippe Garnier, Yvan Attal, Stanislas Merhar et Theo Hakola sur France Culture.


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23.02.2019

Avec autodérision, John Fante n'a jamais raconté qu'une seule histoire : la sienne. Fils de maçon, né dans le Colorado, il voulait devenir le plus grand auteur américain de sa génération. Sous sa plume, l'ordinaire devient extraordinaire. Pourtant, il ne connaîtra jamais la renommée de son vivant.
Si l'écriture a commencé très jeune pour John Fante, à l'âge de vingt ans, il n'a produit au cours de sa vie qu'une douzaine de romans accompagnés de nouvelles. Sa soif de réussite l'a mené progressivement à abandonner l'écriture au profit d'une activité plus rentable : l'écriture de scénarios. A l'approche de sa mort, Charles Bukowski s'est battu pour la découverte et la légitimation de cet auteur. Il a réussit à convaincre la maison d'édition relativement légitime Black Sparrow de publier ses œuvres. L'éditeur français Christian Bourgeois, qui œuvrait pour les "cinglés de la littérature" comme il le proférait lui-même, se lance alors, au cours des années 1980, dans les traductions et la publication des romans de John Fante.
Bandini, le double flamboyant de John Fante, renvoie à son enfance passée au sein d'une famille italo-américaine, la honte de ses origines italiennes, la place étouffante que prend la religion dans sa famille, et l'absence du père parti vivre avec sa maîtresse. Lui, le fils de maçon des Abruzzes qui veut devenir le plus grand auteur américain de sa génération, a souffert durant son enfance du rejet d'une partie de la communauté américaine anglo-saxonne du début du XXème. Dans La Route de Los Angeles, on retrouve Arturo Bandini à ses dix-huit ans, à l'époque où il vit encore chez sa mère et sa sœur zélée pour la religion, deux femmes qu'il méprise à grand renfort de citations de Nietzsche. Hautain, passionné, rêveur, il entretient des relations sexuelles avec des filles sur papiers glacés et règne sur les crabes timides qu'il massacre à loisir...
Une fois qu'il intègre la société bourgeoise et "people" d'Hollywood, John Fante ne cessera de chercher à se rapprocher de "son" Italie. Fante, le fils d'immigré italien nourri aux spaghettis "olio e aglio" vit à l'ouest de Rome entre une Italie fantasmée par les souvenirs familiaux et une Amérique qui le refuse. Décédé en 1983, John Fante n'est pas parvenu à obtenir une reconnaissance littéraire de son vivant.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Lenora Krief.

Les sciences sociales sont-elles des sciences ? Avec Pablo Jensen sur France Culture.


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11.05.2018

C’est le propre de toute société que d'essayer de légitimer son propre ordre social afin d'assurer sa pérennité. En Occident, ce sont longtemps les dieux qui ont servi à légitimer les pouvoirs en place, jusqu'aux guerres de religion où il est apparu que la référence à Dieu n'était plus capable de fonder l'autorité politique. C'est alors la science qui a pris la relève.
Mais si les sciences naturelles sont clairement définies, il est loin d'en être pareil pour les sciences sociales. Depuis Galilée, la science moderne est censée prouver sa propre légitimité en construisant des expériences qui répondent à trois critères : être à la fois enregistrables, reproductibles, et résulter d’une seule cause. Ils sont apparemment bien difficiles à atteindre dans le domaine des sciences sociales...

Émission "Matières à penser", animée par Serge Tisseron.

Les enjeux de l'anthropologie. Avec Philippe Descola sur France Culture.


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01.01.2018

Comment, aujourd'hui, faire de l'anthropologie ? Comment repenser la notion de nature en pleine crise écologique ? Quelles pistes envisager pour repenser le rapport humains/non humains ?
En cette nouvelle année 2018 qui débute sur fond de crise écologique, de chute de la biodiversité et de saccage continu et répété de ce que nous qualifions notre patrimoine naturel, ne faudrait-il pas tout simplement repenser cette notion de patrimoine et notre rapport à la nature ?
C'est précisément ce que fait Philippe Descola depuis ses premiers voyages chez les Jivajos Achuar en Amazonie jusqu'à ses appels récents à dynamiter l'anthropocentrisme et l'eurocentrisme des sciences sociales.
Parce que s'il est une certitude et une seule en cette nouvelle année, c'est que oui, les concepts changent le monde...

Émission "La Méthode scientifique", animée par Nicolas Martin.

À quoi tient une société ? Avec Frédéric Lordon à l'Université d'Evry.


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11.04.2019

Sachant qu'il n'existe pas de force intrinsèque des idées vraies, comment les valeurs et les idées peuvent-elles nous affecter si nous voulons mettre en place des modèles de société plus justes, plus démocratiques et plus égalitaires ?
Le sociologue, philosophe et économiste Frédéric Lordon nous montre, à partir d'une anthropologie spinoziste, comment les affects collectifs font tenir les sociétés, et nous enjoint à en tirer toutes les conséquences logiques.

Une séance animée par Daniel Bachet et Victor Collard.

Vassili Grossman, les manuscrits ne brûlent pas. Avec Luba Jurgenson, Alexis Berelowitch, François Bonnet, Pierre Daix et Tzvetan Todorov sur France Culture.


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16.09.2001

"Pour qu'existe le socialisme dans un seul pays, il fallait priver les paysans du droit de semer et de vendre librement, et Staline n'hésita pas : il liquida des millions de paysans. Notre Hitler s'aperçut que des ennemis entravaient la marche de notre mouvement national et socialiste, et il décida de liquider des millions de Juifs."
Ce passage du roman Vie et destin de Vassili Grossman stupéfie les censeurs soviétiques de 1960. Rapporter les propos d'un dignitaire nazi qui démontre à un responsable bolchévique la gémellité de leurs régimes respectifs, cela dépasse l'entendement... Ce roman, s'il doit être édité un jour, ne le sera que dans 300 ans - tel est le verdict des plus hautes autorités qui ordonnent la confiscation du manuscrit. Une affaire insensée dont s'est rendu coupable un auteur considéré, jusque-là, comme un écrivain responsable !
Quel rapport y a-t-il en effet entre le Vassili Grossman auteur de Vie et destin et le Vassili Grossamn né en 1905, ancien ingénieur dans une mine puis dans une usine de crayons, bon écrivain soviétique, béni par Gorki, capable depuis 1934 de réussites dans des genres aussi différents que les récits sur la guerre civile, les romans "industriels", l'épopée ouvriériste, le théâtre, les reportages de guerre et même la fresque historique sur la bataille de Stalingrad intitulée Pour une juste cause ?
Vassili Grossman est un "cas". Vingt ans après, Vie et destin, le roman maudit conçu comme la deuxième partie de Pour une juste cause, passe clandestinement en occident pour être publié en russe, en 1980, à Lausanne, à l'Age d'Homme. Très peu de temps après, il paraît en français, devient un best-seller international avant d'être édité en 1988, en URSS, en plein Pérestroïka. Belle revanche pour un auteur mort désespéré en 1964. Une fois de plus c'est Mikhaïl Boulgakov qui a raison : "les manuscrits ne brûlent pas". En Russie du moins.
La vie et l'oeuvre de cet "écrivain russe du destin juif", selon la belle expression de Simon Markish, permettront encore longtemps de comprendre le XXe siècle et ses horreurs. Mais sa "leçon des ténèbres" n'est pas qu'un chant funèbre comme en témoignent les carnets d'Ikonnikov de Vie et destin, le roman posthume Tout passe ou la nouvelle La Madonne sixtine... Autant que la beauté qui, selon Dostoïevski, devait sauver le monde, la bonté, nous dit Grossman, peut elle aussi accomplir ce miracle...

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Michel Parfenov.

Pierre-Yves Rougeyron : grand entretien pour le Cercle Aristote.


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09.2019

Dans ce grand entretien de rentrée, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique de septembre 2019.
Une analyse où les actualités nationale et internationale sont passées au crible de l'intérêt français souverain.

PARTIE 1
1. Cercle Aristote :
 - 00'20 : actualité éditoriale
2. Questions nationales :
 - 09'55 : Chirac, la mort du Grand Con
 - 30'45 : la Convention de la Droite
 - 45'40 : l'incendie de Lubrizol à Rouen
 - 52'15 : Justice, affaires Balkany et Mélenchon
 - 57'25 : Onfray vs. Asselineau

PARTIE 2
3. Questions internationales :
 - 00'05 : le Brexit
 - 24'50 : Italie -Salvini
 - 33'50 : Trump
 - 39'20 : Greta...
4. Economie :
 - 44'55 : pauvreté de masse en Allemagne
 - 47'50 : la crise

La place de la femme dans la société française. Avec Mona Ozouf sur Radio Courtoisie.


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01.1996

La France a longtemps passé pour le pays des femmes. Elle a pourtant la réputation d'être aussi celui d'un féminisme timoré qui a tardé plus qu'ailleurs à asseoir ses conquêtes. D'où vient cette timidité ? Et pourquoi le discours du féminisme extrémiste trouve-t-il en France si peu d'écho ?
C'est ce paradoxe qu'explore Mona Ozouf, en cherchant à écouter et à faire entendre "les mots des femmes", ceux qu'elles ont choisis elles-mêmes pour décrire la féminité. Ainsi se succèdent les figures et les voix de Madame du Deffand, Madame de Charrière, Madame Roland, Madame de Staël, Madame de Rémusat, George Sand, Hubertine Auclert, Colette, Simone Weil et Simone de Beauvoir.
La traversée de cette galerie fait découvrir la diversité inventive des cheminements féminins et met en valeur une singularité française dont Mona Ozouf restitue magistralement l'histoire et les contours, à savoir que les Français (et ce neutre englobe bien entendu les Françaises !) demeurent capables de négocier un rapport heureux entre la différence et l'égalité.

Émission des "Mardis de la mémoire", animée par Pierre Chaunu.

Le conservatisme, une critique de la démocratie. Avec Olivier Dard sur France Culture.


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26.12.2018

Jusqu'à ces dernières années, rares étaient ceux à se réclamer ouvertement du conservatisme en France, en l'absence d'un parti conservateur identique à celui de nos voisins britanniques. Et les termes conservateurs et conservatisme restent plus fréquemment employés sur le mode péjoratif et offensif pour dénoncer des adversaires.
Alors, vieux jeu, réactionnaires ou ennemis du progrès : qui sont les conservateurs ? Comment cette doctrine a-t-elle évolué au cours de l'Histoire ? Que reste-t-il du conservatisme aujourd'hui ?
Olivier Dard fait le point sur l'histoire de ce courant politique souvent trop méconnu et caricaturé en France, et en essayant de comprendre les raisons de sa récente renaissance politique, mais peut-être surtout culturelle.

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Anastasia Colosimo.

Du paradigme de l'art contemporain. Avec Nathalie Heinich pour The Farm.


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01.2019

C'est à partir d'une perspective de sociologie de l'art contemporain que Nathalie Heinich tente d'en définir le paradigme. Car l'art contemporain rompt avec l'art moderne et non avec l'art classique : il ne s'agit pas seulement d'une période mais surtout d'une question de genre. On comprend que l'œuvre contemporaine peut s'éloigner des canons de beauté de l'art classique exposant premièrement l'intériorité de l'artiste.
Le "ready-made" de Duchamp devient alors la préhistoire de l'art contemporain. L'œuvre est révélatrice de ce paradigme, dans une vision de l'art où l'œuvre n'est plus l'objet mais plutôt l'idée proposée. Et peu à peu l'art contemporain de renverser les codes de l'art moderne en en modifiant les médiums. Il ne s'agit plus seulement d'un pinceau et d'un artiste mais de performances, d'installations, de vidéos...
La sociologue expose ensuite une frise des grandes dates de l'art contemporain. On passe de l'exposition du vide de Klein dans les années 1950 à l'arte povera en Italie une décennie plus tard, puis au prix de la Biennale de Venise attribué à Rauschenberg en 1964, pour avoir des propositions croissantes dans les années 1970 et enfin, dans les années 1990, une mondialisation de l'art contemporain à travers une extension dans les pays émergents.
Enfin, Nathalie Heinich brise les amalgames sur le monde de l'art contemporain, constatant que les médias n'en exposent qu'une partie. Ce monde ne se réduit pas seulement à un marché aux prix exorbitants, il est surtout constitué d'artistes peu reconnus vivant souvent dans une situation précaire.

Émission "Codex Conversation", animée par Frédéric Clad.

William Cavanaugh, la théologie politique et l'Eglise : des pistes pour aujourd'hui. Avec le père Sylvain Brison à l'Institut Catholique de Paris.


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11.03.2019

William Cavanaugh est devenu dans les quinze dernières années une voix saillante de la théologie en général et de la théologie politique en particulier. S'intéressant à la place de l'Eglise dans l'espace public, dans sa relation à l'Etat-nation et au monde, il met en oeuvre une véritable imagination théologique fondée sur la dimension eucharistique du Peuple de Dieu.
Cette forme de théologie présente un fort coefficient d'étrangeté pour la tradition européenne, en même temps qu'une "promesse stimulante" pour penser un engagement fort de l'Eglise dans l'histoire et dans la société.
Cette conférence se veut une introduction à la pensée politique et écclésiologique de William Cavanaugh et une invitation à aller plus loin dans le débat et la recherche théologique.