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Comment comprendre le rapport critique que Gilles Deleuze a entretenu toute sa vie avec la philosophie de Hegel ? Est-il possible de penser ce rapport agonistique sans pour autant reconduire l'image simpliste d'une opposition irréductible ? C'est là le pari de Jean-Baptiste Vuillerod.
En revenant aux textes de jeunesse et en parcourant l'ensemble de son évolution philosophique jusqu'au travail en commun avec Félix Guattari et aux derniers écrits, il montre comment Deleuze a formé son projet intellectuel en dialogue avec la philosophie hégélienne et n'a cessé de s'entretenir avec elle.
Plutôt que l'image stéréotypée du grand adversaire de l'hégélianisme, il en ressort la vision plus nuancée d'une pensée deleuzienne qui a tenté d'accomplir la révolution philosophique que Hegel avait amorcée mais qu'il n'était pas parvenu à accomplir véritablement.


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Claude Romano est désormais une figure éminente de la phénoménologie française, dont les travaux font régulièrement l'objet de séminaires comme de colloques. Ces interventions ont pour but de mettre en question la manière dont il envisage notre "condition merveilleusement corporelle".
En effet, Claude Romano soutient qu'il nous faut considérer le corps comme "étant nous-mêmes" et, optant délibérément pour le réalisme, la perception "comme une saisie directe des choses dans leur réalité indépendante de notre esprit".
On devine qu'à partir de telles affirmations, c’est toute la phénoménologie du corps depuis Husserl qui est remise en chantier.


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Philosophe, professeur d'université, activiste et agriculteur, Aurélien Berlan cherche dans la terre une vérité que la modernité a balayée : il n'y a pas d'émancipation possible sans contrôle sur les conditions matérielles de la vie — la nourriture, l'énergie, les liens, le territoire. Cette certitude l'a conduit à quitter Paris pour s'organiser en communauté rurale autogérée dans le sud-ouest de la France, d'où il promeut la reconquête de la vie comme terrain politique : réapprendre à vivre de son propre travail, organiser les besoins communs, prendre soin du sol qui nous nourrit.
De ce cheminement est née une longue recherche sur la liberté et l'autonomie collective.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'12'56 : Le glissement de la liberté envers la protection de la vie privée
- 0'24'09 : Faire faire à d'autres personnes, à des machines ou des robots
- 0'49'24 : On est prisionnier dès que l'on dépend de nos maîtres pour se nourrir
- 0'59'45 : Prise en charge des nécessités liées à la subsistance et organisation politique
- 1'15'32 : Autonomies : reconstruire des interdépendances égalitaires
- 1'30'50 : Besoins/Moyens techniques et culture du conflit


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Philosophe et mathématicien, Olivier Rey explore les raisons profondes du déclin de la natalité en Occident, interrogeant notre rapport à la vie, à la mort et à l’avenir.
Alors que l'humanité a toujours vécu dans la précarité, ce qui n'empêchait pas nos ancêtres de procréer, il semble qu'aujourd'hui, l'idée de maîtriser notre destin grâce au progrès s'effrite : les défis écologiques, les incertitudes économiques et une vision individualiste de la liberté rendent l'enfantement moins évident.
Comment la société moderne, obsédée par la survie et l'évitement des contraintes, en vient-elle à considérer l'enfant comme un frein plutôt qu'une source d'épanouissement ?
- 0'00'00 : Pourquoi avoir écrit ce livre ?
- 0'01'49 : L'effondrement démographique qui vient
- 0'09'30 : L'avenir sombre, ou incertain ?
- 0'23'00 : Trop pauvres pour être parents, vraiment ?
- 0'26'43 : Le mode de vie individualiste
- 0'33'19 : Plus de décès que de naissances
- 0'36'52 : La quête de l'autonomie
- 0'43'41 : Les leçons du moment covidien
- 0'49'00 : La sacralisation paradoxale de la vie
- 0'53'32 : La mentalité "survivaliste"
- 1'03'38 : Le désir d'immortalité
- 1'11'19 : La société sans contact
- 1'15'42 : Conseil de lecture d’Olivier Rey
- 1'17'10 : Pourquoi lire ?



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Auteur de la première thèse universitaire sur Michel Clouscard, Loïc Chaigneau explore la méthode et les concepts clés de ce penseur hétérodoxe. Une analyse rigoureuse du "capitalisme de la séduction", de ses mécanismes idéologiques et de son impact sur les subjectivités modernes pour comprendre comment la permissivité devient un outil de domination, et pourquoi Clouscard reste un auteur incontournable pour décrypter notre époque.
- 0'00'00 : Pourquoi relire Clouscard ?
- 0'14'48 : Objets quotidiens et structures sociales
- 0'30'20 : Le néo-capitalisme comme système total
- 0'45'17 : Positivisme et postmodernisme : les pièges de la pensée
- 0'59'12 : Le néo-kantisme et la séparation sujet/histoire
- 1'00'39 : La praxis : travailler, aimer, consommer
- 1'03'46 : Mai 68 : l'injonction à jouir comme outil de domination
- 1'06'10 : Droite économique vs gauche culturelle : une division idéologique
- 1'14'00 : Reconstruire des médiations pour s'émanciper


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À l'heure où les spiritualités exotiques prospèrent et où l'on vante les vertus des croyances "vécues de l'intérieur", le psychanalyste et philosophe slovène Slavoj Zizek nous présente une réflexion tout à fait incorrecte qui s'appuie sur Jésus, Hegel, Steven Spielberg, Job, Nietzsche, Harry Potter, Staline, saint Paul, Bill Clinton, Heidegger et quelques autres.
Soumettant les diverses formes du religieux aujourd'hui au crible d'un regard lacanien, Slavoj Zizek procède ce faisant à une relecture iconoclaste du christianisme. Au terme d'une analyse délibérément politique, s'il n'hésite pas à dénoncer les tendances perverses du christianisme, il en affirme aussi et surtout le caractère proprement révolutionnaire en mettant au jour son noyau "matérialiste".


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Le monde observe la mutation politique des États-Unis sans en comprendre la racine idéologique. Derrière l'ascension de figures comme JD Vance ou l'omniprésence de Peter Thiel, se cache un courant radical : la néoréaction (NRx), également appelée "les Lumières Sombres". Ce mouvement, théorisé par Curtis Yarvin et Nick Land, rejette frontalement l'héritage démocratique occidental.
Le constat de départ est brutal. Pour ces idéologues, la démocratie libérale est un système inefficace qu'ils surnomment La Cathédrale. Ils ne cherchent plus seulement à réduire l'État, comme le voulaient les libertariens classiques. Leur stratégie a basculé du contournement vers le retournement : prendre le contrôle du sommet pour transformer la nation en une corporation privée performante.
Cette vision s'incarne déjà dans des outils de puissance technologique sans précédent. L'entreprise Palantir Technologies, spécialisée dans le Big Data et l'intelligence artificielle pour le renseignement, semble être le bras armé de cette doctrine. Selon toute vraisemblance, il ne s'agit plus de politique traditionnelle, mais d'une tentative de remplacer le citoyen par un client au sein d'une monarchie capitaliste.
Quel est le véritable calendrier de cette élite techno-conservatrice ? Comment la pensée de Curtis Yarvin a-t-elle pu infiltrer le cercle restreint de la Maison-Blanche ? Sommes-nous en train de vivre la fin programmée du modèle républicain au profit d'une gestion algorithmique du monde ?
- 0'00'00 : Introduction
- 0'02'08 : Les origines libertariennes
- 0'30'28 : La critique de la démocratie moderne
- 0'41'08 : Les trois courants néoréactionnaires
- 1'00'07 : Le bioléninisme selon Spandrel
- 1'17'36 : Palantir : les fonctions de l'État
- 1'36'10 : Conclusion
Un entretien mené par Raphaël Besliu.
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Souvent réservé aux spécialistes, la question de la réception originale de Hegel par Lénine est pourtant essentielle pour tout militant marxiste. À une époque où le marxisme était déjà une tradition théorique établie, Lénine a dû se positionner face aux différentes interprétations de Hegel, offrant une lecture distincte de celle de ses contemporains.
Son approche, plus favorable à Hegel que celle d'autres marxistes, voire que Marx lui-même (à tout le moins le Marx auquel Léline avait alors accès), soulève des questions sur les implications pratiques de cette philosophie, souvent perçue comme abstraite. L'objectif est de comprendre ce que Lénine a retenu de Hegel et comment cette lecture a influencé sa pensée politique.
Contrairement Plekhanov ou les théoriciens de la Deuxième Internationale qui rejetaient souvent Hegel au profit d'un matérialisme mécaniste ou évolutionniste, Lénine a su tirer parti de la dialectique hégélienne pour analyser les contradictions immanentes de la réalité. Cette approche lui a permis de dépasser les schémas étapistes de son époque et d'adapter sa stratégie révolutionnaire au contexte spécifique de la Russie, illustrant ainsi l'importance pratique d'une compréhension fine de Hegel pour l'action politique.
- 00'15 : Présentation
- 03'35 : La formation intellectuelle de Lénine
- 23'34 : L'influence hégélienne dans Matérialisme et Empiriocriticisme
- 34'13 : La lecture de la Science de la Logique en 1914
- 50'20 : Conclusion