



(1)
Auteur du récent Savoir ou Périr (Seuil), Bernard Lahire développe une critique sévère sur l'état de l'enseignement, de l'école primaire jusqu'à l'université. Il montre que l'école, et le partage des savoirs de manière générale, sont une affaire de survie pour l'humanité, et pas uniquement une option culturelle. Sans connaissance, impossible de s'adapter à son environnement, c'est donc une question de vie ou de mort pour notre espèce d'organiser un système éducatif à la hauteur de l'enjeu. Or, loin de répondre à cette mission, l'école détruit la curiosité, l'imagination, et l'intelligence au nom de la compétition et de l'évaluation.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'33 : L'éducation et la biologie
- 0'12'03 : Quelles différences avec les animaux ?
- 0'22'27 : L'état de l'école aujourd'hui
- 0'37'37 : Les grands chercheurs et l'école
- 0'45'48 : La notion d'intelligence
- 0'50'50 : La pertinence des classements (PISA, Shanghaï...)
- 0'55'52 : L'état actuel de la recherche
- 1'02'47 : Les déterminismes sociaux à l'école
- 1'09'00 : Un apprentissage inné chez l'enfant ?
- 1'12'35 : Quelle politique pour l'enseignement ?
- 1'20'19 : Question finale
Un entretien mené par Clara Costantini.


(0)
Le Dr Maurice Berger évoque la fonction psychique du clan – fusionnel, normatif, surprotecteur – comme un frein majeur à l'individuation. Il montre comment la logique clanique peut, dans certains cas, servir de réponse identitaire à une humiliation maternelle ou une haine de soi. Il insiste également sur les ressources internes aux musulman assimilés, en particulier les éducateurs qui prônent la citoyenneté, l'égalité, et l'autonomie de pensée.
Finalement, il appelle à une réforme structurelle profonde : crèches obligatoires dès la petite enfance, suppression du regroupement familial, rénovation de la justice des mineurs et rupture avec le déni universitaire.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'00'39 : Présentation du Dr Maurice Berger
- 0'03'04 : Réflexion sur facteurs éducatifs, culturels, religieux
- 0'04'20 : Cadre éducatif familial, encadrement et devoirs
- 0'07'00 : Débat sur l'influence de l'origine sur la délinquance
- 0'09'00 : Rôle de l’histoire personnelle, transculturalité
- 0'12'00 : Sourate Ali Imran (v.31) et pardon sans empathie
- 0'15'00 : Barrières claniques et exclusion du thérapeute
- 0'18'00 : Position transculturelle : compétences vs appartenance
- 0'21'00 : Chirurgie psychique : concilier deux familles, deux mondes
- 0'24'00 : Impact de l'abandon des racines sur la santé mentale
- 0'35'00 : Structure clanique, homéostasie, trouble cognitif
- 0'38'00 : Réseaux sociaux, clan moderne et perte de pensée autonome
- 0'41'00 : Violence multifactorielle : familial, culturel, sociétal
- 0'43'00 : Exposition précoce à la violence conjugale et conséquences
- 0'47'30 : " Bodisation" : violence incorporée dans l'identité
- 0'50'00 : Mariages forcés, endogamie, violence parentale
- 0'54'00 : Impact sur le garçon : pouvoir maternel excessif
- 0'57'00 : Éducation parentale : discipline, cadre, autorité
- 0'59'00 : Voile : marqueur normatif, rôle dans contrôle des genres
- 1'03'00 : Fracture entre logique clanique et société de rencontre
- 1'07'00 : Que faire ? Reconstruction totale, dispositifs efficaces
- 1'09'00 : Échec de l’évaluation des CER et nécessité de tests
- 1'11'00 : Propositions : prisons courtes, code pénal, majorité
- 1'13'00 : Modèle danois : intégration dès la crèche, réglementation
- 1'15'00 : Besoin d’un centre de recherche national structuré
- 1'18'00 : Conclusion : appel à une pensée globale et universitaire
Un entretien mené par Florence Bergeaud-Blackler.




(1)
Quand et comment la notion d'un enseignement public assuré par l'État est-elle apparue, dans quelles circonstances l'institution elle-même est-elle née, quel rôle positif peut-on considérer qu'elle a joué pendant des décennies ? Et quel étrange accident lui est-il arrivé vers le milieu du XXe siècle, qui a initié son déclin peu de temps après qu'elle eut pris le nom d' "Éducation nationale" ? Comment expliquer la dégradation accélérée survenue à partir des années 1970, qui a abouti à ce que l'école française soit désormais classée dans les derniers rangs des comparaisons internationales ?
Philippe Nemo tente de répondre à ces questions avec la précision historique requise. Ses analyses donnent à penser qu'il convient aujourd'hui de remettre en cause non seulement l'organisation de l'Éducation nationale, mais son principe même, c'est-à-dire son monopole et son centralisme. Il n'est pas acceptable que l'État décide seul des programmes de toutes les écoles françaises, c'est-à-dire impose dogmatiquement ce qu'on doit penser au sujet du vrai, du bien et du beau. Il faut recréer en France des structures scolaires de pluralisme et de liberté, comparables à celles qui existent dans la plupart des démocraties libérales dont les écoles et universités réussissent mieux que les nôtres.
- 0'00'40 : L'Éducation nationale remplit-elle sa mission ?
- 0'02'57 : À quoi ressemblait l'école autrefois et quel était le rôle de l'Église ?
- 0'06'05 : Pourquoi séparer le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel en matière d'éducation ?
- 0'10'11 : Le cas des institutions créées par les rois
- 0'19'09 : Pourquoi le financement de l'école par l'État peut être dangereux
- 0'23'47 : Quel est le changement de paradigme entre les révolutionnaires de 1789 et ceux de 1793 en matière d'éducation ?
- 0'33'38 : Que penseraient Jean Zay, Jules Ferry, Guizot ou Condorcet de l'école d'aujourd'hui ?
- 0'38'33 : Les raisons du déclin
- 0'49'04 : Les solutions au déclin
- 0'58'19 : Comment les déconstructivistes ont changé le regard de la gauche sur l'école et la méritocratie
- 1'08'25 : Pourquoi la Suisse s'en sort mieux que la France ?
- 1'15'04 : Pourquoi les filières professionnelles sont dénigrées en France ?
Un entretien mené par Élodie Messéant.


(0)
Une pensée libre, une méthode unique, une voix à part : le démographe et politologue Emmanuel Todd analyse les grands bouleversements géopolitiques, économiques et sociaux qui bouleversent notre monde. Comprendre le chaos mondial avec une grille de lecture singulière et rigoureuse, entre anthropologie, histoire longue et lucidité politique, nous permet de nous décoller de l'actualité immédiate et de ses effets d'annonce pour nous focaliser sur les tendances lourdes qui structurent le devenir des nations.
1. Les États-Unis sont-ils en situation de déclin économique et social ? Donald Trump doit-il être compris comme symptôme d'une fracture civilisationnelle profonde ?
2. Autrefois modèle de rigueur économique et de stabilité, l'Allemagne traverse une crise profonde, entre récession, dépendance énergétique, et fragilisation sociale.
3. S'appuyant sur son ouvrage Les luttes de classes en France au XXIe siècle, Emmanuel Todd dresse un constat alarmant de l'état social, économique et politique de la France. Il décrypte notamment les fractures invisibles qui menacent le pays : paupérisation, crise de l'État, inégalités croissantes, fracture générationnelle, mortalité infantile en hausse et déconnexion des élites, davantage obsédées par l'Ukraine que par le quotidien des Français...
4. Donald Trump ayant déjà passé trois mois à la tête des Etats-Unis, il est possible de dresser un bilan du début de sa mandature. L'occasion pour Emmanuel Todd de mettre en lumière les fractures invisibles de la société américaine : paupérisation, crise de l'État Fédéral, inégalités croissantes et fracture sociale. L'Occident est-il en voie d'effondrement ?
5. Les tensions entre Israël, l'Iran et les États-Unis virent à la guerre : les ressorts profonds de cet affrontement ne seraient-il pas à chercher dans l'effondrement du modèle américain, l'impasse stratégique israélienne, les malentendus sur l'Iran chiite et la société iranienne, le délitement du discours occidental et les risques de prolifération nucléaire ? Une nouvelle "guerre éternelle" peut-elle s'installer ?
6. La France est en crise, avec une dette massive, des mobilisations sociales et une instabilité politique chronique. Elle est aussi le siège d'une revendication égalitaire forte, reflet d'un malaise social profond, sur fond de fragmentation sociale en "archipels", où classes populaires, moyennes et élites vivent séparées et dans un mépris réciproque, nourrissant la crise démocratique et la montée des extrêmes. À l'international, le rapport asymétrique et néocolonial entre l'Europe et les États-Unis devient chaque jour plus évident, pointant vers un futur marqué par l'effondrement progressif de l'Occident, la fin de l'hégémonie américaine et un basculement du monde vers la multipolarité.
7. Alors que l'Occident vit une défaite sans vouloir y croire (militaire face à la Russie, économique face à la Chine), l'Asie redevient naturellement le centre du monde, portée par des géants démographiques et économiques (Inde, Chine, Indonésie), et par des transformations sociales massives — croissance des tailles, allongement de l'espérance de vie, urbanisation fulgurante. Il s'agit également de comprendre la grande énigme démographique asiatique, à savoir des niveaux de fécondité très faibles, et de décrypter la montée des tensions sino-japonaises autour du statut de Taïwan.
Une série d'entretiens menée par Diane Lagrange.


(0)
Sur un nouvel objet d'étude, la recherche scientifique commence par la publication de travaux initiaux qui sont confirmés ou non par les études ultérieures puis se diffusent dans les médias. Entre ces trois niveaux les écarts sont souvent considérables, en particulier dans le domaine de la psychiatrie biologique.
La première partie de l'exposé de François Gonon prend pour exemple le Trouble Déficitaire de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) et décrit ces écarts de discours, leurs causes et leurs conséquences.
Dans une deuxième partie, il présente une recherche en cours concernant le discours des neurosciences dans l'éducation, qui analyse la place des neurosciences dans deux corpus : les textes produits par le Conseil Scientifique de l'Éducation Nationale d'une part et les articles de presse évoquant ce Conseil, d'autre part.


(0)
L'installation grimpante des écrans dans nos vies conduit inexorablement à l'émergence du "crétin digital". Mais, comme le démontrent de nombreuses études scientifiques, la lecture en est un antidote majeur. De l'influence positive sur le langage, la culture générale, la créativité, l'attention, les capacités de rédaction, d'expression orale, la compréhension de soi-même et des autres, l'empathie, avec un impact considérable sur la réussite scolaire et professionnelle… : aucun autre loisir n'offre un éventail de bienfaits aussi large.
Michel Desmurget retrace l'impact monumental de la lecture sur les trois piliers de la construction d'un enfant (aptitudes intellectuelles, compétences émotionnelles, habiletés sociales) et souligne le rôle essentiel du milieu familial pour susciter et entretenir le goût de la lecture.


(0)
Comment comprendre Rousseau dans une perspective d'histoire intellectuelle et sociale des idées ?
C'est d'abord le contexte historique et social qui fut le sien qui mérite d'être explicité, pour y replacer ses oeuvres maîtresses, comme le Discours sur les sciences et les arts, Du Contrat social et l'Emile ou de l'Education.
L'occasion également d'examiner les influences que Rousseau a pu exercer sur les événements qui ont suivi sa disparition en 1778, et parmi eux, forcément, la Révolution française.


(0)
Sociologue spécialisé dans l'analyse des relations privées et de la famille, Gérard Neyrand est l'auteur notamment de Critique de la pensée positive : Heureux à tout prix ? (ed. Erès, 2024) et L'amour individualiste (ed. Erès, 2018).
Il montre ici que "la pensée positive" est en réalité une idéologie par et pour le néolibéralisme : loin d'être inoffensive, elle contribue à hyper-responsabiliser les individus et les éloigner des structures collectives et solidaires au profit d'un bonheur factice, qui bien souvent ne conduit qu'à la culpabilité.
Un entretien mené par Carla Costantini.