Hors-champs. Avec Eva Illouz sur France Culture.


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12.11.2012

Si le mal d'amour a toujours existé, il y a une manière spécifiquement moderne d'aimer et de souffrir de l'amour. Et si le capitalisme présente apparemment un visage froid, les sentiments restent des acteurs majeurs de notre histoire. Ce sont deux des thèmes principaux que le travail d'Eva Illouz entend éclairer. En creux se dresse le portrait de l'individu contemporain ainsi que des pathologies qui lui sont associées.
Tout cela dessine une économie émotionnelle et sexuelle qui nous laisse souvent désemparé, pris que nous sommes entre une hyper-émotivité paralysante et un cadre social qui tend à standardiser, dépassionner et rationaliser les relations amoureuses.

Philosophie des sexes. Avec Sylviane Agacinski sur France Culture.


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11.10.2019

La philosophie est-elle une vocation ? Comment naissent les idées ou se fabrique un concept ? À quoi ressemble l'atelier du philosophe ? Et quel rôle le philosophe doit-il jouer dans la cité ?
Sylviane Agacinski, après avoir travaillé sur l'architecture et notre rapport au temps, a élaboré une réflexion sur les sexes : la politiques des sexes, la métaphysique des sexes et le drame des sexes.
Retour sur le parcours et l'oeuvre d'une femme qui a fait de la philosophie son métier.

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

Al-Andalus, du mythe à l'Histoire. Avec Philippe Conrad, Serafín Fanjul, Darío Fernández-Morera, Dominique Urvoy, Marie-Thérèse Urvoy, Rafael Sanchez Saus et Serafín Fanjul pour l'Association pour l'Histoire.


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06.10.2019

Dans l'Europe actuelle confrontée à une immigration musulmane continue, on aime bien se référer au modèle de cohabitation pacifique des trois cultures d'Al-Andalus.
L'histoire de l'Hispanie musulmane ou d'Al-Andalus est ainsi un enjeu archétypique. Au Moyen Âge, la Péninsule ibérique aurait connu une remarquable et inhabituelle cohabitation pacifique entre juifs, chrétiens et musulmans. Une admirable symbiose culturelle qui aurait duré vaille que vaille du VIIIe siècle jusqu'à l’expulsion des juifs en 1492, voire, jusqu'à l’expulsion des morisques en 1609.
Pourtant, force est de constater qu'il s'agissait, dans la réalité des faits, d'un régime très semblable à l'apartheid sud-africain et d'une époque globalement "terrifiante". Soulignant que les motifs et les facteurs de luttes et d'affrontements entre l'Espagne musulmane et l'Espagne chrétienne ont été prédominants pendant toute la période concernée, les intervenants montrent qu'Al-Andalus a été tout sauf un modèle de tolérance.
Il ne s'agit pourtant pas de nier qu'il y a eu des éléments de communication culturelle (surtout d'origine hellénistique) jusqu'au XIIe siècle, mais plutôt de montrer qu'il n'y a jamais eu un merveilleux système mixte sur lequel aurait reposé la cohabitation pacifique ; qu'il n'y a jamais eu un mode de vie partagé par tous, une même perception du monde valable pour tous.

Lire au travers de Rawls : enquête sur la réception d'un philosophe américain en France. Avec Mathieu Hauchecorne sur France Culture.


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06.04.2019

Si certains s’en servent pour caler des armoires, les livres sont avant tout écrits et publiés pour être lus. Ils peuvent toutefois s'avérer précieux à d'autres fins. Servir en particulier de prisme au travers desquels mieux percevoir certains phénomènes.
Lire au travers c'est précisément ce qu'a fait Mathieu Hauchecorne avec un livre devenu récemment un classique, la Théorie de la justice du philosophe américain John Rawls. Lire au travers de la version française plus exactement, celle qui a paru en 1987 aux éditions du Seuil, soit seize ans après sa publication en langue originale.
Si Mathieu Hauchecorne a pris le parti de se servir ainsi de Rawls, c'est pour faire apparaître, à travers la réception de son œuvre en France, certaines caractéristiques du monde intellectuel de notre pays entre les années 1960 et aujourd'hui, et par là proposer une autre manière, sociale et politique, d'écrire l'histoire des idées.

Émission "La Suite dans les idées", animée par Sylvain Bourmeau.

Rousseau, Kant, Marx, Clouscard : clefs de lecture sur ERFM.


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2019

L'apport théorique de Michel Clouscard est immense. Mais aussi important soit-il, il se révèle parfois difficile à comprendre pour le néphyte !
Cette série d'interventions vise à replacer ses travaux dans la tradition des grandes percées conceptuelles qui ont mené à l'élaboration la plus avancée du matérialisme historique et dialectique, soit le mouvement engagé par Rousseau (état de nature/état civil, être suprême, volonté générale et psyché) et se prolongeant par Kant (théorie de la connaissance), Hegel (dialectique) et Marx (valeur d'usage et valeur d'échange, fétichisme de la marchandise, dans son oeuvre maîtresse Le Capital), jusqu'à Clouscard lui-même.
Monisme dialectique, infrastructure et superstructure, néo-kantisme, structuralisme dynamique en inclusion, antéprédicatif : autant de concepts qui sont clairement expliqués et contextualisés par l'étude plus particulière du Traité de l'amour fou et de Critique du libéralisme libertaire de Michel Clouscard.
Les difficultés, la structure du texte et la problématique sont clairement définies afin de nous permettre d'accéder au concept de libéralisme(-libertaire), matrice de toute l'histoire des idées politiques depuis la Révolution française, dont la genèse permet d'expliquer les évolutions du capitalisme depuis deux siècles, en apparence contradictoires.

Un été avec Paul Valéry. Avec Régis Debray sur France Inter.


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2018

Il y a deux Paul Valéry : celui des petits classiques illustrés et le sacripant drolatique, l'anar espiègle, le gamin salace aux mauvaises pensées, "l'esprit le plus méphistophélique de notre littérature", sans parler du coureur et du farceur. Oui, cela fait deux en un : le bienséant et le frondeur, l'homme d'institution et l'irréconcilié.
Paul Valéry, ce solaire impénitent, ce grand amoureux des femmes, de la peinture et de la musique, reste un homme du trait, du brillant, de l'éclat, du paradoxe et du charnel. Son oeuvre dessine une rose des vents. L'auteur de l'universel Cimetière marin est aussi "un lanceur d'alerte" sur la fragilité de notre civilisation et de notre société mondialisée.
Paul Valéry, notre contemporain brillant, est un poète à (re)lire de toute urgence par temps de détresse.

Poésie de la pensée. Avec George Steiner à Cambridge.


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12.04.2013

Les praticiens l'ont toujours su. Dans toute philosophie, concédait Sartre, il y a "une prose littéraire cachée". Ce qu'on a moins élucidé, c'est la pression formatrice incessante des formes du discours, du style, sur les programmes philosophiques et métaphysiques.
A quels égards une proposition philosophique, même dans la nudité de la logique de Frege, est-elle une rhétorique ? Veut-on dissocier un système cognitif ou épistémologique de ses conventions stylistiques, des genres d'expression qui prévalent ou sont contestés à l'époque ou dans le milieu qui sont les siens ? Dans quelle mesure les métaphysiques de Descartes, Spinoza ou Leibniz sont-elles conditionnées par les éléments constituants et l'autorité sous-jacente d'une latinité partiellement artificielle au sein de l'Europe moderne ? Quand, tels Nietzsche et Heidegger, le philosophe entreprend d'assembler une langue nouvelle, son idiolecte propre à son dessein est lui-même saturé par le contexte oratoire, familier ou esthétique.
L'association étroite de la musique et de la poésie est un lien commun, toutes deux partageant les catégories du rythme, du phrasé, de la cadence, de la sonorité, de l'intonation et de la mesure. "La musique de la poésie" est exactement cela.
Y aurait-il, en un sens apparenté, "une poésie, une musique de la pensée" plus profonde que celle qui s'attaque aux usages extérieurs de la langue, au style ? Ces aspects de la "stylisation" de certains textes philosophiques, de l'engendrement de ces textes via des outils et des modes littéraires, George Steiner nous les restitue dans son souci d' "écouter plus attentivement".

Entre folie et raison : Gilles Deleuze et Antonin Artaud. Avec Anne Bouillon sur Radio Courtoisie.


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03.06.2019

Artaud fut pour Deleuze la "profondeur absolue en littérature". Tous deux partagent justement une conception de la pensée originale, tout à la fois impossible et imprévisible, jumelle de la folie.
Les voyages d'Artaud au Mexique, solaire et merveilleux, puis en Irlande, tragique, le condamnèrent à neuf années d'enfermement asilaire. Seul Artaud a, aux yeux de Deleuze, traversé le "mur du sens" : il serait le seul à avoir sondé la puissance de la pensée et du corps.
Quels plateaux de la pensée et du corps pouvons-nous à notre tour arpenter ? Quelle pensée pouvons-nous élaborer à partir de la rencontre du philosophe avec le poète ?

Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.