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La liste des films qui ont traités et traitent encore du cauchemar capitalistique est immense. Pas question, donc, de faire un tour exhaustif de cette question, le capitalisme au cinéma.
De L'Argent de Marcel L'Herbier à Promised Land de Gus van Sant, des Rapaces de von Stroheim à Cosmopolis de Cronenberg, du capitalisme carnassier décrit par Paul Thomas Anderson dans There Will Be Blood au Zombie de George Romero et sa description radicale de l'entropie consumériste, les exemples sont légions.
Mais tous, semblent animés d'une seule et même question : comment filmer le cauchemar du capitalisme ?
Émission "Pendant les travaux, le cinéma reste ouvert", animée par Jean-Baptiste Thoret et Stéphane Bou.


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L'Esthétique de Lukács, dernière œuvre achevée du philosophe hongrois, prend la suite de réflexions entamées dès les années 1910 et principalement consacrées à contester le monopole du discours scientifique sur la vie historique et sociale.
Guillaume Fondu nous restitue la manière dont Lukács cherche à ménager, avec l'art, une approche de la réalité humaine objectivante mais non déshumanisante, susceptible de fournir à l'humanité la conscience de soi, de son potentiel et de son histoire.
En ce sens, L'Esthétique constitue en réalité une théorie non pas de la seule sphère esthétique mais d'une modalité de la conscience irréductible à la seule connaissance scientifique, la narration.


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La technique semble désormais empiéter sur tous les domaines de l'activité humaine. La science se transforme en technoscience. La morale se fait gestion des ressources et management. La parole est livrée aux techniques de communication ; l'amour, au Kâma-Sûtra. Il n’est pas même jusqu'à l'évangélisation qui ne soit atteinte : on la conçoit aisément comme la nécessité d'allier Facebook à la Sainte Face, et Twitter à l'Esprit Saint. Il ne s'agit plus d'être, mais de faire (l'amour ou un beau discours). Mais un faire qui ne se fonde plus sur l'être ne peut en vérité que défaire, et sa volonté de puissance cache une impuissance radicale, qui asservit au lieu d'élever, qui manipule au lieu d'engendrer.
L'enjeu du cours de Fabrice Hadjadj est donc, avec Aristote et saint Thomas, de distinguer la technè (faire), de la praxis (agir) et de l'epistèmè (savoir), pour montrer en quoi le savoir-faire n'est pas d'abord un savoir, et en quoi la perfection de l'art ne se situe pas sur la même ligne que la perfection morale : la confusion, aussi bien que la séparation de ces trois espèces de vertu, est désastreuse.
Il montre également comment s'est opéré le passage de la technè des Anciens à la technique des Modernes, pour essayer de penser l'empire technocratique de notre époque (qui ne semble d'ailleurs plus une époque, mais un délai).
Ce sont bien les écrans qui font écran, en dépit de leurs nombreuses "fenêtres" et "icônes", et nos GPS qui nous égarent systématiquement, quand il s'agit d'être simplement ici...


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Les Choristes, Bienvenue chez les Ch'tis, Intouchables, Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ?, La Famille Bélier… À défaut d'intéresser la critique et l'histoire des formes cinématographiques, les derniers grands succès du cinéma populaire français constituent-ils, au moins, de bons thermomètres de la France d'aujourd’hui ? Ou bien des écrans de substitutions à une certaine réalité politique et sociale ?
Une conférence qui s'inscrit dans le cycle "Liberté, Egalité, Fraternité."


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"Je ne veux plus qu'une chose : la fin", confesse Wotan dans La Walkyrie. On ne saurait comprendre ni le désir qu'a le dieu de sa propre fin, ni l'aspiration d'Isolde à l'anéantissement, ni même l'étrange savoir que la compassion révèle à Parsifal, sans l'influence décisive de la philosophie de Schopenhauer (1788-1860) sur l'art de Richard Wagner. Depuis sa découverte du Monde comme volonté et représentation en 1854 aux dernières mesures de Parsifal, Wagner ne cessera de reconfigurer son œuvre et sa pensée dans le sens de l’esthétique, de l'ontologie et de la morale schopenhaueriennes.
Mais l'artiste devint-il pessimiste et ascétique comme l'exigeait cette philosophie ? Fut-il saisi par cette volonté de néant que nécessite la rédemption ? Rien n'est moins sûr, chez Wagner, que l'ascèse et le renoncement. L'ambiguïté est grande dans ce rapport passionnel du plus philosophe des musiciens à une philosophie qui avait conféré à la musique un rôle proprement métaphysique.


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Le cinéma et la cinéphilie sont-ils entrés en crise ? Le septième art est-il encore un espace commun ?
Alors que la bulle médiatique formate de plus en plus journalistes et discours, l'historien et critique et du cinéma Jean-Baptiste Thoret, le "dernier des cinéphiles", fait l'état des lieux d'un art qui a tout à la fois cessé d'être populaire et exigeant.


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Alors que Michel Marmin publie ses chroniques intempestives de Cinéphilie vagabonde, dans lesquelles il partage vingt années de (re)découvertes, et que Guillaume Travers assure la direction, en compagnie d'Alain de Benoist, de l'ouvrage depuis peu disponible de la Bibliothèque du jeune européen qui introduit à 200 essais qui ont marqué la pensée du Vieux Continent, l'occasion était toute trouvée de les rassembler afin de déambuler dans les couloirs du 7e art et de la pensée européennes, qui recellent tant de trésors.
Un exercice d'admiration autant qu'une invitation au ressourcement.
Émission du "Libre journal de la nouvelle droite", animée par Thomas Hennetier.


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Envers et contre elle, Annie Le Brun traverse l'époque. Elle occupe ce point où sensible et politique, littérature et subversion, restent indissociables. L'expérience du surréalisme dont elle témoigne est tout le contraire d'un mythe, le contraire d'un passé. On y entend le vif des rencontres et de le plein des singularités, la puissance du collectif quand il chemine vers l'inconnu. Autant dire que sa manière de soutenir les désirs, de chasser toute tendance à la résignation ou de faire entendre la joie d'être ensemble, continue à résonner en nous.
On parlé ici d'esthétique critique, de communisme des ténèbres et de ces lignes de crête sur lesquelles il faut se tenir pour rester inaccaparé. Ou encore, de ces "réserves monstrueuses de beauté" dans lesquelles puiser pour "se garder de reculer et de subir".