Les aventures d'une pensée. Avec George Steiner sur la RTS.


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1998

Critique, philosophe, professeur de littérature anglaise et comparée à Genève, écrivain, interprète de l'art et questionneur de la civilisation occidentale finissante, George Steiner se définit avant tout comme un "maître à lire".
Dans cette série de treize entretiens menée par Guillaume Chenevière, cet intellectuel érudit évoque ses thèmes de prédilection : le langage, la tragédie, la pensée et le pouvoir, le silence après la barbarie de la Shoah et le monde futur.

"La Conjuration des imbéciles", de John Kennedy Toole. Avec Jacques-Pierre Amette sur France Culture.


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09.03.1982

"Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui ". La formule, signée Jonathan Swift, a été placée en exergue d'un roman publié pour la première fois en 1980, onze années après le suicide de son auteur.
Le roman en question, La Conjuration des imbéciles, ne dût qu'à l'opiniâtreté de la mère de John Kennedy Toole, l'auteur, d'être finalement publié, et de recevoir le prix Pulitzer. Et ce grâce à un écrivain et professeur de littérature, Walker Percy, qui accepta de le lire sur l’insistance de la mère et reconnut ses qualités.
Dans la préface du roman, ce dernier présente ainsi Ignatius Reilly, le personnage principal du récit : "Oliver Hardy délirant, Don Quichotte adipeux, saint Thomas d'Aquin pervers, tout cela en un seul homme, en violente révolte contre le monde moderne tout entier, allongé dans sa chemise de nuit de flanelle rayée dans un taudis de Constantinople Street à la Nouvelle-Orléans et qui, entre de gigantesques accès de flatulences et d'éructations, couvre d'invective des douzaines de cahiers."

Émission "Un livre, des voix", animée par Georges Peyrou.

Avez-vous lu Italo Svevo ? Avec Maurizio Serra pour la Règle du jeu.


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15.12.2013

Protagoniste incontournable de la modernité, lu et traduit dans le monde entier, Ettore Schmitz dit Italo Svevo (1861-1928), demeure un inconnu.
Il est vrai que l'homme pratiquait tous les paradoxes. Cosmopolite, né à Trieste, sujet de l'Empire pendant les trois quarts de son existence, "il préféra écrire mal en italien, ce qu'il aurait pu bien écrire en allemand", selon le mot perfide de son antagoniste, le poète Umberto Saba.
Commerçant avisé, industriel prospère dans l'usine de vernis de sa belle-famille, il "entra à la Trappe" et s'éloigna de la littérature pendant un quart de siècle. Juif converti au catholicisme lors de son mariage, il resta agnostique et réclama des obsèques "sans prêtre ni rabbin". Epoux et père irréprochable, il rêvait de couper les femmes en morceaux et de manger leurs bottines.
Foncièrement apolitique, il accueillit sans enthousiasme l'embrasement de 1914. Italien de cœur et de conviction, il comprit tôt que les troubles de l'après-guerre conduiraient à l'ère des fascismes. Très méfiant à l'égard de la psychanalyse, il a écrit pourtant le premier roman psychanalytique avec La conscience de Zeno (1923).
Découvert par les élites européennes, grâce à l'amitié de Joyce et de Larbaud, il eut à peine le temps de savourer cette reconnaissance tardive, et s'éteignit en laissant inachevé son dernier chef-d'œuvre, les Confessions d'un vieillard. Bref, Svevo reste largement un énigme. Un homme qui a fait de son œuvre le siège de sa vie, mais dont l' "antivie", qu'il voulait faire oublier, est encore plus révélatrice.

Philip Roth, ce géant de la littérature américaine. Avec Josyane Savigneau, Marc Weitzmann, Rémi Astruc, Steven Sampson, Guy Scarpetta et Alain Finkielkraut sur France Culture.


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11.2016

L'écrivain américain Philip Roth, un géant de la littérature américaine, est mort mardi 22 mai 2018 à 85 ans. Observateur lucide de la société américaine et de ses travers, le natif de Newark (New Jersey), avait été régulièrement pressenti pour le Nobel de littérature, sans jamais l'obtenir néanmoins.
Cette série d'émissions revient sur la vie de Roth, à travers ses romans, souvent autobiographiques, son style, les relations entre hommes et femmes et son rapport à la politique américaine.
Plusieurs heures d'entretiens et d'archives qui nous permettent de plonger dans l'oeuvre de cet écrivain autant admiré que controversé.

Émission "La Compagnie des auteurs", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.

Kafka, un message impérial. Avec Dominique Pagani sur Facebook Live.


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25.07.2019

Il faut rendre cette justice à Louis Althusser: dans son Lénine et la philosophie – dont on ne saurait trop recommander la lecture, comme efficace antidote au venin contre-révolutionnaire de sa vulgate le plus souvent commentée –, il évoque le formidable rire de Lénine, répercuté en écho parmi les splendeurs du golfe de Naples : c’était là sa réponse, face à l'invitation qu'il venait de recevoir, à y venir délivrer une "Communication philosophique". Et Althusser de conclure, en écho à ce rire, qu'il ne saurait y avoir, sans contradiction dans les termes, de "Communication philosophique" (sauf dérogation à produire), dans le sillage d'un matérialisme historique initié plus de deux générations avant Lénine, par l’auteur de Misère de la philosophie.
Le texte de Kafka intitulé Un message impérial semble étendre cette impossibilité jusqu'à la transmission des dernières velléités d'un mourant, voire même, déjà, d'un mort, fût-ce l'Empereur de Chine.
Le vaillant messager auquel un invraisemblable miracle aurait permis de franchir l'infinité des cours, escaliers, portes et enceintes de l'interdite cité impériale, serait en effet alors aux prises avec la Ville impériale, comme ce prisonnier dont Platon dit qu'il ressemble à chacun d'entre nous, à son retour (du détour) au fond de la caverne. "Et là, nul ne pénètre, même avec le message d'un mort".
Nous devinons qu'il est ici question de remettre et, incessamment, soumettre, nos propres efforts de transmission à la Question. Aussi bien, n'y avait-il jamais été question d’autre chose...

Chronique de la langue parlée. Avec François Maspero sur France Culture.


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28.10.1984

François Maspero, disparu en 2015, reste davantage connu pour son travail d'éditeur et de libraire que pour son oeuvre d'écrivain. Il le fut aussi, pourtant, et publia en 1984 son premier roman : Le sourire du chat. C'est pour ce livre qu'il fut invité à participer, le 6 avril 1984, à l'émission de Bernard Pivot, "Apostrophes", institution télévisuelle hebdomadaire suivi par des millions de téléspectateurs, et capable de lancer – ou non – la carrière d'un livre.
Claude Duneton, qui animait chaque semaine une émission littéraire sur France Culture, eut la belle idée de le suivre avant, pendant et après l'épreuve...

G. K. Chesterton et les enquêtes du Père Brown. Avec Michel Meurger, Christian Jambet et François L’Yvonnet chez François Angelier à Mauvais Genres sur France Culture.


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20.12.2008

Monument de bonhommie bachique et de prophétisme halluciné, l' "hénaurme" Gilbert Keith Chesterton (1874-1936), alias GKC, est une légende des lettres et du journalisme anglais. Créateur du mythique "Father Brown", il est une des plumes tutélaires du "crime novel" anglo-saxon, figure atypique du catholicisme britannique.
On lui doit aussi quelques hagiographies poétiques et méditations théologiques hors norme, virtuose de la narration en roue libre et du romanesque rhapsodique, certains de ses romans, tels La Sphère et la Croix ou L'Auberge volante, restent comme des chef-d'oeuvre délirants, égaux de ceux d'un Lawrence Sterne ou d'un Lewis Carroll.
Plusieurs familiers des écrits chestertoniens sont ici réunis, à l'occasion de la sortie de l'intégrale des enquêtes du Père Brown chez Omnibus, afin de dresser le portrait de cet auteur encore trop peu connu sous nos latitudes.

Alexandre Soljénitsyne. Avec François Bousquet et Christian Brosio sur Radio Courtoisie.


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14.08.2008

"Toute ma vie, j'ai couru comme dans un marathon", disait Soljénitsyne. C'était un athlète et un moujik. Ses livres ont été comme un coup de tonnerre. Ils ont produit une onde de choc plus grande encore que le rapport Khrouchtchev.
Tout était surdimensionné chez Soljenitsyne : les livres, la stature, le fardeau, la russité, le public. Tout, sauf une chose : le refus qu'il a adressé au mensonge.
Car cette dissidence est commune à tous les hommes. Elle se trouve en dépôt en chacun de nous. Comme une graine. À charge pour les uns et les autres de la cultiver.

Émission du "Libre Journal" de Claude Giraud.