Le défi populiste. Avec Chantal Mouffe à l'Institut d'Etudes Avancées de Nantes.


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12.12.2017

Le professeur de science politique Chantal Mouffe examine les raisons pour lesquelles nous assistons aujourd'hui à un "moment populiste" avec l'émergence de mouvements qui construisent la frontière politique sur le mode d'une opposition entre "le peuple" et "l’establishment".
Elle défend l'idée qu'il s’agit d'une forme de résistance à la "post-démocratie" qui est la conséquence de l'hégémonie néo-libérale. Ces résistances peuvent être articulées à travers des vocabulaires très différents et c'est là que se situe la différence entre le populisme de droite et le populisme de gauche.

Eclatement et reconstruction de la Russie depuis 1991. Avec Jean-Robert Raviot pour la Revue Conflits.


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04.2019

Le professeur de civilisation russe Jean-Robert Raviot retrace les causes de l'effondrement de l'URSS en 1991, choc géopolitique majeur, et la décennie noire des années 1990.
Après les tentatives de réforme des années 1980, l'URSS s'est effondrée sous le coup de son échec économique et du réveil des nationalités.
Le traumatisme des années 1990 explique en partie la politique russe d'aujourd'hui et la volonté de renouveau impérial.

Un entretien mené par Jean-Baptiste Noé.

Les patrons syndiqués : aux origines du MEDEF. Avec Jean Garrigues sur France Culture.


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10.02.2018

Les gazettes retentissent, ces temps-ci, des bruits qui entourent la succession de Pierre Gattaz à la tête du MEDEF, le mouvement des entreprises de France. Elles nous laissent apercevoir la complexité des forces qui s'affrontent à cette occasion, qu'il s'agisse, comme il est naturel, des ambitions individuelles ou qu'il s'agisse, ce qui est plus éclairant, des affrontements entre les différentes composantes du patronat français.
Aujourd'hui comme toujours, s'il advient quelques fois qu'elles sachent s'unir, assez largement, contre ce qui leur apparaît comme un péril politique fondamental, elles sont le plus souvent travaillées par des antagonismes que nourrit la variété de la situation des entreprises. Variété de leur dimension et de leur champ d'action, bien sûr, mais aussi variété de leur situation par rapport au commerce intérieur ou extérieur, et variété des personnels qu'ils emploient, différemment organisés. Sans compter la constante divergence entre les clients et les fournisseurs. Toutes choses qui se lisent spécialement, de génération en génération, dans les évolutions contrastées et complexes du syndicalisme patronal.
C'est donc à celui-ci qu'est consacrée cette émission, en remontant au moins jusqu'au Second Empire en compagnie de Jean Garrigues, spécialiste d'histoire parlementaire et politique et auteur d'un ouvrage important intitulé précisément Les patrons et la politique et sous-titré dans sa dernière édition : 150 ans de liaisons dangereuses...

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Syndicats, soumission ou révolution ? Avec Louis Alexandre pour l'Université Réelle à Montpellier.


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01.12.2018

Depuis les années 1990, nous vivons une transformation sociale sans précédente. Le glissement progressif vers le modèle libéral mondialisé a transformé les structures de l'économie et les équilibres sociaux. Cela a eu une répercutions directe sur l'environnement syndical ; la baisse régulière des effectifs des grandes centrales et de la participation aux élections professionnelles donne une idée du naufrage.
Avec un des taux de syndicalisation les plus bas d'Europe, les syndicats français ne représentent plus une large majorité de travailleurs précaires et en voie "d'uberisation". Le gros des bataillons se regroupant dans le public ou les grandes entreprises, on ne les retrouve pas forcément sur les terrains sociaux chauds.
Les directions syndicales ont compris cette faiblesse et cherchent désormais à maintenir leur rôle de "partenaires sociaux représentatifs". Le repli sur la cogestion des organismes de la protection sociale garantie par le système paritaire (État, patronats et syndicats étant représentés dans la direction des principales administrations de l'aide sociale) est pour eux le moyen de conserver cette armada de "permanents" et de "détachés" qui offrent des troupes mobilisables alors que les effectifs décroissent.
La "base" des principaux syndicats, elle, doit faire face à une situation paradoxale dans la plupart des récents conflits. Alors que la combativité des travailleurs est forte, elle doit convaincre les directions de la suivre et de la soutenir. Jamais la rupture n'a été aussi profonde entre le sommet des syndicats et la masse des syndicalistes du quotidien.
Alors, les syndicats bureaucratiques sauront-ils dépasser la défense des acquis sociaux pour embrayer sur la conquête de nouveaux droits et proposer de sortir du système économique actuel ?

Pour une théorie de l'attention. Soutenance de l’habilitation à diriger des recherches de Bernard Stiegler à l'Université Paris VII Diderot.


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10.11.2007

L’apparition et le développement des medias numériques et audiovisuels dans nos environnements domestiques et urbains fait aujourd’hui l’objet de plusieurs inquiétudes auprès de la communauté scientifique et intellectuelle à propos des effets qu’ils engendrent sur nos capacités attentionnelles. Les études menées par Dimitri Christakis et Frederic Zimmerman sur la synaptogenèse mettent l’accent sur les liens entre la formation du cerveau et l’environnement multi-médiatique dans lequel il évolue aujourd’hui. Katherine Hayles, professeur à l’université de Duke, résume leur analyse : "La plasticité est une caractéristique biologique du cerveau ; les hommes naissent avec un système nerveux prêt à se reconfigurer en fonction de leur environnement. […] Le système cérébral d’un nouveau-né passe par un processus d’élagage par lequel les connexions neuronales qui sont activées dépérissent et disparaissent. […] La plasticité cérébrale se poursuit durant l’enfance et l’adolescence, et continue même à certains égards au cours de l’âge adulte. Dans les sociétés développées contemporaines, cette plasticité implique que les connexions synaptiques du cerveau co-évoluent avec des environnements dans lesquels la consommation de medias est un facteur dominant. Les enfants dont la croissance se produit dans des environnements dominés par les medias ont des cerveaux câblés et connectés différemment des humains qui n’atteignent pas dans de telles conditions la maturité." La mutation que constitue l’apparition des nouvelles technologies numériques a conduit à un changement cognitif majeur au niveau attentionnel, que Katherine Hayles décrit comme une mutation générationnelle posant de sérieux défis à tous les niveaux de l’éducation et de l’université. Cette mutation consiste dans le développement de ce qu’elle appelle une hyper-attention, qu’elle oppose à ce qu’elle nomme la deep attention. Elle caractérise cette-dernière comme une captation de l’attention par un seul objet pendant une longue durée, telle la lecture d’un livre. L’hyper-attention, au contraire "est caractérisée par les oscillations rapides entre différentes tâches, entre des flux d’informations multiples, recherchant un niveau élevé de stimulation, et ayant une faible tolérance pour l’ennui. Les sociétés développées ont longtemps été capables de créer le type d’environnement qui permet d’aboutir à l’attention profonde. […] Une mutation générationnelle a lieu, passant de l’attention profonde à l’hyper-attention." Au delà de cette transformation neurologique, Bernard Stiegler nous prévient des dangers psychosociologiques et culturels que représente l’organologie actuelle des objets numériques et audiovisuels. La réception de ces objets suscite et développe chez le sujet une autre attitude cognitive que celle de l’attention profonde mobilisée au cours de la lecture d’un livre. Une première distinction tient au fait que l’opération de la lecture est dirigée par le lecteur alors que celle de la vision audiovisuelle est asservie au temps de l’appareil de projection : il en résulte que le temps de la lecture est en droit un temps "souverain", il est le temps possible de l’examen et de l’observation, d’une certaine maîtrise attentionnelle de l’objet ; alors que le spectacle audiovisuel a d’abord pour effet de capter le temps de conscience du spectateur, et tendance à l’entraîner passivement dans son flux.
A cette distinction s’y ajoute une autre : savoir lire c’est nécessairement savoir aussi bien écrire, et réciproquement, tandis que le spectateur audiovisuel classique est généralement réduit à une position de consommateur non producteur. Or, ce que Bernard Stiegler appelle "misère symbolique" tient notamment à cette dissociation entre des individus producteurs de symboles et la grande masse de ceux qui les reçoivent en ne pouvant que les consommer, sans en produire à leur tour.
Enfin, c’est le caractère singulier et singularisant de la transmission scolaire à travers l’écrit — et la médiation  décisive du "maître" — qui doit être opposé à la dimension massivement industrielle de la diffusion des programmes audiovisuels : ceux-ci ont la plupart du temps pour effet et même pour fonction de produire une "synchronisation" des consciences — de leur perceptions, de leur souvenirs, bref de leur expérience, qui devient ainsi plus proche d’un conditionnement —, là où l’on peut soutenir que l’enseignement scolaire et livresque, au contraire, tel que l’école de Jules Ferry en généralise le principe à l’ensemble de la société, vise en principe à la formation d’individus singuliers, c’est à dire porteurs d’un rapport à chaque fois inédit au savoir dans son ensemble : ainsi, en droit et en fait, dans la plupart des cas et même lorsqu’elle est pratiquée en commun — comme dans une classe —, la lecture est une opération foncièrement individuelle, qui à la fois requiert et développe une attitude d’attention mono-centrée, continue et soutenue, appelée attention profonde.
Il ne s’agit évidemment pas de dire qu’un objet numérique et audiovisuel ne permet pas de créer une attention profonde, mais de dire qu’en tant que pharmakon, il présente des caractéristiques qui sont aujourd’hui mises au service, dans le contexte des industries de programmes, d’un dispositif de captation et de dissémination de l’attention qui est essentiellement destructeur —, alors même que, de toute évidence, le cinéma est un art, il sollicite et construit une  attention profonde, et il est en cela le remède de ce poison.
La question décisive à laquelle nous devons est donc de savoir comment le nouveau milieu technologique dans lequel se développent désormais les cerveaux et les esprits des nouvelles générations ne leur soit pas "toxique" ? A quels enjeux le design numérique et audiovisuel devrait-il répondre pour ne pas faire obstacle à la formation de l’attention profonde, mais au contraire participer à son développement ?
La question n’est pas de rejeter les psychotechnologies numériques et audiovisuelles, ni les industries culturelles : elle est de transformer ces psychotechnologies en technologies de l’esprit, en nootechnologies ; elles est de révolutionner ces industries, qui sont devenues l’infrastructure organologique de la bataille de l’intelligence, qui est elle-même une guerre politique et économique, et dont elles sont l’arsenal — en proposant des normes de régulation adaptées à cette situation, mais aussi en les inspirant et les dotant de secteurs de recherche et de développement sur ces questions, dont elles sont de nos jours encore trop dépourvues.

Guerre d'Algérie, tragédie ou trahison ? Avec Jean Sévillia sur Radio Courtoisie.


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23.12.2018

Plus d’un demi-siècle après l'indépendance de l'Algérie, est-il possible de raconter sans manichéisme et sans œillères la guerre au terme de laquelle un territoire ayant vécu cent trente ans sous le drapeau français est devenu un État souverain ?
La conquête et la colonisation au XIXe siècle, le statut des différentes communautés au XXe siècle, le terrible conflit qui ensanglanta l'Algérie et parfois la métropole de 1954 à 1962, tout est matière, aujourd'hui, aux idées toutes faites et aux jugements réducteurs.
Dans son livre Les vérités cachées de la Guerre d'Algérie, Jean Sévillia affronte cette histoire telle qu'elle fut : celle d'une déchirure dramatique où aucun camp n'a eu le monopole de l'innocence ou de la culpabilité, et où Français et Algériens ont tous perdu quelque chose, même s'ils l'ignorent ou le nient.

Émission du "Libre Journal des amitiés françaises", animée par Thierry Delcourt.

Capital et idéologie. Avec Thomas Piketty sur Mediapart.


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09.2019

L'économiste Thomas Piketty, auteur du best-seller mondial Le Capital au XXIe siècle, vient de publier Capital et idéologie, un travail plus vaste que le précédent sur les origines des inégalités et les réponses à y apporter.
Du haut de ses 1'200 pages, Thomas Piketty jette un pavé dans la marre du débat politique en explorant des voies pour "dépasser le capitalisme".
Mais comment mettre en œuvre ces propositions radicales visant à redéfinir la notion même de propriété ? Et suffiraient-elles à détruire les piliers du capitalisme ?

Contestation en Russie : le poutinisme au pied du mur ? Avec Jean-Robert Raviot et Karine Clément sur Radio Sputnik.


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18.09.2019

Politiques ou sociaux, les mouvements de contestation se multiplient en Russie depuis plusieurs mois, dans un contexte de morosité économique et d'incertitude sur l'après-Poutine. Que révèlent ces tensions sur la situation du pays ? Comment expliquer l'attitude du gouvernement ?
Karine Clément, sociologue spécialiste des luttes sociales en Russie et collaboratrice régulière du Monde diplomatique, et Jean-Robert Raviot, professeur de civilisation russe à l'université Paris-Nanterre, éclairent cette situation.

Émission "Russeurope Express", animée par Jacques Sapir.

Un cerveau pensant : psychanalyse et neurosciences. Avec Jean-Pierre Lebrun et Marc Crommelinck à la Librairie Ombres Blanches.


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14.12.2017

Les progrès incontestables des neurosciences de ces dernières années mettent-ils en question la discipline que Freud a inventée et que Lacan a réinventée ? N'assistons-nous pas plutôt à un troisième moment de naissance de la science – après l'âge grec et l'âge classique – qui nous contraint à revisiter les assises du sujet ?
Néanmoins, les avancées des neurosciences nous obligent à problématiser à nouveaux frais les rapports du corps et du langage, à aborder différemment des questions aussi anciennes que cruciales telles les relations corps-esprit, nature-culture, animal-humain... et à prendre en compte l’impact des mutations technologiques sur la réalité psychique.

La justice sociale internationale. Avec Alain Supiot pour la Fondation Hugot du Collège de France.


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01.01.2019

La justice sociale internationale est un domaine immense qu'il est utile de revisiter car il se présente aujourd'hui sous un jour paradoxal. D'un côté, en effet, la question de la justice sociale retrouve une brûlante actualité à l'échelle internationale, avec l'affaissement de la capacité des États à assurer le bien-être de leur population et l'explosion des inégalités de revenus. Mais dans le même temps, la question de la justice sociale a disparu des priorités politiques, tant à l'échelon des gouvernements que de l'Union européenne ou des institutions internationales.
Les ambitions dans ce domaine sont réduites à la lutte contre l'extrême pauvreté, objet de plans conduits notamment sous l'égide de la Banque mondiale dans le sillage des désastres économiques et sociaux causés par les plans d'ajustement structurels imposés par le FMI ou la Troïka. Évaluer de tels plans et programmes de restructuration à l'aune de la justice sociale supposerait toutefois d'admettre que la valeur normative de celle-ci soit unanimement reconnue. Or, quoique de nombreuses Constitutions continuent de s'y référer, la justice sociale a été dénoncée comme un "mirage" par les théoriciens du nouvel ordre économique international instauré depuis le tournant ultralibéral des années 80.
Est-ce à dire que, liée à un certain état de l'histoire, la justice sociale aurait aujourd'hui perdu de sa pertinence ? Ou bien, au contraire, doit-on considérer que le mirage est celui du règne de la catallaxie, c'est-à-dire celui d'un "ordre engendré par l'ajustement mutuel de nombreuses économies individuelles sur un marché" (Hayek) ?

La Terreur et sa trace (1794-2018). Avec Jean-Clément Martin sur France Culture.


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06.10.2018

Après les controverses passionnées qui ont marqué le Bicentenaire de la Révolution française, voici déjà un quart de siècle, on avait pu croire, quelque temps, à une certaine érosion de la curiosité savante pour cette époque fondatrice.
Eh bien, pas du tout ! L'événement révolutionnaire fut de si immense portée qu'il a bientôt retrouvé un très vif attrait intellectuel, un attrait dont témoignent des publications de grande qualité - non sans qu'on ait constaté un certain déplacement de l'intérêt aux dépens de l'histoire des idéologies et des forces politiques et au profit de celle des émotions, des représentations, des enchaînements imprévisibles.
Et en dépit de l'évolution des éclairages, il est un thème qui n'a pas cessé de parcourir l'historiographie, de génération en génération, un thème lancinant, obsédant : la question de la Terreur et de sa portée, sur-le-champ et depuis lors. La Terreur et sa trace : cette trace est pluriséculaire et elle appartient tout droit, par-là, à notre émission.
La publication récente de l'ouvrage Les Échos de la Terreur du professeur émérite Jean-Clément Martin nous invite à revenir sur deux siècles d'évolution de l'historiographie. Entre mensonges, récupérations et instrumentalisations, il est plus que temps de mettre fin à la Terreur comme principe, comme système et comme fascination.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Le capitalisme est-il criminogène ? Avec Jean-François Gayraud sur France Culture.


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24.04.2014

Financiarisé, mondialisé et dérégulé à l'excès, le capitalisme n'est-il pas devenu criminogène, tant il offre désormais d'opportunités et d'incitations aux déviances frauduleuses ? C'est ce qu'indique la dimension criminelle qu'ont prise certaines crises financières. C'est ce qu'implique l'extension du trading de haute fréquence, qui permet de négocier à la nanoseconde des milliers d'ordres de Bourse. Et c'est enfin ce qu'induit le blanchiment d'argent sale à travers les narcobanques.
Éclairant toujours plus profondément la géoéconomie et la géopolitique du crime organisé, Jean-François Gayraud montre ici que, sur les marchés financiers, le crime est parfois si systématique qu'il en devient systémique dans ses effets. De curieuses coopérations et hybridations se nouent ainsi entre criminels en col blanc, gangsters traditionnels et hommes politiques corrompus.
Jean-François Gayraud s'interroge aussi sur le devenir de la finance : portée par sa seule volonté de puissance, par-delà le bien et le mal, n'est-elle pas en train de s'affranchir de la souveraineté des États ? Dès lors, face à des puissances financières aux arcanes si sombres, quelle liberté reste-t-il ?

Émission "Le Bien commun", animée par Antoine Garapon.