Les pensées contemporaines de la décadence, un imaginaire antidémocratique ? Avec Arnaud Miranda sur le podcast Dazibao.


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05.2023

Existe-t-il un imaginaire de la décadence qui dépasse les frontières de la pensée réactionnaire et, si oui, est-il fondamentalement antidémocratique ? Arnaud Mirand répond doublement par l'affirmative : la décadence dépasse les frontières de la réaction et cela implique nécessairement un rapport conflictuel à la démocratie comme forme historique.
Pour soutenir cette thèse, il propose d'abord une analyse épistémologique de la notion de décadence : elle n'est pas un simple concept mais une manière de figurer l'histoire. Pour cette raison, elle doit être étudiée à partir de ces incarnations métaphoriques, dont la mise en réseau constitue un imaginaire. Arnaud Miranda compare, à travers ce prisme, deux formes de l'imaginaire de la décadence : la thématisation réactionnaire (Spengler, Evola et Schmitt) et la reprise "postmoderne" (Deleuze, Guattari et Derrida). Ce rapprochement met en lumière l'ambiguïté de ce dernier corpus vis-à-vis de la démocratie.
Enfin, une dernière forme de l'imaginaire de la décadence est identifiée dans le courant accélérationniste, en particulier à travers la figure de Nick Land. Il s'agit alors d'expliquer l'étonnante convergence entre certaines pensées radicales de droite et de gauche, ainsi que leurs rapports complexes à la démocratie.

Arrêt Bosman : la révolution foot. Avec Pierre Rondeau sur France Inter.


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11.06.2021

Si Pelé, Maradona, Platini et Zidane ont une place au panthéon du ballon rond grâce à leur génie, Jean-Marc Bosman a lui laissé une trace dans l'histoire du foot grâce à une décision de justice.
En 1990, le RFC Liège propose à ce milieu de terrain belge un nouveau contrat avec un salaire divisé par 4. Bosman refuse et trouve un nouveau club en France, à Dunkerque. Mais son club belge bloque le transfert et parvient même à radier Jean-Marc Bosman de la fédération. Il ne peut plus jouer. Le footballeur prend alors une décision radicale : il attaque son club en justice. S'ensuit un long marathon judiciaire de cinq ans, avec au bout une décision historique de la Cour de justice des Communautés européennes : l'arrêt Bosman.
Les juges européens donnent raison en décembre 1995 à Jean-Marc Bosman sur deux points essentiels : un club ne pourra plus demander d'indemnités de transfert pour un joueur arrivé en fin de contrat, et le quota de trois joueurs étrangers maximum dans un club européen est supprimé. C'est une victoire pour le Belge et une révolution pour le foot. C'est l’histoire d'un destin individuel qui a influencé la carrière de milliers de footballeurs et le destin des clubs européens. Car, si l'on parle aujourd'hui d'une Super Ligue fermée, c'est en partie la conséquence de l'arrêt Bosman.

Émission "Affaires sensibles", animée par Fabrice Drouelle.

Pourquoi les pilules ne nous sauveront pas. Avec Hugues Lagrange pour Transmission.


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10.2025

Dépression, addiction et obésité sont les maux de nos sociétés. Autrefois l'apanage des élites, ces pathologies voient aujourd'hui leur prévalence augmenter dans les milieux défavorisés. Que disent-elles du XXIe siècle ?
L'anxiété a supplanté la peur, le stress annonce la dépression et favorise les addictions et les conduites obésogènes. S'appuyant à la fois sur la sociologie, la psychologie et les neurosciences, Hugues Lagrange montre que ces pathologies naissent d'un déséquilibre entre notre héritage génétique ancestral et les exigences du monde moderne. Ce faisant, il révèle que les formes contemporaines de domination nourrissent l'isolement et la honte, et contribuent à la dégradation de l'estime de soi. Ce mal-être altère le désir et l’accès au plaisir, entravant chez une fraction d'entre nous la capacité de restaurer des relations aux autres et à soi équilibrées.
Récusant la dissociation entre le social et le biologique, Hugues Lagrange met au jour l'investissement des corps par les tensions sociales.

 - 0'00'00 : Pourquoi avoir écrit ce livre ?
 - 0'04'12 : Avènement et massification des pilules
 - 0'13'40 : L'efficacité relative des antidépresseurs
 - 0'18'05 : Pathologies de l'individualisme 
 - 0'27'25 : Peur/anxiété/dépression chez les souris
 - 0'36'35 : Sociologie du mal-être 
 - 0'45'48 : Typologie des drogues 
 - 0'56'13 : Qu'est-ce que l'extro-détermination ? 
 - 1'07'30 : La théorie du "Facebook-émissaire"
 - 1'13'11 : De la mort du père à la tyrannie des pairs 
 - 1'21'11 : Conseils de lecture 
 - 1'25'39 : Pourquoi lire ?

Un entretien mené par Pierre Valentin.

Pourquoi la violence dans les religions ? Avec Roger Pouivet pour l'association Cordoba.


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25.09.2025

On peut tuer au nom de Dieu ! Nous l'avons récemment redécouvert, par des actes de terrorisme et de nouvelles guerres de Religion, en France et ailleurs.
Dans le monde occidental aujourd'hui, beaucoup pensent que les croyants devraient renoncer à leur revendication de vérité.
L'exclusivisme, selon lequel une seule religion est vraie, n'entraînerait-il pas inévitablement l'intolérance religieuse, rendant la cohabitation impossible ? Mais ce pluralisme et ce relativisme, si présents dans l'exigence de laïcité, sont-ils pertinents au regard de ce que sont les croyances religieuses ?
Cette question, si vive, de notre vie sociale est abordée par une réflexion sur les croyances religieuses, la vérité, la tolérance et la question de savoir si nous avons tous le même Dieu.
Roger Pouivet défend un exclusivisme de la vérité religieuse qui ne mènerait pas à dresser les incroyants contre les croyants et les religions les unes contre les autres.

Kojève et la conscience de Staline. Avec Rambert Nicolas à la Librairie Tropiques.


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20.09.2025

"Que s’est-il passé en Russie hier ?" se demandait Kojève en 1941 dans un livre longtemps enfoui qui vient d’être exhumé sous le titre de Sophia. "Que se passera-t-il en Russie demain ?" s'interrogeait en 1877 le père de la philosophie russe, Vladimir Soloviev, dans les Principes philosophiques de la connaissance intégrale, soucieux alors de découvrir la "parole" que la Russie devait lancer à la face du monde pour le transfigurer. Entre eux, il y eut la révolution et le tournant d'un siècle. Et, si Soloviev fondait un système philosophique prérévolutionnaire où il se faisait, selon le mot de ses admirateurs, la "conscience de la Russie", il appartenait à Kojève à la fois d'hériter de cette Russie et de la renverser au nom du soviétisme, jusqu'à s'affirmer lui-même comme la "conscience de Staline", c'est-à-dire la "conscience de l'URSS". C’est cette lutte entre la philosophie religieuse russe fondée par Soloviev et la philosophie athée soviétique construite par Kojève qu'analyse Rambert Nicolas.
On découvre un Kojève réinscrit dans la culture de son pays, mais aussi une pensée importante et, pourtant, méconnue : la philosophie russe, au rôle déterminant dans les destinées d'une nation en pleine ébullition et expérimentation tant artistiques, politiques que philosophiques.

Bloy journaliste. Avec Pierre Glaudes sur le podcast À rebours.


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03.2019

"Je ne suis ni journaliste, ni écrivain, ni pamphlétaire, […] ni quoi que ce soit enfin, sinon le catholique Léon Bloy" : cette étonnante façon de se présenter souligne la singularité d'un romancier qui a pris pied par effraction sur la scène littéraire et médiatique.
Dans les quelque 250 articles qu'il a laissés, cet émule de Barbey d’Aurevilly pourfend les ennemis de sa foi et les mœurs d'une époque laïque qui le traite en paria. Sa plume acérée met à bas tous les grands : il ridiculise le naturalisme de Zola et la pensée historique de Renan ; il s'attaque à Barrès aussi bien qu'à Daudet. Ses pamphlets ironisent sur la démocratie, dénoncent le colonialisme, conspuent la modernité.
La truculence de Bloy et sa clairvoyance implacable ont attiré les directeurs de journaux, qui pourtant s'y sont souvent brûlés. Car s'il fut rédacteur au Chat noir, au Gil Blas ou encore au Mercure de France, il méprisait la presse avec fureur.
C'est ce rapport paradoxal à la prose journalistique que présente Pierre Glaudes, retraçant la quête d'un écrivain qui affronta l'anecdotique pour y percer à jour les signes de l'Absolu divin…

L'Absurde cosmique (Lovecraft). Avec Anthony Cobalt, Jean Lesalle, Lino Vertigo et NIMH pour Rage Culture.


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12.2025

C'est au travers de l'œuvre de Howard Philip Lovecraft, spécialement sa lettre sur Nietzsche, que la notion d'absurde cosmique peut être explorée. Lovecraft y exprime une vision pessimiste de l'humanité, la qualifiant de "vermine nuisible" et souligne l'absence de valeurs absolues dans un univers mécanique et indifférent.
La vérité peut être terrifiante et difficile à accepter, comme nous le rappelle le destin tragique de Semmelweis suite à sa découverte de l'importance de l'hygiène en médecine.
Quelles sont alors les implications philosophiques de ces idées, spécialement en lien avec la perception de la réalité, la nature de la vérité et la condition humaine ? Est-il possible de résoudre la tension entre le sens et l'absurde du monde ?

Les tabous de la droite. Avec Laurent Ozon sur le podcast Panache !


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18.01.2026

Chef d'entreprise, intellectuel et homme politique, Laurent Ozon est invité à partager sa vision d'abord écologique du social.
De l'impact des technologies numériques sur nos vies à la nécessité de lutter contre l'artificialisation des paysages et des rapports sociaux, des défis posés par la dissonance cognitive entre nos idéaux et nos modes de vies, il insiste sur l'importance de comprendre les émotions et les interactions humaines pour construire une société plus harmonieuse.Sont également explorées : les enjeux de la relocalisation économique, la nécessité de repenser notre rapport à la nature et aux communautés locales, et les limites de l'innovation technologique.
L'occasion de partager des anecdotes personnelles et des exemples concrets qui offrent une perspective à la fois critique et constructive sur les défis écologiques et sociaux contemporains.

Un entretien mené par Raphaël Paillot.Un entretien mené par Raphaël Paillot.

Le dogme de l'antiracisme. Avec Pierre de Meuse sur Radio Courtoisie.


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11.09.2024

On constate un durcissement de la répression contre la libre expression de propos contraires à l'idéologie qui sous-tend les sociétés occidentales, baptisés "discours de haine". Cette évolution a commencé à la fin de la deuxième guerre mondiale, et s'est développée dans les années 1970 en accumulant les sanctions contre les contrevenants.
Création de l'esprit occidental avec toutes les influences qu'il reçu au cours de son histoire, un corpus d'idées s'est constitué dont les développements ont eu et auront de lourdes conséquences sur les comportements des peuples européens et américains du nord.
Il convient donc d'en faire une critique objective, de ses éléments constitutifs jusqu'à ses conséquences. Et Pierre de Meuse de faire un inventaire critique de cette norme qui exploite le flou de la sémantique et l'absence de définition claire : il s'agit bien d'un renversement total des valeurs de la pensée européenne qui s'est imposé à nous.

Émission du "Libre journal des historiens", animée par Philippe Conrad.

La gauche s'est-elle perdue ? Avec Nathalie Heinich et François Bégaudeau sur Quartier General.


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12.2025

Figure intellectuelle passée de Pierre Bourdieu à Pierre Nora, Nathalie Heinich prend régulièrement position sur les sujets brûlants du débat public. Contre le mariage pour tous, contre le néo-féminisme, contre l'islamo-gauchisme, contre le wokisme, elle prend parti, signe des tribunes, lance des observatoires.
En 2025, elle publie aux éditions Gallimard Penser contre son camp, un essai dans lequel elle revendique la liberté de s'opposer aux idées du milieu progressiste dont elle se revendique pourtant encore.
Ses prises de position, souvent situées à contre-courant de la gauche dite "radicale", sont ici au cœur d'un échange franc avec l'écrivain et essayiste François Bégaudeau, qui incarne une des formes de la gauche à laquelle elle s'oppose.

Émission "L'Explication", animée par Aude Lancelin.

Dictionnaire de la pensée politique de droite. Avec Antoine Dresse sur Ego Non.


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2026

C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.

La copossession du monde, vers la fin de l'ordre propriétaire. Avec Pierre Crétois sur Fréquence Paris Plurielle.


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14.02.2024

"La propriété ou le chaos !" s'écrient en chœur les thuriféraires de l'ordre propriétaire. Parce que, disent-ils, la propriété sépare le tien et le mien, elle protège la liberté individuelle et assure l'harmonie sociale. Condition de l'échange, elle fonde l'activité économique et favorise l'enrichissement collectif. À les écouter, elle n'aurait que des vertus...
C'est faire peu de cas de ses funestes conséquences – la pollution et l'épuisement des ressources naturelles, par exemple –, mais c'est aussi abandonner au marché des questions qui devraient relever de la délibération politique.
Or, Pierre Crétois le rappelle, l'intérêt économique ne se confond pas avec le bien commun. Pour endiguer le creusement des inégalités sociales et la destruction de la planète, on ne peut s'en remettre aux chimères du tout-marché ou de la démocratie de consommateurs. Un radical changement de perspective s'impose : il faut défendre des principes autonomes de justice pour remettre la propriété à sa place et l’envisager non plus comme le socle de la vie en communauté mais, au contraire, comme une modalité du commun intégrant les droits d'autrui et ceux des générations futures.