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Les libéraux et les identitaires représentent deux courants politiques souvent perçus comme opposés. Cependant, depuis l'effondrement du compromis politico-économique post-Seconde Guerre mondiale, il semble judicieux d'opérer un rapprochement entre ces deux sensibilités, notamment pour faire face aux excès du multiculturalisme et des politiques confiscatoires du welfare state.
C'est en se basant sur les études de psychologie du Joseph Henrich sur l'échantillon "WEIRD" (Western, Educated, Industrialized, Rich, Democratic) que certaines caractéristiques uniques des sociétés occidentales sont mises en lumières, comme l'individualisme, la prosocialité impersonnelle et la valorisation du libre arbitre. Ce différentiel ethnique se traduit en caractéristiques culturelles, elles-mêmes au fondement d'une anthropologie libérale.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'05'10 : Mise en contexte
- 0'10'55 : La Psychologie WEIRD
- 0'48'15 : Pourquoi les libéraux doivent s'allier avec Les libéraux ?
- 1'05'36 : Pourquoi les identitaire doivent s'allier aux libéraux ?
- 2'02'05 : Questions/réponses
Émission "Libre echange".


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Depuis quelques années, les politiques se sont décidés à nous entretenir d'eux-mêmes, en partie pour ne plus avoir à parler de nous. De quoi ces mises en scène de l'intime sont-elles le symptôme ? Michaaël Foessel montre que la "pipolisation" n'affecte pas seulement la politique, mais l'intime lui-même qui se trouve dévalué d'être ainsi donné à voir. L'intime désigne l'ensemble des liens qui n'existent que pour autant qu'ils sont soustraits au regard social et à son jugement. Ces liens sont le support d'expériences qui, contrairement à ce que l'on dit le plus souvent, entretiennent un rapport avec la démocratie.
La privation de l'intime est d'abord sa "privatisation", c'est-à-dire sa confusion avec les propriétés du Moi. L'intime n'est pas le privé parce qu'il renvoie à des liens affectifs, amoureux, désirants où le sujet prend le risque de se perdre.
On découvre que la préservation de l'intime est aussi une manière de ne pas rabattre la démocratie sur une société de propriétaires. Michaël Fœssel interroge les ambivalences de la modernité libérale qui invente l'intime et l'identifie presque aussitôt avec le privé. De là des questions inattendues : la démocratie doit-elle être sensible pour demeurer démocratique ? L'intime peut-il figurer au rang d'idéal commun ? Dans quelle mesure l'amour est-il un sentiment politique ?
Une conférence qui s'inscrit dans le cadre du Séminaire "Éducation et soin à l'ère du numérique", animée par Cynthia Fleury et Camille Riquier.
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La néoréaction, les Lumières obscures (Dark Enlightenment), parfois appelée NRx par ses adeptes est un ensemble de discours dont les deux représentants les plus connus sont Mencius Moldbug (Curtis Yarvin) - ingénieur informaticien et entrepreneur - et Nick Land - philosophe britannique, ex-particiant du CCRU de Warwick.
Blaise Marchandeau essaie de poser les quelques éléments constitutifs de la néoréaction en passant, d'abord, par une analyse de la relation implicite entre vitalisme pseudo-nietzschéen, fascisme type mussolini et idéologie capitaliste de la valeur mise à nue. Par-delà sa pseudo-morale justificatrice, le capital est essentiellement un "brutalisme" - soit la forme contemporaine et adéquate à notre époque de ce qu'hier certains appelaient "fascisme".
À partir de là, il convient de comprendre de manière plus détaillée les modalités de ce brutalisme lorsqu'il rencontre les fantasmes utopiques d'un monde de Cité-État consumméristes, néo-monarchiques, type décomposition féodale, augmenté par la technologie et la mentalité d'ingénieur (un problème = une solution). Les néoréactionnaires sont en cela un cas d’école.
Si la faiblesse de leurs arguments et la naïveté irréaliste de leur vision du monde n'est plus à souligner, leur production idéologique et rhétorique, elle, nécessite une exploration. Avec cela d'assez amusant qu'ils se targuent d'être à la pointe la plus avancée du progrès technologique, mais ce progrès doit nécessairement, dans leur esprit, au nom d’une pseudo-"efficacité", s'articuler à la nostalgie bizarre pour les périodes de fragmentations compétitives violentes pré-impériales ou pré-modernes.


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Philosophe et professeur au Collège de France, Maurice Merleau-Ponty explore tout au long de ces entretiens les tensions entre le réel et les mots, ainsi que le rôle de la philosophie dans la société. Il discute de la diversité des opinions et des croyances, soulignant comment le langage peut à la fois révéler et dissoudre la réalité.
Merleau-Ponty aborde également sa propre expérience personnelle et intellectuelle, évoquant son enfance heureuse, ses études sans grandes difficultés et sa relation avec ses amis, Sartre au premier chef, et ses maîtres, comme Alain. Il élabore sur l'évolution de la philosophie et les défis posés par les mouvements politiques et idéologiques de son époque, notamment le marxisme et le communisme.
Dans un deuxième temps, il aborde ses voyages en Afrique, où il a observé les dynamiques coloniales et les interactions culturelles. Il discute des différences et des similitudes entre les peuples, soulignant l'importance de l'unité humaine malgré les divergences apparentes.
Merleau-Ponty partage enfin ses réflexions sur la philosophie politique, la nécessité de la liberté et les limites du pouvoir, tout en critiquant les dogmes et les systèmes de pensée rigides.
Un aperçu profond de sa pensée et de son engagement envers une philosophie vivante et critique.
Un entretien mené par Georges Charbonnier.Un entretien mené par Georges Charbonnier.


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Figure de l'avant-garde des années 50, Eugène Ionesco devint en une décennie un auteur dramatique mondialement célèbre. Du théâtre de dérision de ses débuts jusqu'aux œuvres plus symboliques qui marquèrent la seconde partie de sa carrière, les nombreux témoignages ici rassemblés permettent de mieux comprendre l'évolution de la carrière d'une des figures centrales du paysage théâtral du XXIe siècle.
Émission "Une vie, une œuvre", produite par Ghislaine David et Christian Giudicelli.


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Le rapport de l'homme à la technique est ambivalent : il oscille constamment entre un techno-optimisme rarement assumé et un techno-pessimisme souvent prompt à ressurgir lors des périodes de crises ou d'incertitudes quant à l'avenir.
Plus fondamentalement, Arnaud Dauphin s'interroge sur notre rapport face à l'innovation, depuis les révoltes ludites jusqu'aux débats contemporains sur l'intelligence artificielle et la géoingénierie. Il souligne l'importance de l'Occident comme berceau du progrès technologique, tout en critiquant les mouvements anti-progrès comme le marxisme (dans certaines variantes) ou l'écologisme radical, qu'il juge contre-productifs. Il est également important d'examiner la question sous l'angle des dynamiques géopolitiques, notamment la montée en puissance de la Chine et les défis posés par les régimes non-démocratiques.
Une chose est certaine : les enjeux du XXIe siècle nécessitent de penser et de prendre position quant à la question technique.


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La néoréaction (NRx) est un mouvement intellectuel né sur internet et porté par des figures comme Curtis Yarvin et Nick Land. Entre critiques acerbes du système politique moderne, visions futuristes de sociétés décentralisées (patchwork states) et réflexions sur l'intelligence artificielle, ces idées provocantes interrogent les fondements de nos démocraties et proposent des alternatives radicales.
Bien que discutées au plus au somment de la deuxième administration Trump, elles sont parfois en tension avec des approchent plus conservatrice, identitaires ou religieuses.
C'est avec un ton à la fois érudit et accessible que sont abordées des sujets comme la "Cathédrale" idéologique, les limites de l'État-providence ou encore les dilemmes éthiques de l'IA.
Entre science-fiction et analyse politique, une invitation à repenser notre rapport au pouvoir, à la technologie et à l'avenir des sociétés occidentales.
Émission "Libre echange".


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À partir d'observations réalisées lors de multiples interventions à titre de pédopsychiatre d'orientation psychanalytique dans un Centre éducatif renforcé en France, Maurice Berger se propose d'analyser certains processus psychiques et identitaires en jeu chez les enfants. Il décrit plus particulièrement les diverses composantes de la joute qui a souvent lieu dans le rapport du clinicien aux adolescents, en particulier avec ceux ayant commis des délits violents.
Il semble au premier abord difficile de transposer l'expérience thérapeutique usuelle avec de tels adolescents, ce qui implique une attention particulière à leur histoire, qui comporte généralement des traumatismes relationnels précoces, notamment de négligence et de violence.
On comprend alors comment pour de tels enfants, l'extérieur puisse être plus protecteur que l'intérieur. En conséquence, pour faire advenir de la pensée chez eux, il faut savoir les sécuriser et les contenir en reconnaissant leur méfiance, et surtout, savoir susciter une curiosité et une co-créativité.


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L'astrophysicien François Roddier adresse un message aux générations actuelles et futures : l'Histoire montre que chaque fois qu'une société est en crise, elle cherche des coupables et désigne des boucs émissaires. Sachons désigner le vrai coupable : les lois de la mécanique statistique contre lesquelles nous sommes individuellement impuissants.
Howard Bloom parle d'un principe de Lucifer sans savoir qu'il s’agit des principes fondamentaux de la thermodynamique. Nos souffrances sont dues à l'entropie liée à notre méconnaissance des lois de l'univers. Lorsque ces lois seront universellement reconnues et comprises, cette entropie aura été évacuée. L'humanité sera enfin capable de prendre en charge son destin et d'atténuer ses souffrances.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'13'07 : Les lois de la thermodynamique
- 0'37'10 : L'évolution de l'Univers
- 0'47'52 : L'évolution darwinienne
- 0'59'32 : L'évolution de l'humanité
- 1'23'11 : Questions


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Anthony Cobalt nous plonge au cœur des mécanismes du pouvoir et des dynamiques sociales à travers une exploration de la théorie du bioléninisme de Spandrel, une vision provocante des luttes politiques où le gauchisme n'est pas qu'une idéologie, mais un outil pour s'emparer du pouvoir avant de l'utiliser pour verrouiller les institutions.
À travers des exemples historiques et des réflexions sur la loyauté, le prestige et les inégalités naturelles, il déconstruit les illusions du débat démocratique et révèle comment les mouvements politiques exploitent les frustrations des groupes marginalisés.
Entre critiques acerbes des intellectuels et analyse des stratégies de recrutement des partis, Anthony Cobalt offre une perspective radicale sur la lutte pour l'hégémonie culturelle et politique.


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Grand penseur de la loi et des institutions comme médiations symboliques du lien social, Pierre Legendre nous entraîne au cœur de la fabrique des mythes, là où se tissent les fondements invisibles de nos sociétés. À partir de son expérience de la psychanalyse, il dévoile comment toute communauté humaine repose sur des fictions organisatrices nécessaires.
En revisitant Le Crime du Caporal Lortie, il éclaire la dévastation subjective qui survient lorsque ces mythes structurants vacillent. À travers ce fait tragique, Pierre Legendre montre comment la rupture du cadre symbolique peut conduire un individu à un acte extrême, révélant la fragilité des montages culturels qui nous soutiennent.
Un voyage dans les arcanes du symbolique, là où se joue le destin de l'humain.
Émission "Le Témoin du Temps qui change", animée par Pascale Werner.


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Aujourd'hui, quels sont les bouleversements démographiques et technologiques qui agitent notre monde ? La dynamique politique de fragmentation-centralisation permet-elle de comprendre la trajectoire de la modernité ? Vit-on à l'ombre de la potentielle singularité technologique ?
À travers une analyse historique et prospective, les intervenants dissèquent l'évolution des États, des monarchies médiévales aux régimes modernes, en passant par les mécanismes de pouvoir et les défis démographiques. Ils interrogent l'impact des technologies sur la liberté, la natalité et l'avenir des civilisations - notamment occidentale.
Entre projections futuristes et critiques acerbes du présent, une invitation à repenser les fondements de nos sociétés en explorant la décentralisation comme remède aux excès de la centralisation, les modèles politiques alternatifs (comme les network states), ou encore les dilemmes éthiques de l'accélération technologique.