René Girard face à la catastrophe. Avec Jean-Pierre Dupuy à l'Institut Catholique de Paris.


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06.05.2017

Le monde va mal. En ce début de millénaire, la contradiction semble forte entre la nécessité de coopérer pour affronter les problèmes du moment d'une part et les tendances au repli sur soi et à la légitimation du recours à la force d'autre part.
Inventeur de la théorie mimétique qui, à partir de la découverte du caractère mimétique du désir, a jeté les bases d’une nouvelle anthropologie, René Girard se définissait lui-même comme un anthropologue de la violence et du religieux. La théorie mimétique fournit un cadre précieux pour analyser l'emballement des rivalités.
Mais qu'a-t-elle à nous dire pour susciter et orienter une action responsable ? Ne nous force-t-elle pas à donner un contenu concret à l'espérance, sans pour autant nous bercer d'illusions sur notre penchant à la violence ? De quels prophètes avons-nous aujourd’hui besoin ?

Les jolis grands hommes de gauche. Avec Aymeric Monville à la Librairie Tropiques.


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05.09.2017

Onfray suggérant de bombarder Cuba ; Badiou nageant en pleine eurolâtrie bruxelloise ; Lordon promu porte-parole du mouvement Nuit Debout mais annonçant d’emblée que toutes les révolutions "sont belles parce qu’elles échouent" ; Michéa ne voyant dans l’antifascisme qu’un alibi "stalinien" ; Rancière se déclarant déçu dans ses doux "espoirs nés de l’effondrement de l’empire soviétique" pour mieux affirmer, blasé, que "la prise de pouvoir, nul ne sait aujourd’hui ce que ça veut dire" ; Todd qualifiant le communisme de pathologie pour mieux vanter les mérites dudit "hollandisme révolutionnaire"...
Le vieux rêve de la réaction, exclure les communistes de la communauté nationale ("communiste, pas français"), prend ici l’apparence de la bonne conscience "progressiste", ingénue. Mais si certains n’ont trouvé d’autre solution que de refaire le congrès de Tours à l’envers et de revenir au temps du grand Jaurès, ce n’est pas pour s’inspirer de son courageux combat pour la paix ; c’est pour mieux conjurer toute une époque : Octobre 17 et Stalingrad, la Résistance et le programme du CNR, l’antifascisme et l’anticolonialisme insufflés par le Komintern, et mieux se plonger ainsi la tête dans le sable. Pourront-ils encore longtemps "fuir l’histoire" ?

Francis Cousin : entretien pour le Cercle Marx.


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28.10.2016

C'est autour d'un bon verre de vin et par une belle journée ensoleillée que Francis Cousin, docteur en philosophie et auteur de la Critique de la société de l'indistinction et de L’Être contre l'Avoir, nous expose les fondements de la critique radicale du faux omniprésent et de l'avènement de la communauté de l'Être.

 00'00 : fétichisme de la marchandise et indistinction, indistinction et antiracisme.
 19'30 : communautés de l'Être et sociétés de l'aliénation marchande, Heidegger, oubli de l'être et être générique, aliénation politique (extrême gauche et extrême droite), immigration et Gauche du Capital, critique de la déformation idéologique de Marx, critique de l'anarchisme.
 41'22 : la question Juive et la critique de l'émancipation politique, vie et misère de Marx, l'auto-invalidation du Capital et la baisse tendancielle du taux de profit, critique de la science, Bordiga, le communisme universel, la soif de pouvoir, Arminius et Clovis, Marx contre Proudhon, critique de Kant, critique de Max Scheler, critique de la sociologie, analyse historique de la paysannerie catholique et considérations sur l'importance historique du développement dialectique des forces productives, retour sur la question Juive.

Présidentielle 2017, Nuit Debout, Capitalisme : Frédéric Lordon répond aux questions des étudiants d'HEC Paris.


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21.09.2016

Sociologue et économiste, fin connaisseur de la pensée de Spinoza, Frédéric Lordon est connu pour ses prises de position intellectuelles et politiques. Membre du collectif des Economistes Atterrés, figure éminente du mouvement Nuit Debout, il vient se confronter à un public qu'il connait bien, puisqu'il est lui-même titulaire du MBA HEC !
Après avoir présenté succinctement sa vision du salariat comme rapport d'aliénation, il évoque tour à tour le mouvement Nuit Debout et l'avenir de la gauche et du capitalisme en général.
Cette conférence constitue une bonne introduction à sa pensée et intéressera tous ceux, détracteurs ou partisans, qui s'intéressent au sens de la politique et à l'avenir de la démocratie.

Guy Hocquenghem, la rage intacte : itinéraire d'un indompté (1946-1988). Avec Hélène Hazéra, Jean-Luc Hennig, Elisabeth Salvaresi, Antoine Idier, Roland Surzur et Marc Hatzfeld sur France Culture.


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02.07.2016

Guy Hocquenghem a grandi dans une famille de la bourgeoisie intellectuelle et progressiste. Il fait de brillantes études au Lycée Henri IV à Paris et entre à l’Ecole Normal Supérieure de la rue d’ULM en 1966. Avec son professeur de philosophie René Schérer, il s’initie au sexe et à la politique. Tout en menant une vie homosexuelle clandestine, il plonge dans l’effervescence politique de la fin des années 60, il manifeste devant le théâtre de l’Odéon pour protéger les représentations des Paravents de Genet et tient le haut du pavé en Mai 1968.
En 1971, il rompt avec le gauchisme pur et dur en participant à la fondation du Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire dont il sera la plume enragée, rédigeant tracts, manifestes et textes théoriques souvent censurés pour outrage aux bonnes mœurs. Le Désir Homosexuel, son essai publié en 1972, demeure un texte fondateur des études gays et lesbiennes et de la théorie Queer. Mais Guy Hocquenghem refuse de s’embourgeoiser dans aucun mouvement et délaisse la lutte minoritaire. Fidèle aux figures du traître, du voleur, chères à Jean Genet, il sera toujours celui qui dynamite de l’intérieur le système, la structure, le camp auquel il appartient, interrogeant les dogmatismes et fuyant toute assignation à une catégorie. Journaliste polémique et indomptable à Actuel puis à Libération, pamphlétaire voltairien, il est une vigie infatigable de son époque, dénonçant le racisme français dans La beauté du métis, ou l’abandon des utopies et les compromissions de la gauche dans sa Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary. Guy Hocquenghem, le franc-tireur, se détache peu à peu du monde militant et médiatique, pour se consacrer à la littérature. Publié chez Albin Michel, en lice pour le prix Goncourt, il ne pourra s’empêcher de fustiger le microcosme littéraire parisien.
Il découvre sa séropositivité en 1986 et passe les deux dernières années de sa vie à écrire dans l’urgence et la fièvre ses romans Eve, Les voyages et aventures extraordinaires du Frère Angelo et son autobiographie, L’amphithéâtre des morts, qu’il n’aura pas le temps d’achever. Il meurt du Sida en 1988 à 41 ans.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Irène Omélianenko.

2017, une élection pour rien ? Avec Patrick Buisson pour les Eveilleurs d'Espérance à Versailles.


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16.05.2017

Patrick Buisson, auteur du récent La cause du peuple, nous fait bénéficier d'une grande leçon de sciences politiques.
Alors que Macron vient d'être élu à la présidence -avec l'aide appuyée des "médiagogues"-, nous devons nous remettre en question et tenter de comprendre ce que cet élection représente, alors qu'elle a porté au pouvoir un homme "moderne" qui se revendique une absence de passé et d'enracinement.
Les divers populismes (Front National et France Insoumise) ont eux exprimé maladroitement la nostalgie d’une souveraineté perdue, sans réussir à fédérer en dehors de leur camp d'origine.
Mais où se trouve alors le courant conservateur ? A-t-il été incarné par François Fillon ? A quoi est dû sa défaite ? L'occasion est-elle venue de se débarrasser des sirènes libérales au sein de la droite conservatrice ? Saurons-nous parler et répondre aux attentes des classes populaires et privilégiées pour reconconquérir le pouvoir ?

Vie et mort de Mishima, le dernier samouraï. Avec Stéphane Giocanti sur Radio Courtoisie.


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15.03.2008

Historien de la littérature, Stéphane Giocanti se place également du côté de la création littéraire en publiant Kamikaze d'été, un roman s'intéressant à la mission finale d'un aviateur japonais au début de l'été 1945.
Et c'est à ce titre que nous sommes entraînés sur les traces de Yukio Mishima, dont l'ombre tutélaire plane sur le roman de Stéphane Giocanti.

Émission du "Libre Journal des lycéens", animée par Pierre Navarre.

Atlas du mondialisme. Avec Pierre Hillard sur Meta TV.


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04.07.2017

Dans les désordres divers qui secouent la planète, on peut à juste titre être désorienté par la variété des problèmes croissants assaillant l'humanité. Crise financière insoluble, guerres multiples de basse et haute intensité, courants migratoires modifiant profondément les traits civilisationnels des pays d'accueils et intelligences de plus en plus déstructurées favorisant l'instabilité psychologique sont autant d'éléments permettant d'entretenir un chaos constructif.
Le travail de Pierre Hillard présente une particularité : il tente d'expliquer l'esprit du mondialisme conditionnant des phénomènes politiques, économiques et spirituels variés. À partir de l'étude précise de nombreux faits historiques, il essaye de reconstituer pièce après pièce un immense puzzle planétaire et tente de cerner les causes profondes expliquant pourquoi le monde de 2017 présente des particularités propres à préparer une gouvernance mondiale.

Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque). Avec Thérèse Hargot à Fribourg.


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01.06.2017

Les efforts consentis par tant de femmes, mais d’hommes aussi, pour désacraliser le rapport sexuel, le dissocier de la maternité ou du risque de maternité afin d’en faire un acte de plaisir partagé se solderaient-ils par un échec ? La contraception systématique aurait-elle un effet pervers ?
Les propos tenus par les jeunes qu’accompagne Thérèse Hargot questionnent en tous cas. "Eh, faut bien qu’on teste la marchandise" dit Théo. Et Max de renchérir "c’est vrai ça, quand on est jeune, on doit avoir des expériences sexuelles, comme ça, on saura le jour où on trouvera la bonne". Alban d’ajouter "Tu regardes des trucs et tu te demandes ce que ça doit faire, y a un moment ou tu dois savoir comment c’est en vrai". Du côté des filles, c’est le silence. Qu’un des garçons traduit par "La vérité, c’est qu’un garçon qui couche avec plein de filles, c’est un beau gosse, une fille qui couche avec des garçons, c’est une salope".
Pour Thérèse Hargot, les individus modernes restent conditionnés par autant de normes et de règles qu’avant mai 1968. Mais la norme a changé, passant du devoir de procréer au devoir de jouir. Elle dénonce le consumérisme faisant du sexe un objet de consommation, notamment à travers la publicité, ainsi qu’un accès illimité à la pornographie. Elle invite à revisiter notre quête d’égalité des sexes en y intégrant les différences entre hommes et femmes. Un éclairage inédit à ne pas manquer.

Remède à la mélancolie ? Avec Stéphane Zagdanski sur France Inter.


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26.07.2013

Stéphane Zagdanski est un essayiste et romancier connu pour ses travaux sur la pensée juive. Il a également écrit sur Proust, Céline ou les effets pervers de l’ère de la Technique.
Ecrivain-explorateur du désir et de la réalité du monde contemporain, polémiste, celui qui a créé la revue en ligne "Paroles des jours" nous prescrit ses remèdes en cas de baisse de moral : quelques lettres d’insultes de Gérard Lebovici, de l'humour yiddish, les aphorismes de Nietzsche ou une coupe de Champagne Veuve Cliquot et c'est la joie de vivre qui reprend le dessus !

De la pop à la gnose. Avec Pacôme Thiellement à l'Ecole Superieure d'Art Pays Basque.


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09.03.2017

A partir de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles et de l’œuvre de Philip K. Dick jusqu’aux séries télévisées Buffy, Lost ou Person of Interest, on a repéré l’apparition de thèmes "gnostiques" dans la culture populaire : l’anamnèse (souvenir de notre "nature spirituelle") ; la révélation de l’irréalité du monde (monde-cadavre ou cosmos de carton-pâte) ; l’omniprésence sur cette Terre d’un faux dieu, Démiurge mauvais ; la relation à retrouver avec une divinité intérieure ; le rejet de tous les pouvoirs, spirituels comme temporels ; la nécessité également de "lâcher prise", d’être un étranger sur cette Terre, un exilé ou un "passant"… Au point qu’on a pu se dire que la "gnose" était le secret de la "pop".
Mais peut-être que ce qui fut appelé "gnose" ou "gnosticisme" en opposition aux religions majoritaires n’a cessé et ne cesse de venir frapper à la porte de l’art et de la poésie comme les voies authentiques de notre réalisation ? De même, peut-être que la "pop" est le véritable sens de l’art – le "populaire" étant le nom moderne du "carnavalesque" soit la réappropriation des puissances de vie que les hommes de pouvoir tentent sempiternellement de nous confisquer pour mieux nous asservir.
Pacôme Thiellement, essayiste et vidéaste, nous entraîne dans une réflexion passionnant, marqué qu'il est par la contre-culture, l’occultisme et les séries télé...

Le 14 juillet entre mythes et réalités. Avec Marion Sigaut et Claire Colombi chez Deus Vult à Narbonne.


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14.07.2017

À rebours de la version officielle qui nous est enseignée à l'école de la République, Marion Sigaut tente de restituer la chronologie des événements qui ont mené à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789.
On ne sera pas étonné de constater le fossé qui sépare le mythe républicain et la vérité historique, cette dernière ressemblant à s'y méprendre à un coup d'état où les mensonges et autres violences politiques ont été abondemment utilisés par la faction qui sortira victorieuse de la Révolution française : la bourgeoisie.
Claire Colombi nous montre ensuite comment l'histoire républicaine, en quête de respectabilité et afin de contribuer à légitimer son propre régime politique, a constitué le mythe du 14 juillet tout au long du XIXe siècle.