L'âge productiviste : hégémonie prométhéenne, brêches et alternatives écologiques. Avec Serge Audier pour Citéphilo à Lille.


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28.11.2019

Depuis la fin du XXe siècle, des signaux d'alarme écologique ne cessent de clignoter : réchauffement climatique, destruction exponentielle de la biodiversité, déforestations accélérées, "plastification" des océans... Pourtant, les défenseurs de la cause écologique peinent à convaincre l'ensemble de la société ainsi que les décideurs économiques et politiques de la nécessité d'un changement urgent de modèle.
À gauche comme à droite, les réticences aux décisions radicales sont nombreuses, même et surtout quand c'est le contraire qui est proclamé. Dire que tout change pour que rien ne change semble une position partagée par beaucoup. Pourquoi en est-il ainsi ?
Tenter d'y répondre, c'est commencer par refuser les slogans simplistes et accepter la patiente anamnèse qui consiste à remonter aux sources des idéaux productivistes, aux idées de ses partisans et de ses détracteurs, afin d'essayer de penser une cité écologique.

Une conférence introduite par Léon Wisznia.

Doit-on réveiller l'idée de progrès ? Avec Michaël Foessel sur France Culture.


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07.05.2016

L'idée de progrès était une idée doublement consolante. D'abord, parce qu'en étayant l'espoir d'une amélioration future de nos conditions de vie, en faisant miroiter loin sur la ligne du temps un monde plus désirable, elle rendait l'histoire humainement supportable. Ensuite, parce qu'elle donnait un sens aux sacrifices qu'elle imposait : au nom d'une certaine idée de l'avenir, le genre humain était sommé de travailler à un progrès dont l'individu ne ferait pas lui-même forcément l'expérience, mais dont ses descendants pourraient profiter.
En somme, croire au progrès, c’était accepter de sacrifier du présent personnel au nom d'une certaine idée, crédible et désirable, du futur collectif. Mais pour qu'un tel sacrifice ait un sens, il faut un rattachement symbolique au monde et à son avenir. Est-ce parce qu'un tel rattachement fait aujourd'hui défaut que le mot progrès disparaît ou se recroqueville derrière le seul concept d'innovation, désormais à l'agenda de toutes les politiques de recherche ? D'où vient que l'avenir a pris la figure de l'ennemi et non plus celle de l'ami ?

Émission "La Conversation scientifique", animée par Etienne Klein.

Le christianisme est-il une religion du livre ? Avec René Girard sur la RTS.


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1996

Les travaux de René Girard ont remis l'anthropologie religieuse au goût du jour. Son apport à l'intelligence de la foi chrétienne est considérable : en montrant comment la Passion du Christ dévoile les ressorts de la violence constitutive des sociétés, Girard a éclairé la singularité des Évangiles par rapport aux mythes fondateurs de la culture humaine.
L'un des bénéfices de cette lecture des Évangiles est de souligner la cohérence entre la prédication du Royaume et la signification des circonstances de la mort de Jésus. Plus largement, elle permet de lire les textes bibliques comme la découverte progressive de la non-violence de Dieu.
Alors, en quoi le christianisme est-il une religion du livre ?

Émission "Présence protestante".

Le totalitarisme, concept écran : Victor Sarkis répond aux questions d'Aymeric Monville.


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05.2021

Il est aujourd'hui admis que le "système totalitaire" a prétendu, au XXe siècle, réaliser les lois de la nature dans le nazisme ou accomplir les promesses de l'histoire avec le stalinisme. Avec le totalitarisme moderne, l'idéologie se fait fort de donner un sens aux événements, elle en fournit une explication sans faille.
Le professeur de philosophie Victor Sarkis revient ici en détails sur la notion de "totalitarisme" pour en montrer les manquements et les aveuglements, produits d'un concept à l'abstraction peccamineuse.

Karl Marx, l'inconnu. Une grande traversée sur France Culture.


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07.2020

Que sait-on vraiment de Karl Marx ? Le XXe siècle a été le siècle du marxisme sans Marx. Le XXIe siècle sera-t-il celui de Marx sans le marxisme ?
Avant d'être statufié, saccagé puis oublié, Marx a été poète et amoureux dans l'Allemagne romantique. Vibrant d'espoir dans le flux et le reflux des révolutions européennes. Plongé à corps perdu dans l'antre du Capital. Et imaginant, dans ses vieux jours, le monde qui est aujourd'hui le nôtre. Un Marx inconnu.

Une série documentaire produite par Christine Lecerf.

Dominer, enquête sur la souveraineté de l'Etat en Occident. Avec Pierre Dardot pour La Criée.


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10.04.2021

Il est courant de déplorer le déclin de la souveraineté de l'État-nation, qui semble devoir être aujourd'hui supplantée par la puissance du capital mondial. Restaurer la verticalité de l'État et son autorité serait ainsi la seule voie pour contester le globalisme néolibéral. C'est contre cette illusion, encore trop répandue à gauche, que Pierre Dardot nous introduit aux travaux qu'il a mené avec Christian Laval sur l'histoire complexe et singulière de l'État occidental moderne, depuis sa naissance à partir du modèle de l'Église médiévale jusqu'à son rôle actuel d'État-stratège dans la concurrence mondiale.
Comprendre les aléas et les détours de cette construction, c'est mettre à nu les ressorts d'une domination sur la société et sur chacun de ses membres qui est fondamentalement de l'ordre de la croyance : les "mystères de l'État", le culte de sa continuité qui oblige ses représentants par-delà leur succession, la sacralité dont ces derniers aiment à s'entourer dans l'exercice de leurs fonctions, autant d'éléments qui ont pu changer de forme, mais qui demeurent au principe de sa puissance. En retraçant cette généalogie, il s'agit pour Pierre Dardot de montrer que l'on ne peut répondre aux défis de la mondialisation capitaliste et du changement climatique sans remettre en cause cet héritage. Car l'invocation de la souveraineté "nationale" est devenue l'alibi de l'inaction climatique et de la perpétration des écocides.
Pour affronter ces enjeux globaux, il est indispensable de s'attaquer à un tel régime d'irresponsabilité politique qui dispense les gouvernants de rendre des comptes aux citoyens. C'est dire qu'il faut ouvrir la voie à un au-delà de la souveraineté étatique.

Le désert et la source. Avec René Cagnat pour la Nouvelle Action Royaliste.


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27.11.2019

Ancien colonel, docteur en sciences politiques, spécialiste du renseignement et de la réflexion géostratégique, René Cagnat réside en Asie centrale, région au coeur de ses travaux.
Dans son un Le désert et la source (Cerf, 2019), il évoque l'histoire récente de la région centre-asiatique, le jeu des puissances et le djihadisme.
Il nous présente son expérience et sa réflexion à propos d'une région trop souvent laissée de côté dans l'analyse des rapports de puissance internationaux.

Les grandes philosophies. Avec Charles Robin sur Le Précepteur.


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2021

Au fil des siècles, de nombreux courants de pensée ont façonné notre conception du monde et notre manière d'appréhender l'existence : Qu'est-ce que la vérité ? Comment peut-on vivre heureux ? Dieu existe-t-il ? Quel est le sens de notre vie ?
Bien loin du jargon des spécialistes, le professeur de philosophie Charles Robin nous rend accessible les œuvres des plus grands philosophes afin d'en faciliter la compréhension et, pourquoi pas, de nous faire changer le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde.
Une initiation sérieuse à une discipline souvent difficile d'accès, dans un langage clair et une atmosphère détendue.

Une philosophie anti-moderne. Avec Hartmut Rosa sur France Culture.


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24.01.2020

Le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa poursuit son exploration de la modernité en général, et plus particulièrement notre rapport au temps. Après avoir analysé l'accélération de nos sociétés, il propose le concept de résonance pour se reconnecter au monde.
Dans son ouvrage Rendre le monde indisponible (La Découverte, 2020), il s'intéresse à la façon dont la modernité tend à vouloir tout contrôler, y compris ce dont on ne peut disposer, créant un sentiment d'univers inaccessible.
Est-il alors urgent de ralentir ?

Émission "L'Invité des Matins", animée par Guillaume Erner.

René Goscinny (1926-1977), auteur majeur pour art mineur. Avec Anne Goscinny, Muller Catel, Patrice Leconte et Pascal Ory sur France Culture.


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01.02.2020

Septembre 1959, dans un HLM de Bobigny. L'été est caniculaire et il faut quelques verres de pastis à Albert Uderzo et René Goscinny pour trouver une idée : pour son premier numéro, le journal Pilote a besoin de nouveaux personnages. Goscinny avait déjà fait parler Lucky Luke et le Petit Nicolas, voilà qu'il crée Astérix. Le plus français de tous les Gaulois a pour co-créateur un homme de 33 ans... qui en a passé 23 à l'étranger.  
Car si René Goscinny est né en France, il passe sa jeunesse en Amérique. Depuis l’Argentine d'abord et à New York ensuite, la France est exotique, fantasmée. Loin de l'Europe, ce petit Français juif expatrié échappe à la guerre. Ce n'est pas le cas de sa famille restée à Paris, pour partie assassinée dans les camps nazis. Pour surmonter ce malheur, peut-être, René Goscinny choisit de faire un "métier rigolo". Le dessin d'abord. Mais ses rencontres avec Morris, Uderzo et Sempé le font devenir scénariste, l'un des plus grands de la bande-dessinée.
Et pourtant… Scénariste de bande-dessinée est un métier qui n'existe pas. La bande-dessinée elle-même est méprisée, "une sous-littérature pour diminués mentaux", dit-il.
Le voilà, le fait d'arme de René Goscinny : avec Lucky Luke, Le Petit Nicolas, Iznogoud mais surtout avec Astérix et Pilote, lui, l'amuseur professionnel, le besogneux de la futilité, a mis les bandes-dessinées dans les mains des adultes. Non pas qu'ils n'en lisaient pas avant… Mais maintenant, ils l'avouent !
C’est Goscinny qui a mis sur les rails la bande-dessinée française. C'est lui qui a découvert et a laissé s'exprimer les Moebius, Druillet, Gotlib, Brétécher, Fred, Alexis, Reiser, Cabu, Mandryka, Patrice Leconte, Mézières, Christin et autres : il serait plus facile de dresser la courte liste des auteurs de BD qui ne sont pas passés par Pilote. Il fallait bien René Goscinny et son sourire en coin pour faire passer la bande-dessinée d'art mineur à neuvième art.

Émission "Toute une vie", produite par Romain Weber.

La force de la Morale. Avec Denis Collin et Marie-Pierre Frondziak pour la Nouvelle Action Royaliste.


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09.06.2021

Les questions réputées "sociétales" déconcertent de nombreux citoyens car elles débordent le domaine du Politique. Or les réponses ne peuvent dépendre de la foi religieuse puisque l'Etat obéit au principe de laïcité, puisque les citoyens professent des formes différentes de religion ou d'irreligion. Pourtant, le Parlement vote des lois sur le mariage, sur la PMA, et se prononcera bientôt sur la GPA et l'euthanasie : nous ne pouvons rester neutres sur des lois qui touchent à notre civilisation.
Dès lors, est-il possible de définir une morale commune ? Tous deux professeurs de philosophie, Denis Collin et Marie-Pierre Frondziak répondent par l'affirmative au fil d'une réflexion sur les grandes philosophies morales et sur les apports de la psychanalyse qu'ils nous présentent ici.

Métaphysique du sexe, de Julius Evola. Avec Félix Niesche sur ERFM.


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27.11.2020

Après avoir traduit en italien Sexe et Caractère d'Otto Weininger, Julius Evola projeta d'en écrire une introduction qui devint, en 1958, un ouvrage à part entière : Métaphysique du sexe. Métaphysique qui s'entend selon deux acceptions : elle est "l'étude de ce que signifient, d'un point de vue absolu, soit les sexes, soit les relations entre les sexes", mais aussi "dans un deuxième sens, en relation avec son étymologie, […] la science de ce qui va au-delà du plan physique".
"Chacun sait quel rôle joue le sexe à notre époque, au point qu'on pourrait parler, aujourd'hui, d'une espèce d'obsession sexuelle […]. Sous mille formes, la femme et le sexe dominent dans la littérature, le théâtre, le cinéma, la publicité, dans toute la vie pratique contemporaine. Sous mille formes, la femme est exhibée pour attirer et intoxiquer sexuellement, sans cesse, l'homme." Régression d'une sexualité devenue animale qui a fait disparaître le sens profond de l'eros, dont les modalités subtiles permettent de transcender la conscience humaine. L'expérience amoureuse, fondée sur la polarité des sexes, nous lie ainsi aux énergies premières de l'univers ; expérience du sacré, pulsion reflétant le "mystère de l'Un", elle est une tentative, par un déconditionnement du Moi, d'échapper à notre propre finitude en retrouvant l'unité originelle perdue.

Émission "Pourquoi tant de haine ?", animée par Monsieur K.