Histoire du sabotage. Avec Victor Cachard à la Librairie Terra Nova.


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01.01.2026

Des attaques contre la fortification, durant le Moyen Âge, aux incendies contre les antennes 5G aujourd'hui, en passant par les traine-savates dans les usines et le sabotage de la colonisation, Victor Cachard nous montre ce qu'est le sabotage et nous explique pourquoi il est toujours d'actualité.
Au travers de l'histoire, le sabotage change de visage. Plus récemment, il sort des industries, quitte le monde du travail pour s'attaquer plus largement aux technologies meurtrières. C'est ainsi que l'on peut interpréter la résistance à la colonisation comme un sabotage des techniques d'invasion.
Et avec le passage à l'ère post-industrielle favorisé par l'automatisation, le sabotage enrichit son répertoire d'actions en continuant de s'opposer à toutes les formes d'exploitation et d'oppression.

L'appartenance au monde. Avec Claude Romano et Bruce Bégout pour la Chaire de philosophie à l'hôpital.


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27.09.2025

Claude Romano est désormais une figure éminente de la phénoménologie française, dont les travaux font régulièrement l'objet de séminaires comme de colloques. Ces interventions ont pour but de mettre en question la manière dont il envisage notre "condition merveilleusement corporelle".
En effet, Claude Romano soutient qu'il nous faut considérer le corps comme "étant nous-mêmes" et, optant délibérément pour le réalisme, la perception "comme une saisie directe des choses dans leur réalité indépendante de notre esprit".
On devine qu'à partir de telles affirmations, c’est toute la phénoménologie du corps depuis Husserl qui est remise en chantier.

Sadique époque : comment en sommes-nous arrivés là ? Avec Dany-Robert Dufour au Cercle Aristote.


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24.11.2025

Nous voici entrés dans une nouvelle ère sadique. Où la brutalisation des relations sociales, politiques et internationales n'est même plus dissimulée par ses promoteurs.
Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il faut en revenir à Sade, lorsque le "divin Marquis" a révélé aux hommes, en plein Siècle des lumières, la part d'ombre indissociable de leur nature.
Partant des espaces clos - ces phantasmatiques châteaux des supplices de jadis -, Dany-Robert Dufour examine comment cette "passion sadique" s'est progressivement déployée au fil de l'histoire récente : hier dans l'État total nazi, aujourd'hui dans le Marché absolu.
Il montre combien trois facteurs contribuent désormais à une sadisation en profondeur des relations entre individus : les réseaux dits sociaux, qui fonctionnent en fait à la haine de l'autre ; l'emprise de plus en plus dévorante des technologies ; les pratiques prédatrices de l'hyper-classe financière. Manquait à cette nouvelle ère un couronnement. Le voici, avec l'intronisation de Donald Trump II en bouffon tyrannique fulminant.Nul doute que Sade jubile : c'est désormais la pérennité du genre humain qui se trouve menacée.

Paul-Jean Toulet (1867-1920). Avec Jean Bégarie, Michel Bulteau, Simone Carrat, Marie Catteau Marvier, Michel Décaudin, Bernard Delvaille, Geneviève Dormann, Roger Grenier, François Xavier Jaujard, Louis Lataillade et Pierre Lious sur France Culture.


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22.10.1987

"Et si ma pensée n'avait tout son sens que pour la postérité", écrivait Toulet en 1907 dans ses étonnantes Lettres à soi-même. Il est vrai qu'il a fallu attendre 1985 et 1986 pour que son oeuvre soit rééditée. Elle n'avait pas tenté non plus les éditeurs contemporains. Mais il est vrai aussi que Valéry, Giraudoux, Debussy l'aimaient, que du Bos, Mauriac, Vialatte, Paulhan... le citent et que, pour Borges il est un des trois grands Poètes français.
Le Sud-ouest et Paris se partagent les années de sa vie. De son Béarn natal, il conservera une nostalgie éblouie, mais ce sera à Guéthary qu'il finira ses jours. Quelques voyages cependant, notamment en Extrême-Orient et, dans sa jeunesse, un séjour à l'Ile Maurice où vivait sa famille. En 1898, le dandy s'installe à Paris où il mène une vie de noctambule, dans ce Paris 1900 de la rive droite dont l'écho se retrouve dans plusieurs de ses Romans. En 1912, il fuit le Béarn, perdu (dit-on) de drogue, d'alcool et de difficultés financières.
Sa sensibilité exacerbée, corsetée par une extrême pudeur, se traduit souvent par la légèreté, le jeu, l'ironie. On le perçoit particulièrement dans les Contrerimes dont la métrique singulière permet le balancement et comme l'irisation de la pensée et des mots.
Les fantaisistes l'ont tenu pour leur maître, mais chez Toulet, l'allégresse de la démarche va de pair avec la gravité du sentiment. Celui qui domine, étant celui de la fragilité de l'instant.

Émission "Une Vie, une Œuvre", animée par Paule Chavasse.


Le gouffre entre les mondes : autour d'Arthur Machen. Avec Thierry Fraysse, David Meulemans et Sylvie Homassel sur France Culture.


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14.01.2024

Originaire d'un pays de Galles dont les paysages le hantèrent toute sa vie, auteur d'une œuvre de conteur fantastique exceptionnel, maître à frémir et à écrire de H.P. Lovecraft, Arthur Machen est une figure majeure de l'art fantastique anglo-saxon à redécouvrir.
Deux récentes publications le mettent à l'honneur : l'une aux éditions Callidor, Le Grand Dieu Pan, l'autre aux Forges de Vulcain, La Colline des rêves. La première offre la noire quintessence de son œuvre et la seconde des œuvres essentielles, mais moins connues.

Émission "Mauvais Genres", animée par François Angelier.

Miguel Torga (1907-1995), un homme d'espoir désespéré. Avec Manuel Carcassonne, Clara Crabbé Rocha et Daniel Henri Pageaux sur France Culture.


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10.11.2002

En 1995 disparaissait Miguel Torga, écrivain portugais majeur du XXe siècle, haute figure morale de son pays, auteur d'une oeuvre foisonnante : nouvelles, romans, poésie, fresque autobiographique, pièces de théâtre, Journal - un des grands témoignages de ce siècle.
Il s'appelait Adolfo Correia Rocha, choisit pour pseudonyme Miguel en hommage à Cervantès et Unamuno, Torga du nom de cette bruyère sauvage du Portugal, particulièrement résistante. Esprit rebelle et indomptable, "monolithique" disait-il de lui-même, âpre et rocailleux comme la terre montagneuse isolée et misérable du nord du Portugal où il naquit et vécut l'enfance austère de fils de paysans pauvres, refusant le séminaire, choisissant de partir pour le Brésil où il fut garçon de ferme dans une fazenda.
"J'ai commencé mal et tard. Tandis que les autres partaient du savoir, je suis parti de la souffrance. Aucune porte ne s'est ouverte devant moi sans que je l'enfonce d'abord. J'ai lutté contre la pauvreté, j'ai lutté contre l'ignorance, j'ai lutté contre le temps, j'ai lutté contre les hommes, j'ai lutté contre Dieu et j'ai lutté contre moi-même".
Revenu sur sa terre natale, il devint médecin. Médecin des plus pauvres le jour, écrivain la nuit, partagé entre le bistouri et la plume, toujours taraudé par le doute : "Je lutte avec les mots comme je lutte avec la mort".
Homme réfractaire à toute compromission, Torga combattit la dictature, publia son oeuvre à compte d'auteur, connut la censure et les geôles de Salazar. Cet humaniste intransigeant puissamment attaché à sa terre, "insatiable géographe du Portugal", dit la misère la douleur et la grandeur du peuple portugais.
Homme de passions et de doutes, angoissé et sceptique, il pourfend la médiocrité et la lâcheté humaines dans un souci inaltérable de liberté et de vérité. Miguel Torga, un pessimiste fervent.

Émission "Une Vie, une Œuvre", produite par Françoise Estèbe.

L'immaturité permanente. Avec Thomas Boussion sur ERFM.


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01.01.2026

Depuis quelques années, nous assistons à l'émergence d'une idéologie issue du gauchisme qui, sous prétexte de bienveillance, conduit à une volonté de destruction, d'effacement, de dénonciation de tout ce qui, dans nos sociétés, notre civilisation ou notre histoire, pourrait offenser des minorités éternellement désignées comme victimes. Cette idéologie, le wokisme, revêt ceux qui y adhèrent d'un manteau de pureté morale qui les place, dans la construction mentale qu'ils se font du monde, tout en haut de la hiérarchie : ils sont les "éveillés".
En réalité, cette idéologie fait des ravages au sein même de ses militants qui ne voient plus le monde que comme une série de rapports binaires et antagonistes, monde et civilisation dont ils sont issus et qu'ils haïssent. Mais qu’est-ce qui pousse vraiment ces chevaliers du bien à tant de violence contre tous ceux qui ne partagent pas leur vision, contre leurs ancêtres et finalement contre eux-mêmes ?
En réalité, ce mouvement s'inscrit dans un processus bien plus large et bien plus profond, un changement de paradigme qui affecte de plus en plus nos sociétés occidentales, un rapport au monde qui est celui de l'enfance, vue non pas comme un stade de l'évolution de l'individu, mais comme une matrice intellectuelle faite de catégories, de raisonnements et de valeurs, qui déterminent des choix, des actes ou encore des prises de position idéologiques.
Thomas Boussion se donne comme objectif de comprendre quelles sont les conséquences politiques de la persistance de cet état chez l'adulte, c'est à dire la manière dont une conception infantile de soi et du monde peut déterminer, au-delà des apparences et parfois à son insu, la place réelle d'un individu dans l'espace politique, en analysant le concept d'enfance, ses manifestations sur le plan sociétal et sur le plan psychologique, en décrivant la place qu'elle prend dans nos sociétés.

La sociologique dialectique de Michel Freitag et la théorie critique de la société cybernétique. Avec Maxime Ouellet à Lausanne.


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22.10.2024

Penseur critique encore trop méconnu, Michel Freitag dénonce l'impasse civilisationnelle engendrée par le capitalisme et la technoscience, qui menacent l'équilibre écologique, social et culturel. Sa théorie rejette les approches purement matérialistes ou individualistes pour proposer une vision dialectique de la société, fondée sur la médiation symbolique (langage, normes, institutions).
Il distingue trois modes de reproduction sociétale : le symbolique (sociétés traditionnelles, régies par des mythes et des rites), le politico-institutionnel (État moderne, où le politique légitime les normes) et le décisionnel-opérationnel (postmodernité, où l'économie et la technocratie dissolvent le politique, réduisant la société à un "système" déshumanisant).
Pour Freitag, la postmodernité marque une rupture : l'hyper-individualisme et la logique de contrôle érodent les fondements de l' "être-ensemble". Sa sociologie dialectique, à la fois critique et normative, vise à restaurer la réflexivité collective et la solidarité, face à un monde où l'urgence écologique et sociale exige une rupture avec le modèle dominant.

Une intervention qui prend place dans le cadre du séminaire sur la théorie critique dirigé par Olivier Voirol.

Terre et Liberté. Avec Aurélien Berlan pour Sobrevivir al Descalabro.


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01.2025

Philosophe, professeur d'université, activiste et agriculteur, Aurélien Berlan cherche dans la terre une vérité que la modernité a balayée : il n'y a pas d'émancipation possible sans contrôle sur les conditions matérielles de la vie — la nourriture, l'énergie, les liens, le territoire. Cette certitude l'a conduit à quitter Paris pour s'organiser en communauté rurale autogérée dans le sud-ouest de la France, d'où il promeut la reconquête de la vie comme terrain politique : réapprendre à vivre de son propre travail, organiser les besoins communs, prendre soin du sol qui nous nourrit.
De ce cheminement est née une longue recherche sur la liberté et l'autonomie collective.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'12'56 : Le glissement de la liberté envers la protection de la vie privée
 - 0'24'09 : Faire faire à d'autres personnes, à des machines ou des robots
 - 0'49'24 : On est prisionnier dès que l'on dépend de nos maîtres pour se nourrir
 - 0'59'45 : Prise en charge des nécessités liées à la subsistance et organisation politique
 - 1'15'32 : Autonomies : reconstruire des interdépendances égalitaires
 - 1'30'50 : Besoins/Moyens techniques et culture du conflit

Exploiter les masses, exploiter la race : une histoire du capitalisme. Avec Sylvie Laurent sur France Culture.


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05.02.2024

Capital et race. Voici une histoire qui s'écrit accompagnée d'un monstre venu de la mythologie antique : une hydre. Ce serpent gigantesque à plusieurs têtes (souvent sept) bénéficie d'un atout capital : quand l'une de ses têtes est tranchée, il en repousse deux nouvelles. Son souffle est un poison qui vous terrasse en un rien de temps. 
Quels sont les liens entre l'histoire du concept de race et celle du capitalisme  ? Quelle influence le capitalisme racial a-t-il eu sur l'histoire des Africains-Américains ? Le capitalisme pur, sans sa figure raciale, existe-t-il ? 

Émission "Le Cours de l'histoire", animée par Xavier Mauduit.

Découvrir le Mai 68 qu'on vous a caché. Avec Pierre Mari pour le Cercle Aristote.


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01.2026

Revenant avec passion sur son parcours littéraire, Pierre Mari nous propose à travers ses ouvrages d'explorer certaines périodes charnières de la France contemporaine. Son livre En pays défait, publié chez Pierre-Guillaume de Roux, est une œuvre hybride, ni roman ni essai, mais une plongée subtile dans les tensions sociales et politiques des années 1960-1980. Il y dépeint une France en crise, où les illusions de Mai 68 se heurtent à la réalité d'un monde en mutation, entre héritage gaulliste, désillusions ouvrières et montée d'une modernité étouffante.
L'occasion également de réfléchir à la "tenue" – concept central chez Pierre Mari –, soit la capacité à affronter le monde avec dignité, inspirée par des figures comme Camus.

Un entretien mené par Pierre-Yves Rougeyron.

A-t-on perdu le désir de transmettre la vie ? Avec Olivier Rey pour Transmission.


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02.2026

Philosophe et mathématicien, Olivier Rey explore les raisons profondes du déclin de la natalité en Occident, interrogeant notre rapport à la vie, à la mort et à l’avenir.
Alors que l'humanité a toujours vécu dans la précarité, ce qui n'empêchait pas nos ancêtres de procréer, il semble qu'aujourd'hui, l'idée de maîtriser notre destin grâce au progrès s'effrite : les défis écologiques, les incertitudes économiques et une vision individualiste de la liberté rendent l'enfantement moins évident.
Comment la société moderne, obsédée par la survie et l'évitement des contraintes, en vient-elle à considérer l'enfant comme un frein plutôt qu'une source d'épanouissement ?

 - 0'00'00 : Pourquoi avoir écrit ce livre ? 
 - 0'01'49 : L'effondrement démographique qui vient
 - 0'09'30 : L'avenir sombre, ou incertain ?
 - 0'23'00 : Trop pauvres pour être parents, vraiment ? 
 - 0'26'43 : Le mode de vie individualiste
 - 0'33'19 : Plus de décès que de naissances
 - 0'36'52 : La quête de l'autonomie 
 - 0'43'41 : Les leçons du moment covidien
 - 0'49'00 : La sacralisation paradoxale de la vie 
 - 0'53'32 : La mentalité "survivaliste" 
 - 1'03'38 : Le désir d'immortalité
 - 1'11'19 : La société sans contact
 - 1'15'42 : Conseil de lecture d’Olivier Rey
 - 1'17'10 : Pourquoi lire ?