Rousseau : un penseur visionnaire, critique des Lumières et du libéralisme face aux crises de notre temps. Avec Alain de Benoist sur Radio Courtoisie.


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16.07.2025

Inclassable Rousseau… Fut-il un penseur des Lumières ? L'un de leurs critiques ? Voire leur premier opposant systématique ? L'auteur du Contrat social n'a cessé d'être convoqué au tribunal de l'Histoire, par la droite contre-révolutionnaire, qui lui reproche d'avoir "engendré la Révolution", ou par les libéraux, qui font de lui l'ancêtre du totalitarisme.
Qu'il ait été un précurseur est incontestable. Il est l'un des premiers à théoriser la question sociale et la sociologie critique, à démystifier les prétendues "lois naturelles" de l'économie politique. Mais la République de la vertu qu'il prône repose sur des principes contraires à ceux des philosophes de l'époque. Opposant culture et civilisation, se méfiant de la raison, il récuse l'optimisme de la pensée du progrès, qu'il ne croit pas inévitable ni même souhaitable…
Alors, Rousseau révolutionnaire conservateur ? Il est temps de rouvrir le dossier.

Émission "RCmag", animée par Jean-Étienne Pauzat.

Bitcoin, l'utopie libertarienne de la monnaie. Avec David Cayla à l'Université Paris VIII Vincennes.


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13.12.2024

Le bitcoin est né dans une période de crise, après le krach de 2008. A l'époque, il se présentait comme une innovation radicale et entendait répondre à la défiance envers l'État et les banques. Il s'agissait, pour ses partisans, de promouvoir un système financier et monétaire alternatif et autonome, détaché des États, des banques, et qui ne reposerait pas sur des tiers de confiance.
Cependant, force est de constater que le bitcoin tombe dans les mêmes travers que la finance classique : le cours du bitcoin est procyclique (il suit et amplifie les évolutions des marchés financiers traditionnels) et, contrairement à l'or ou au franc suisse, il ne s'agit pas d'une valeur refuge qui s'apprécierait en période de crise.
Alors que le bitcoin se présentait comme une technologie dont les échanges se font sans tiers de confiance, des plateformes comme FTX se sont imposées en tant qu'intermédiaires. À la chute de FTX, certains propriétaires de bitcoin se sont retrouvés dans l'impossibilité de retirer leur portefeuille de bitcoins. Ces épargnants ont été entraînés dans la chute de FTX, soulignant l'échec d’un bitcoin qui pourrait être protecteur du grand public et dont la valeur et la liquidité seraient garanties en toute occasion.

 - 00'49 : Le mythe libéral de la monnaie exogène
 - 06'08 : Le système de l'étalon or
 - 14'48 : La théorie autrichienne des cycles
 - 16'47 : Les monétarismes
 - 20'08 : La crise de 2008 et l'émergence de Bitcoin
 - 22'44 : Le White paper, le manifeste Bitcoin
 - 28'53 : Le mythe d'une monnaie sans dette

Une intervention dans le cadre du "Unblocked & Unchained Symposium", organisé par Pablo Rauzy.

Le politique, entre désymbolisation et surrationalisation. Avec Pierre Musso au Cercle Aristote.


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16.02.2026

Comment le politique, autrefois 'colle' entre croyances collectives et normes, se transforme-t-il en un bricolage de signes sous l’effet de la technoscience et du management ? Pierre Musso décrypte cette métamorphose, des révolutions médiévales à l'IA, en passant par la Silicon Valley.
Une réflexion essentielle sur l’avenir de la démocratie.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'05'47 : Le politique comme "colle" symbolique
 - 0'12'36 : Mythos et logos, les deux pôles
 - 0'29'36 : La structure fiduciaire des sociétés
 - 0'38'10 : La flagellation du Christ, art et politique
 - 0'40'10 : Désymbolisation et prolifération des signes
 - 0'47'24 : L'errance du symbolique moderne
 - 0'52'10 : Management et gouvernance algorithmique
 - 1'00'24 : Le rêve (ou cauchemar) technocratique
 - 1'04'24 : Conclusion : le politique en bricolage

Le style réactionnaire, de Maurras à Houellebecq. Avec Vincent Berthelier pour Citéphilo à Lille.


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16.11.2023

En matière de littérature, dit-on, les conservateurs révolutionnent et les révolutionnaires conservent. La droite ferait passer le style avant toute chose.
Ce discours remplit historiquement une fonction politique. Il se solidifie après-guerre, chez des Hussards soucieux de minimiser l'engagement vichyste ou hitlérien de la droite littéraire et de réhabiliter leurs aînés en les présentant comme des stylistes.
Plus largement, en étudiant un large corpus d'auteurs de droite et d'extrême droite, Vincent Berthelier invite à repenser les rapports entre style, langue et politique.

Une intervention modérée par Cédric Passard.

Deleuze contre Hegel. Avec Jean-Baptiste Vuillerod à la Columbia Law School.


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20.03.2026

Comment comprendre le rapport critique que Gilles Deleuze a entretenu toute sa vie avec la philosophie de Hegel ? Est-il possible de penser ce rapport agonistique sans pour autant reconduire l'image simpliste d'une opposition irréductible ? C'est là le pari de Jean-Baptiste Vuillerod.
En revenant aux textes de jeunesse et en parcourant l'ensemble de son évolution philosophique jusqu'au travail en commun avec Félix Guattari et aux derniers écrits, il montre comment Deleuze a formé son projet intellectuel en dialogue avec la philosophie hégélienne et n'a cessé de s'entretenir avec elle.
Plutôt que l'image stéréotypée du grand adversaire de l'hégélianisme, il en ressort la vision plus nuancée d'une pensée deleuzienne qui a tenté d'accomplir la révolution philosophique que Hegel avait amorcée mais qu'il n'était pas parvenu à accomplir véritablement.

Les grandes philosophies. Avec Charles Robin sur Le Précepteur.


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2026

Au fil des siècles, de nombreux courants de pensée ont façonné notre conception du monde et notre manière d'appréhender l'existence : Qu'est-ce que la vérité ? Comment peut-on vivre heureux ? Dieu existe-t-il ? Quel est le sens de notre vie ?
Bien loin du jargon des spécialistes, le professeur de philosophie Charles Robin nous rend accessible les œuvres des plus grands philosophes afin d'en faciliter la compréhension et, pourquoi pas, de nous faire changer le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde.
Une initiation sérieuse à une discipline souvent difficile d'accès, dans un langage clair et une atmosphère détendue.

Romain Gary (1914-1980), l'insaisi. Avec Michel Cazenave, Paula Jacques, Roger Grenier, Tzvetan Todorov, Alain Aptekman et Lesley Blanch sur France Culture.


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09.12.1993

Il fut un être paradoxal - contradictoire, insaisissable, impossible à situer - et, par la même, un être humain par excellence. Comme si Romain Gary avait voulu illustrer, dans sa vie et sa personne, ses convictions secrètes optimistes (alors que ses convictions avérées étaient toujours pessimistes) concernant l'espèce humaine.
Grand Français (diplomate, Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération)... mais né en Russie et élevé en Pologne. Grand gaulliste... mais contre tous les partis, tous les mouvements et toutes les idéologies politiques. Juif... qui n'admire dans la tradition juive que son sens de l'humour et son auto-ironie. Écrivain qui cherchait à imposer son nom à tout prix... puis se cache derrière des pseudonymes divers. Défenseur de la nature... mais en révolte permanente contre ses lois (avant et surtout : celle du passage du temps). Grand humaniste... mais sceptique, méfiant à l'égard de presque tous les hommes. Arborant tous les signes extérieurs du macho... tout en s'insurgeant contre l'oppression des femmes. Champion inconditionnel du couple... mais "tombeur" invétéré. Défenseur ardent de l'imaginaire et de l'art (la musique, le cinéma, l'illusionnisme sous toutes ses formes)... mais confit d'ennui devant les monuments, les musées et tout ce qui représente "la culture". Avide de récompenses, prix, honneurs, décorations, et fier lorsqu'il les gagne... mais heureux seulement dans l'anonymat, le déplacement constant, le vagabondage.
Un homme paradoxal, contradictoire et impossible à situer... mais un être humain par excellence !

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Nancy Huston.

Dans l'ombre de Gérard Lebovici. Avec Yonnick Flot sur France Inter.


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05.03.2019

Compagnon de route de François Truffaut, Guy Debord ou Jean-Paul Belmondo : Gérard Lebovici est une personne aux vies discrètes qui a construit un empire culturel en traversant le siècle sur la pointe des pieds.
Le 5 mars 1984, l'homme de 51 ans est assassiné de 4 balles dans la nuque : un crime qui porte la signature du milieu, un contrat exécuté par un tueur à gages. L'acte a de quoi surprendre : Lebo, comme on l'appelle, est un producteur incontournable certes, un éditeur sulfureux aussi, mais pas un parrain de la mafia. Les enquêteurs de la crim' se mettent sur le dossier, mais ils piétinent : encore aujourd'hui, personne n'a été inquiété et l'assassin court toujours.
Presque 35 ans plus tard, on ne sait toujours pas qui a tué Lebovici, ni pourquoi...
Pourtant il faut bien le dire, cette mort alimente encore plus l'aura de mystère qui entoure l'homme.  Toute sa vie, il aura construit une armure autour de lui, compartimenté à l'extrême son quotidien. Derrière ses légendaires silences et son regard impassible, qui était-il ? Et puis, si sa mort est une énigme alors que dire de sa vie ?

Émission "Affaires sensibles", animée par Fabrice Drouelle.

Histoire du sabotage. Avec Victor Cachard à la Librairie Terra Nova.


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01.01.2026

Des attaques contre la fortification, durant le Moyen Âge, aux incendies contre les antennes 5G aujourd'hui, en passant par les traine-savates dans les usines et le sabotage de la colonisation, Victor Cachard nous montre ce qu'est le sabotage et nous explique pourquoi il est toujours d'actualité.
Au travers de l'histoire, le sabotage change de visage. Plus récemment, il sort des industries, quitte le monde du travail pour s'attaquer plus largement aux technologies meurtrières. C'est ainsi que l'on peut interpréter la résistance à la colonisation comme un sabotage des techniques d'invasion.
Et avec le passage à l'ère post-industrielle favorisé par l'automatisation, le sabotage enrichit son répertoire d'actions en continuant de s'opposer à toutes les formes d'exploitation et d'oppression.

L'appartenance au monde. Avec Claude Romano et Bruce Bégout pour la Chaire de philosophie à l'hôpital.


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27.09.2025

Claude Romano est désormais une figure éminente de la phénoménologie française, dont les travaux font régulièrement l'objet de séminaires comme de colloques. Ces interventions ont pour but de mettre en question la manière dont il envisage notre "condition merveilleusement corporelle".
En effet, Claude Romano soutient qu'il nous faut considérer le corps comme "étant nous-mêmes" et, optant délibérément pour le réalisme, la perception "comme une saisie directe des choses dans leur réalité indépendante de notre esprit".
On devine qu'à partir de telles affirmations, c’est toute la phénoménologie du corps depuis Husserl qui est remise en chantier.

Sadique époque : comment en sommes-nous arrivés là ? Avec Dany-Robert Dufour au Cercle Aristote.


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24.11.2025

Nous voici entrés dans une nouvelle ère sadique. Où la brutalisation des relations sociales, politiques et internationales n'est même plus dissimulée par ses promoteurs.
Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il faut en revenir à Sade, lorsque le "divin Marquis" a révélé aux hommes, en plein Siècle des lumières, la part d'ombre indissociable de leur nature.
Partant des espaces clos - ces phantasmatiques châteaux des supplices de jadis -, Dany-Robert Dufour examine comment cette "passion sadique" s'est progressivement déployée au fil de l'histoire récente : hier dans l'État total nazi, aujourd'hui dans le Marché absolu.
Il montre combien trois facteurs contribuent désormais à une sadisation en profondeur des relations entre individus : les réseaux dits sociaux, qui fonctionnent en fait à la haine de l'autre ; l'emprise de plus en plus dévorante des technologies ; les pratiques prédatrices de l'hyper-classe financière. Manquait à cette nouvelle ère un couronnement. Le voici, avec l'intronisation de Donald Trump II en bouffon tyrannique fulminant.Nul doute que Sade jubile : c'est désormais la pérennité du genre humain qui se trouve menacée.

Paul-Jean Toulet (1867-1920). Avec Jean Bégarie, Michel Bulteau, Simone Carrat, Marie Catteau Marvier, Michel Décaudin, Bernard Delvaille, Geneviève Dormann, Roger Grenier, François Xavier Jaujard, Louis Lataillade et Pierre Lious sur France Culture.


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22.10.1987

"Et si ma pensée n'avait tout son sens que pour la postérité", écrivait Toulet en 1907 dans ses étonnantes Lettres à soi-même. Il est vrai qu'il a fallu attendre 1985 et 1986 pour que son oeuvre soit rééditée. Elle n'avait pas tenté non plus les éditeurs contemporains. Mais il est vrai aussi que Valéry, Giraudoux, Debussy l'aimaient, que du Bos, Mauriac, Vialatte, Paulhan... le citent et que, pour Borges il est un des trois grands Poètes français.
Le Sud-ouest et Paris se partagent les années de sa vie. De son Béarn natal, il conservera une nostalgie éblouie, mais ce sera à Guéthary qu'il finira ses jours. Quelques voyages cependant, notamment en Extrême-Orient et, dans sa jeunesse, un séjour à l'Ile Maurice où vivait sa famille. En 1898, le dandy s'installe à Paris où il mène une vie de noctambule, dans ce Paris 1900 de la rive droite dont l'écho se retrouve dans plusieurs de ses Romans. En 1912, il fuit le Béarn, perdu (dit-on) de drogue, d'alcool et de difficultés financières.
Sa sensibilité exacerbée, corsetée par une extrême pudeur, se traduit souvent par la légèreté, le jeu, l'ironie. On le perçoit particulièrement dans les Contrerimes dont la métrique singulière permet le balancement et comme l'irisation de la pensée et des mots.
Les fantaisistes l'ont tenu pour leur maître, mais chez Toulet, l'allégresse de la démarche va de pair avec la gravité du sentiment. Celui qui domine, étant celui de la fragilité de l'instant.

Émission "Une Vie, une Œuvre", animée par Paule Chavasse.