Que faire de la Troïka ? Avec Liêm Hoang-Ngoc chez ATTAC à Luxembourg.


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01.04.2015

"Vous venez juste de tuer la Troïka" a confié le 30 janvier dernier le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem au désormais célèbre ministre des finances grec Yanis Varoufakis. Mais en avons vraiment fini avec le trio Union Européenne, FMI, Banque Centrale Européenne ?
Car s'il est vrai que l'arrivée au pouvoir, en Grèce, d'un gouvernement en rupture totale avec les plans d'austérité imposés par les traités européens est non seulement un séisme national mais aussi européen, il ne faut pas enterrer pour autant celle-ci, sans pour autant faire nôtre la déclaration du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker qui avait cru bon de rappeler qu' "Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités".
Il est donc bien sûr question du cas grec et de ses difficiles négociations avec la Troïka qui a été rebaptisée pour l'occasion "les institutions" puis "le groupe de Bruxelles", groupe dans lequel se trouve le Mécanisme Européen de Stabilité qui possède près de 44 % de la dette grecque et dont le siège est situé au Luxembourg.
Liêm Hoang-Ngoc fait également un rapide état des lieux des politiques d’austérité qui continuent de faire des ravages dans la zone euro et présente quelques alternatives à y opposer afin de favoriser l'activité économique, entre autres via une refonte de la politique budgétaire de l'Union européenne et des états membres.

La transformation de la valeur économique dans le capitalisme cognitif. Avec Yann Moulier-Boutang à l'Université de Montréal.


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29.11.2017

Les transformations de la valeur économique dans le capitalisme cognitif réduisent l'importance de la localisation de la production au profit de l'amont et de l'aval : conception, logistique, captation des externalités positives de coopération, réseaux de diffusion et distribution, boucle itérative de contrôle de la confiance et de la sécurité.
Plus généralement la croissance de la finance, véritable gouvernance supplétive d'une économie où les externalités prennent de plus en plus de place, remet en question l'ensemble des instruments de la souveraineté étatique, voir des organisations internationales.
Le droit est pris dans des programmes de minimisation des coûts de transaction : il n'assure plus simplement les règles du jeu des différents types contrats mais devient une variable elle-même calculable dans les frais de la gouvernance globale.
Yann Moulier-Boutang prend divers exemples du défi que représentent ces transformations dans les domaines de la codification des immatériels (droits de propriété, normes sociales, environnementales) et se demande finalement si pareille clé de lecture des innovations juridiques permet :
 a. de dégager des tendances générales
 b. de départager les transformations les innovations positives et négatives et de ne pas s'en tenir à un simple fonctionnalisme (modernisation, frein, facilitateur) sur le rôle du droit

Une conférence qui se fait dans le cadre du cycle de conférences "La circulation du droit à l'heure du capitalisme cognitif" organisé par la Chaire LexUM en information juridique.

Travail, valeur et salaire. Avec Jean-Marie Harribey et Bernard Friot à l'Université Populaire de Toulouse.


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28.03.2017

Pour l'économiste Jean-Marie Harribey, le travail est le seul créateur social de valeur économique, laquelle ne peut être validée socialement que par l'échange monétaire, qu'il soit marchand ou non. Si le travail est le père social de toute richesse, la nature en est la mère. Mais tout comme la force de travail, la nature ne peut être exploitée à l'infini. Si la force de travail a un coût pour le patronat, la nature peut-elle être évaluée comme une marchandise ayant un prix ? N'est-ce pas devenu écologiquement insoutenable ?
Le sociologue Bernard Friot, quant à lui, nous propose un changement de paradigme radical mais réaliste : au lieu de fiscaliser par l'impôt, il s'agit de généraliser à l'ensemble du PIB le modèle de la cotisation sociale inventé à la Libération : affecter à toute personne un salaire à vie de la majorité jusqu'à sa mort, indexé sur sa qualification en lui conférant un statut de co-propriétaire et de décideur politique dans toute entreprise publique ou privée. Ce commun sera financé par une caisse d'investissement et pourra emprunter à taux zéro : il s'agit ainsi d'abolir le patronat et non pas le salariat qui, lui, sera libéré de la contrainte du marché du travail.
À partir de ces deux positions différents, Jean-Marie Harribey et Bernard Friot débattent des questions suivantes :
 - Comment distinguer le travail concret du travail abstrait dont parle Marx ?
 - Si la nature est inestimable, est-il moral de chercher à la transformer en marchandise qui a un prix ?
 - En voulant donner un prix à tout et en affirmant que rien n'a de valeur, le libéral n'est-il pas cynique ?
 - La valeur économique peut-elle être instituée par une décision politique, autrement que par l'échange ?

La naissance des fascismes : l'effondrement d'une civilisation. Avec Johann Chapoutot au festival international du film d'histoire de Pessac.


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24.11.2018

Comment devons-nous, aujourd'hui, comprendre le phénomène nazi ? Peut-on l'attribuer à l'Allemagne seule ou l'intelligibilité du nazisme exige-t-elle de le remettre dans son contexte européen et occidental ? Car si la République de Weimar est politiquement en crise à à la fin des années 1920, c'est bien le terrible choc exogène que constitute la crise financière américaine de 1929 qui va l'abattre. Dans l'arrivée au pouvoir des nazis, c'est la conjoncture qui l'emporte donc largement sur la structure, et le hasard sur la nécessité.
Retour sur un contexte très particulier, celui des années 1920, marqué par une succession de crises, qui verra le pays tomber dans la dépression économique et l'impuissance politique. Et c'est alors, et alors seulement, que le nazisme commence à attirer et à séduire en offrant une explication et un échappatoire. Tous les malheurs de l'Allemagne sont dus à une guerre de races qui a atteint, depuis 1914, son stade le plus critique. Et seul un pays régénéré et retrempé dans la volonté et le courage pourra affronter ses ennemis et les vaincre...

Un entretien mené par Valérie Hannin, pendant le 29e festival intitulé "1918-1939, la drôle de paix".

Contre le libéralisme. Avec Alain de Benoist au Cercle Pol Vandromme.


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19.03.2019

Une société libérale est une société où dominent la primauté de l'individu isolé, l'idéologie du progrès, l'idéologie des droits de l'homme, l'obsession de la croissance, la place disproportionnée des valeurs marchandes, l'assujettissement de l'imaginaire symbolique à l'axiomatique de l'intérêt. Le libéralisme a acquis en outre une portée mondiale depuis que la mondialisation a institué le capital en tant que réel sujet historique de la modernité. Il est à l'origine de cette mondialisation, qui n'est jamais que la transformation de la planète en un immense marché. Il inspire ce qu'on appelle aujourd'hui la "pensée unique" libérale-libertaire. Et bien entendu, comme toute idéologie dominante, il est aussi l'idéologie de la classe dominante.
Le libéralisme est une doctrine philosophique, économique et politique, et c'est comme tel qu'il doit être étudié et jugé. Le vieux clivage droite-gauche est à cet égard de peu d'utilité, puisque la gauche morale, oubliant le socialisme, s'est ralliée à la société de marché, tandis qu'une certaine droite conservatrice ne parvient toujours pas à comprendre que le capitalisme libéral détruit systématiquement tout ce qu'elle veut conserver.
Alain de Benoist nous propose d'aller à l'essentiel, au coeur de l'idéologie libérale, à partir d'une analyse critique de ses fondements, c'est-à-dire d'une anthropologie essentiellement fondée sur l'individualisme et sur l'économisme - celle de l'Homo oeconomicus.

30 ans après Tchernobyl, pour une critique radicale du capitalisme nucléaire. Avec Jean-Marc Royer sur Radio Libertaire.


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26.04.2016

Jean-Marc Royer, ingénieur de l'École nationale d'aviation civile et diplômé de l'université en histoire, nous propose une critique radicale du nucléaire entendu comme "crime contre l'humanité", comme stade suprême du capitalisme (et sa logique mortifère), et comme "fils ainé" du mode de connaissance scientifique.
Après une analyse du Projet Manhattan où la recherche d'une solution visant à causer le maximum de dégâts et de pertes en vies humaines au mépris de toute considération humaine (solution mise en oeuvre lors des bombardements de Hiroshima-Nagasaki), c'est à un bilan sur l'actualité du combat anti-nucléaire que nous sommes conviés, via une exposition de l'état du désastre de Fukushima.

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

Les défis chinois. Avec Eric de la Maisonneuve au Cercle Aristote.


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18.03.2019

Pour déclencher le processus du développement et atteindre le niveau de puissance qui est le sien aujourd'hui, la Chine de Deng Xiaoping a choisi d'amarrer son bateau à l'escadre de la mondialisation occidentale, avec les risques de compromissions libérales et de désaveu maoïste que cela comportait. En outre, dans son ascension vertigineuse, l'Empire du Milieu n'a pu éviter de provoquer de sérieux déséquilibres, voire des ruptures, aussi bien sur le plan socio-économique interne que dans son environnement asiatique et mondial.
À l'image de l'analyse de situation à laquelle le président Xi Jinping a dû procéder à la fin des années 2000, Eric de la Maisonneuve, en inventoriant les éléments du mécanisme stratégique chinois, rappelle d'abord les arguments invoqués par le dirigeant chinois pour rompre avec la ligne adoptée en 1979 ; il présente ensuite les solutions préconisées pour réorienter la dynamique chinoise, notamment à travers les "nouvelles routes de la soie", vers un projet interne mieux équilibré et un destin mondial plus ambitieux. Compte tenu de l'ampleur et de la complexité de la problématique chinoise, ce projet apparaît bien comme un défi inédit et, à certains égards, un pari risqué.

La vraie actu de Michel Drac : S02E10.


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03.2019

L'analyste politique et prospectiviste Michel Drac nous propose un commentaire de l'actualité focalisé sur les tendances lourdes qui structurent l'équilibre précaire de nos sociétés et sur les éléments de rupture qui viennent le perturber.
Au menu des mois de février et mars 2019 :
 - 0'00'00 : le postérisé du mois
 - 0'01'15 : démographie et migrations
 - 0'08'00 : énergies et matières premières
 - 0'19'45 : actualité des technologies
 - 0'26'00 : géopolitique de l'espace atlantique
 - 0'35'15 : géopolitique de l'Eurasie
 - 0'41'00 : géopolitique du Sud
 - 0'56'30 : planète Scarface et casino global
 - 1'13'15 : conjoncture et réalité de la production
 - 1'25'30 : Eurocrise
 - 1'28'30 : autres questions européennes
 - 1'40'00 : régression sociale et nouvelles révoltes
 - 1'54'15 : recomposition politique
 - 1'59'00 : crise du sens et régression anthropologique

L'humanité démocratique. Avec Marcel Gauchet et Robert Legros à Répliques sur France Culture.


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15.03.2014

Toute humanité est particularisée par le monde (la culture) auquel elle appartient. L'appartenance à un monde particulier – à une humanité particulière – exclurait-elle alors les signes sensibles d'une appartenance au monde de tous les hommes et à une humanité universelle ? L'expérience démocratie qui est la nôtre dans la modernité occidentale fait-elle exception ?

Des manuscrits antiques à l'ère digitale : le devenir machinique du livre. Avec Frédéric Kaplan à l'Université de Lausanne.


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26.08.2011

Le professeur de Digital Humanities à l'EPFL Frédéric Kaplan met en évidence le processus de machinisation dans lequel s'inscrit le livre, ce processus ayant pour finalité d'inscrire un objet dans une certaine fonction qui lui est propre et qui suffit à le définir complètement. Mais le livre n'a pas encore atteint ce stade en ce qu'il permet d'organiser un discours dans l'espace : le livre a une fonction "architecturante".
C'est ici qu'il faut distinguer le livre de l'encyclopédie : alors que le livre organise un discours, l'encyclopédie englobe le monde. Cette dernière décompose le livre en noeuds sémantiques afin d'en extraire des contenus en vue d'une standardisation, tout en s'interrogeant sur les pratiques de lectures afin d'en tirer des "reading analytics".
Le livre demeure ainsi une entité fermée contenant des données qui peut donc, contrairement à l'encyclopédie, innover, mais dont la forme actuelle reste menacée : l'avenir seul pourra nous dire quel sera le livre de demain.

Bible et "fake news" dans la propagande sioniste. Avec Claude Timmerman pour E&R à Lille.


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15.12.2018

Le biologiste et statisticien Claude Timmerman a entrepris depuis une dizaine d'années des recherches sur les origines historiques du peuple juif, recherches où il se propose de remettre certaines réalités historiques en perspective, grâce notamment aux découvertes archéologiques les plus récentes.
Retournant aux temps de l'écriture des textes bibliques, il nous dévoile ici plusieurs millénaires d'affabulations et d'anachronismes au service du mythe politique de la terre d'Israël occupée continûment depuis ses origines par le peuple d'Abraham à qui Yahvé l'aurait dévolue.

Isidore Ducasse, comte de Lautréamont (1846-1870). Avec Thierry Beauchamp, Stéphane Deligeorges, David Sylvain-Christian, Gitta Barthel, Jean-Jacques Lefrère et Vérane Partanski sur France Culture.


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30.04.1992

Au commencement est un livre, couverture jaune, perdu à 7, 15, 20 exemplaires de par le monde, Les chants de Maldoror, par le Comte de Lautréamont. Sous ce masque inamovible se cache un jeune poète, le montévidéen Isidore Ducasse.
L'histoire devrait s'arrêter là. Mais nul autre texte n'aura été autant prétexte à fantasmes et projections. Parmi les "inventeurs" de Lautréamont, des Léon Bloy, Philippe Soupault, Julien Gracq, Blanchot, Bachelard...
Dès lors, que dire, qu'oser dire encore d'Isidore Ducasse ? Qu'il tue encore et toujours ses lecteurs après les avoir assommés ? Comment traquer Isidore Lautréamont aujourd'hui ?

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Anita Castiel.