Christopher Lasch et la critique du progrès. Avec Renaud Beauchard pour la Revue Esprit.


(0)
150 Vues
0 commentaire
01.09.2019

Dans son essai Christopher Lasch. Un populisme vertueux, le professeur Renaud Beauchard propose une synthèse de la pensée du sociologue et historien américain. Celui que l'on présente parfois comme "le plus grand critique social" des États-Unis contemporains a cherché dans toute son œuvre à "comprendre l'étrange paradoxe de notre temps qui veut qu'en dépit de l'évidence des désastres écologiques, humains et moraux causés par le capitalisme mondialisé, il nous est [..] plus facile d'imaginer la fin du monde que celle du capitalisme."
Christopher Lasch est le reflet des tensions qui ont traversé le XXe siècle aux États-Unis, principalement depuis 1945. Fils de militants radicaux et partisans d'un "socialisme authentiquement démocratique", il étudie la théologie à Harvard et se lance dans un inventaire du "rationalisme optimiste" de ses parents. C'est à partir des années 1970 qu'il commence l'écriture de ses ouvrages majeurs. Après une enquête de grande ampleur sur la famille, il débute un cycle de trois essais sur la personnalité narcissique, emblématique du capitalisme contemporain : La culture du narcissisme (1979), Le seul et vrai paradis (1991) et La révolte des élites (1994).
Pour Renaud Beauchard, l'œuvre de Lasch a un aspect antimoderne par sa critique de l'individualisme consumériste contemporain, mais elle est porteuse en même temps d'une défense du projet émancipateur des Lumières. Il s'inscrit dans une tradition alternative au libéralisme, celle de l'humanisme civique : "Dans un monde qui devient de plus en plus inintelligible, Lasch fait un constat désespéré de l'état du caractère démocratique de l'individu, qu'il attribue à une faillite intellectuelle du libéralisme."

Qui peut agir sur qui pour éviter la fin du monde ? Avec Laurent Mermet à AgroParisTech.


(0)
129 Vues
0 commentaire
05.11.2018

Le professeur de sciences de gestion Laurent Mermet met en discussion les interventions qu'Aurélien Barrau a faites au cours des derniers mois pour alerter sur l'urgence d'agir face à la crise écologique, spécialement en ce qui concerne les idées en matière d'action collective.
Entre appel aux gouvernements à prendre leur responsabilités, mobilisation citoyenne dans un conflit de groupes d'intérêts, perspective d'une révolution de nos modèles de société, les pistes d'action reposent sur des raisonnements hétérogènes et contradictoires. 
Laurent Mermet analyse également en quoi le refoulement du distributif, où l'on raisonne comme si l'humanité était un acteur constitué et unitaire, et où l'on élude la question des gagnants et des perdants des crises et mutations, débouche sur d'importants points aveugles lorsqu'il s'agit de penser l'action collective face à l'urgence écologique.

Voltaire antisémite. Avec Félix Niesche sur ERFM.


(0)
204 Vues
0 commentaire
01.09.2019

"C'en était fait de l'idylle entre François-Marie Arouet et moi : Adieu Zadig, adieu Candide, adieu Micromegas ! Mon ancienne admiration je l'assigne à résidence en mes plus noirs souterrains, chargée de fers. Les ricanements squelettiques venus du tréfonds de mes oubliettes me laisseront de marbre. Je resterai inflexible sur ma plus haute tour de guet antisémite. Au loin, de sombres lueurs rougeoient les murs du château de Ferney, comme s'il était un Four crématoire champêtre, du sang suinte de ses murs sous les doigts crochus du lierre, le Zyclon sue par ses fentes et ses fissures, et les bougies des grands candélabres que l'on aperçoit l'été par les croisées ouvertes, exsudent une abjecte odeur de suif."
Telle sera la condamnation sans appel que la Révélation de l'antisémitisme de Voltaire fera prononcer par Félix Niesche qui, naguère encore, louait l'élégance, la finesse et l'ironie d'une œuvre qu'il jugeait irremplaçable pour combattre l'imbécilité, la platitude, la vulgarité irrationnelle de nos temps. Mais l'antisémitisme de Voltaire passe la mesure !
La plupart de ses œuvres en sont remplies, le Dictionnaire philosophique croule littéralement sous un flot d'antisémitisme continu. Voltaire n'est pas un peu antijuif sur les bords, antijudaïque par-dessus le marché, mais il est ontologiquement, radicalement antisémite, au sens moderne du mot. Dans l'Essai sur les mœurs, il déplore que les Juifs "furent punis, mais moins qu'ils ne le méritaient, puisqu'ils subsistent encore". Donc un authentique regret qu'il n'y eût point une Shoah avant la lettre.
C’est ce Voltaire interdit que nous découvrons ici.

Émission "Pourquoi tant de haine ?", animée par Monsieur K.

Modernité : présent et avenir. Avec Kostas Mavrakis au Cercle de l'Aréopage.


(0)
131 Vues
0 commentaire
2019

La modernité est caractérisée par le refus de l'héritage et de la tradition au nom d'un progrès qui sert d'idéal de substitution. Mais ses thuriféraires, qui se veulent à la pointe de la modernité depuis plus d'un siècle déjà, ne sont-ils pas finalement ringards ?
Refusant l'obscurantisme moderniste d'un siècle révolu, le philosophe Kostas Mavrakis entend renouer les fils brisés de notre tradition : telle est la tâche exaltante que l'histoire met à l'ordre du jour.

Quelle part d'humanité dans l'invention de la guerre ? Avec Anne Lehoerff à la Bibliothèque de Toulouse.


(0)
81 Vues
0 commentaire
19.05.2019

Un jour, vers 1700 avant notre ère, une épée en bronze sortit de l'atelier d'un artisan du nord-ouest de l'Europe, signant ainsi la création d'un objet conçu pour tuer. Il n'était plus ici question de chasser pour se nourrir et couvrir des besoins biologiques, l'homme était un paysan depuis des millénaires. Il inventait là une réalité matérielle spécifique qui entrait dans des modèles sociétaux nouveaux.
Comment cette innovation s'opéra ? Quels mécanismes intellectuels et techniques étaient ici en œuvre ? Quelle part d’humanité ou d'inhumanité peut-on y déceler ?

Les enjeux de la PMA. Avec Sylviane Agacinski sur Public Sénat.


(0)
126 Vues
0 commentaire
22.10.2019

Dans son dernier essai L'Homme désincarné (Gallimard, 2019), la philosophe Sylviane Agacinski s'attaque à la procréation médicalement assistée et à ses conséquences, tandis que le projet de loi de bioéthique est débattu par les instances législatives françaises. Le texte présenté en conseil des ministres prévoit notamment l'ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Et si Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a déclaré à maintes reprises que l'extension de la PMA "ne mettait pas en tension nos valeurs éthiques", Sylviane Agacinski, elle, voit les choses d'un autre œil.
La philosophe regrette notamment que tout soit désormais justifié au nom "des intérêts individuels et des demandes sociétales" que le droit est sommé de ne pas entraver. Elle déplore également l'argument massue qui consiste à invoquer le principe d'égalité pour clore toute forme de débat. "La procréation, assistée ou non, n'a que faire des orientations sexuelles. Elle a en revanche tout à voir avec l'asymétrie des deux sexes, qui ne sont, en la matière ni équivalents ni égaux", nous rappelle-t-elle.
Pour la philosophe de l'incarnation, l'homme moderne veut aujourd'hui dominer la nature, changer sa nature et s'affranchir de la chair, de la mort et de la génération sexuée.

Les élites de l'Ancien Régime : le clergé et la noblesse. Avec Fadi El Hage et Marie-Joëlle Guillaume sur Radio Courtoisie.


(0)
81 Vues
0 commentaire
30.05.2019

Les régimes politiques meurent étouffés par les ricanements de leurs représentants. Cette assertion est la grande leçon de l'histoire que nous pouvons tirer de l'étude des élites sous l'Ancien Régime, de la Régence de Philippe d'Orléans jusqu'à la Révolution.
Car le dénigrement de l'aristocratie venait moins de ses opposants que d'elle-même. Des exploits de leurs ancêtres qui justifiaient leurs privilèges, il ne restait rien ; l'aventure s'était transformée en sinécure. La mission à laquelle les nobles étaient assignés, à savoir protéger la patrie par les armes, était devenue lettre morte dans la mesure où la paix avait remplacé la guerre comme outil de la puissance.
Les historiens Fadi El Hage et Marie-Joëlle Guillaume reviennent sur cette période tragique avec laquelle notre présent entre étrangement en résonnance...

Émission "Libre Journal des chevau-légers", animée par Luc Le Garsmeur.

L'intimité : du sentiment d'effraction à la nécessaire protection de l'enfant. Avec Dany-Robert Dufour à Arras.


(0)
110 Vues
0 commentaire
02.10.2018

Comment les conditions de vie viennent-elles interférer avec la construction de l'intimité ? Pauvreté, précarité, dénuement laissent-ils une place à la dimension du privé ? Comment les différences culturelles donnent-elles à vivre cette intimité et comment notre intervention peut-elle les prendre en compte ? Et, d'ailleurs, quelle est l'origine de ce concept ?
Le philosophe Dany-Robert Dufour revient sur l'histoire de l'intimité et nous en quoi il a récemment changé de sens et de fonction. Car l'intime dans une société de marché et du spectacle où l'injonction à la transgression est devenue la norme n'a plus grand chose à voir avec la société traditionnellement répressive et productrice de névroses.

Une conférence organisée par le "Carrefour National des Délégués aux Prestations Familiales".

Savoir reconnaître le nihilisme en nous. Avec Julien Rochedy pour Le club du Mercredi à Nancy.


(0)
163 Vues
0 commentaire
06.11.2019

Ancien président du Front National de la jeunesse, créateur et animateur de l'Ecole Major, nietzschéen assumé, Julien Rochedy est en première ligne pour combattre le nihilisme de la civilisation européenne et occidentale, c'est à dire tout ce qui est en elle cherche à se suicider sous couvert d'idéaux, de morale et de bons sentiments.
En lutte contre la domestication des hommes, c'est à dire contre la logique qui cherche à les rendre inoffensifs, soumis et esclaves d'un système insensé et morbide, il entend participer à la rénovation de la pensée de droite qui, tout en s'inspirant des grands auteurs et des grandes traditions de pensée, envisage aussi et surtout l'avenir. Notre avenir.
Saurons-nous entendre ce qu'il a à nous dire ? Pourrons-nous éviter la ruine identitaire programmée de la civilisation européenne ?

Gilets Jaunes : contre tous les flics du Capital ! Avec Francis Cousin pour le Collectif Guerre de Classe.


(0)
228 Vues
0 commentaire
11.2019

C'est dans un dialogue avec deux Gilets Jaunes Constituants et un membre du Collectif Guerre de Classe que Francis Cousin dresse l'état de la situation du mouvement social et discute des pièges réformistes, qu'ils soient à la droite ou à la gauche du Capital.
Contre tous les flics de l'ordre marchand, vive l’insurrection sociale !

La domination adulte en question. Avec Delphine Piterbraut-Merx sur Radio Libertaire.


(0)
121 Vues
0 commentaire
2019

Doctorante en philosophie, Delphine Piterbraut-Merx s'attaque ici au problème de la domination adulte dans une approche matérialiste et intersectionnelle. Spécialiste de théorie politique et de genre, elle attire notre attention sur ce point aveugle des théories contemporaines de la domination qu'est la domination des adultes sur les enfants.
Il s'agit de montrer comment les rapports sociaux adulte-enfant ne font que rarement l'objet d'une analyse politique, et comment l'analyse des rapports de genre pourrait permettre de politiser ceux-ci.
Les violences sexuelles sur enfant et l'étude des mouvements pédophiles d'extrême-gauche des années 1980 sont également abordés.

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

"La littérature est un territoire où l'on cherche sa propre identité". Avec Claudio Magris sur France Culture.


(0)
72 Vues
0 commentaire
28.10.2017

Claudio Magris est romancier, essayiste, traducteur de Kleist, Schnitzler et Büchner, voyageur érudit, dans le temps et dans l'espace, éditorialiste, aussi, au Corriere della Sera, primé dans tous les pays : Prix Strega, le Goncourt italien, en 1997, Prix prince des Asturies en 2004, Prix de la paix des libraires allemands en 2009...
Les français l'ont découvert, et aimé, avec Danube, journal sentimental, essai nourri de fictions où il suivait l'histoire et les mythes charriés par le grand fleuve, de la Forêt-Noire à la mer Noire. Il est aussi l'auteur d'une œuvre protéiforme où l'on trouve des romans comme Enquête sur un sabre ou A l'aveugle, et des essais comme Microcosme, qui font de lui l'une des figures majeures de la culture italienne et de l'humanisme européen.
Claudio Magris publie aujourd'hui un nouveau roman publié chez Gallimard intitulé Classé sans suite. Plus qu’un roman fleuve, c’est un roman musée. Ou un musée roman. C'est peut-être, d'ailleurs, la même chose. On y découvre Luisa Brooks, une femme dont l'histoire est très liée à la deuxième guerre mondiale, fille d'une juive triestine qui a traversé la shoah et d'un sergent afro-américain arrivé dans la ville en 1945, un personnage héritier de deux tragédies, la shoah et la traite des noirs, et qui doit reprendre l'œuvre d'un personnage excentrique, illuminé, un triestin, lui aussi, qui s'était mis en tête de collectionner les armes de toutes les époques, de la hache au chars d'assauts, des cimeterres aux grenades à fragmentation, pour en faire un musée qui serait tellement chargé de mort qu'il convertirait tout le monde à la paix. Et le plus fascinant, c’est que cet homme a existé, qu'il a vraiment vécu à Trieste et qu'il a considérablement abîmé la vie de sa famille en se ruinant pour acquérir ces armes…

Émission "Le Temps des écrivains", animée par Christophe Ono-dit-Biot.