Le dandysme philosophico-littéraire. Avec Daniel Salvatore Schiffer à l'Académie Royale de Belgique.


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10.2010

Le dandysme : une notion beaucoup plus profonde et articulée, tant sur le plan philosophique que littéraire, que ce qu’il y paraît à première vue. C’est cette thématique que Daniel Salvatore Schiffer va nous aider à mieux cerner tout au long de ces deux cours-conférences.
Ces leçons, aux confins de la philosophie, de l’art et de la littérature, se basent sur la réflexion, à travers quelques-uns de leurs concepts-clés, de deux des penseurs majeurs du XIXe siècle, Friedrich Nietzsche et Sören Kierkegaard, pour analyser, dans un deuxième temps, la manière dont deux des plus grands écrivains de ce même siècle, Charles Baudelaire et Oscar Wilde, ont appliqué, au sein de leur œuvre poético-littéraire, ces notions philosophiques.
La figure du "philosophe-artiste", tout d’abord. Elle jalonne l’œuvre de Nietzsche. De lui connaît-on surtout la critique des valeurs judéo-chrétiennes : ce qu’il appelle la "transmutation des valeurs". Avec, comme corollaire, l’avènement de ce qu’il qualifie le "surhomme". C’est ce type de "surhomme" qui se révèle être la préfiguration du "philosophe-artiste" : être à l’intelligence, comme à la sensibilité, évoluant constamment, en une sorte de synthèse existentielle, aux limites, justement, de la philosophie et de l’art.
L’esthétique de Kierkegaard, ensuite. Elle constitue le premier des trois stades, au sein de sa "dialectique qualitative", du développement humain : les stades esthétique, éthique et religieux. Il est fait également allusion du thème de la séduction, pivot existentiel et conceptuel de son "stade esthétique".
Ainsi examinenons-nous, ensuite, la manière dont deux des plus grands écrivains du XIXe siècle - Charles Baudelaire, en France, et Oscar Wilde, en Angleterre -, chantres du dandysme, ont appliqué, consciemment ou non, ces importants concepts nietzschéen et kierkegaardien au sein de ces deux chefs-d’œuvre de la littérature universelle que sont Le Peintre de la vie moderne de Baudelaire, et Le Portrait de Dorian Gray de Wilde. Car c’est dans ces deux œuvres, principalement, que l’on voit apparaître le plus clairement la figure du "dandy", dont le philosophe-artiste nietzschéen ainsi que le "séducteur" kierkegaardien sont les archétypes philosophiques.

La Renaissance, une construction politique du XIXe siècle. Avec Didier Le Fur sur la Radio Chrétienne Francophone.


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10.03.2018

La Renaissance est souvent présentée comme une période de bouillonnement scientifique, intellectuel et artistique, née en Italie. Dans Une autre histoire de la Renaissance (éd. Perrin), Didier Le Fur la présente comme une construction du XIXe siècle.
Une construction lente mais construction tout de même. Au XVe siècle en Italie, des intellectuels ont redécouvert le latin des Romains et décidé de le remettre à l'honneur. Comme dit Didier Le Fur, "ils se sont pris de mégalomanie de réinventer une langue et de la réimposer à la culture italienne pour le prestige de la cité de Florence".
Au siècle suivant (milieu du XVIe siècle), la notion de Renaissance réapparaît en France. Cette fois sous l'impulsion des auteurs de la Pléiade. Ces jeunes intellectuels de 20 à 27 ans, désireux de trouver leur place au milieu des clercs de l'époque, réinventent une poésie en modernisant le français : il vont "refaire la langue magnifique" - tout comme les intellectuels florentins l'avaient fait pour le latin.
Enfin, c'est finalement au XIXe siècle, sous la plume de Michelet, que la Renaissance va devenir une période historique à part entière.

Émission "La suite de l'Histoire", présentée par Véronique Alzieu.

Délivrez-nous du bien. Avec Natacha Polony et Jean-Michel Quatrepoint au Cercle Pol Vandromme.


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21.11.2018

L'atmosphère est lourde. Les phrases, les situations qui semblaient autrefois anodines deviennent des crimes. Nous sommes tous coupables, et les inquisiteurs nous guettent. Coupables d'avoir bu un verre, d'avoir blagué sur les femmes, de manger de la viande, d'avoir offensé une minorité quelconque. Coupables d'avoir été du côté des "dominants". Chaque jour, un citoyen qui se croyait, non pas un héros, mais un type à peu près bien, se retrouve cloué au pilori, sommé d'expier ses crimes et de faire repentance.
Derrière cette traque aux dérapages et ces entreprises de rééducation, un mécanisme : la tyrannie de minorités qui instrumentalisent des combats essentiels, pour les transformer en croisade contre une supposée majorité, contre les "dominants". Au nom du Bien, on modifie le vocabulaire, on nie le plaisir, on criminalise le désir, on réécrit l'histoire.
Ces nouveaux bigots, qui détestent l'Homme tel qu'il est et le rêvent selon leurs diktats, sont les idiots utiles d'un néolibéralisme qui atomise les sociétés et fragilise les structures traditionnelles pour mieux imposer sa vision manichéenne du monde.

Les écrivains contre la Commune. Avec Paul Lidsky pour l'Association des amis de la Commune de Paris.


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07.12.2017

Le 18 mars 1871 éclate à Paris une révolution populaire qui, quelques semaines plus tard et après une guerre civile sans merci, s'achèvera par la défaite de la Commune et une incroyable répression. Devant cet événement, la réaction des écrivains et hommes de lettres français est quasi unanime : à l’exception de quelques-uns, parmi lesquels Vallès, Rimbaud et Verlaine, tous prennent position ouvertement contre la Commune et certains avec une virulence qui surprend encore aujourd'hui.
Théophile Gautier, Maxime Du Camp, Edmond de Goncourt, Leconte de Lisle, Ernest Feydeau se retrouvent aux côtés de Gustave Flaubert, George Sand et Émile Zola pour dénoncer dans la Commune un "gouvernement du crime et de la démence" (Anatole France), responsable d'avoir plongé Paris dans un état pathologique, exploité par un groupe d’ambitieux, de fous et d’exaltés.
Paul Lidsky retrace ici l'un des chapitres les plus sombres et les plus méconnus de l'histoire littéraire française et à travers l'analyse des textes les plus divers, il s'efforce de comprendre les réactions de l'homme de lettres confronté à la brutalité d'une révolution populaire.

Quel internationalisme ? Avec Frédéric Lordon et Olivier Besancenot pour la Revue Ballast à Aubervilliers.


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30.03.2017

L'Internationale, on le sait depuis la chanson, sera le genre humain. Oui, mais comment ? Et tout se gâte, sinon s'enraie, ici. Nul n'oublie, depuis la boucherie de 1914, que les prolétaires eurent pourtant une patrie : des Français et des Allemands s'entretuèrent.
Le camp de l'émancipation brandit haut l'idéal internationaliste, de l'Espagne antifasciste des années 1930 au Che lançant, du Congo à la Bolivie, que "tout être humain véritable doit sentir dans son visage le coup donné au visage d’un autre être humain".
Mais l'internationalisme induit-il le dépassement des nations ou la coopération solidaire de ces dernières ? La question fâche et charrie son lot d'injures et de malentendus.
Pour en débattre et tâcher d'en clarifier les enjeux, un débat est organisé entre le philosophe Frédéric Lordon et l'un des porte-paroles du NPA, Olivier Besancenot. Le premier jure qu'il n'est d'internationalisme que "de la contagion" et déplore l'abstraction d'une frange de la gauche radicale à ce sujet ; le second s'inquiète de la "grande régression" à laquelle nous assistons, celle de l'éloge des frontières ou de l'État, fût-ce à des fins socialistes.
Une urgence plus qu'une question, donc.

Les mathématiques font-elles partie du monde réel ? Avec Alain Connes chez Etienne Klein sur France Culture.


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17.02.2018

Il y a cette petite histoire qu'on raconte souvent. Deux mathématiciens sont dans la brousse. Chaque soir, ils plantent leur tente sur un terrain dégagé. Un beau matin, l'un d’entre eux est réveillé par des bruits étranges. Intrigué, il glisse sa tête hors de la tente et voit son camarade qui court autour, en étant poursuivi par un lion. Il s'inquiète de son sort, mais l'autre lui répond d'une voix calme : "Ne t’en fais pas pour moi, mon ami, le danger est plus apparent que réel, car j'ai deux tours d'avance"…
Cet argument (qu'on n’est pas obligé de trouver rassurant) invite à interroger le statut des mathématiques : celles-ci sont-elles à la marge de la réalité empirique, confinées dans un monde séparé du monde physique ? Ou faut-il les inclure dans une sorte d'extension intégrale du réel ?
Dans la foulée de ces questions, d'autres se posent : peut-on écrire des romans mathématiques ? Quels liens y a-t-il entre mathématiques et musique ? Et que peut-on faire d'intéressant avec une plaquette de chocolat ?
Réponses avec le mathématicien Alain Connes, professeur au collège de France, titulaire de la chaire d'analyse et de géométrie et lauréat de la médaille Fields (1982).

Émission "La Conversation scientifique", animée par Etienne Klein.

1984, un manuel d'instructions ? Avec Jérémie Zimmermann sur ThinkerView.


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18.10.2018

C'est au tour de Jérémie Zimmermann, ancien porte-parole de la Quadrature du Net, de nous partager ses réflexions sur les évolutions récentes d'Internet, du logiciel libre et de l'informatique en rapport avec la protection de la vie privée.
Son regard libre et critique nous aide particulièrement à comprendre en quoi notre "société du confort" et engendré un design industriel qui nous laisse croire que n'importe quel outil informatique est facile d'accès. Mais penser que des outils aussi complexes et puissants que des ordinateurs sont à la portée de tout le monde est une erreur intellectuelle.
Il nous faut penser l'usage de ces technologies autrement qu'au travers de l'opposition "user-friendly" vs. "trop-compliqué, j’ai pas le temps" et remplacer cette approche par celle de "l'émancipation et l'autonomie individuelle et collective" vs. "le contrôle et la surveillance". Si, dans le design, on cherche à rendre les gens autonomes, adultes et indépendants, on quitte la quête de la simplification à outrance -qui peut parfois générer un certain abrutissement-, et on ouvre de nouvelles façons de concevoir des interfaces qui misent sur l'intelligence de l'utilisateur.
Un discours à écouter attentivement.

Baltasar Gracián, éducateur. Avec Marc Fumaroli et Stéphan Vaquero à Répliques sur France Culture.


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15.01.2011

Baltasar Gracian (1601-1658) est l'un des plus grands essayistes espagnols du Siècle d'or, que l'on peut comparer à Montaigne et à La Rochefoucauld.
Dans L'Homme de cour, dont le texte original date de 1647, qui réunit trois cents maximes ou réflexions, il propose un art de vivre à la cour comme à la ville, en sauvant son honneur et son monde intérieur.
La traduction de 1684 est l'un de ces monuments du style littéraire à la française, que Marc Fumaroli et Stéphan Vaquero viennent nous aider à comprendre et à savourer.

Macron et son Crépuscule. Avec Juan Branco chez Daniel Mermet à Là-bas si j'y suis.


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21.12.2018

Léché, lâché, lynché. La règle des trois 'L' est bien connue parmi ceux qui connaissent gloire et beauté. C'est ce qui arrive à Emmanuel Macron. Hier, le beau monde des médias le léchait avec ravissement, et voilà qu'aujourd’hui le peuple demande sa tête au bout d'une pique. Le petit prodige est devenu le grand exécré.
Rien d’étonnant, les riches l'ont embauché pour ça, il est leur fondé de pouvoir, il est là pour capter toute l'attention et toutes les colères, il est leur paratonnerre, il est leur leurre, en somme. Tandis que la foule hurle "Macron, démission", ceux du CAC 40 sont à la plage. Un excellent placement, ce Macron. De la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune à la "flat tax" sur les revenus des capitaux, de la baisse de l'impôt sur les sociétés à la loi Travail qui facilite les licenciements, il n'a pas volé son titre de président des riches.
Mais pourquoi lui ? Comment est-il arrivé là ? À quoi ressemblent les crabes du panier néolibéral d'où est sorti ce premier de la classe ? Une caste, un clan, un gang ? Le cercle du pouvoir, opaque par nature, suscite toujours fantasmes et complotisme aigu. Il est très rare qu'une personne du sérail brise l'omerta.
Juan Branco vient de ce monde-là. Avocat, chercheur, diplômé des hautes écoles qui fabriquent les élites de la haute fonction publique, à 30 ans il connaît ce monde de l'intérieur. Sur son blog, il publie en ligne CRÉPUSCULE, une enquête sur les ressorts intimes du pouvoir macroniste et ses liens de corruption, de népotisme et d'endogamie, "un scandale démocratique majeur : la captation du pouvoir par une petite minorité, qui s'est ensuite assurée d'en redistribuer l'usufruit auprès des siens, en un détournement qui explique l'explosion de violence à laquelle nous avons assisté."

L'antisémitisme de gauche, du 19e siècle à aujourd'hui. Avec Marc Crapez à Barcelone.


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03.11.2015

L'antisémitisme fut largement répandu chez les socialistes français du XIXe siècle. Les écrits du célèbre utopiste Fourier abondent en remarques désobligeantes ou diffamatoires contre les Juifs, qui incarnent selon lui l'usure et le commerce. Quant à Proudhon, dont la judéophobie viscérale influencera nombre d'auteurs socialistes, il déclare que "le Juif est par tempérament antiproducteur... c'est un entremetteur, toujours frauduleux et parasite...".
De nombreux socialistes anticléricaux, marqués par le darwinisme social, reprochent aux Juifs d'avoir enfanté le christianisme. Le blanquiste Gustave Tridon, résolument raciste, estime ainsi que "Jésus est un juif, un Sémite ; les Sémites sont une race inférieure, un ensemble de peuples superstitieux qui ont imaginé des religions barbares, sanguinaires, oppressives."
Avant l'affaire Dreyfus, quelques socialistes commencent à réfléchir et à douter de la validité de l'antisémitisme, mais la plupart ne se ressaisissent véritablement qu'à partir de la fin du XIXe siècle, au moment où la judéophobie bascule à droite.
Cette petite anthologie, qui restitue dans leur contexte les écrits des propagandistes antijuifs s'inscrivant à gauche, bouscule les idées reçues en démontrant que les grands ancêtres du socialisme ont largement contribué à la naissance de l'antisémitisme moderne, également analysé dans le cadre de cette conférence.

Une conférence qui s'inscrit dans le "IVème séminaire international sur l'antisémitisme" installé au Centre de la Culture Contemporaine de Barcelone.

Macron et l'Allemagne, "souveraineté européenne" ou servitude volontaire ? Avec Coralie Delaume et Pierre Manent à Sciences-Po.


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27.11.2018

Emmanuel Macron a des milliers de gilets jaunes aux trousses, mais il nous l'assure : il garde le cap ! Et pour cela il a une recette magique, qu'il utilise presque quotidiennement depuis son élection : son "projet européen".
C'est grâce à lui qu'il tente d'avancer, et d'affirmer qu'un espoir existe encore dans le macronisme. C'est aussi au nom de cette "souveraineté européenne" qu'il entretient cette relation si particulière avec l'Allemagne, et qu'il espère coûte que coûte obtenir des concessions de ce pays pour faire avancer ce "rêve européen". Un rêve européen qui est donc profondément lié à sa relation avec Angela Merkel et à l'état de santé du "couple franco-allemand".
Coralie Delaume vient justement de publier Le couple franco-allemand n'existe pas : elle nous explique pourquoi il est illusoire de croire en cette relation et nous parle du poids démesuré de l'Allemagne dans l'Union européenne. Elle reviend également sur la politique européenne d'Emmanuel Macron et aborde la question de l'état actuel d'une Union qui ne manque pas de montrer chaque jour un peu plus les prémisses de son effondrement.
Dans un second temps, Pierre Manent se pencher sur la persistance de la germanolâtrie de nos élites et examine cet OVNI conceptuel qu'est la "souveraineté européenne" dont Emmanuel Macron nous vante les mérites. Avec en creux un enjeu fondamental : si cet ultime carte du macronisme n'est qu'une escroquerie intellectuelle pure et simple, que reste-il à Emmanuel Macron ?

Une conférence organisée par l'association "Critique de la raison européenne".

La résistance identitaire et l'impératif d'association. Avec Roberto Fiorini sur Méridien Zéro.


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01.01.2019

Alors que le continent et le peuple européen fait face à des dangers mortels, notre premier réflexe doit être de résister aux manipulations qui servent à nous emprisonner intellectuellement.
Nous devons ensuite nous rappeler que la seule logique qui commande, pour nous, est celle de l'intérêt collectif : l'individu n'est rien, s'il ne sert pas l'intérêt de la communauté.
Enfint, nous devons nous rappeler que dans notre conception du monde il n'y a pas de fatalité. Le destin se regarde en face, et si l'on ose, alors son cours peut être infléchi.

Une conférence organisée par l'association "Le Domaine".