La Troisième nuit de Walpurgis de Karl Kraus : langage, vie et politique. Avec Jacques Bouveresse à l'Université de Lausanne.


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28.05.2008

"Il y a une chose pire que le meurtre, c’est le meurtre avec mensonge ; et le pire de tout, c’est le mensonge de celui qui sait : prétexte d’une incrédulité qui ne veut pas croire au forfait mais croire le mensonge ; docilité de celui qui se fait aussi bête que le veut la violence." Karl Kraus, Troisième nuit de Walpurgis.
Lorsqu’en 1933 Hitler devient Chancelier, le polémiste autrichien Karl Kraus dénonce dans les mois qui suivent, dans un texte de 360 pages, la mise en place de la mécanique de l’horreur nazie. S’attaquant principalement à la presse qu’il tient pour responsable de la création du national-socialisme, son texte est un cri que personne ne veut alors entendre: "Si on se bouche les oreilles on n’entend plus aucun râle" écrira-t-il.
Karl Kraus est mort en 1936. Qui l’a entendu ?

Darwin en son temps. Avec Patrick Tort au Muséum national d'Histoire naturelle.


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01.01.2009

Qui est Charles Darwin (1809-1882) ? Retracer le parcours du naturaliste anglais le plus célèbre, tel est le fil conducteur de cette conférence que revient sur le personnage, ses origines sociales, sa famille et les expériences qui ont déterminé l'orientation de ses recherches.
Ainsi, de 22 à 27 ans, Charles Darwin a entrepris un tour du monde en 1741 jours (de décembre 1831 à octobre 1836) à bord du HMS Beagle, et étudié la faune et la flore de l'hémisphère Sud.
De ses recherches naîtra la "théorie de l'évolution" selon laquelle les espères vivantes ont évolué à partir d'un ou de plusieurs ancêtres communs, par la "sélection naturelle", à savoir que seules les espèces qui se sont adaptées à leur environnement se sont assurées une descendance importante.
En 1859, Charles Darwin résume ces travaux en publiant De l'origine des espèces, ouvrage fondateur de la biologie moderne.
Patrick Tort, en plus de battre en brèche les clichés et idées fausses véhiculés autour de la théorie de Charles Darwin, replace ce dernier en son temps, présente l'homme et le père dans son intimité, évoque la réception de ses idées par la communauté scientifique et le grand public, mais aussi les influences que ses travaux ont laissé dans la littérature, les arts plastiques, l'architecture qui attestent l'importance sociale d'une pensée et sa puissance révolutionnaire.

Mises au point, par Michel Drac.


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2017

Michel Drac, analyste politique et prospectiviste bien connu, donne son opinion sur des points d'actualité, en essayant de les comprendre des points de vue historique et politique.

Günther Anders (1902-1992). Avec Chantal Delsol au Collège des Bernardins.


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29.06.2016

Gunther Anders peut être décrit comme le père du catastrophisme contemporain, de ce courant de pensée supposant la fin prochaine de l’humanité écrasée sous ses propres excès. C’est un courant contempteur de l’hubris moderne.
Celui qui fut marié sept ans (1929-1936) à Hannah Arendt partage avec elle l'une de ses questions principales : la question du monde, présupposant celle de la barbarie. Les réponses données sont profondément différentes : Arendt devient le premier penseur du totalitarisme et conjointement du monde de la liberté existentielle post-totalitaire, et Anders s'installe en précurseur du courant catastrophiste, peut-être le premier à légitimer la seconde modernité.
Comme on sait, la première modernité, celle qui va de la saison révolutionnaire du XVIIIe siècle à la période post-totalitaire, se caractérise essentiellement par le mythe du Progrès et l’attente du bonheur terrestre. La seconde modernité, minée par les déceptions, a cessé de croire au Progrès et, fatalement, renverse l’Histoire dans l’autre sens : elle devient décadentiste. Les catastrophes du XXe siècle se chargeront de radicaliser cette décadence et la transforment en apocalypse.
Anders élabore ainsi une théorie de l’apocalypse, non pas au sens de la révélation, mais au sens trivial de catastrophe finale. Cette pensée ne serait qu’une plaisanterie si elle n’était directement liée à la garde du monde et à des tentatives timides, anxieuses, et pathétiques, pour définir un homme et un monde débarrassés de la barbarie...

Notes de lecture, par Michel Drac.


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2017

Michel Drac, analyste politique et prospectiviste bien connu, s'arrète sur quelques livres importants qui parlent de notre époque, de ses dérives et qui donnent une idée de la dynamique historique qui est la notre.

La vie de Bohème. Avec Luc Ferry sur la RTS.


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07.01.2013

Ne pas confondre bohème et bohême... car c'est bien à Paris, entre les années 1830 et les années 1900, que s'invente un nouvel idéal existentiel, une utopie animée par la conviction que "la vraie vie est ailleurs". Il y a, bien sûr, plusieurs bohèmes : des bohèmes riches et snobs, des bohèmes misérables, certaines romantiques, d'autres révolutionnaires...
Pourtant tous ces poètes, écrivains ou artistes, en dehors même de l'esprit de révolte et de haine du monde bourgeois, ont en commun leur jeunesse. Longue est la liste de tous les artistes qui, de près ou de loin, vont approcher ces milieux : de Victor Hugo, Sainte-Beuve et Nodier à Jules Lévy et Alphonse Allais en passant par Nerval, Gautier, Borel, Rimbaud, Goudeau, Murger et tant d'autres ; Zutistes, Bousingots et Vilains Bonshommes, Jemenfoutistes, Hydropathes, Hirsutes et Incohérents, les groupes s'agrègent et se désagrègent, se déplacent, du Quartier latin à Montmartre en passant par Montparnasse, au gré des humeurs et des amitiés.
La bohème n'en est que plus créative : anticipant Duchamp, Malévitch, Klein ou Cage, elle invente les monochromes, les ready-mades, les concerts de silence et les happenings... comme nous l'explique Luc Ferry.

Le sexe hypocrite à l'époque de la reine Victoria. Avec François Angelier sur France Inter.


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30.09.2013

1885. Le Royaume-Uni est toujours l'atelier du monde et pour plus longtemps encore, le banquier du monde : son empire couvre le quart du monde. Les classes dominantes attribuent la prospérité aux vertus respectables qu'incarnent la vieille reine Victoria et, à son exemple, les familles utiles. Mais l'habit de l'austérité et du travail, bien boutonné de haut en bas, menace souvent de craquer.
Depuis longtemps, il est dit que le pays repose sur une nation invisible d'esclaves blancs et qu'il faut écouter, enfin, le sanglot des enfants dans les ténèbres. La militante française Flora Tristan parlait de la prostitution des pauvres à Londres comme d'un fait si immense qu'il engloutissait déjà les enfants de 10 à 15 ans mais c'était en 1842, au début du règne de Victoria, et le message avait du mal à passer.
Cette fois, en 1885, la croissance est en berne, l'inquiétude grandit et le journalisme à sensation s'installe : tout est prêt, cette fois, pour que puisse commencer le scandale des "Pucelles à vendre" qui déclenchera la première des "marches blanches" de l'histoire et inspirera bien des écrivains, de Stevenson à Bernard Shaw.

Emission "La marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.

Curzio Malaparte (1898-1957). Avec Maurizio Serra, Pierre Pachet, Bruno Tessarech et Jean Gili sur France Culture.


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09.06.2012

De cette vie ouvertement romanesque, faite de bruit et de fureur, subsiste comme une odeur étrange, de soufre, de fer incendié et de putréfaction. Infatigable travailleur et prosateur épique par excellence, Malaparte aura été l’écrivain de la violence dans l’histoire. Sa grande affaire, la guerre, livrée sous la forme d’un triptyque fameux : Technique du coup d’état, Kaputt, La Peau, où il décortique à la pointe sèche, la barbarie sous toutes les coutures.
Grand séducteur et grand solitaire, Malaparte fit de sa vie, une œuvre à part entière. Il conçut une maison à la mesure de sa démesure, minimaliste et sublime, la "Casa come me", sur les hauteurs de Capri séjour des dieux où Jean-Luc Godard décida un beau jour de donner rendez-vous à Brigitte Bardot !
Si Malaparte reste aujourd’hui un incompris, voire un infréquentable, il le doit sans doute à quelques sauts périlleux incontrôlés, entre fascisme et communisme. Engagé très dégagé, Malaparte laisse une œuvre qui ne cesse de proliférer. Hydre inclassable remuant les inédits, les cahiers retrouvés et les nouvelles traductions. Un auteur à suivre !

Emission "Une vie, une oeuvre", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.