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Les crises, en 1940 comme en 1958, ont conduit le militaire qu'était Charles de Gaulle à un engagement politique total pour redresser le pays. Un engagement qui s'appuie sur des conceptions bien particulières de la Nation, de l'État, de la représentation, de l'art de gouverner que de Gaulle forge progressivement, et qu'il formule moins à travers ses écrits que par ses actes et sa manière d'agir.
À l'heure où l’on évoque une "fatigue démocratique", en complète contradiction avec la foi gaullienne dans la volonté nationale et dans l'effort collectif, et où l'on met en cause l'édifice institutionnel de 1958, un travail de reformulation s'impose. Il s'agit de proposer une vision renouvelée de la philosophie politique du général de Gaulle, par-delà les faux semblants, les invocations rituelles et les débats stériles.


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Que s'est-il passé à Paris le 6 février 1934 ? Les évènements sanglants de cette soirée d'émeute ont nourri des interventions divergentes : celle, à gauche, d'un complot fasciste contre la République et la démocratie, celle à droite d'une journée fédératrice, quasi-mythique, pour la droite extra-parlementaire révoltée par l'affaire Stavisky.
Auteur d'un livre de référence sur le sujet, Olivier Dard montre que le 6 Février ne fut pas le résultat d'un complot, fasciste, jacobin ou royaliste et que les Ligues opérèrent dans le désordre sans chercher à prendre le pouvoir par la force. L'émeute fut provoquée par le limogeage du préfet Chiappe et c'est la gestion déplorable des forces de l'ordre qui fit couler le sang.
- 0'00'00 : Intro
- 0'00'59 : Situation politique après les élections de 1932
- 0'06'57 : L'affaire Stavisky
- 0'11'00 : Le lien entre la droite parlementaire et les ligues
- 0'18'02 : Les communistes, acteurs oubliés du 6 février
- 0'21'48 : Jean Chiappe, préfet de police de Paris
- 0'27'07 : Récit du 6 février 1934
- 0'34'48 : Se passe-t-il quelque chose en Province ?
- 0'36'00 : Les dirigeants des ligues ont-ils un but ?
- 0'41'00 : Quel est le role des chefs militaires ?
- 0'43'02 : Des réactions au sein de l'armée ?
- 0'45'43 : Des supposés complots
- 0'47'32 : Complot du Manoir d'Anjou, duc de Guise et comte de Paris
- 0'50'26 : La gauche, barrage contre le coup d'Etat "fasciste" ?
- 0'56'47 : Non pas UN mais DES 6 février 1934
- 0'58'11 : Effectif des manifestants
- 1'04'20 : Le 6 février vu par la presse internationale
- 1'05'54 : Quel est l'impact auprès la presse et de la population ?
- 1'09'26 : L'appareil d'Etat a-t-il bougé ?
- 1'11'48 : Quel est le point des fascistes sur le modèle italien ou allemand ?
- 1'16'43 : Désaccord de fond avec Sternhel
- 1'19'34 : Berstein détruit la pensée de Sternhel
- 1'27'31 : Action catholique belge et le nazification
- 1'29'11 : Outro


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À l'aube du XXe siècle, une femme émerge dans la vie politique allemande : Rosa Luxemburg (1871-1919).
Radicale (au sens où elle veut traiter à la racine les problèmes qu'elle combat), elle ne croit pas à la réforme du capitalisme et défend la révolution. Viscéralement attachée à la liberté, elle dénonce aussi bien l'abandon du pacifisme par les socialistes en 1914, que la violence répressive du régime soviétique naissant. Étonnamment moderne, elle est l’une des rares, parmi les socialistes, à dénoncer le colonialisme, ses effets délétères sur la nature et les communautés extra-européennes.
Assassinée quelques jours après avoir fondé le parti communiste allemand, elle devient une icône, célébrée dans le monde entier, et reste aujourd'hui encore une figure particulièrement inspirante, tant elle nous aide à penser l'orage contemporain.


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En 1784, James Watt dépose le brevet de la machine à vapeur. S'en suit la fameuse révolution industrielle qui va transformer les modes de vie des êtres humains mais également leur environnement. Au point qu’en l'an 2000, Paul Crutzen, prix Nobel de chimie pour ses travaux sur la couche d'ozone, estime que nous avons changé d'époque géologique, passant de l'Holocène qui a débuté il y a 11'500 ans à ce qu'il baptise Anthropocène pour stigmatiser la nouvelle capacité de l'homme à exercer un impact d'ampleur tellurique sur la Terre. Même si les spécialistes, c'est à dire les géologues, n'ont pas encore statué sur cette appellation, le mot inventé par Paul Crutzen est devenu une sorte d’étendard adopté par de nombreux historiens, philosophes, écologues et écologistes.
L'historien Jean-Baptiste Fressoz revient sur ce qui, depuis plus de 200 ans, a conduit l'homme a modifier en profondeur les principaux paramètres géophysiques de la planète.


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Les croisades étaient-elles une entreprise impérialiste à l'encontre de l'Orient musulman ? L'Inquisition a-t-elle brûlé des milliers d'hérétiques ? La chrétienté médiévale était-elle antisémite ? L'Église s'est-elle vraiment interrogée pour savoir si les femmes avaient une âme ? Les papes de la Renaissance ressemblaient-ils tous aux Borgia ? Pendant les guerres de Religion, les catholiques ont-ils fait preuve d'intolérance alors que les protestants incarnaient la liberté d'esprit ? Galilée a-t-il été condamné parce que les papes s'opposaient aux découvertes scientifiques ? L'Église du XIXe siècle était-elle par principe hostile à la modernité ? Dans les années 1930, le Vatican s'est-il aveuglé par anticommunisme sur les dangers du fascisme et du nazisme ?
Historien et journaliste, Jean Sévillia a dirigé un ouvrage coordonnant les réponses apportées par quinze historiens à ces questions explosives, qui visent d'abord à remettre en contexte chaque question dans son époque, avec le souci d'éviter tout anachronisme.
Sans jamais remplacer la légende noire par une légende dorée, cette contribution redonne sa place à une investigation historique sans préjugés et sans œillères.


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Quelles sont les origines du capitalisme ? L'interrogation paraît simple et pourtant il n'existe aucun consensus parmi les historiens. Certains estiment sa genèse à deux siècles, d'autres à cinq ou huit siècles, voire à plusieurs millénaires. Il n'existe pas davantage d'accord sur la nature des facteurs à prendre en compte, ni, plus surprenant encore, sur la définition même du capitalisme.
En adoptant un critère rigoureux pour distinguer le capitalisme des simples pratiques commerciales et monétaires, l'historien Jérôme Baschet remet en question bien des modèles historiques classiques et explore la complexité des forces à l'œuvre dans la transition du féodalisme au capitalisme. Il interroge les dynamiques internes de la société médiévale, soulignant les spécificités de la trajectoire européenne tout en récusant les biais eurocentriques.
Défendant une perspective discontinuiste, il souligne que cette transition représente une rupture radicale dans l'histoire humaine et planétaire, dont la portée se révèle pleinement dans le contexte actuel de crise climatique et écologique.
Sur les trois questions considérées - quand ? comment ? quoi ? -, Jérôme Baschet s'emploie à clarifier les termes des débats à mener, offrant ainsi une réflexion approfondie sur la formation historique du capitalisme, un monde caractérisé par l'autonomisation de l'économie et l'affirmation d'une logique d'illimitation, dont il nous est donné aujourd'hui d'éprouver les conséquences.


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Trois décennies après la fin de la Guerre froide, la popularité du concept de totalitarisme n’a pas faibli. Au cœur des programmes scolaires, et fréquemment employée dans le débat public, la notion est pourtant ignorée voire rejetée par une grande partie des historiens actuels. Ils reprochent au "totalitarisme" d'être une abstraction ne décrivant que superficiellement le nazisme, le stalinisme ou la Révolution française – dont une historiographie très diffusée en a fait la matrice du totalitarisme.
Comment alors comprendre l'omniprésence d'un concept faisant ombre à des clés de compréhension historique plus pertinentes ? L'histoire du terme de totalitarisme nous apprend qu'il est une catégorie plus polémique que scientifique. S'il s'agissait pendant la Guerre froide d'assimiler l'adversaire soviétique au nazisme, c'est-à-dire au dernier degré du mal, le "totalitarisme" sert désormais à disqualifier tout projet ambitieux d'émancipation collective. En expliquant avant tout les crimes des régimes totalitaires par la volonté de transformer le monde d'après un idéal, le concept de totalitarisme insuffle dans la société l'idée insidieuse qu' "il n'y a pas d'alternative" puisque toute alternative à notre monde au nom de l'égalité contiendrait la potentialité d'un crime de masse.
Pour discuter de ces enjeux, Le Vent Se Lève recevait à la Sorbonne le 26 avril dernier, deux spécialistes de la question : Johann Chapoutot, historien spécialiste du nazisme ayant mis en évidence certains traits contre-intuitifs du IIIe Reich : sa « normalité » dans l’Occident du début du XXe siècle, sa « rationalité », ainsi que son caractère anti-étatiste. Ce dernier trait infirme la vision d’un nazisme « totalitaire », compris comme voulant instaurer la suprématie d’un État tout-puissant sur tous les aspects de la vie.
Sophie Wahnich, historienne de la Révolution française. À rebours des analyses faisant de l’épisode de la Terreur la « matrice des totalitarismes », Sophie Wahnich s’intéresse à la violence politique révolutionnaire, non pour la vilipender mais pour l’analyser et la comprendre. Elle souligne la dimension rituelle – destinée à satisfaire un besoin de vengeance populaire par le spectacle – , sacrificielle et paradoxalement émancipatrice – la liberté se fondant sur le sang des aristocrates – de la violence révolutionnaire, elle aussi, irréductible à un quelconque « projet totalitaire ».


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Que s'est-il passé en mai 1942 dans la steppe autour de Kharkov, en Ukraine ? L'Armée rouge a lancé une offensive qui s'est conclu pour elle par un énorme désastre. Les Allemands étaient une fois de plus les plus forts ! Mais les leçons seront tirées et ce sera le dernier désastre des troupes de Staline...
- 0'02'30 : La collection "Champs de bataille" et l'approche d'une histoire militaire par la bataille
- 0'07'30 : Barbarossa et la situation en 1942
- 0'12'30 : L'importance stratégique de Kharkov
- 0'18'00 : Les forces soviétiques et nazies à la veille de Kharkov
- 0'35'45 : Des cultures tactiques et stratégiques différentes
- 0'45'00 : Le projet d'attaque soviétique et son échec
- 1'02'30 : Le désastre vu de l'intérieur
- 1'10'00 : L'heure du bilan
- 1'20'00 : La mémoire de la bataille
Émission "Le Collimateur", animée par Alexandre Jubelin.