Les ouvriers du XXe siècle. Avec Xavier Vigna sur StoriaVoce.


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05.2021

Quel est le paysage politique et syndical à la veille de la Grande Guerre ? Est-ce que l'électorat ouvrier est acquis à la gauche ? Comment s'organise la solidarité ouvrière ? D'où viennent les ouvriers immigrés tout au long du XXe siècle ? Comment évolue la présence féminine au sein de la classe ouvrière ?
C'est en compagnie de l'historien Xavier Vigna que nous revenons, en trois épisodes, sur la place du mouvement ouvrier dans la France contemporaine. Un premier volet explique comment la monde ouvrier a pesé sur l'histoire de notre pays au XXe siècle, un deuxième se penche sur la vie des ouvriers au fil des grands évènements du siècle et un dernier s'interroge sur la place des femmes et des immigrés dans la classe ouvrière.

Une histoire du conflit politique : élections et inégalités sociales. Avec Julia Cagé et Thomas Piketty pour l'Agora des savoirs à Montpellier.


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29.11.2023

Qui vote pour qui et pourquoi ? Comment la structure sociale des électorats des différents courants politiques en France a-t-elle évolué de 1789 à 2022 ? Grâce à un travail inédit de numérisation des données électorales et socio-économiques des 36'000 communes de France couvrant plus de deux siècles, Julia Cagé et Thomas Piketty proposent une histoire du vote et des inégalités à partir du laboratoire français et nous permettent de porter un regard neuf sur les crises du présent et leur possible dénouement.
La tripartition de la vie politique issue des élections de 2022, avec d'une part un bloc central regroupant un électorat socialement beaucoup plus favorisé que la moyenne – et réunissant d'après les sources ici rassemblées le vote le plus bourgeois de toute l'histoire de France –, et de l'autre des classes populaires urbaines et rurales divisées entre les deux autres blocs, ne peut être correctement analysée qu'en prenant le recul historique nécessaire. En particulier, ce n'est qu'en remontant à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, à une époque où l'on observait des formes similaires de tripartition avant que la bipolarisation ne l'emporte pendant la majeure partie du siècle dernier, que l'on peut comprendre les tensions à l'œuvre aujourd'hui. La tripartition a toujours été instable alors que c'est la bipartition qui a permis le progrès économique et social. Comparer de façon minutieuse les différentes configurations permet de mieux envisager plusieurs trajectoires d'évolutions possibles pour les décennies à venir.

Le style de l'extrême droite : médiévalisme et littérature réactionnaire. Avec Vincent Berthelier et Isabelle d'Artagnan à l'Institut La Boétie.


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21.10.2024

L'extrême droite a construit un imaginaire, une esthétique de la réaction à travers une importante tradition littéraire et artistique depuis la révolution française. Encore aujourd'hui, les formes modernes, politiques ou culturelles de la réaction sont imprégnées de cette longue et diverse tradition.
Isabelle d'Artagnan et Vincent Berthelier décortiquent les différents points saillants de cet univers de l'imaginaire de l'extrême droite, de son esthétique, à la fois de ce qu'on peut en dire du point de vue de l'observateur extérieur, de celui du militant antifasciste mais aussi comme elle se voit elle-même.
Il s'agit notamment de revenir sur les traditions littéraires de l'extrême droite à travers son rapport au style, à l'écriture, à la forme roman elle-même, et de s'intéresser aux thèmes récurrents de cet imaginaire.

L'angoisse d'être un individu dans un monde néolibéral en crise. Avec Marcel Gauchet pour Elucid.


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11.2024

Auteur de nombreux ouvrages dont L'avènement de la démocratie et Le désenchantement du monde, Marcel Gauchet vient également de faire paraitre Le nœud démocratique : aux origines de la crise néolibérale. Il revient ici sur les points essentiels de son œuvre : une analyse de l'histoire humaine centrée sur l'affrontement dialectique entre la religion et la politique.
Ainsi, notre époque moderne est marquée par une sortie de la religion, et la consécration d'une autonomie individuelle à la source de nombreux maux. L'individualisme exacerbé de nos sociétés (encouragé par le néolibéralisme) abime profondément nos démocraties, qui ne parviennent plus à maintenir le lien collectif, nécessaire au bonheur de tous.

Un entretien mené par Carla Costantini.

Charles le Téméraire et la Lorraine. Avec Fabien Niezgoda pour Histoire d'en Parler.


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29.05.2020

L'épisode est célèbre : Charles le Téméraire, puissant duc de Bourgogne, vaincu par les Lorrains et les Suisses à Nancy le 5 janvier 1477, son corps gisant au bord d'un étang gelé, dévoré par les loups…
La mort du dernier grand prince féodal, adversaire du roi Louis XI, est retenue comme une date majeure dans la consolidation de l'État monarchique français à la fin du Moyen Âge. La Lorraine indépendante, de son côté, célébra longtemps l'anniversaire de la bataille de Nancy comme sa fête nationale.
Revenir sur cette page de notre histoire permet de mieux comprendre ce qu'était la Lorraine du XVe siècle, et la place qu'elle occupa dans cet "État bourguignon" en construction, qui s'étendait du Jura à la mer du Nord.

Qu'est-ce qu'Ibn Khaldoun peut encore nous dire ? Avec Gabriel Martinez-Gros au Cercle Aristote.


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21.10.2024

Pour Ibn Khaldûn, immense historien arabe du XIVe siècle, l'État "civilise" au plein sens du terme, il crée une société civile, pacifique et désarmée. L'État trace une limite claire entre la société sédentaire, qui vit sous sa protection, et la société bédouine, tribale, qu'il ne contrôle pas. Mais il a besoin des deux mondes, puisqu'il tire du monde tribal la violence nécessaire pour imposer sa paix dans le monde sédentaire, où il puise ses richesses à travers l'impôt. Si on donne à ces termes, "sédentaire" et "bédouin", leur véritable sens, c'est-à-dire "sous le contrôle d'un État" et "hors du contrôle d'un État", la pertinence de la théorie peut être étendue très au-delà de l'Islam et du Moyen Âge.
Pour comprendre cette fascinante théorie utile à notre temps, Gabriel Martinez-Gros, avec toute la finesse et l'érudition qui lui sont coutumières, nous présente les lignes de force de l'œuvre d'Ibn Khaldûn pour nous permettre d'en cerner la richesse et la portée.

Urgence, eschatologie, maîtrise du temps : le nazisme comme paradigme de l'anthropocène. Avec Johann Chapoutot à l'Université catholique de Louvain.


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23.04.2024

On crédite les nazis d'avoir su légiférer pour protéger la nature : le lien qu'ils établissaient entre le sang et le sol, le culte romantique de la nature et l'hygiénisme raciste qu'ils défendaient les auraient prédisposé à mettre en pratique une sensibilité écologiste précoce parmi les États contemporains. Un examen de la législation écologique nazie montre que les projets de loi dataient de la république de Weimar, et qu'ils ne furent guère appliqués : marais, forêts et montagnes furent soumis aux impératifs de la politique de production et de défense nazie. Un examen plus attentif du sort dévolu à ces zones protégées fait apparaître qu'elles furent, à l'instar des autres territoires et des hommes qui l'occupaient, totalement réifiées, et considérées comme des fonds d'énergie et de matière mobilisables pour l'effort de guerre du Troisième Reich.
La nature prisée par les nazis n’est pas celle des naturalistes et autres écologistes, mais une nature sommairement darwinienne, plus germanisée qu'anthropisée. Elle n'a rien à voir avec l'amour et le respect de la biodiversité. Et de façon concrète, tant sur un plan civil que militaire, les nazis se sont montrés de redoutables destructeurs de la nature, tant sur le plan de l'agriculture que sur celui de l'aménagement du territoire.
Il est temps d'en finir avec une approximation inepte.

Histoire du progrès technologique. Avec François Jarrige pour l'association ACTISCE.


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30.01.2024

La science possède son histoire et les enjeux auxquels elle a dû faire face n'ont pas toujours été les mêmes. Depuis plus de 150 ans, la science a un impact déterminant sur nos sociétés. Au fil des décennies, de nombreux débats ont émergé autour du rôle de la science. Certains ont envisagé un avenir de progrès et d'innovation sans limites, où les découvertes scientifiques révolutionneraient notre existence de manière positive. D'autres, cependant, ont exprimé des préoccupations quant aux implications éthiques et aux conséquences indésirables qui pourraient découler du développement scientifique.
L'historien François Jarrige revisite ces débats en réexaminant les arguments qui ont été présentés de part et d'autre afin d'explorer les concepts clés qui ont émergé autour du progrès technologique et d'ouvrir une vision prospective sur l'avenir de la science.