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Philosophe, essayiste, romancier et homme politique français, Gaspard Kœnig parcourt depuis 2016 le monde pour mettre ses convictions à l'épreuve du réel et multiplie les expériences en immersion : en prison ouverte en Finlande, dans un village brésilien expérimentant le revenu universel, avec les entrepreneurs numériques au Rwanda ou dans les bidonvilles de Lima pour observer le microcrédit. Il effectue aussi un périple de 2'500 km à travers l'Europe sur les traces de Montaigne, avec sa jument, et dit à cette occasion avoir expérimenté un "communisme de tous les jours".
Et en bon néorural dépassé par la nature, il a demandé conseil à ses vieux amis les philosophes. Car au détour d'une page ou d'une métaphore, ceux-ci révèlent leur lien à la terre. C'est tout l'objet de cette intervention : relier la pensée et le sol. Entrecroisant références philosophiques, découvertes botaniques et réflexion politiques, Gaspar Kœnig dessine sa propre agrophilosophie en y célèbrant ses deux passions, la nature et la liberté.


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Pouvons-nous approcher philosophiquement l'essence du christianisme ? Celui-ci nous est accessible par son noyau existentiel, tel qu'il est vécu dans la foi, l'espérance et la charité : il nous faut donc déchiffrer l'essence du christianisme au cœur de l'existence chrétienne. Or avec les Épîtres de saint Paul, nous avons un accès originaire et privilégié à une telle expérience fondamentale, car chez lui, cette expérience religieuse s'accompagne de sa première explicitation.
Et c'est clairement parce qu'ils ont redécouvert l'importance de cet événement fondamental, que depuis deux siècles, les philosophes n'ont cessé de dialoguer avec Paul : Kierkegaard, Nietzsche, Wittgenstein, Heidegger, Arendt, Jonas, Ricoeur, Agamben, et d’autres. L'objet des travaux d'Olivier Boulnois est de reprendre ce dialogue, en traversant les différentes interprétations philosophiques, faites tantôt de percées fulgurantes, tantôt de récupérations, de caricatures et de malentendus, pour nous approcher du véritable Paul : un juif du premier siècle qui croit en Jésus Messie (Christos).
En déchiffrant les Epîtres de Paul au plus près des textes, pouvons-nous aujourd'hui nous rendre sensibles à l'impact authentique et révolutionnaire de sa pensée ?
Une série de conférences prononcée depuis la chaire de métaphysique Étienne Gilson.


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Capital marchand et capital financier sont des concepts clefs dans la description du capitalisme contemporain. Dans le livre III du Capital, Marx s'attache à exhiber leur genèse logique, c'est-à-dire la manière dont ce qui n'était, dans le livre II notamment, que des moments du cycle capitaliste s'autonomise et devient capital à part entière.
Guillaume Fondu propose une étude de cette autonomisation et de la manière dont le schéma logique qu'elle propose peut être utilisé pour penser des phénomènes contemporains.
Une intervention qui se fait dans le cadre du séminaire "Lectures de Marx".



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Dans le paysage intellectuel français, rares sont les figures capables de provoquer un véritable malaise au sein de leur propre camp. Jean-Claude Michéa, philosophe aussi discret qu'incisif, incarne depuis plusieurs années cette "mauvaise conscience" de la gauche. Héritier d'une tradition socialiste critique, il interroge sans relâche les contradictions d'un progressisme devenu le complice involontaire du libéralisme économique qu'il prétend combattre. Ses analyses, mêlant références classiques et observations contemporaines, dressent un portrait sans concession d'une gauche coupée de ses racines populaires.


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À l'heure où l'actualité internationale est rythmée par des conflits aux formes multiples, comprendre la guerre dans sa complexité est devenu un enjeu majeur. Le discours public en traite souvent de manière fragmentaire ou émotionnelle ; Benoist Bihan, historien et spécialiste reconnu de la pensée militaire, se donne pour mission de la replacer dans toute sa profondeur stratégique. De l'Ukraine au Moyen-Orient, en passant par des épisodes moins médiatisés, il propose d'examiner la guerre comme un phénomène global : politique, diplomatique, économique, social et militaire. Sa démarche consiste à dépasser la simple observation tactique pour saisir les permanences et les évolutions qui façonnent la conduite des conflits au XXIe siècle.
En ce sens, Benoist Bihan invite à un exercice rare : penser la guerre dans la durée, en intégrant ses multiples dimensions et leurs interactions, plutôt que de se limiter aux images spectaculaires ou aux bilans immédiats. L'occasion d'explorer les mécanismes de la stratégie contemporaine : dialectiques entre buts et moyens, entre factions internes et adversaires, entre manœuvre politique et épreuve du combat. L'objectif : fournir des clés de lecture pour comprendre non seulement les conflits en cours, mais aussi ceux qui pourraient marquer les décennies à venir, et ainsi mieux saisir les défis auxquels nos sociétés devront se préparer.


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Diabolisée pendant plusieurs décennies, la notion de "planification" revient sur le devant de la scène depuis quelques années. Le pouvoir macroniste a par exemple mis en place, en juillet 2022, un Secrétariat Général à la Planification Écologique, qui a présenté récemment un plan global de décarbonation de l'économie associé pour la première fois à de réels objectifs chiffrés.
Mais face à cela, une forme de libéralisme outré continue à dominer les politiques publiques – refus de l'endettement, refus de l'impôt, casse des cadres réglementaires nationaux, etc. – et achève de priver l'État de tout moyen réel pour mener une quelconque politique économique.
Guillaume Fondu s'interroge sur la dimension politique de la notion de "planification", telle qu'elle a résumé pendant des décennies le projet économique socialiste, construit dans une opposition structurante au marché capitaliste.Il part de ce point de départ, et de quelques exemples historiques, pour faire le point sur diverses questions liées au projet planificateur : son échelle, les modalités de la prise de décision qu'il suppose et les modes d'incitation qu'il peut mettre en œuvre.
Une intervention qui se fait dans le cadre du séminaire "Lectures de Marx".


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Le langage nous importe en philosophie parce que la réalité nous importe. Si, comme il est dit dans les Recherches philosophiques de Wittgenstein, on doit se garder en philosophie contre la tentation constante de prédiquer de la chose ce qui réside dans le mode de représentation, c'est bien parce que ce qui nous intéresse est la réalité elle-même, et non ce que le langage nous oblige apparemment à supposer ou à croire à son sujet.
Jacques Bouveresse entends ici par "réalisme" la conviction qu'entre la pensée ou le langage, d'une part, et la réalité, d'autre part, il n'y a pas de distance plus fondamentale et plus préoccupante que celle qui consiste dans la possibilité qu'ont les pensées et les propositions d'être fausses. Ce que dit sur ce point Wittgenstein est tout à fait opposé à l'idée bergsonienne que la pensée elle-même a déjà introduit par essence une distance entre la réalité et nous, et que seule l'intuition directe serait capable de nous livrer des faits.


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Le sport n'est pas un art pour deux raisons majeures. Dans l'art, on ne juge jamais de la qualité par la quantité. Être un grand sportif c'est entrer dans l'ère de la mesure. D'autre part, l'art n'est pas organisé autour du principe d'incertitude ou de suspens. L'art est un temps accompli que l'on peut revisiter. C'est cela une œuvre d'art. Alors que le sport est un temps qui va s'accomplir... néanmoins parfois avec un certain art !
Un entretien mené par François L'Yvonnet.


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Olivier Rey s'inscrit dans la lignée d'une tradition très française, issue de Polytechnique où il a enseigné les mathématiques, et de la Sorbonne pour l'enseignement de la philosophie. L'un de ces ouvrages majeurs et marquants, Quand le monde s'est fait nombre, fait écho à la question sportive et pose l'hypothèse d'un sport, otage du chiffre. Si le monde n'était que nombre, donc, le sport n'apparaîtrait-il pas alors comme l'un des modes d'expression exemplaire de cette "qualité par la quantité" ?
De nombreuses questions surgissent alors. N'est-on pas un peu dépassé par l'idée que le progrès sans limite que l'on attribue généralement à la production d'objets techniques s'applique également à l'homme qui, somme toute reste limité par essence, notamment de par sa constitution physique et biomécanique. Nous ne courrons jamais le cent mètre en 3 secondes !
Le sport et la culture sont toujours dissociés dans le langage commun et particulièrement dans le langage politique. Cette distinction, voire cette discrimination qui persiste ne trahit-elle pas l'idée d'une sous-catégorie, moins noble, au panthéon des activités humaines ?
À l'évidence, l'accession ou la reconnaissance pleine et entière du sport dans la Culture résiste encore. L'hypothèse d'un sport "otage du chiffre" ne répond-elle pas en partie à cette résistance ? Le sociologue Paul Yonnet, amoureux du sport, lui ayant consacré de nombreux ouvrages théoriques et sociologiques, osait cette idée : "Le sport n'est pas un art pour une raison majeure. Dans l'art, on ne mesure jamais de la qualité par la quantité. Être un grand sportif, c'est entrer dans l'ère de la mesure".
Un entretien mené par François L'Yvonnet.


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Pourquoi l'interdit ? Pourquoi les lois ? Qu'est-ce que l'Etat ? Comment séparer le juste de l'injuste ? Etat, Religion, Révolution, Progrès, ces artifices sont emportés dans le déchaînement du Management scientifique promis à la terre entière. La peur de penser en dehors des consignes a fait de la liberté une prison.
Philosophe, historien du droit et des institutions, Pierre Legendre explique avec lucidité comment l'homme raisonnable organise le monde pour tenter d'échapper à l'abîme de son origine introuvable, ce mur de nuit auquel il s'adosse.
Une série d'entretiens menés par Roger Dadun.


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C'est en compagnie de Thibaut Giraud, créateur de la chaîne YouTube de vulgarisation philosophique Monsieur Phi, qu'est abordé le sujet de la conscience artificielle ainsi que plusieurs études récentes révélant certaines capacités étranges des LLM, comme la manipulation, le mensonge et la supercherie.
- 0'00'00 : Intérêt pour l'IA et le liens entre l’IA et la philosophie ?
- 0'04'51 : La conscience artificielle dans la culture populaire
- 0'11'40 : Comment définir la conscience ?
- 0'24'27 : Est ce que la conscience artificielle est inévitable à mesure que l'on conçoit des IA plus puissantes ?
- 0'28'15 : Certains systèmes actuels pourraient déjà être conscients ?
- 0'38'11 : L'arrivée des robots
- 0'47'45 : Devons nous créer des IA conscientes ?
- 0'51'19 : Un attracteur de moralité et les capacités de tromperie des IA
- 1'04'27 : L'avenir de l'IA et l'alignement
- 1'20'02 : L'IA pour nous aider à trouver la théorie de la conscience
- 1'25'41 : Une question à la première Super IA
Un entretien mené par Gaëtan Selle.


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Dès les premiers jours d'octobre 1917, Lénine va incarner la révolution russe, aux yeux de ses admirateurs comme de ses adversaires. Au plus fort de la guerre froide jusqu'à nos jours cette figure révolutionnaire va susciter des regards sans nuance : génie politique et chef d'orchestre de la révolution pour les uns, agitateur machiavélique et dirigeant sanguinaire pour les autres.
Écartant aussi bien la légende noire que la légende dorée, Guillaume Fondu confronte les réflexions et les choix politiques du leader bolchevique aux positions de ses camarades et adversaires sur les mêmes questions. Lénine est ainsi replacé au cœur du contexte historique dans lequel il s'est formé, a élaboré ses conceptions de la lutte politique et a œuvré à la révolution.
Grâce à cette approche originale, Guillaume Fondu bouscule non seulement des idées reçues renouvelant notre compréhension de ce personnage historique mais il nous permet aussi de questionner les pratiques militantes et les stratégies politiques contemporaines.
Une intervention qui se fait dans le cadre du séminaire "Lectures de Marx".