Le mythe du boeuf ou comment sortir du mépris de classe. Avec Rose Lamy sur Blast.


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05.2025

Le mot beauf qui à l'origine désignait le beau frère est entré dans le langage courant pour désigner la caricature d'un français moyen, réactionnaire, un peu bête, borné, macho, vulgaire… On pense alors au fameux tonton raciste ou à Kevin qui a un mulet, de grosses lunettes de soleil et fait du tuning….
Mais cela va encore plus loin, puisque petit à petit, le beauf devient l'autre, celui auquel on ne veut pas ressembler, celui qui n'a pas les bons goûts, la bonne culture, les bonnes opinions. Les beaufs n'existent que dans le regard de la société.
Dans son livre Ascendant Beauf, Rose Lamy démontre que la figure du beauf est surtout un outil de domination et de fabrique du mépris social. En se moquant des beaufs, on se moque aussi des classes populaires, on se désensibilise de leur sort. En revenant sur son histoire personnelle, l'autrice raconte tout ce qui se cache derrière l'image du beauf : une existence déterminée par la classe sociale, les morts prématurées, les emplois aliénants, les déserts médicaux. L'humiliation permanente… 
Pourtant, le dessinateur Cabu, qui a en partie créé ce personnage le disait "on est tous le beauf de quelqu'un". Pour le sociologue Gérard Mauger cité dans le livre "la figure du beauf produit simultanément une représentation stigmatisée des classes populaires et une représentation enchantée de soi-même comme l'envers du groupe stigmatisé". Le beauf en dit donc beaucoup sur la personne qui juge, la condescendance lui donne une forme de supériorité morale et intellectuelle mais tout ceci a des conséquences bien réelles. "Nous sommes toutes et tous à la fois bourreaux et victimes de l'oppression de classe" écrit Rose Lamy. 
Alors pourquoi est-ce problématique d'utiliser le mot beauf ? En quoi cette figure est-elle devenue un bouc émissaire ? Comment questionner ce mépris social ? Et comment l'extrême droite profite en partie de la stigmatisation des beaufs et donc des classes populaires blanches ?

Un entretien mené par Paloma Moritz.

Les animaux sont-ils des travailleurs comme les autres ? Avec François Jarrige pour Citéphilo à Lille.


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09.11.2023

L'essor de l'industrialisation au XIXe siècle a été associé à la présence des machines et aux innovations technologiques. Mais la révolution industrielle est loin d'avoir supprimé le recours aux animaux. Au contraire : on peut dire que chevaux, mulets ou chiens en ont été des acteurs importants. Au fond, l'énergie animale est le nécessaire pendant de l'essor de la mécanisation.
François Jarrige cherche donc, en historien, à rendre justice à cette autre classe laborieuse, plus invisible encore que le prolétariat. L'occasion d'interroger les nombreuses figures de la relation entre travailleurs humains et non humains, au cœur de la construction du monde moderne.

Une conférence animée par Laurent Keiff.

Vaccins Covid : sûrs et efficaces ? Avec Pierre Chaillot aux Rencontres de Cara.


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23.07.2023

Statisticien et animateur de la chaîne Décoder l'éco, Pierre Chaillot démonte, chiffres à l'appui, le récit dominant de la crise du Covid-19. À travers une analyse rigoureuse de données officielles, il explique comment la perception d'une pandémie mondiale a pu émerger de chiffres statistiquement insignifiants lorsqu'ils sont sortis de leur contexte. Il dénonce notamment l'usage abusif des tests PCR comme principal moteur de la panique, en comptabilisant comme "cas" de simples résultats positifs, sans lien avec une maladie réelle, et met en lumière les mécanismes de manipulation des données, comparant la stratégie sanitaire à d'autres manipulations statistiques bien connues, comme celles du chômage.
Pierre Chaillot s'intéresse ensuite aux essais cliniques des vaccins, qu'il accuse d'avoir été biaisés dès le départ. Il démontre comment les grands laboratoires ont présenté une efficacité trompeuse en limitant les tests chez les personnes vaccinées, et en dissimulant les effets secondaires pourtant largement documentés. En comparant les chiffres des groupes vaccinés et non vaccinés, il souligne que les premiers ont présenté davantage de symptômes sévères, mais que ces effets ont été reclassés comme "indésirables" plutôt que liés au Covid. Il dénonce ainsi une "arnaque parfaite", où l'efficacité du vaccin est mesurée non pas sur l'état de santé, mais sur le nombre de tests positifs, dans un système entièrement structuré pour renforcer un narratif politique et médiatique prédéfini.

L'Eglise et la liberté, quel grand basculement ? Avec François Huguenin sur Fréquence Protestante.


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07.11.2023

Déstabilisée profondément par la violence dont elle fut victime pendant la Révolution, l'Église catholique a développé, dans des textes choquants pour les hommes d'aujourd'hui, toute une vision réactionnaire des notions de liberté religieuse et politique.
Pendant longtemps, elle a condamné en bloc un concept de liberté pensé comme licencieux par essence, conduisant nécessairement à l'erreur. Elle a peu à peu remis en cause ce discours conservateur pour appareiller, avec Vatican II notamment, vers les rives d'un libéralisme politique équilibré, maîtrisé, voyant dans celui-ci une des sources de la dignité humaine.
Histoire de ce basculement avec François Huguenin, auteur de La grande conversion, l'Église et la liberté de la Révolution à nos jours (Editions du Cerf).

Émission "Midi Magazine", animée par Philippe Arondel.

Louis Sarkozy comme symbole de l'impasse libérale-conservatrice. Avec Rodolphe Cart au Cercle Aristote.


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31.03.2025

Nous avons eu le père, voici le fils. Après des apparitions remarquées sur le plateau de LCI ou dans les tribunes du Figaro, Louis Sarkozy a fait son baptême du feu lors d'une soirée organisée par les Jeunes Républicains, en décembre dernier. Simple coup médiatique ou réel engagement politique ?
Quelques semaines plus tard, Valeurs Actuelles nous offre la réponse en faisant de lui l'un de ses éditorialistes vedettes. Depuis quelques mois, et au milieu d'une agitation médiatique grandissante, Louis multiplie les visites aux caciques de l'ancien parti de son père : Bruno Retailleau, Rachida Dati, etc. Peu à peu il s'installe dans le paysage médiatique de droite.
Un tel lancement pose question. Qui est Louis Sarkozy ? Quels sont les réseaux qui le soutiennent ? Quel est son rôle au sein de la droite française ?

- 0'00'09 : Introduction et remerciements
- 0'01'02 : Présentation du livre et de Louis Sarkozy
- 0'02'38 : Les trois dimensions de Louis Sarkozy
- 0'05'00 : Biographie de Louis Sarkozy
- 0'08'38 : L'héritage de Nicolas Sarkozy
- 0'12'11 : Le rôle de Louis Sarkozy dans la politique actuelle
- 0'15'00 : Les positions idéologiques de Louis Sarkozy
- 0'20'24 : Louis Sarkozy et la promotion de Bruno Retailleau
- 0'24'58 : L'impasse du libéral-conservatisme
- 0'32'15 : Réflexions historiques et politiques
- 0'41'11 : Conclusion et perspectives

Comment comprendre la montée de la figure de la victime. Avec François Azouvi sur France Culture.


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27.03.2024

Qu'il s'agisse de catastrophes naturelles, de drames historiques ou de violences familiales, c'est désormais à travers les yeux de la victime que nous les abordons. Le phénomène est notable dans tous les secteurs de la société : dans le droit, où la victime se voit accorder une place chaque jour plus importante dans le procès ; dans la littérature contemporaine, qui se concentre sur les malheurs intimes ; dans la politique, enfin, où se montrer à côté des victimes est un impératif absolu.
Si le nom de victime est très ancien, il a pris dans la modernité tardive un sens nouveau qui a fait d'elle une véritable "autorité interprétative" de notre monde pour reprendre l'expression du sociologue allemand Jan Philipp Reemtsma. Au risque de transformer la victimité en une qualité ontologique, une nature, ce qui la plonge dans une impasse car, n'étant plus référée à un événement, elle se voit privée aussi de toute issue à sa condition. La grande question n'est pas tant de s'apitoyer sur le triste sort de la victime, mais de savoir comment l'aider à sortir de cette condition.
Expliquer cette profonde mutation de notre rapport à la violence, à l'histoire et peut-être au sacré dont témoigne la montée en puissance de la victime est le des travaux récents du philosophe François Azouvi, auteur de Du héros à la victime : la métamorphose contemporaine du sacré (Gallimard, mars 2024).

Émission "Esprit de justice", animée par Antoine Garapon.

Guerre en Ukraine : la révolution des drones. Avec Xavier Tytelman au Cercle Aéronautique de l'ESTACA.


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10.10.2022

La guerre en Ukraine marque un tournant majeur dans l'histoire des conflits armés : jamais l'usage des drones n'y avait été aussi massif, varié et décisif. Pour la première fois, toutes les catégories de drones – à l'exception des plus lourds drones de combat – sont engagées simultanément, qu'il s'agisse d'appareils militaires spécialement conçus ou de simples drones civils détournés à des fins tactiques. L'Ukraine, théâtre de la première guerre de haute intensité de l'ère des drones, y a trouvé un terrain d'innovation technologique, y gagnant un avantage inédit à la fois en nombre et en qualité.
Observation, ciblage, frappes, communication : le drone s'impose aujourd'hui comme un acteur central du champ de bataille et Xavier Tytelman analyse ici cette véritable révolution militaire, ses implications stratégiques et les enseignements qu'elle dessine pour les conflits de demain.

Le Neutre de Roland Barthes. Avec Eric Marty pour Citéphilo à Lille.


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09.11.2023

Dans son cours de 1978 sur Le Neutre, Barthes analyse avec son habituelle exactitude et une grande finesse les figures du Neutre. Délicatesse, réveil, androgyne ou scandale, les figures et images du Neutre exposent "l'actif du Neutre". Et nous comprenons que l'opposé de tout n'est pas l'extrême d'un autre extrême, mais le Neutre. Avec le style de Barthes et cette culture cordiale qui se méfie de ceux qui comprennent trop vite et qui préfère la latence de ce que laisse advenir le Neutre d'un moment.

Une conférence animée par Joël Ganault.

De Michéa à Scruton, itinéraire intime vers la Droite. Avec Laetitia Strauch-Bonart pour Transmission.


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05.2025

Revenant sur son parcours personnel, Laetitia Strauch-Bonart pose les jalons d'une pensée de droite renouvelée pour le XXIe siècle, à la fois attachée au passé et ancrée dans le présent.
Depuis son enfance marquée par l'absence d'un père jusqu'à sa découverte du conservatisme britannique, elle retrace son cheminement intellectuel vers la droite libérale-conservatrice et développe une vision politique qui promeut, en lieu et place de la facilité du ressentiment, le chemin de la gratitude - envers la liberté et la prospérité dont nous avons hérité, envers les institutions qui nous protègent, envers nos attachements particuliers, de la famille à la nation.
Une réflexion nécessaire qui s'adresse à tous ceux qui s'interrogent sur ce que signifie être de droite aujourd'hui.

 - 0'00'00 : L' "auto-essai"
 - 0'12'11 : La contrainte est un cadeau
 - 0'14'39 : La famille décomposée
 - 0'19'10 : Les croyances de luxe
 - 0'31'55 : Le conservatisme, un continent caché ?
 - 0'38'28 : Rencontre avec Roger Scruton
 - 0'50'53 : Le chemin de la gratitude
 - 1'03'46 : Éloge du préjugé
 - 1'10'34 : Post-modernisme/libéralisme/conservatisme
 - 1'17'50 : Rencontre avec Jean-Claude Michéa
 - 1'27'40 : Peut-on être libéral et conservateur ?
 - 1'47'12 : Conseil de lecture
 - 1'49'12 : Pourquoi lire ?

Un entretien mené par Pierre Valentin.

Travail et démocratie. Avec Franck Fischbach et Emmanuel Renault pour Citéphilo à Lille.


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25.11.2023

Le travail comme l'éducation sont des modes de relations complexes où souvent l'autorité prend le pas sur l'esprit critique. Pourtant il ne peut y avoir de démocratie sans apprentissage généralisé de l'égalité et de la discussion critique de l'exercice du pouvoir, pour paraphraser John Dewey.
Même si le travail ne suffit pas à définir la totalité de nos vies, il est une activité durable et structurante qui nous engage fortement et reste centrale dans nos existences. C'est pourquoi la démocratie reste vide de sens si la démocratisation des lieux de travail n'est pas réalisée.

Une conférence animée par Jean-Claude Poizat.

La crise de la modernité selon Michel Freitag. Avec Eric Martin au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu.


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04.06.2024

Le sociologue et philosophe québécois Michel Freitag distingue, au sein de sa "sociologie dialectique", trois modes formels de reproduction : le "culturel-symbolique", le "politico-institutionnel" et le "décisionnel-opérationnel". La modernité, qui correspond au second de ces modes, est aujourd'hui en crise alors qu'il est acculé par le nouveau mode de reproduction cybernétique propre à la post-modernité.
Comment devons-nous comprendre cette évolution de la société prise comme totalité à la fois réelle et subjective ?

René Pommier, pourfendeur de fariboles. Avec Henri de Monvallier à l'Université Populaire d'Issy-les-Moulineaux.


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2021

Agrégé de lettres, ancien élève de l'École normale supérieure et spécialiste du XVIIe siècle, René Pommier s'est imposé comme un critique redoutable, animé par une exigence rationaliste et un goût certain pour la polémique. Ses travaux, nourris par une érudition rigoureuse, consistent à déconstruire ce qu'il considère comme des impostures intellectuelles, souvent érigées en dogmes. Son parcours universitaire classique contraste ainsi avec l'audace de ses prises de position, toujours argumentées, mais rarement consensuelles.
S'attaquant aussi bien aux penseurs religieux qu'aux figures majeures des sciences humaines, Pommier démonte avec une précision implacable les discours qu'il juge irrationnels, infondés ou mystificateurs. Il réfute ainsi l'interprétation barthésienne de Racine, qu'il juge absurde et prétentieuse, avant de s'en prendre à Pascal, dont il démonte les raisonnements apologétiques au nom d'un rationalisme rigoureux. Sa critique de Freud, qu'il accuse d'avoir bâti une œuvre relevant plus du mythe que de la science, s'inscrit dans la même logique démystificatrice. Girard, autre figure intellectuelle célébrée, est à son tour passé au crible : Pommier démonte son concept de désir mimétique et dénonce ses lectures littéraires comme profondément erronées. Enfin, son analyse des écrits de Sainte Thérèse d'Avila se veut une mise à nu d'un discours mystique qu'il lit comme une pure manifestation de folie, imperméable à toute forme de doute ou de réflexion critique.
Cette série de conférences, placée sous le signe de la rigueur et de l'irrévérence, invite à une réflexion stimulante sur les limites de la foi, de la théorie et de l'autorité intellectuelle. À travers ses lectures incisives, René Pommier nous pousse à exercer sans relâche notre esprit critique, même – et surtout – face aux figures les plus respectées du panthéon intellectuel.