Rosa Luxemburg, économiste révolutionnaire. Avec Guillaume Fondu et Mylène Gaulard sur France Culture.


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28.12.2021

Célèbre pour son engagement politique, ardente porte-voix des ouvriers au sein de la Ligue spartakiste, Rosa Luxemburg a également produit une œuvre économique originale. Elle pense en effet que c'est en élevant la conscience des ouvriers et non en les armant que l'on doit préparer une révolution populaire.
Selon Guillaume Fondu, "Elle est plus méconnue en France que dans le monde anglo-saxon, où des courants hétérodoxes ont persisté. On insiste davantage aujourd'hui sur les Lettres qu'elle a écrites en prison, sur sa dimension romantique de martyr révolutionnaire et beaucoup moins sur son oeuvre en général, et économique en particulier. Chez elle, ses textes théoriques et son action révolutionnaire allaient de pair."
Elle relit donc Marx et cherche à compléter ce qu'elle estime être des manquements dans son raisonnement. Ainsi, si Rosa Luxemburg est avant tout préoccupée de politique, son ouvrage le plus volumineux est un ouvrage d'économie : L'Accumulation du capital, publié en 1913.
Selon Mylène Gaulard, c'est là que "Rosa Luxemburg insiste sur le rôle de l'impérialisme, dont le but, quand elle l'observe à l'époque, est de trouver de nouveaux débouchés dans les pays de la périphérie. Il y a une volonté de développer l'impérialisme pour transformer ces pays et les rendre utiles au capitalisme. D'autres éléments de création de débouchés pour le capitalisme, comme les dépenses militaires, sont aussi évoqués."
L'époque exige que le militantisme s'accompagne d'un discours cohérent dans toutes les disciplines : pour faire advenir la révolution, il ne suffit pas de soulever les foules, il faut comprendre le mal à sa racine, en l'occurrence le capitalisme. Femme libre, détachée de toute appartenance, Rosa Luxemburg ne revendique ni nationalité ni féminisme, à une époque où rares sont les femmes à poursuivre une thèse, qui plus est en économie. Elle incarne en réalité un marxisme idéalisé, qui ne sera plus jamais le même après la Première Guerre mondiale.

Émission "Entendez-vous l'éco ?", animée par Tiphaine de Rocquigny.

Le maccarthysme, fracture américaine. Avec Hélène Harter sur France Culture.


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20.04.2024

De 1950 à 1954, le sénateur Joseph McCarthy mit en place une vaste machinerie pour lutter contre une prétendue infiltration communiste aux États-Unis. Obscur sénateur du Wisconsin, il acquit en peu de temps une célébrité sulfureuse en dénonçant, selon un complotisme obsessionnel, une supposée invasion de taupes à la solde de l'URSS qui, par leurs menées infâmes, auraient mis en péril la survie de la nation. Cette théorie fantasmatique fut répandue avec un succès imprévisible. Et cela au grand dam de ses opposants qui furent impuissants un long moment à démonter l'imposture : que ce fût à Hollywood, dans l'Université, ou encore dans l'administration et le monde politique.
McCarthy fut efficace en utilisant des procédés qui méritent d'être restitués pour que l'on comprenne comment ses théories purent prospérer de pareille façon : jusqu'à peser sur la politique étrangère des États-Unis dans les affrontements de la guerre froide.
C'est en compagnie de l'historienne Hélène Harter que nous revenons sur ce personnage qui fut charismatique et qui parvint à provoquer, au début des années mille-neuf-cent-cinquante, un traumatisme collectif.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Aux origines de la guerre et de la paix dans l'espèce humaine. Avec Hugo Meijer au Collège de France.


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06.06.2025

Notre espèce, Homo sapiens, présente un paradoxe remarquable : nous sommes la seule espèce capable à la fois de conflits létaux et de coopération pacifique étendue entre groupes.
Alors que certaines espèces se livrent à des conflits intergroupes (comme, par exemple, les chimpanzés, les loups et les fourmis), d'autres font preuve d'une coopération intergroupe limitée (comme les bonobos et les dauphins), mais aucune autre espèce ne combine ces deux comportements à une telle échelle et avec une telle complexité.
En intégrant des données issues d'un large éventail de disciplines (biologie, primatologie, anthropologie, archéologie, génétique, neurosciences, criminologie, psychologie sociale, linguistique, démographie et climatologie), Hugo Meijer analyse les facteurs biologiques, culturels et environnementaux qui permettent de saisir quand et pourquoi cette dualité au fondement des logiques de la guerre et de la paix, qui nous distingue au sein du règne animal, a émergé au cours de la lignée humaine.

Hitler et le nazisme par-delà Chapoutot et consort. Avec François Delpla pour le Cercle Aristote.


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05.2025

L'historien François Delpla explore les mécanismes décisionnels du régime nazi, les exécutions ordonnées par Hitler, et les débats historiographiques entourant cette période, entre écoles fonctionnaliste et intentionnaliste.
Un éclairage unique sur une période complexe et controversée

 - 0'00'00 : Introduction et présentation de François Delpla
 - 0'02'00 : Le sujet du nazisme, un thème douloureux mais essentiel
 - 0'04'00 : Les exécutions ordonnées par Hitler, un sujet méconnu
 - 0'08'00 : La Nuit des Longs Couteaux et l'exécution de Galeazzo Ciano
 - 0'12'00 : Débat historiographique : fonctionnalistes vs intentionnalistes
 - 0'18'00 : Le talent politique et manœuvrier d'Hitler
 - 0'24'00 : La Providence dans la vision d'Hitler
 - 0'30'00 : Critique des thèses de Johann Chapoutot
 - 0'36'00 : Le nazisme : une dictature unique ou un fascisme européen ?
 - 0'42'00 : Hitler et la structure de l'État nazi
 - 0'48'00 : L'hypermnésie de la Seconde Guerre mondiale
 - 0'53'00 : Les archives personnelles d'Hitler et les zones d'ombre du nazisme
 - 1'00'00 : La construction d'une Europe unie sous Hitler

Émission "FACE à PYR", animée par Pierre-Yves Rougeyron.

Brigitte ou Jean-Michel Trogneux ? Avec Xavier Poussard sur Tocsin.


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06.03.2025

Le 14 mai 2017, Emmanuel Macron arrivait au pouvoir en France. Un an plus tôt, ce jeune homme âgé de 39 ans était totalement inconnu du grand public. Un blitzkrieg médiatique fut mené pour vendre aux Français le couple quʼil formait avec "Brigitte", une ravissante enseignante quʼil avait séduite alors quʼil avait 17 ans et elle 36. Mais la chronologie ne collait pas et lʼhistoire avait été maintes fois réécrite. Jusquʼà ce quʼil fut admis que lors de sa rencontre avec « Brigitte », Emmanuel Macron avait… 14 ans.
Mais le passé de "Brigitte" restait inaccessible, comme si "Brigitte" était une autre personne que celle quʼelle prétendait être...

Émission de la "Matinale Tocsin Matin", animée par Clémence Houdiakova.

L'art des interstices. Avec Pierre Lamalattie sur MM Radio.


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01.2018

Tourisme artistique à travers une relation familiale et la recherche de passion, c'est le sujet du livre de Pierre Lamalattie, L'Art des Interstices (L'Editeur). L'auteur, peintre et critique d'art choisit deux angles, celui de l'orientation professionnelle et la déprime dû au manque de passion d'un de ses principaux personnages, pour nous entraîner dans un voyage révélant les réalités du monde artistique.
"Si j'étais prof de physique-chimie en seconde, j'organiserais un certain nombre de travaux pratiques pour faire découvrir, à des gens qui veulent bien assister à mon cours, les lois de la physique par eux-mêmes. Un romancier, c'est un peu la même chose. C'est en amenant le lecteur dans toute une série d'ateliers et en entrant dans l'intimité d'artistes extrêmement variés que j'essaie de l'amener à se faire son opinion sur l'état de l'art contemporain."

Émission "Lecture", animée par Angela Peauty.

Les balançoires vides : le piège de la dénatalité. Avec Maxime Sbaihi pour Penser c'est chouette.


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06.2025

Pourquoi la dénatalité a-t-elle lieu partout sur la planète ? Quelles en sont ses causes et ses conséquences prévisibles ? Et surtout, comment inverser la tendance ? D'ailleurs : est-ce même désirable ?
Selon l'économiste Maxime Sbaihi, il est strictement inconcevable d'envisager des politiques natalistes qui ne respectent pas la liberté de chacun de ne pas faire d'enfants. En revanche, il constate que les gens déclarent vouloir faire plus d'enfants qu'ils n'en ont et qu'ils s'en sentent empêchés par la précarité de leurs conditions de vie matérielle. 
Il plaide donc pour la mise en place de politiques natalistes libérales qui visent à permettre à ceux qui le souhaitent de faire plus d'enfants. Ni plus, ni moins !

 - 0'00'00 : Intro
 - 0'00'47 : La dénatalité est-elle un problème ? Et si oui, qu'est-ce qu'on peut faire pour y remédier ?
 - 0'01'54 : Tableau global du problème mondial
 - 0'05'12 : La dénatalité est sous-estimée 
 - 0'07'10 : Qu'est ce qu'un changement de natalité implique sur l'évolution de la population ?
 - 0'12'43 : Pourquoi est-ce un problème, concrètement ?
 - 0'16'15 : Le vieillissement nuit à la prospérité
 - 0'20'10 : Si on ne prend pas au sérieux le déséquilibre démographique, nos système sociaux n'ont pas d'avenir
 - 0'22'30 : Les jeunes s'appauvrissent et les politiques s'en moquent car ils sont trop peu nombreux pour peser démocratiquement
 - 0'35'10 : La dénatalité, une bonne nouvelle pour la planète ?  
 - 0'47'00 : Le scénario d'une natalité qui baisse jusqu'à 0 
 - 0'47'54 : À quoi ressemblera la démographie mondiale en 2050 si on ne change rien ?
 - 0'51'40 : A-t-on déjà atteint un point de bascule historique dans le nombre de naissances ?
 - 0'55'22 : Pourquoi les gens font moins d'enfants ?
 - 1'19'36 : Comment aider les gens qui le souhaitent à avoir des enfants ? 
 - 1'36'00 : Et si le natalisme libéral ne marche pas, on fait quoi ? 
 - 1'43'50 : Conclusion

Un entretien mené par Théodore Brossollet.

Qu'est-ce que la critique ? Avec Grégoire Chamayou pour le séminaire Pensées critiques contemporaines.


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23.05.2012

Trivialement, faire une critique, c'est formuler un jugement négatif, expliquer un avis divergent, dire pourquoi l'on n'est pas d’accord. Au sens le plus immédiat, les pensées critiques, ce sont celles qui, d'une manière ou d'une autre, se montrent contestataires de l'ordre existant.
Mais, au-delà de l'étiquette, il n'est pas sûr que l'on dispose aujourd'hui d'un concept commun de ce en quoi la "critique" en question pourrait consister. A y regarder de plus près, il apparaît même que ce vocable recouvre des démarches que presque tout oppose au plan épistémologique. Alors que par exemple, pour certains courants issus de l'Ecole de Francfort, la théorie critique débouche sur la tâche de reconstruire de grands édifices moraux normatifs, Judith Butler insiste au contraire, dans le sillage de Foucault, sur la suspension des catégories du jugement comme condition même du maintien d'une attitude authentiquement critique. La critique semble alors prise dans une alternative quant à sa méthode et à son devenir : soit d'être réduite au statut de moment négatif, nécessaire mais transitoire, précédant la refondation d'une doctrine positive, soit d'être conservée, mais sous la simple forme d'une attitude ou d'une exigence subjective.
Il y a cependant, dans la longue histoire du concept de critique, une autre voie, esquissée par Marx, qui évite ce double écueil : la critique ni comme étape vers la refondation d'une doctrine morale, ni comme forme inquiète de subjectivité, mais comme médiation stratégique entre travail théorique et lutte politique. Pour saisir l'originalité de cette redéfinition, toujours actuelle, de la critique, il faut revenir sur le déplacement que Marx a fait subir à cette notion, en replaçant celle-ci dans son histoire philosophique.

Les humains font-ils la guerre au vivant ? Avec Charles Stépanoff à la Cité des sciences.


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20.05.2025

Partout où il s'installe, l'être humain semble semer la dévastation. Les désastres écologiques contemporains donnent l'impression que nous avons déclaré la guerre au vivant. Mais cette vision est-elle inéluctable ? Il existe pourtant une extraordinaire diversité de manières d'habiter la Terre, et certaines d'entre elles montrent qu'il est possible de tisser des alliances fertiles entre le domestique et le sauvage, entre les sociétés humaines et son environnement.
L'anthropologue Charles Stépanoff propose un éclairage original sur ces questions dans son ouvrage Attachements. Enquête sur nos liens au-delà de l'humain (La Découverte, 2024). À travers son regard, nous explorerons d'autres façons d'être au monde, plus respectueuses du vivant, pour imaginer des formes d'habitation qui ne détruisent pas mais respectent voire enrichissent nos milieux de vie.

Rester debout et lucide au milieu des ruines. Avec Gabriele Adinolfi sur Radio Courtoisie.


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05.11.2022

Dans un monde traversé par le chaos, comment garder sa clarté d'esprit et suivre les principes qui ont présidé à l'avènement de la civilisation européenne ?
Figure italienne du nationalisme révolutionnaire, Gabriele Adinolfi propose une lecture du déclin contemporain à travers les prismes de la tradition immémoriale et du combat politique le plus immédiat, synthèse qu'il a autrefois qualifiée d' "évoléninisme".
Une constat radical qui pousse à réfléchir sur ce que signifie tenir debout — intellectuellement, moralement, politiquement — lorsque tout semble s'effondrer autour de soi.

Émission du "Libre Journal des lycéens", animée par Pascal Lassalle.

Marx, critique de l'économie politique. Avec Guillaume Fondu pour le podcast En avant Marx.


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01.2024

Depuis 1844 et sa rencontre avec Engels, l'intérêt de Marx pour l'économie politique ne s'est pas démenti. Mais le début de son militantisme révolutionnaire et les révolutions de 1848 ont retardé le travail qu'il avait projeté au milieu des années 1840. Les années 1850 et son isolement politique après la dissolution de la Ligue des communistes lui offre un contexte propice pour se remette à l'ouvrage. Marx associe l'échec de 1848 à une double immaturité : immaturité des sociétés, qu'il faut étudier pour en distinguer les potentialités révolutionnaires effectives, mais immaturité également du mouvement ouvrier, qui reprend des thèmes et des programmes qui sont en réalité d'essence bourgeoise. Tout cela rend d'autant plus urgent de parvenir à une compréhension intime et scientifique des phénomènes économiques pour élaborer un programme politique adéquat.
Pour ces mêmes raisons, Marx engage la polémique avec Proudhon qui jouit d'une forte influence sur le mouvement socialiste et à qui Marx reproche une critique non scientifique des catégories économiques et un projet politique réactionnaire et illusoire.
C'est donc en 1859 que Marx aboutit à un projet ambitieux avec la publication de la Contribution à la critique de l'économie politique, dans laquelle Guillaume Fondu identifie déjà ce qui fait la singularité de l'approche marxienne des catégories de l'économie politique et de son actualité.

Une émission mené par Marina Garrisi.

Quelques observations ayant pour objet des dispositifs. Avec Gilles Gagné à l'Université du Québec à Montréal.


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01.11.2024

Gilles Gagné propose de mener une exploration à tâtons pour tenter d'identifier où se trouve l'intelligence dans l'intelligence artificielle, quel est le lien de ces artifices à la connaissance, de quelle manière est représentée la réalité dans cette connaissance et quelle est la nature de la réalité qui s'y trouve représentée.
L'intelligence artificielle est la saveur du mois depuis plusieurs années, avec un sursaut récent de popularité allant du prix Turing de 2018 au prix Nobel 2024, mais il est encore difficile de se faire une idée réaliste de cette technoscience qui prospère derrière un mur de fantasmes que sa complexité autorise et entretient. Cependant, avec des investissements annuels se comptant en dizaines de millards, il n'y a pas de doute que l'IA représente un secteur de pointe de ce que l'on appelait jadis "l'économie du savoir", elle-même présumément instrumentée par une "révolution" (digitale, numérique, informationnelle communicationnelle, cybernétique, etc.).
Ceci étant, il est clair aussi que la sociologie de l'IA n'a justement pas à se soucier de ses engrenages intimes pour en faire l'étude critique et pour juger, par exemple, de son inscription dans la gouvernance par les nombres ou dans le procès de renversement instrumental en faveur des machines.
L'heuristique que Gille Gagné propose se situe cependant à la marge de cette sociologie nécessaire et elle n'a pas l’ambition d'y contribuer directement. À partir de quelques exemples, il examine des dispositifs et des méthodes numériques dont les concepteurs soutiennent qu'ils relèvent de la représentation, du concept, de l'intelligence, de l'apprentissage, de la connaissance ou de la conscience, autant de capacités dont les développements cumulatifs poussent certains de ses artisans à refuser le pacte faustien qui se cache dans l'IA.
On peut se demander si là se trouve vraiment le risque d'une domination de l'homme par la machine...