De la subjectivité contemporaine chez Michel Freitag. Avec Gilles Labelle à l'Université du Québec à Montréal.


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01.01.2015

Lisant L'abîme de la liberté de Michel Freitag, on pense au propos qui ouvre le Contrat social de Rousseau: "L'homme est né libre, et partout il est dans les fers". La pensée de Michel Freitag telle qu'elle s’exprime dans son ouvrage posthume pose en un certain sens une question classique : comment la proclamation de la liberté comme fondement de la cité peut-elle se combiner avec la servitude – ou pire : s'accomplir comme servitude ?
Cet apparent paradoxe est lisible au mieux dans la psychologie de l'être postmoderne, à qui l'on prête des "droits inaliénables" si ce n'est une capacité de "créativité" présumément jamais vue dans l'histoire de l'humanité – et qui se trouve pourtant au même moment intégré à des "systèmes" dits autorégulés correspondant en tous points à ce que Marx décrivait comme aliénation à des puissances étrangères (et absolument hostiles) à l'humanité.
Comment la pensée de la liberté de Freitag décrit-elle et comprend-elle cet apparent paradoxe instituant de la psyché contemporaine, qui semble l'écarteler entre toute-puissance imaginée et archi-impuissance vécue réellement ?

Une conférence qui s'inscrit dans le colloque L'abîme de la liberté de Michel Freitag, organisé par le Collectif Société.

Les bois et forêts en France. Avec Laurent Ozon et Jean-Pierre Michel sur Radio Courtoisie.


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26.12.2009

Les forêts françaises couvrent aujourd'hui près d'un tiers du territoire, offrant à la fois un patrimoine naturel exceptionnel, un réservoir de biodiversité et une ressource économique majeure. Derrière leur apparente immuabilité se cache une histoire longue, façonnée par les choix humains, les évolutions climatiques et les mutations économiques. De la gestion traditionnelle aux défis contemporains — changement climatique, pressions foncières, politiques publiques — les bois et forêts sont au cœur d'enjeux qui concernent autant l'environnement que l'aménagement du territoire et l'économie locale.
Laurent Ozon et Jean-Pierre Michel croisent leurs regards et leurs expériences pour explorer la place des forêts dans la France d'hier, d'aujourd'hui et de demain en nous entraînant dans un voyage qui mêle connaissances scientifiques, perspectives historiques et réflexions sur l'avenir de ce patrimoine vivant.

Émission du "Libre journal des lycéens", animée par Hugues Sérapion.

Le plan Bayrou, c'est le truc de trop et l'occasion ou jamais d'en finir. Avec Frédéric Lordon sur Blast.


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07.2025

Le philosophe Frédéric Lordon revient dans cet entretien sur le plan budgétaire présenté le 16 juillet 2025 par François Bayrou, sur ce qu'il appelle "l'ethos" du macronisme, sur la faillite des "médiations institutionnelles" (politiques, médiatiques, syndicales), dont le constat l'amène à réfléchir à la possibilité d'un "débordement".
Il évoque aussi la fascisation en cours, qu'il a été l'un des tout premiers à dénoncer – entre pessimisme et espoir.

Un entretien mené par Sébastien Fontenelle.

Les enjeux anthropologiques du coaching. Avec Baptiste Rappin sur Haltérophilo.


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05.2025

De quoi est-il question, au fond, dans le coaching ? De rien de moins que de la fabrique de l'homme cybernétique planétaire. Méthode d'accompagnement née dans les années 1990 qui se développa dans la décennie suivante, le coaching s'est aujourd'hui pleinement institutionnalisé : il est reconnu, à part entière, comme un outil de développement de la personne qui conjugue recherche du bien-être et souci de l'efficacité.
Baptiste Rappin met ici en exergue les fondements philosophiques du coaching allant de l'utilitarisme jusqu'à la question de la "vie nue", et nous livre les résultat de son enquête généalogique qui conduit du coaching contemporain vers le Nouvel Âge de la contreculture californienne. Enfin, il interroge le type de subjectivité à l'œuvre dans le déploiement opérationnel du coaching, offrant une perspective générale d'interprétation. 

- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'50 : Pourquoi cet ouvrage et qu'est-ce que le coaching ?
- 0'09'10 : Mai 68, le refus de l'autorité et le changement des rapports sur le marché de travail
- 0'20'23 : Être la meilleure version de soi-même et être dans la perpétuelle amélioration de soi, mais pour quoi ?
- 0'31'58 : Pourquoi ne pas régler le problème à sa source ?
- 0'37'41 : Indifférenciation entre vie publique et vie privée suivi de l'abolition du vouvoiement
- 0'44'06 : Qu'est-ce que la transparence ?
- 0'50'01 : Y a-t-il un lien entre le coaching et les Lumières ?
- 0'56'36 : L'influence du monde anglo-saxon et l'utilisation des anglicismes
- 1'05'28 : Gnose, occultismes et management
- 1'15'33 : Vers une nouvelle religion du travail ?
- 1'19'23 : Conjugaison des spiritualités orientales, de l'écologie, management et ESG
- 1'23'11 : Le crime parfait ?
- 1'31'59 : Conclusion et remerciements

Comment l'irruption du vivant chamboule la pensée libérale. Avec Gaspard Koenig à l'Institut Diderot.


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05.11.2024

Philosophe, essayiste, romancier et homme politique français, Gaspard Kœnig parcourt depuis 2016 le monde pour mettre ses convictions à l'épreuve du réel et multiplie les expériences en immersion : en prison ouverte en Finlande, dans un village brésilien expérimentant le revenu universel, avec les entrepreneurs numériques au Rwanda ou dans les bidonvilles de Lima pour observer le microcrédit. Il effectue aussi un périple de 2'500 km à travers l'Europe sur les traces de Montaigne, avec sa jument, et dit à cette occasion avoir expérimenté un "communisme de tous les jours".
Et en bon néorural dépassé par la nature, il a demandé conseil à ses vieux amis les philosophes. Car au détour d'une page ou d'une métaphore, ceux-ci révèlent leur lien à la terre. C'est tout l'objet de cette intervention : relier la pensée et le sol. Entrecroisant références philosophiques, découvertes botaniques et réflexion politiques, Gaspar Kœnig dessine sa propre agrophilosophie en y célèbrant ses deux passions, la nature et la liberté.

Saint-Paul et la philosophie, une introduction à l'essence du christianisme. Avec Olivier Boulnois pour l'Institut Catholique de Paris.


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01.01.2025

Pouvons-nous approcher philosophiquement l'essence du christianisme ? Celui-ci nous est accessible par son noyau existentiel, tel qu'il est vécu dans la foi, l'espérance et la charité : il nous faut donc déchiffrer l'essence du christianisme au cœur de l'existence chrétienne. Or avec les Épîtres de saint Paul, nous avons un accès originaire et privilégié à une telle expérience fondamentale, car chez lui, cette expérience religieuse s'accompagne de sa première explicitation.
Et c'est clairement parce qu'ils ont redécouvert l'importance de cet événement fondamental, que depuis deux siècles, les philosophes n'ont cessé de dialoguer avec Paul : Kierkegaard, Nietzsche, Wittgenstein, Heidegger, Arendt, Jonas, Ricoeur, Agamben, et d’autres. L'objet des travaux d'Olivier Boulnois est de reprendre ce dialogue, en traversant les différentes interprétations philosophiques, faites tantôt de percées fulgurantes, tantôt de récupérations, de caricatures et de malentendus, pour nous approcher du véritable Paul : un juif du premier siècle qui croit en Jésus Messie (Christos).
En déchiffrant les Epîtres de Paul au plus près des textes, pouvons-nous aujourd'hui nous rendre sensibles à l'impact authentique et révolutionnaire de sa pensée ?

Une série de conférences prononcée depuis la chaire de métaphysique Étienne Gilson.

Capital marchand et capital financier. Avec Guillaume Fondu à l'Ecole Normale Supérieure.


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07.05.2018

Capital marchand et capital financier sont des concepts clefs dans la description du capitalisme contemporain. Dans le livre III du Capital, Marx s'attache à exhiber leur genèse logique, c'est-à-dire la manière dont ce qui n'était, dans le livre II notamment, que des moments du cycle capitaliste s'autonomise et devient capital à part entière.
Guillaume Fondu propose une étude de cette autonomisation et de la manière dont le schéma logique qu'elle propose peut être utilisé pour penser des phénomènes contemporains.

Une intervention qui se fait dans le cadre du séminaire "Lectures de Marx".

Michéa ou la mauvaise conscience de la gauche, par Julien Rochedy.


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11.2023

Dans le paysage intellectuel français, rares sont les figures capables de provoquer un véritable malaise au sein de leur propre camp. Jean-Claude Michéa, philosophe aussi discret qu'incisif, incarne depuis plusieurs années cette "mauvaise conscience" de la gauche. Héritier d'une tradition socialiste critique, il interroge sans relâche les contradictions d'un progressisme devenu le complice involontaire du libéralisme économique qu'il prétend combattre. Ses analyses, mêlant références classiques et observations contemporaines, dressent un portrait sans concession d'une gauche coupée de ses racines populaires.

Guerre et stratégie au XXIe siècle. Avec Benoist Bihan à la Nouvelle Action Royaliste.


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11.06.2025

À l'heure où l'actualité internationale est rythmée par des conflits aux formes multiples, comprendre la guerre dans sa complexité est devenu un enjeu majeur. Le discours public en traite souvent de manière fragmentaire ou émotionnelle ; Benoist Bihan, historien et spécialiste reconnu de la pensée militaire, se donne pour mission de la replacer dans toute sa profondeur stratégique. De l'Ukraine au Moyen-Orient, en passant par des épisodes moins médiatisés, il propose d'examiner la guerre comme un phénomène global : politique, diplomatique, économique, social et militaire. Sa démarche consiste à dépasser la simple observation tactique pour saisir les permanences et les évolutions qui façonnent la conduite des conflits au XXIe siècle.
En ce sens, Benoist Bihan invite à un exercice rare : penser la guerre dans la durée, en intégrant ses multiples dimensions et leurs interactions, plutôt que de se limiter aux images spectaculaires ou aux bilans immédiats. L'occasion d'explorer les mécanismes de la stratégie contemporaine : dialectiques entre buts et moyens, entre factions internes et adversaires, entre manœuvre politique et épreuve du combat. L'objectif : fournir des clés de lecture pour comprendre non seulement les conflits en cours, mais aussi ceux qui pourraient marquer les décennies à venir, et ainsi mieux saisir les défis auxquels nos sociétés devront se préparer.

La planification comme projet politique. Avec Guillaume Fondu à l'Ecole Normale Supérieure.


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05.06.2023

Diabolisée pendant plusieurs décennies, la notion de "planification" revient sur le devant de la scène depuis quelques années. Le pouvoir macroniste a par exemple mis en place, en juillet 2022, un Secrétariat Général à la Planification Écologique, qui a présenté récemment un plan global de décarbonation de l'économie associé pour la première fois à de réels objectifs chiffrés.
Mais face à cela, une forme de libéralisme outré continue à dominer les politiques publiques – refus de l'endettement, refus de l'impôt, casse des cadres réglementaires nationaux, etc. – et achève de priver l'État de tout moyen réel pour mener une quelconque politique économique.
Guillaume Fondu s'interroge sur la dimension politique de la notion de "planification", telle qu'elle a résumé pendant des décennies le projet économique socialiste, construit dans une opposition structurante au marché capitaliste.Il part de ce point de départ, et de quelques exemples historiques, pour faire le point sur diverses questions liées au projet planificateur : son échelle, les modalités de la prise de décision qu'il suppose et les modes d'incitation qu'il peut mettre en œuvre.

Une intervention qui se fait dans le cadre du séminaire "Lectures de Marx".

Philosophie du langage et de la connaissance. Avec Jacques Bouveresse au Collège de France.


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06.10.1995

Le langage nous importe en philosophie parce que la réalité nous importe. Si, comme il est dit dans les Recherches philosophiques de Wittgenstein, on doit se garder en philosophie contre la tentation constante de prédiquer de la chose ce qui réside dans le mode de représentation, c'est bien parce que ce qui nous intéresse est la réalité elle-même, et non ce que le langage nous oblige apparemment à supposer ou à croire à son sujet.
Jacques Bouveresse entends ici par "réalisme" la conviction qu'entre la pensée ou le langage, d'une part, et la réalité, d'autre part, il n'y a pas de distance plus fondamentale et plus préoccupante que celle qui consiste dans la possibilité qu'ont les pensées et les propositions d'être fausses. Ce que dit sur ce point Wittgenstein est tout à fait opposé à l'idée bergsonienne que la pensée elle-même a déjà introduit par essence une distance entre la réalité et nous, et que seule l'intuition directe serait capable de nous livrer des faits.

Regards sur le sport. Avec Paul Yonnet pour l'INSEP.


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2009

Le sport n'est pas un art pour deux raisons majeures. Dans l'art, on ne juge  jamais de la qualité par la quantité. Être un grand sportif c'est entrer dans  l'ère de la mesure. D'autre part, l'art n'est pas organisé autour du principe d'incertitude ou de suspens. L'art est un temps accompli que l'on peut revisiter. C'est cela une œuvre d'art. Alors que le sport est un temps qui va s'accomplir... néanmoins parfois avec un certain art !

Un entretien mené par François L'Yvonnet.