Marine Tondelier est une catastrophe ! Avec Laurent Ozon sur Franc-parler.


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06.2025

Né le 7 août 1967 à Paris, Laurent Ozon est un chef d’entreprise, intellectuel écologiste et homme politique localiste français. Fondateur de plusieurs PME dans les secteurs des technologies de pointe, comme la sécurité informatique, la biométrie et la vidéosurveillance, il est également connu pour ses engagements écologistes et localistes. Il a dirigé la revue "Le Recours aux forêts" (1994-2000) et fondé le mouvement Maison commune, prônant une écologie profonde et des thèses biorégionalistes. Conférencier actif, Laurent Ozon publie dans des revues comme "Silence" ou "The Ecologist", et s'intéresse à l'histoire de l'écologie, l'anthropologie philosophique et la critique du libéralisme économique.
L'occasion d'écouter son analyse sur l'état du pays et les solutions qu'il propose pour que les Français puissent reprendre le contrôle sur leur destin.

Regards croisés sur le millénium. Avec Henri Blocher et Pierre-Sovann Chauny sur Coram Deo.


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02.2025

C'est en compagnie des professeurs Henri Blocher et Pierre-Sovann Chauny qu'est ici discutée la question eschatologique du millénium. Henri Blocher défend depuis longtemps une compréhension amillénariste des Écritures et le professeur Chauny, quant à lui, défend depuis peu une compréhension postmillénariste.
L'occasion d'en comparer les deux conceptions afin d'en faire ressortir de manière utile les similitudes et les différences.

 - 0'00'00 : Début
 - 0'03'05 : M. Blocher: Présentation de la question du millénium et de sa déclinaison en trois grandes écoles de pensée.
 - 0'18'45 : M. Chauny: Résumé de l'évolution de sa pensée
 - 0'29'16 : M. Chauny: Présentation du postmillénairisme théopolitain.
 - 0'49'08 : Réponses aux questions de M. Blocher à M. Chauny concernant le postmillénairisme théopolitain
 - 1'10'28 : Réponses de M. Blocher
 - 1'19'56 : Question de Pascal sur l'imminence du retour de Christ
 - 1'22'24 : Conclusion de M. Chauny
 - 1'38'20 : Conclusion de M. Blocher
 - 2'01'25 : Conclusion de l'épisode et annonces

Philosophie des robots tueurs : les drones et l'éthique contemporaine de la guerre. Avec Grégoire Chamayou à l'Ecole Normale Supérieure.


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14.02.2013

L'usage des drones armés prolonge et radicalise les procédés existants de guerre à distance, aboutissant à supprimer le combat. Cette tentative d'éradication de toute réciprocité dans l'exposition à la violence dans l'hostilité reconfigure non seulement la conduite matérielle de la violence armée, techniquement, tactiquement, mais aussi les principes traditionnels d'un ethos militaire officiellement fondé sur la bravoure et l'esprit de sacrifice.
Il s'agit d'explorer les implications de cette crise morale…

Morale et réalisme politique. Avec Rachid Achachi sur Strategika.


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05.2025

Le politologue et essayiste Rachid Achachi explore l'histoire longue de la pensée politique depuis l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine, en mettant en tension deux approches majeures : l'idéalisme moral, souvent issu des traditions religieuses ou philosophiques (de Platon à l'universalisme libéral), et le réalisme politique, qui privilégie la logique des rapports de force. À travers des références à Platon, Aristote, Machiavel, Carl Schmitt, Ibn Khaldoun ou encore René Girard, est analysée la manière dont la morale a été successivement intégrée, marginalisée ou instrumentalisée par les pouvoirs politiques au fil de l’histoire.

 - 0'00'00 : Annonces et lancement de la page Patreon de Youssef Hindi
 - 0'01'40 : La répression envers les écrivains, les intellectuels et les militants
 - 0'04'38 : Introduction historique et conceptuelle du réalisme politique 
 - 0'25'25 : Le retour de la morale en politique et de la guerre juste au XXe siècle
 - 0'44'30 : Les similitudes entre les nomades et les puissances maritimes
 - 0'49'50 : Géopolitique et religion sécularisée 
 - 0'51'20 : Les trumpistes versus les globalistes/néoconservateurs
 - 0'54'04 : Le retour brutal du réalisme politique 
 - 0'56'58 : L'influence idéologique russo-chinoise sur la classe dirigeante américaine 
 - 0'59'25 : Le soft power russe sur son étranger proche 
 - 1'02'00 : L'attractivité économique, supérieure au soft power conservateur ?
 - 1'06'05 : Les USA encore de beaux jours devant lui 
 - 1'06'55 : La Russie n'exploite pas au maximum ses capacités économiques 
 - 1'11'45 : Le réalisme politique porte des meilleurs fruits que les idéologies 
 - 1'17'40 : L'instrumentalisation du religieux par le politique dans le monde musulman 
 - 1'19'45 : Maroc et Israël, les conséquences de la normalisation 
 - 1'38'40 : Comment concilier les principes islamiques et le réalisme politique ?
 - 1'47'42 : La démission des intellectuels marocains 
 - 1'49'25 : L'État, un monstre froid et une machine 
 - 1'51'42 : L'exemple de Al Khidr 
 - 1'53'23 : Exemples de réalisme politique violant les principes islamiques 
 - 1'54'10 : L'antisionisme verbale d’Erdogan
 - 1'55'55 : S'abonner à ODC TV

Émission "Les Chroniques de Youssef Hindi".

Michel Clouscard : néo-capitalisme, gauchisme et critique du sujet associé au marché du desir. Avec Gilles Labelle à l'Université du Québec à Montréal.


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23.02.2024

La pensée de Michel Clouscard (1928-2009) repose sur un double rejet : celui du marxisme dogmatique du Parti communiste français, qu'il juge trop économiste, et celui du gauchisme post-68, auquel il reproche d'avoir ouvert la voie à un néo-capitalisme libéral-libertaire. Ce dernier dissimule les conflits de classe derrière une fausse émancipation centrée sur la permissivité des mœurs et un "marché du désir" déconnecté de la production.
Clouscard critique l'illusion d'une consommation libérée du réel et de l'histoire, où le sujet se pense affranchi des structures sociales (classe, famille, patrie), incarnant une humanité soi-disant émancipée. Cette désocialisation paradoxale est en réalité un projet ancien du capital enfin accompli. Mais, souligne Clouscard, les conflits de classe ressurgissent sous des formes nouvelles, parfois pathologiques, notamment dans l'intolérance de certains "mondains" envers ceux attachés au monde ancien, qualifiés de populistes.
L'enjeu pour Clouscard est de dépasser cette opposition stérile entre gauchisme mondain et populisme réactionnaire, en réaffirmant une voie socialiste qui redonne sens aux formes historiques héritées, et qui réintègre les classes populaires dans une dynamique dialectique et émancipatrice.

La société ingouvernable, une généalogie du libéralisme autoritaire. Avec Grégoire Chamayou au Café-librairie Michèle Firk.


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23.10.2018

Partout, ça se rebiffait. Les années 1970, a-t-on dit à droite et à gauche, du côté de Samuel Huntington comme de Michel Foucault, ont été ébranlées par une gigantesque "crise de gouvernabilité".
Aux États-Unis, le phénomène inquiétait au plus haut point un monde des affaires confronté simultanément à des indisciplines ouvrières massives, à une prétendue "révolution managériale", à des mobilisations écologistes inédites, à l'essor de nouvelles régulations sociales et environnementales, et – racine de tous les maux – à une "crise de la démocratie" qui, rendant l'État ingouvernable, menaçait de tout emporter.
C'est à cette occasion que furent élaborés, amorçant un contre-mouvement dont nous ne sommes pas sortis, de nouveaux arts de gouverner dont Grégoire Chamayou retrace, par le récit des conflits qui furent à leurs sources, l'histoire philosophique.
On y apprend comment fut menée la guerre aux syndicats, imposé le "primat de la valeur actionnariale", conçu un contre-activisme d'entreprise ainsi qu'un management stratégique des "parties prenantes", imaginés, enfin, divers procédés invasifs de "détrônement de la politique".
Contrairement aux idées reçues, le néolibéralisme n'est pas animé d'une "phobie d'État" unilatérale. Les stratégies déployées pour conjurer cette crise convergent bien plutôt vers un libéralisme autoritaire où la libéralisation de la société suppose une verticalisation du pouvoir. Un "État fort" pour une "économie libre".

L'Histoire de l'Homme et de ses Civilisations. Avec Laurent Testot pour le podcast 1000 pourcent.


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01.2025

Auteur de Cataclysme, pour un voyage à travers l'histoire de l'humanité, Laurent Testot explore les étapes clés qui ont façonné notre évolution biologique, culturelle et sociétale.
De la bipédie, qui a révolutionné notre adaptation aux environnements, à l'importance de l'alimentation carnée et du feu dans le développement de notre cerveau, nous découvrons comment nos ancêtres ont conquis le monde. Il explique aussi comment les premières sociétés humaines, grâce à l'agriculture et la sédentarité, ont ouvert la voie aux grandes civilisations, à l'écriture, et aux échanges commerciaux.
Les bouleversements majeurs, comme la découverte des Amériques et les révolutions industrielles, sont également au cœur de cette discussion, ainsi que son analyse des défis contemporains : changement climatique, transition énergétique, et impact de l'intelligence artificielle sur notre avenir.

 - 0'00'00 : Introduction à l'Histoire de l'Homme
 - 0'01'10 : L'Impact du Climat sur l'Évolution Humaine
 - 0'06'15 : Les Origines de l'Homme et l'Évolution
 - 0'11'30 : La Bipédie et ses Conséquences
 - 0'18'20 : L'Impact de l'Alimentation Carnée sur l'Évolution
 - 0'23'05 La Domestication du Feu et son Rôle dans l'Évolution 
 - 0'25'25 : L'évolution du cerveau humain et la collaboration
 - 0'29'32 : La bipédie et ses implications sur l'évolution
 - 0'33'15 : L'émergence du langage et de la communication
 - 0'34'41 : La maîtrise du feu et son impact sur l'humanité
 - 0'41'28 : Les grands animaux disparus et l'impact humain
 - 0'46'42 : L'évolution des rapports homme-femme dans l'histoire
 - 0'58'45 :  L'Évolution de l'Agriculture et de la Sédentarité
 - 1'04'52 : L'Autodomestication et l'Émergence des Sociétés Complexes
 - 1'07'50 : La Démographie et l'Impact de l'Agriculture
 - 1'10'34 : Mythes et Réalités des Catastrophes Anciens
 - 1'13'42 : Les Civilisations Perdues et les Théories Alternatives
 - 1'19'13 : L'évolution des énergies et des outils
 - 1'23'20 : Les échanges culturels et l'émergence de l'écriture
 - 1'26'55 : L'âge du bronze et ses implications sur les civilisations
 - 1'30'57 : L'âge du fer et l'émergence de nouvelles technologies
 - 1'33'40 : Les religions universelles et leur impact sur les sociétés
 - 1'39'16 : L'émergence de la monnaie et des échanges commerciaux
 - 1'42'34 : La découverte des Amériques et ses conséquences
 - 1'44'20 : Les Épidémies et leur Impact Historique
 - 2'03'11 : La Montée de l'Occident et la Déclin de l'Orient
 - 2'11'20 : Les enjeux géopolitiques des ressources alimentaires
 - 2'13'46 : L'avenir incertain de l'hégémonie mondiale
 - 2'17'49 : Les choix de société face à la crise environnementale
 - 2'25'27 : Les défis de la transition démographique et climatique
 - 2'28'54 : L'impact de l'intelligence artificielle sur l'avenir de l'humanité
 - 2'37'36 : Liberté et Écologie : Un Débat Équilibré

Le XIXe, siècle du culte des morts. Avec Guillaume Cuchet aux Rendez-vous de l'histoire de Blois.


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08.10.2023

Le XIXe est le siècle par excellence du "culte des morts", ce culte familial du souvenir et de la tombe qui fut un des ancrages anthropologiques et culturels les plus répandus et les plus unanimes. Dans les nouveaux cimetières transférés en périphérie d'agglomération, dans les villes d'abord, puis dans les campagnes (avec ou sans transfert), les contemporains ont pris l'habitude de venir régulièrement "visiter leurs morts" en apportant sur leurs tombes fleurs et couronnes. C'est ainsi que la Toussaint est devenue, sous des formes en partie renouvelées, la fête la plus populaire du calendrier liturgique, croyants et incroyants réunis.
Dans les années 1820, devant le spectacle commençant des pèlerinages sur les tombes au Père-Lachaise, le grand écrivain romantique Benjamin Constant, qui distinguait le "sentiment religieux" (éternel et perpétuellement resurgissant) de ses "formes" variables et évolutives, croyait voir "planer le sentiment religieux sur sa propre forme". Comment mieux dire que la forme par excellence du sentiment religieux au XIXe serait funéraire ?
C'est à essayer de décrire et de comprendre les raisons du succès de cette invention sacrale du XIXe, sans équivalent sous l'Ancien Régime, qu'est consacrée cette conférence. XIXe qui s'est prolongé fort avant dans le XXe, voire le XXIe siècle, puisqu'en 1966 encore, dans le texte pionnier qu'il a consacré à ce culte, Philippe Ariès ne paraissait pas encore se douter qu'il pût décliner un jour.

La nature des hommes, une mission écologique pour sauver l'Afrique. Avec Guillaume Blanc à la Librairie Ombres Blanches.


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23.05.2024

Pendant la colonisation, pour sauver en Afrique la nature déjà disparue en Europe, les colons créent des parcs en expulsant brutalement ceux qui cultivent la terre. Et au lendemain des indépendances, avec l'Unesco ou le WWF, les dirigeants africains "protègent" la même nature, une nature que le monde entier veut vierge, sauvage, sans hommes.
Les suites de cette histoire sont connues : des millions de paysans africains expulsés et violentés, aujourd'hui encore. Mais comment a-t-elle pu advenir ? Qui a bien pu organiser cette continuité entre le temps des colonies et le temps des indépendances ?
Guillaume Blanc répond à ces questions en plongeant le lecteur au cœur d'une étrange mission écologique mondiale, lancée en 1961 : le "Projet spécial africain".Il raconte l'histoire de ce Projet, mais, plutôt que de suivre un seul fil narratif, il redonne vie à quatre mondes, que l'on découvre l'un après l'autre : le monde des experts-gentlemen qui pensent l'Afrique comme le dernier refuge naturel du monde ; celui des colons d'Afrique de l'Est qui se reconvertissent en experts internationaux ; celui des dirigeants africains qui entendent contrôler leurs peuples tout en satisfaisant les exigences de leurs partenaires occidentaux ; celui, enfin, de paysans auxquels il est demandé de s'adapter ou de disparaître. Ces hommes ne parlent pas de la même nature, mais, pas à pas, leurs mondes se rapprochent, et ils se rencontrent, pour de bon.
Ici naît la violence. Car c'est la nature des hommes que d'échanger, pour le meilleur et pour le pire.

Communauté d'avant-garde et réalisme politique pour notre Grande Europe. Avec Gabriele Adinolfi et Antoine Dresse sur Radio Courtoisie.


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27.01.2024

Gabriele Adinolfi, théoricien politique italien et figure majeure du nationalisme révolutionnaire européen, et Antoine Dresse, militant métapolitique actif dans les cercles identitaires francophones, reviennent sur les limites du militantisme classique et évoquent les perspectives d'une recomposition continentale. Pour ce faire, ils interrogent les conditions nécessaires à l'émergence d'une élite organique capable de conjuguer enracinement culturel et efficacité stratégique, notamment en évoquant le projet Lansquenets.
Un échange qui se veut à la fois un diagnostic lucide et une invitation à repenser l'engagement sous l'angle de la longévité, de la cohérence et de la vision historique.

Émission du "Libre Journal des lycéens", animée par Pascal Lassalle.

La naissance du marxisme (Allemagne, Russie, URSS). Avec Guillaume Fondu à la Librairie Tropiques.


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2024

Comme la plupart des termes issus de noms propres, le "marxisme" a d'abord servi à stigmatiser les partisans des idées de Karl Marx, réduits à des adorateurs de sa personne. Le mot a aussi été beaucoup utilisé pour ouvrir la voie d'un retour possible à l'auteur du Capital contre le marxisme (défini alors comme un "ensemble de contresens faits sur Marx"). À la différence des multiples mobilisations qui cherchent à opposer la vitalité de la pensée individuelle de Marx à un propos nécessairement "dogmatique", Guillaume Fondu place au cœur de l'interrogation ce qui fait l'intérêt du marxisme en tant que tel : la poursuite et la concrétisation d'un discours inspiré de Marx dans des contextes tout à fait différents de celui qui a présidé à la genèse de son œuvre.
Trois moments constitutifs sont placés au centre de l'analyse : l'Allemagne du tournant des XIXe et XXe siècle, la Russie des premières années du XXe siècle et l'Union soviétique des années 1920. De Karl Kautsky à Isaak Roubine, en passant par Rosa Luxemburg, Gueorgui Plekhanov, Rudolf Hilferding, Lénine ou Alexander Bogdanov mais aussi divers romans russes qui mettent en scène les questionnements politiques, Guillaume Fondu remobilise toute une littérature aujourd'hui ignorée en prenant pour fil conducteur la question de la performativité du discours, du lien entre réflexion et action, qui est un enjeu crucial pour toute science sociale.

Qui fut Pie XII ? Avec Frédéric le Moal sur Radio Courtoisie.


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27.11.2024

Le 19 décembre 2009, une violente tempête médiatique se déchaîne contre la mémoire de Pie XII lorsque Benoît XVI signe un décret reconnaissant ses vertus héroïques, prélude à sa béatification dont le procès avait été ouvert dès octobre 1967. Que s'est-il donc passé pour que l'image de ce souverain pontife, qui régna sur l'Église catholique de 1939 à 1958, se fût dégradée à ce point en cinq décennies ? Comment un homme peut-il passer du statut de héros, remercié par les survivants de l'Holocauste, à celui de complice passif de l'Antéchrist, reclus dans un coupable et lâche silence face à l'extermination de millions d'innocents ?
Frédéric Le Moal rouvre le "dossier Pie XII". Grâce à la toute récente ouverture des archives vaticanes (2020), il a eu accès à tous ces documents qui nous font pénétrer au cœur de la Curie, jusqu'au bureau même du pape. Il brosse ainsi à nouveaux frais le portrait de ce Romain de culture, de cœur et d'esprit vite repéré et formé pour devenir l'un des plus brillants diplomates du Saint-Siège. Eugenio Pacelli embrassa la carrière diplomatique sans jamais cesser d'être pasteur, gravissant les échelons jusqu'à devenir le secrétaire d'État de l'intransigeant Pie XI auquel il succéda en 1939 après l'un des conclaves les plus brefs de l'histoire. Devenu Pie XII, il affronta le cataclysme d'une guerre déchaînée par une Allemagne qu'il aimait mais que défigurait le paganisme nazi ; un conflit au cœur duquel étaient en jeu la survie de l'Église catholique tout autant que la civilisation chrétienne. Mais il fut aussi le pape d'une autre guerre, plus froide celle-ci, quoique meurtrière pour l'Église, celle opposant les États-Unis à l'URSS. À force de se concentrer sur la période 1939-1945, on en oublie que son pontificat vit éclater le conflit Est-Ouest et plusieurs de ses crises violentes (le blocus de Berlin, la victoire de Mao en Chine, les guerres de Corée et d'Indochine) avant de devoir s'adapter à l'ambigu dégel amorcé par Khrouchtchev après la mort de Staline.
Si les pièces récemment exhumées des cartons rompent en visière avec l'accusation de nazisme et d'antisémitisme d'une part, et expliquent les raisons de la stratégie de silence – réelle – du pape d'autre part, elles révèlent ce qui se cachait derrière cette attitude déroutante.La personnalité de Pie XII, très complexe, ne favorise pas, il est vrai, l'apaisement de la disputatio. Il ressort que le maître-mot de l'action d'Eugenio Pacelli fut la prudence. Or, notre époque chérit toujours la figure du sauveur et du grand homme, du type Churchill et de Gaulle. La prudence et la modération, vertus chrétiennes chantées par la Bible, sont en fait retournées contre lui. C'est à ce titre que lui est désormais refusée une place au panthéon des grandes figures de la Seconde Guerre mondiale.

Émission du "Libre journal des débats", animée par Charles de Meyer.