Une contre-histoire souverainiste de la construction européenne. Avec Thomas Durin pour l'Institut Humanisme Total.


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04.2025

En revenant sur l'entre-deux-guerres, la place centrale des États-Unis dans cette contre-histoire, l'importance de l'anticommunisme et le passé très trouble des "pères fondateurs" (sources à l'appui), Thomas Durin nous présente dans le détail la genèse de l'Union Européenne, son hostilité aux souverainetés nationales et son incapacité à se concevoir comme une puissance indépendante des États-Unis d'Amérique.
Une contre-histoire qui nous renvoie aux événements les plus récents de l'actualité et aux chimères très contemporaines de l'Europe de la Défense.

De la transgression à la perversion. Avec Dany-Robert Dufour et Isabelle Alfandary sur France Culture.


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10.01.2024

La perversion peut être comprise comme une transgression des normes. Cette déviation peut-elle trouver une explication dans le fonctionnement de notre psychisme ? Pour Sigmund Freud, la transgression a un rapport avec la recherche du plaisir qui nous anime dès l'enfance. Ainsi, "la perversion pour Freud fait partie d'un développement que l'on pourrait dire 'normal' ", explique Isabelle Alfandary, "elle n'est pas forcément un vice". Autrement dit, "la grande découverte freudienne va avec l'idée qu'on ne devient pas pervers, on le reste". Qu'est-ce qui caractérise donc la perversion adulte ?
Il est également possible de tenter de comprendre la perversion d'un point de vue politique et social. Observe-t-on une perversion sociale ou au contraire assiste-t-on à un plus grand durcissement des mœurs ? Pour Dany-Robert Dufour, "nous sommes passés d'un système théologico-politique à un autre" : "nous étions dans un système répressif, avec donc l'idée de l'amour de Dieu qui était au centre de ce système, et maintenant, nous sommes dans un système incitatif", dans lequel il serait possible "de satisfaire toutes nos appétences".
La systématisation de la transgression ne serait-elle pas une inclination perverse ? Peut-elle se manifester dans une lutte contre une société pervertie ? Dans quelle mesure le "capitalisme de consommation" serait la cause de cette perversion ? 

Émission "Avec philosophie", animée par Géraldine Muhlmann.

Instituer les mondes. Avec Pierre Dardot et Christian Laval à la Librairie Compagnie.


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21.03.2025

Pierre Dardot et Christian Laval proposent une réflexion sur les défis contemporains tels que le désastre climatique, les ravages de la mondialisation néolibérale et la montée des nationalismes. Le philosophe et le sociologue appellent à une union internationaliste tout en se dégageant des ornières étatistes.
Un travail en forme de manifeste pour une cosmopolitique des communs, appelant à une réinvention des formes d'organisation sociale et écologique.

Aux origines de la décroissance. Avec Daniel Cérézuelle, Cédric Biagini et Patrick Chastenet à la Librairie Mollat.


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27.06.2017

La civilisation industrielle ne s'est pas imposée sans résistances. De grands esprits critiques se sont toujours levés contre la liquidation des artisans et des paysans, contre la destruction de l'environnement et le bouleversement des modes de vie, contre l'emprise du marché et des machines sur les individus. La contestation de l'idéologie du Progrès que porte aujourd'hui le courant de la décroissance se situe dans cette longue filiation.
Parmi ces illustres devanciers, de nombreux penseurs ont de quoi alimenter les réflexions actuelles de tous ceux qui aspirent à une société centrée sur l'humain, et non plus soumise à la mégamachine. Leurs pensées, profondes, intemporelles et clairvoyantes, remettent radicalement en cause le culte de la croissance, l'esprit de calcul, la foi dans les technologies, l'aliénation par la marchandise... Elles en appellent à une sagesse immémoriale : il n'y a de richesse que la vie.

Philosophies de Marx. Avec Franck Fischbach à la Librairie Tropiques.


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24.04.2025

Philosophies de Marx, au pluriel. Cela veut dire qu'il y a bien de la philosophie chez Marx, mais que cette philosophie ou plutôt ce philosophique résiste à son unification et s'affirme comme pluriel. Sans doute aura-t-il fallu que l'on renonce à unifier la pensée de Marx en une doctrine pour la redécouvrir comme philosophique.
Franck Fischbach propose d'exposer ce pluralisme philosophique marxien sous trois rapports qui s'imposent plus que d'autres mais qui ne sont pas exclusifs d'autres : la philosophie de l'activité, la philosophie sociale, la philosophie critique. Ce sont trois directions dans lesquelles le philosophique chez Marx a insisté et a cherché à se déployer, mais sans jamais se stabiliser ni s'unifier – sinon peut-être tendanciellement dans la troisième perspective, qui ne désigne cependant pas une doctrine mais une attitude critique.
Plus qu'une philosophie, ce que Marx nous a transmis est une certaine pratique de la critique dans la théorie (qu'on peut appeler "philosophie") et la tentative de l'articuler aux pratiques sociales elles-mêmes critiques.

Intelligence artificielle, intelligence humaine : la double énigme. Avec Daniel Andler pour Citéphilo à Lille.


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22.11.2023

L'intelligence artificielle connaît son heure de gloire. Aux déboires des commencements ont succédé des avancées spectaculaires. Cependant la distance qui la sépare de son objectif proclamé – reproduire l'intelligence humaine – ne diminue pas.
Pour dissiper cette énigme, il faut en affronter une deuxième : celle de l'intelligence humaine. Les systèmes artificiels "intelligents" traitent une variété toujours plus grande de problèmes pressants. Ce devrait demeurer là leur objectif, plutôt que celui, incohérent, de chercher à égaler, voire surpasser, l'intelligence humaine.
L'humanité a besoin d'outils dociles, puissants et versatiles, et non de pseudo-personnes munies d'une forme inhumaine de cognition.

Une rencontre modérée par Jean-Paul Delahaye.

La pensée militaire prussienne. Avec Jean-Jacques Langendorf aux Salons du Général Dufour.


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16.11.2024

Aussi bien dans le monde germanique que non germanique, la pensée militaire prussienne des XVIIIe et XIXe siècles est méconnue, dans la mesure où de grands arbres, comme Frédéric II, Clausewitz, Moltke ou Schlieffen ont caché la forêt.
L'historien Jean-Jacques Langendorf se penche sur des théoriciens militaires ayant revêtu jadis une importance capitale mais qui, fort injustement, sont tombés dans les oubliettes de l'histoire, alors qu'ils ont joué un rôle essentiel dans la mise au point et la formulation de cette pensée. 
Un travail érudit et plus que bienvenue pour aborder la pensée militaire allemande de 1871 à 1918.

Histoire générale du Bund, un mouvement révolutionnaire juif. Avec Constance Pâris De Bollardière à la Librairie Terra Nova.


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10.11.2022

Le Bund, organisation sociale-démocrate des ouvriers juifs, né dans la clandestinité en 1897, fut le premier parti politique juif, socialiste, marxiste et laïque. Il rassembla nombre de Juifs de Pologne, de Lituanie et de Russie qui luttèrent avec acharnement contre l’autocratie tsariste.
Bien plus qu'une simple formation politique, le Bund sut développer un véritable mouvement culturel dont le yiddish fut la sève. Souvent décrié au sein des masses juives elles-mêmes, que ce soit par les religieux, les sionistes de toutes tendances et même par les communistes et les libéraux, le Bund fut de tous les combats contre l'oppression russe, soviétique, polonaise et nazie.
À partir des travaux de Henri Minczeles, Constance Pâris De Bollardière nous présente l'épopée de ce mouvement, de sa naissance jusqu'aux dernières purges staliniennes, en passant par les révolutions de 1905 et de 1917 et par l'insurrection du ghetto de Varsovie. Elle nous restitue aussi ce que fut la vie et l'action de ses leaders et de ses militants, que la Shoah a ensevelis et dont les cendres ont été balayées par une Histoire bien oublieuse.

D'une théorie psychanalytique spinoziste. Avec Frédéric Lordon et Sandra Lucbert à l'Université Paris VIII Vincennes.


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06.03.2025

Que le spinozisme et la psychanalyse aient des affinités a priori, le fait n'a pas manqué d'être remarqué de longue date. La causalité insue, la critique du libre-arbitre, celle de l'ego substantiel : autant de lieux partagés. Étonnamment, la discussion n'est pas allée beaucoup plus loin que leur repérage, celui des lieux de frictions également, mais sans conduire à quelque mouvement de fertilisation croisée. Il y a pourtant matière.
Le livre présenté ici (Pulsion, La Découverte, 2025) est parti de l'idée que chacun avait à gagner de l'autre. La philosophie spinoziste vient résoudre des difficultés théoriques de la psychanalyse restées pendantes quasiment depuis sa fondation. La psychanalyse vient, elle, attirer l'attention du spinozisme sur un événement de l'existence humaine qu'il a étrangement ignoré – et sur l'ampleur de ses conséquences : nous sommes nés !
C'est cependant une jonction asymétrique qui se trouve ici proposée puisqu'il s'agit de couler les grandes intuitions de la psychanalyse dans le cadre théorique du spinozisme, d'où sont réengendrés à nouveaux frais ses concepts fondamentaux : pulsion, jouissance, "manque" et désir, inconscient, symbolique, etc. Avec pour intention de montrer qu'une lecture "plate" de l'Éthique manque quelque chose : la violence de certains emparements, qui sont le propre de la vie psychique. Et qu'une théorie de la vie passionnelle doit nécessairement être une théorie de la vie pulsionnelle.

1979, la centrale nucléaire de Three Mile Island aux Etats-Unis, un aperçu de l'enfer. Avec Corinne Lepage sur France Inter.


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19.03.2021

Le 28 mars 1979, les États-Unis connaissent l'accident nucléaire le plus important de leur histoire. Avant Tchernobyl, avant Fukushima, un problème pourtant commun dans cette installation nucléaire de Pennsylvanie et l'enchaînement des erreurs humaines donnent un avant-goût du pire.
Pendant trois jours, l'Amérique retient son souffle dans une course contre la montre pendant laquelle techniciens et ingénieurs naviguent à vue. Et si. Et si la chaleur avait été plus conséquente, et si l'évacuation des plus fragiles n'avait pas été ordonnée, et si le cœur du réacteur avait fusionné ?
Histoire et uchronie ne font pas bon ménage, mais analyser la catastrophe nucléaire de Three Mile Island, c'est comprendre celles qui suivent. C'est aussi mesurer l'évolution de l'opinion face au miracle de l'atome des années 1960.

Émission "Affaires sensibles", animée par Fabrice Drouelle.

Critique de la communication : de l'échange symbolique à l'intelligence artificielle. Avec Baptiste Rappin, Eric Martin et Maxime Ouellet pour le Collectif Société.


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01.05.2024

Dans un contexte marqué par l'émergence accélérée de nouvelles intelligences artificielles dites génératives ayant la prétention de se substituer au langage et à la cognition humaine, il devient urgent de réfléchir aux impacts de ces transformations sur les sociétés contemporaines. En effet, alors que le fondement des sociétés repose historiquement sur des médiations symboliques permettant de donner un sens aux pratiques sociales, de même que sur des institutions politiques qui, dans la modernité, avaient pour ambition de permettre une action réflexive des sociétés sur elles-mêmes, l'avènement de dispositifs de communication automatisée semble concrétiser une transformation sociale profonde dans la mesure où l'ensemble des médiations symboliques et politiques sont en voie d'être remplacées par une nouvelle forme de régulation systémique ou cybernétique qu'on peut également qualifier de décisionnelle-opérationnelle.
Lorsque le symbolique est subsumé par la communication informatique, le code se substitue au langage, la rationalité algorithmique remplace la raison critique et la liberté est réduite à un processus d'adaptation. On assiste ainsi à la montée en puissance de systèmes automatisés et autonomisés monopolisés par de gigantesques oligopoles numériques qui ont la prétention de prendre en charge des actes et des facultés cognitives autrefois réputées être le propre des sujets humains. Cette transformation vient menacer aussi bien l'autonomie individuelle que la capacité des sociétés à s'auto-instituer et à déterminer leurs finalités, un processus déjà entamé depuis la révolution industrielle, mais qui vient aujourd'hui se parachever.
Les réponses les plus courantes s'avèrent insatisfaisantes et incomplètes, qu'il s'agisse par exemple en termes de politiques publiques, qui cherchent à stimuler l'innovation tout en prétendant baliser leurs effets délétères; ou encore le discours "éthique" libéral, toujours articulé a posteriori, c'est-à-dire sans questionner la production et le développement de la nouvelle régulation systémique/cybernétique elle-même.
Face à la rapidité et au déferlement de ces processus disruptifs il devient nécessaire de réfléchir en amont à partir d'une théorisation puisant dans les sciences sociales plutôt que de se limiter au seul discours portant sur les impacts localisés sur telle ou telle pratique. Or, celles-ci se sont fragmentées, se concentrant sur une série d'objets particuliers, sans plus jamais poster la question des finalités sociales du point de vue de la société comprise comme totalité synthétique. La fragmentation des enjeux empêche le développement d'une analyse historique, dialectique, synthétique, et donc critique sur les enjeux généraux et fondamentaux entourant ces questions.

Violence, l'angle mort. Avec Guillaume Soto-Mayor pour le Podcast Sismique.


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18.05.2025

La violence semble omniprésente dans notre monde - terrorisme, crime organisé, conflits armés, exploitation économique. Nous la traitons généralement comme une série d'anomalies à corriger, de dysfonctionnements à régler. Mais si la violence était en réalité un système cohérent et organisé qui structure profondément nos sociétés ?
Guillaume Soto-Mayor, chercheur et président d'Egregor, nous invite à changer radicalement notre regard. À travers son analyse des "économies de violence", il révèle comment des acteurs sophistiqués - des groupes criminels aux multinationales, des organisations terroristes aux États eux-mêmes - utilisent la violence comme instrument de pouvoir et de profit.
De l'Afrique à l'Europe, des cartels mexicains à la finance mondiale, des mines de coltan à nos smartphones, il convient de comprendre les mécanismes cachés qui lient violence et économie, criminalité et pouvoir légitime.
Cette nouvelle grille de lecture nous aide à comprendre pourquoi tant de nos réponses échouent face aux crises actuelles, et surtout, quelles transformations sont nécessaires pour construire un monde plus juste. Une réflexion essentielle pour comprendre les défis de notre époque et imaginer de nouvelles solutions.

 - 0'00'00 : La violence comme système structurant
 - 0'08'20 : Parcours et origines de la réflexion sur les économies de violence
 - 0'15'42 : Définition des économies de violence : au-delà des faits divers
 - 0'18'33 : Les différentes formes de violence : de la violence physique à la violence systémique
 - 0'25'16 : La continuité historique des systèmes de violence
 - 0'31'15 : La violence dans nos objets quotidiens : exemple des smartphones
 - 0'36'28 : L'exploitation dans les chaînes de production mondiales
 - 0'41'38 : Le rôle des institutions financières dans les systèmes violents
 - 0'47'15 : Les paradis fiscaux et le blanchiment d'argent à grande échelle
 - 0'52'42 : Les acteurs violents : sophistication et capacité d'innovation
 - 0'58'33 : Le numérique : nouvel espace de violence
 - 1'05'47 : La transformation des États : entre impuissance et criminalité
 - 1'13'26 : Les États mafieux : quand la violence devient gouvernance
 - 1'21'33 : L'échec des réponses internationales face aux crises
 - 1'30'15 : L'aide au développement : entre bonnes intentions et effets pervers
 - 1'38'52 : La question migratoire : anatomie d'une politique contre-productive
 - 1'47'24 : Les conséquences humanitaires des politiques sécuritaires
 - 1'55'31 : Les mouvements progressistes face à la violence : pourquoi cet échec ?
 - 2'04'18 : La gauche et son angle mort sur les questions de sécurité
 - 2'13'32 : Trump et la nouvelle politique de la violence assumée
 - 2'25'45 : La montée des populismes : symptôme d'une violence systémique
 - 2'40'11 : Les enfants, premières victimes silencieuses
 - 2'48'33 : Le cyberharcèlement et les nouvelles formes de violence
 - 2'56'30 : Vers de nouvelles approches : exemples d'initiatives réussies
 - 3'05'42 : L'importance des solutions locales et leur passage à l'échelle
 - 3'13'54 : Garder espoir malgré tout : les raisons d'y croire
 - 3'19'40 : Conclusion et recommandations de lecture

Un entretien mené par Julien Devaureix.