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Depuis le début de la crise du Covid, le statisticien Pierre Chaillot a collecté scrupuleusement toutes les semaines l'intégralité des données officielles et des différents ministères. Mortalité, occupation des lits, positivité des tests, âges, etc…Plusieurs années d'un travail méticuleux qui lui ont fait constater de gigantesques anomalies.En France comme dans tous les autres pays européens, la mortalité de l'année 2020 standardisée (c'est-à-dire étudiée par tranches d'âges et non pas en données brutes) est au niveau de celle de l'année 2015 soit la septième année la moins mortelle de toute l'histoire de France. Quant à la mortalité de l'année 2021, elle au niveau de celle de 2018, la troisième la moins mortelle de toute l'histoire de France.Les chiffres présentés par les médias et les organes publics sont partiels et tronqués, aussi bien en ce qui concerne la mortalité que l'activité hospitalière ou l'efficacité vaccinale.Il expose dans cette conférence la teneur de ses recherches pour qu'enfin un débat scientifique serein puisse avoir lieu sur cette crise dont les conséquences sont loin d'être derrière nous.
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Le RN est rarement crédité d'un vote d'adhésion. Jugeant l'hypothèse trop décourageante, ses détracteurs préfèrent évoquer le désaveu qui frappe ses rivaux, la toxicité de l'espace médiatique ou le délitement des solidarités ouvrières.
Michel Feher entreprend au contraire d'examiner la popularité de l'extrême droite à la lumière des satisfactions que sa vision du monde procure à ses électeurs.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'00'12 : L'imaginaire du Rassemblement national, les évolutions du capitalisme et les écueils de la gauche
- 0'03'29 : Qu'est-ce qu'une "gauche d'occasions" ? (Kaïros ou Leboncoin)
- 0'04'25 : Pourquoi la gauche est-elle structurellement minoritaire?
- 0'07'35 : "Pour être de gauche il faut tenir tous les bouts", classe, race, sexe ou l'intolérance aux inégalités
- 0'10'35 : Plus la gauche est exigeante, plus elle se fragmente
- 0'11'42 : "La notion d'intersectionnalité est moins faite pour annoncer le rassemblement des dominés que pour cartographier les tensions qui ne cessent de l'ajourner."
- 0'14'07 : "Pour qu'il y ait convergence, il faut s'occuper des inégalités que l'on subit comme celles que l'on ne subit pas."
- 0'17'08 : "Le ressentiment tient mieux que les moments de générosité." Différence entre puissance et pouvoir
- 0'18'19 : Émeutes George Floyd : les barricades ajournent-elles l'intersectionnalité ?
- 0'21'36 : Pourquoi la gauche n'assume-t-elle pas la confusion de son horizon ?
- 0'23'12 : Intervention du public : assumer la part expérimentale de toute prise de partie révolutionnaire (et pas de gauche)
- 0'24'29 : L'antifascisme comme pierre angulaire d'une recomposition politique
- 0'26'46 : Les "fachés pas fachos" et le populisme de gauche : les fascistes doivent être vaincus avant d'être convaincus
- 0'29'43 : Parasites et producteurs : la promesse de l'extrême droite c'est l’épuration pour que tout s'améliore sans que rien ne change
- 0'32'03 : Ni radicalité, ni modération : l'intransigeance
- 0'34'00 : Qu'est-ce qu'une affirmation politique ?
- 0'36'20 : Le travail critique, la mélancolie de gauche et l'absence d'horizon
- 0'38'50 : Financiarisation et mutation du capitalisme : le profit est remplacé par le crédit
- 0'41'13 : De la subjectivité ouvrière à la subjectivité "investie"
- 0'44'02 : Pour combattre le macronisme, faut-il être plus machiniste que Macron ?
- 0'45'46 : Pourquoi l'anti-impérialisme et l'anti-totalitarisme ne permettent pas de penser le fascisme aujourd'hui
- 0'49'10 : Black Lives Matter et Metoo sont des mouvements qui jouent sur le crédit et la spéculation
- 0'53'30 : Le fascisme Trumpiste est lui aussi spéculatif : s'y joue la "valeur" de l'homme blanc
- 0'55'39 : Fait-on face à un nouveau fascisme ? Ressentiment et épuration
- 0'56'28 : Géopolitique du fascisme présent ou la non pertinence de l'anti-impérialisme et de l'anti-totalitarisme
- 1'01'15 : Le nouveau modèle du fascisme en train d'émerger : l'impérialisme continental
- 1'05'23 : L'exemple et le basculement israélien
- 1'06'54 : Les exemples indiens et chinois
- 1'08'34 : L'épuration comme paradigme essentiel
- 1'09'32 : L'absence de tout contrepoids au nouveau paradigme fasciste
- 1'11'19 : Pourquoi ceux qui défendent les ukrainiens ne sont pas les mêmes que ceux qui défendent les palestiniens ?
- 1'14'01 : Objection: ne peut-on pas s’opposer au fascisme émergent sans dépendre de la forme État?
- 1'15'27 : Une intervention anarchiste confuse et trop longue: pourquoi la gauche est à la masse. Forme-de-vie, composition, insurrectio
- 1'23'29 : On est en fait plutôt d’accord
- 1'25'31 : Ce qu'il fait qu’ils sont fascistes, c’est que leur ennemi n’est pas une race inférieure mais une race dangereuse
- 1'26'23 : Le "wokisme" est vécu comme un danger existentiel
- 1'27'46 : Jusqu’à aujourd’hui être courageux était relativement risqué, cela va le devenir absolument


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Si les paysans ne consituent plus que 3% de la population active suisse, il n'est pas une année sans que nous ne votions sur une initiative constitutionnelle concernant l'agriculture (biodiversité, pesticides, vaches à cornes, souveraineté alimentaire ou élevage intensif). Et plus l'agriculture s'efface de notre quotidien, plus les Suisses en font le réceptacle de leurs attentes éco-alimentaires. Nous projetons sur l'agriculteur nos fantasmes politiques, souvent paradoxaux. Certains le conspuent comme pollueur ou tortionnaire spéciste, tout en l'érigeant en acteur de la révolution verte. D'autres en font un héros romantique, garant de notre identité alpestre ou de notre souveraineté alimentaire.Enfin, ce qui est peut-être le scandale suprême, nous avons parfaitement accepté que l'agriculteur ne puisse vivre sans aides de son métier : autant au travers des paiements directs que de notre complaisance pour les marges de la grande distribution, dont le prix du lait est le lamentable symbole.Tout cet appareil bureaucratique et financier vise trop souvent des objectifs en décalage avec la fonction première de l'agriculture, à savoir de garantir autant que possible l'approvisionnement alimentaire de la Confédération. Le paysan remplit ainsi une fonction à la fois vitale, économique et défensive, qui mérite d'être remise en contexte afin d'en comprendre les défis.


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Auteur de la LTI, la langue du troisième Reich, Victor Klemperer est l'un des rares juifs de Dresde à avoir échappé à la déportation. Dans son journal Mes soldats de papier (de 1933 à 1945, paru en 2000 aux Editions du seuil), il témoigne au jour le jour de la montée du nazisme, des humiliations et des restrictions subies par les juifs, de la crainte permanente de la Gestapo jusqu'aux bombardements de Dresde durant lesquels il s'enfuira en compagnie de sa femme Eva, afin d'échapper aux dernières vagues de déportation.
À la fin de la guerre, il choisit de rester en RDA et d'entrer au parti communiste, seul parti à pratiquer une véritable politique de dénazification.
Son journal, qu'il tiendra jusqu'à sa mort en 1961, est un témoignage de première main sur la vie quotidienne d'un juif à l'époque nazie mais c'est aussi une réflexion inédite sur le passage d'un régime dictatorial à un autre et sur la réalité du totalitarisme.
Un documentaire réalisé par Anne Fleury.


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Le récent tournant ontologique d'une partie de l'anthropologie a conduit certains à avancer qu'il existait une pluralité d'ontologies irréductible à une simple pluralité de cultures ou de représentations.
Dans un premier temps, Martin Fortier se propose d'évaluer cette rupture épistmémologique à partir de deux auteurs qui y prennent une place importante : Eduardo Viveiros de Castro et Philippe Descola.
Dans un second temps, c'est Philippe Descola lui-même qui présente ses thèses et répond à certaines des critiques qui lui sont adressées.
L'occasion de réfléchir en profondeur sur les implications conceptuelle, ethnographique et cognitive du tournant ontologique en anthropologie.


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Comment nous relions-nous à notre environnement et comment nous en détachons-nous ? Comment en sommes-nous arrivés à vivre dans des sociétés dont les rapports au milieu vivant se sont appauvris au point de menacer notre monde de devenir inhabitable ?
On a longtemps défini les humains par les liens les unissant les uns aux autres. Or ils se distinguent aussi par les relations singulières qu'ils établissent au-delà d'eux-mêmes, avec les animaux, les plantes, le cosmos. Sur tous les continents, chasseurs-cueilleurs, horticulteurs ou pasteurs nomades interagissent de mille manières avec une multitude d'autres êtres. Partout, les groupes humains s'attachent affectivement à des animaux qu'ils apprivoisent et avec lesquels ils partagent habitat, socialité et émotions. Notre ouverture à l'altérité va même plus loin. Nous établissons des relations fortes avec les esprits des montagnes et des fleuves, avec des dieux ou des ancêtres. Nous sommes étonnamment polyglottes, capables d'échanger avec un oiseau, une étoile, un esprit.Longtemps ignorée, cette disposition apparaît fondamentale dans le rapport singulier que nous avons construit avec notre environnement au fil des millénaires.
En s'appuyant sur l'anthropologie évolutionnaire, l'archéologie, l'histoire, l'ethnographie et ses propres enquêtes de terrain menées en Sibérie et en France, Charles Stépanoff compare différents contextes anciens et actuels, proches et lointains, où les humains s'attachent d'autres espèces. Au fil d'un parcours captivant qui l'amène à repenser intégralement des phénomènes fondamentaux comme le processus de domestication, la genèse des hiérarchies ou la construction des États prémodernes, il explore cette question inédite : comment les attachements au milieu vivant transforment-ils les organisations sociales ?


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Professeur de science politique et d'anthropologie à l'université Yale aux États-Unis, James C. Scott a vu plusieurs de ses ouvrages traduits en français, comme Zomia ou l'art de ne pas être gouverné et Petit éloge de l'anarchisme. Ses travaux se situent dans la continuité de Pierre Clastres et de David Graeber en ce qu'il contribue à mettre à mal les récits civilisationnels faisant de l'émergence de l'État, l'outil que les humains auraient construit pour sortir de la "barbarie".
Dans son dernier livre, Homo Domesticus – Une histoire profonde des premiers États, s'appuyant sur de récentes découvertes en archéologie, il montre que "l'État est à l'origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l'a emporté sur les autres". Il met à mal le "Grand Récit" dominant attribuant à l'État le "bien-être" apporté par l'irrigation, la domestication et l'ordre social. En réalité, la sédentarité a déjà existé plusieurs milliers d'années avant l'agriculture sédentaire et il a fallu attendre ensuite plus de 4'000 ans pour voir apparaître les premières cités-États, dans lesquelles l'État incarne le contrôle des populations, la servitude et la guerre - monarque, prêtres et collecteurs d'impôts formant l'élite qui vit du travail forcé de ses habitants.
Comprendre l'origine de l'État, c’est découvrir qu'une autre voie est possible et qu'elle l’est encore aujourd'hui.
Émission "Trous Noirs".


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La notion de "beaux-arts", apparue entre le XVIᵉ siècle et la fin du XVIIIᵉ siècle, marque une rupture dans l'histoire de l'art : le beau devient une finalité. Cette notion nouvelle pose les bases d'une réflexion esthétique : qu'est-ce qui est beau ou laid dans l'art ? Et comment en juger ?
S'ensuit une autre rupture esthétique dans l'histoire de l'art, l'apparition du mouvement romantique au XIXᵉ siècle qui opère une "désesthétisation" de l'art : le beau comme valeur artistique suprême est alors contesté.
Au XXᵉ siècle, les frontières de l'art deviennent floues, s'élargissent, on utilise de nouveaux matériaux de nouvelles techniques ou des formes nouvelles comme la performance. Si le beau ne disparaît pas du champ artistique, quelle place a-t-il désormais ?
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.


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Le dernier Abécédaire d'Alain Soral Plus Con tu Meurs!, fait partie avec Comprendre l'Empire et Comprendre l'époque d'une tétralogie si l'on ajoute Vers la féminisation. Cette oeuvre constitue un ensemble dialectique qu'il est indispensable de lire et d'intégrer.
Car par-delà la dimension purement intellectuelle, cette oeuvre représente un arsenal conceptuel, indispensable pour disséquer et comprendre les rouages de notre époque et des systèmes de domination.
Plus Con tu Meurs! n'est pas qu'un simple abécédaire ou un recueil d'aphorismes. C'est avant tout l'essence d'une oeuvre intellectuelle qui s'étale sur plusieurs décennies, et où chaque lettre et chaque thème, constitue une invitation à la pensée critique et dialectique.
- 0'00'00 : Introduction du livre, de Hegel à Nietzsche
- 0'11'22 : Un héroïsme tragique
- 0'23'23 : L'héroïsme n'est pas qu'une question de testostérone
- 0'38'20 : Du chantage mémoriel occidental au Karma asiatique, un changement de paradigme
- 0'51'20 : L'inefficacité des manifs et des hashtags contre les réseaux profonds
- 1'02'06 : L'affaire Palmade, contradictions et limites des bons sentiments
- 1'07'40 : Les extraterrestres, l'ultime carte des mondialistes ?
- 1'13'53 : L'Occident devrait s'inspirer de l'exemple nord-coréen
- 1'24'00 : Pierre Hillard, mondialisme contre mondialisme, les affres de la bigoterie
- 1'41'53 : Le marxisme culturel, des origines à l'idéologie "Woke" et au "cancel culture"
- 1'57'41 : Elon Musk, quand le Golem se retourne contre son maitre
- 2'06'17 : La tétralogie soralienne
Un entretien mené par Rachid Achachi.


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Franc-tireur : soldat qui ne fait pas partie de l'armée régulière. De ces irréguliers de la littérature, Bruno de Cessole a composé une troupe sortie tout droit de son anthologie personnelle.
Transgressive, frondeuse, en marge des codes de la bonne société des Lettres, l'Internationale des francs-tireurs revendique son insoumission à tous les conformismes.
C'est le panthéon mondial des écrivains libertaires ou contestataires qu'il convoque en peignant une galerie de portraits mettant en relief auteurs connus ou méconnus, et une dette dont il s'acquitte : celle contractée envers les écrivains qui l'ont nourri, éclairé ou encouragé.
De Casanova à Virginia Woolf, du XVIIIe siècle à nos jours, ces écrivains sont les invités d'honneur de ce banquet du "gai savoir". Un exercice d'admiration, preuve d'amour pour la littérature, qui invite à la découverte ou à la relecture.
Émission du "Libre Journal des lycéens".


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Partout en Europe, les partis sociaux-démocrates ne semblent concevoir leur avenir que dans une stratégie de validation des politiques de droite. En ce sens, l'exemple anglais nous donne à voir une mutation "chimiquement pure".
Le 4 juillet 2024, le Parti travailliste remporte une victoire éclatante aux élections nationales, obtenant l'une des plus larges majorités de l'histoire du Royaume-Uni. Keir Starmer a réussi son pari de ramener le Labour au pouvoir après 14 ans d'opposition. Sa stratégie de recentrage du parti vers des positions plus modérées et sa détermination à résoudre les dissensions internes semblent avoir porté leurs fruits.
Mais derrière cette image de compétence et de sérieux se cache une tout autre réalité. Celle d'un homme qui se sera d'abord présenté comme l'héritier d'une gauche progressiste, avant d'abandonner la quasi-totalité de ses engagements pris lors de son élection à la tête du parti. Un leader intransigeant envers ses propres troupes, qui n'aura pas hésité à expulser brutalement les voix s'écartant de sa ligne. Une politique présentée comme pragmatique mais qui semble surtout se caractériser par une continuité surprenante avec les orientations des gouvernements conservateurs précédents.
Est-ce vraiment pour cela que les électeurs ont voté ? C'est pour comprendre les paradoxes de ce succès que Cyril Richert propose de se plonger dans l'analyse des transformations de la gauche britannique sous la direction de Keir Starmer durant les années qui l'ont conduit au pouvoir.


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Et s'il fallait partir de l'espace domestique, du quotidien et de la maisonnée pour (re)penser toutes les dimensions de la catastrophe écologique ? Plusieurs mouvements féministes des années 1960 ont insisté sur la nécessité de considérer le privé et le personnel comme politique.
Sociologue du genre et du travail, Geneviève Pruvost se propose d'allier deux approches, portant sur les maisonnées et sur les chantiers participatifs, pour nous aider à penser de nouveaux espaces de vie qui contribuent à la subsistance commune et permettent d'agir politiquement sans oublier d'avoir les mains occupées...