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Titulaire d'une thèse de doctorat en langue et littérature françaises sur l'oeuvre de Proudhon d'un point de vue littéraire, Alain Delannoy nous emmène explorer l'œuvre majeure du philosophe socialiste français Système des contradictions économiques qui permet de comprendre ses positions sur le capital, l'État et la justice sociale.
L'occasion de plonger dans les débats sur l'héritage proudhonien, son conflit avec Marx et les nombreuses incompréhensions qui s'en sont suivies quant au sens de sa pensée.


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Le capitalisme et la modernité seraient intrinsèquement liés à un racisme d'essence coloniale et à la domination de l'Occident sur le Sud global : tel est le postulat des décoloniaux. Face à une rationalité considérée comme eurocentrique, face à un système de pouvoir qui chercherait à maintenir les "non-Blancs" dans une position subalterne, ils prônent un retour aux formes de savoir et aux visions du monde des peuples indigènes.
À l'heure où les théories décoloniales, nées en Amérique latine, gagnent du terrain dans les milieux universitaires et militants, Pierre Gaussens fait entendre une autre voix. Il démontre comment ces théories propagent une lecture simpliste de l'histoire et des rapports de pouvoir, et comment leur focalisation sur les questions d'identité ethno-raciale relègue au second plan l'opposition pourtant fondamentale entre riches et pauvres.
À l'horizon, une conviction : seul un anticolonialisme fondé sur une critique radicale du capitalisme permettra de sortir de cette impasse, en dépassant toute soif de revanche pour retrouver le contenu universel des luttes d'émancipation.


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Entrepreneur, enseignant et spécialiste des technologies numériques, Fabrice Epelboin nous éclaire sur la guerre informationnelle et technologique que se livrent les grands noms de la tech dans le développement de l'intelligence artificielle. Une bataille qui semble également de transformer, plus largement, en affrontement civilisationnel de puissance.
- 0'04'20 : Trump et le numérique
- 0'13'20 : La France et l'IA
- 0'18'20 : L'emploi et l'IA
- 0'23'20 : France leader européen de l'IA
- 0'16'20 : Contrôle social et IA
- 0'35'20 : Se former à l'IA
- 0'43'20 : Surveillance et IA
- 0'49'20 : Guerre sur les ressources
- 0'54'20 : Deepseek et l'IA chinoise
- 1'04'20 : Votre métier et l'IA
- 1'08'20 : Se former à l'IA
- 1'18'20 : Le fonctionnement de l'IA
Émission du "Zoom du Cercle", animée par Nicolas Depraz.


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La transition du féodalisme au capitalisme est l'un des débats historiographiques qui a fait couler le plus d'encre, tant en raison de ses implications théoriques que politiques. Néanmoins, force est de constater qu'il y a longtemps eu un consensus entre libéraux et marxistes sur l'essentiel, à savoir que le capitalisme serait progressivement né en Europe occidentale dans les interstices du féodalisme, porté par une bourgeoisie urbaine qui aurait finalement triomphé de l'aristocratie féodale dans une série de "révolutions bourgeoises".
Inspirés par Hegel et les historiens libéraux français de la Restauration, Marx et Engels ont eux aussi initialement adopté une vision de l'histoire comme progressant téléologiquement de stade en stade vers le capitalisme (puis, a contrario des libéraux, vers le socialisme et le communisme). Le marxisme fit ainsi de la bourgeoisie et du développement des forces productives les moteurs de l'histoire. De ce fait, le capitalisme fut pensé comme déjà présent de manière embryonnaire dans les villes d'Europe occidentale, n'attendant que le triomphe politique de la bourgeoisie pour se déchaîner.
Pour le cas français, l’affaire semblait ainsi entendue parmi les historiens marxistes : le capitalisme, né dans les interstices du féodalisme et de l'absolutisme, aurait finalement triomphé avec la révolution bourgeoise de 1789. Le débat portait de ce fait essentiellement sur la nature de l'absolutisme français, parfois vu comme un instrument de l'aristocratie féodale, quelquefois comme une phase de transition nécessaire à l'émergence du capitalisme, voire comme déjà capitaliste.
Mais les historiens du long Moyen-Âge et de l'économie d'Ancien Régime, en montrant la compatibilité du féodalisme et de l'absolutisme avec une économie marchande et monétarisée, les historiens révisionnistes, en indiquant la nature non-capitaliste de l'économie d'Ancien Régime et de la bourgeoisie révolutionnaire, et les marxistes politiques, en démontrant la nature non-capitaliste de l'industrie française jusqu'aux années 1860 et de l'agriculture française jusqu'aux années 1960, sont venus bousculer ces certitudes communes aux libéraux et aux marxistes. Partant de ces travaux, c'est à une reconstruction schématique d'inspiration marxiste politique de ce qu'a été la transition du féodalisme au capitalisme en France qu'Armel Campagne s'attelle ici.
Une intervention qui se fait dans le cadre du séminaire "Lectures de Marx".



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Économiste spécialiste des questions monétaires et géopolitiques, Jacques Sapir analyse les bouleversements qui redessinent les relations internationales. L'essor des BRICS, la dédollarisation et la montée en puissance de la Chine remettent en cause la domination occidentale et annoncent l'émergence d'un monde multipolaire. Face à ces transformations, l'Europe peine à définir une stratégie adaptée, tandis que la France cherche à préserver son influence.
À travers une approche économique et historique, Jacques Sapir décrypte les dynamiques à l'œuvre et éclaire les enjeux d'un futur où les rapports de force sont en pleine recomposition.
- 0'00'00 : introduction
- 0'00'57 : la dynamique des BRICS
- 0'16'30 : les BRICS face aux conflits géopolitiques
- 0'24'29 : la menace de Trump face à la dédollarisation
- 0'39'13 : le repositionnement géopolitique des États-Unis
- 0'52'57 : le déclin de la puissance configuratrice américaine
- 1'03'05 : la revanche de la Chine sur l'Occident
- 1'09'22 : la fin de l'hégémonie occidentale
- 1'13'37 : la place de la France dans ce nouvel équilibre mondial
- 1'28'46 : énergie, la France condamnée à la décroissance ?
- 1'51'09 : le piège de Thucydide
Un entretien mené par Thomas Arrighi.


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Dans ce grand entretien, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique du mois de février 2025.
Une analyse où les actualités nationale et internationale sont passées au crible de l'intérêt français souverain.
Actualités nationales :
- 0'00'38 : attentats Mulhouse
- 0'02'28 : islamisme en France
- 0'25'00 : salon de l'agriculture
- 0'36'15 : conseil constitutionnel
- 0'55'15 : RN et Populisme
- 0'59'20 : budget et Censure
- 1'02'50 : déclaration des Grands patrons
- 1'18'26 : fermeture de C8
- 1'29'12 : actus du Cercle
Actualités internationales :
- 1'36'03 : la Belgique
- 1'43'56 : JD Vance
- 1'57'20 : conférence de Munich
- 2'10'05 : USA mesures protectionnistes
- 2'29'27 : négociations en Ukraine
- 2'36'53 : affrontements au Congo


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"Qu'est-ce que signifie être français ? Quels droits cela confère-t-il ? Quelles obligations cela implique-t-il ?" a lancé François Bayrou, le 7 février dernier sur RMC, invitant à une réflexion nationale sur le sujet dans les mois à venir, ainsi que Nicolas Sarkozy l'avait fait lors de son quinquennat. Une fois de plus les questions migratoires, le droit du sol, et les affaires d'OQTF se retrouvent sur le devant de la scène médiatique et politique, dans une France où le vote d'extrême droite explose. De quoi cette obsession est-elle le nom ? Vraie question pour l'avenir d'un pays fracturé, ou diversion utilisée par un pouvoir très impopulaire dans une France au bord de la récession ?
Émission "L'Explication", animée par Aude Lancelin.
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Fondateur du Collectif Investig'Action, le journaliste et essayiste belge Michel Collon analyse depuis plus de 30 ans les stratégies de guerre et de désinformation. Il a également fondé Test Media International, un collectif d'enquête qui vérifie, recoupe et analyse la couverture médiatique des grands conflits mondiaux.
- 0'00'00 : Intro
- 0'02'16 : Présentation
- 0'03'22 : Guerre du Golfe et désinformation
- 0'11'18 : La gauche et la guerre
- 0'31'28 : Les "médiamensonges"
- 0'38'45 : Israël, le "flic du quartier"
- 0'4430 : Le lobby sioniste
- 0'50'47 : Les mensonges du 7 octobre
- 1'05'00 : Les objectifs d'Israël
- 1'09'54 : La trêve à Gaza
- 1'15'18 : En Syrie, les djihadistes au pouvoir
- 1'28'31 : Carte blanche - le pouvoir des citoyens


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L'homme avec un grand "H" est de retour dans l'espace. À la faveur d'une passion renouvelée pour l'occupation des astres et sur fond de conflits entre grandes puissances, la course à la Lune est relancée. Chine et États-Unis visent le court terme, avec des programmes colossaux (Chang'e, Artemis), alors que des puissances spatiales plus mineures suivent dans un même esprit (l'Inde, et dans une certaine mesure l'Europe). Consensuel, le traitement médiatique de cette grande vision fait la part belle aux découvertes scientifiques pléthoriques qui en découleront et autres promesses d'une "économie de l'espace" à la croissance infinie. Quant aux astronautes, hérauts historiques de la conquête, ils assurent le service après-vente : faire rêver.
Sur le versant critique, c’est le calme plat. Quelques voix émergent pour faire entendre des doutes à l'idée d'habiter Mars mais sont vite noyées dans le flot des déclarations de milliardaires du capitalisme spatial : Elon Musk, Jeff Bezos et les autres. L'idée de conquérir l'espace n'est pas nouvelle. Avant même Apollo, elle émerge dans les faits à l'ère nazie, avec des objectifs militaires. Puis s'étale sur une centaine d'années, constituant un véritable paradigme dont nous ne sommes pas sortis, lequel se décline dans les domaines culturel, militaire et économique, avec une remarquable constance. Tout du long, les projets les plus fous sont amorcés, puisant dans un même répertoire de justifications (la science, le désir d'exploration) qui masque leurs dimensions fondamentalement guerrières et spéculatives.
Arnaud Saint-Martin et Irénée Régnauld opèrent une plongée dans l'histoire de l'espace qui éclaire les directions prises par l'industrie astronautique à l'ère contemporaine. Ils montrent que les velléités d'expansion cosmique d'hier ont pavé la route à un "astrocapitalisme" qui se caractérise aujourd'hui par une fuite en avant destructrice.
Alors que des budgets pharaoniques sont fléchés vers des astres morts, s'amoncellent dans le ciel des centaines de milliers de débris qui mettent en péril l'usage de l'espace à des fins scientifiques et notamment, de surveillance du climat. Si l'enchantement perdure, c'est bien qu'une vaste fabrique du consentement est à l'œuvre. Invariablement, elle débouche sur un grand flou qui empêche tout recul critique sur l'espace, et occulte d'autres représentations d'un milieu qui demeure le patrimoine de l'humanité.
- 0'02'30 : Les balbutiements et la matrice nazie
- 0'17'15 : L’exfiltration et la récupération des nazis
- 0'36'30 : Le développement des ICBM et la fausse dualité civilo-militaire
- 1'05'00 : SpaceX et une « privatisation de l ‘espace »
Émission "Le Collimateur", animée par Alexandre Jubelin.


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La CIA n'est pas une simple agence de renseignement, mais une machine de guerre orchestrant coups d'État, assassinats et manipulations à l'échelle mondiale. Depuis plus de 70 ans, elle a renversé des dirigeants élus et installé des régimes favorables aux intérêts américains, alimentant chaos et instabilité.
Face aux critiques, elle infiltre désormais la technologie via son fonds In-Q-Tel, collaborant avec Google, Facebook, Amazon et Palantir pour transformer la surveillance en un outil quotidien. Derrière l'innovation, un vaste réseau d'espionnage s'étend, exploitant chaque individu comme source d'information.
Son implication dans le trafic de drogue finance des opérations clandestines, tandis que ses bases secrètes pratiquent détentions illégales et torture. Espionnage, manipulations politiques, contrôle des réseaux sociaux : la CIA façonne l'ordre mondial dans l'ombre, en toute impunité.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'03'32 : Rôle de la CIA dans la tech
- 0'07'48 : Changement de régimes et assassinats
- 0'14'11 : L'évolution des méthodes de la CIA
- 0'19'48 : USAID, un outil de manipulation
- 0'27'05 : Espionnage massif et réseaux sociaux
- 0'38'08 : Trafic de drogue et financements occultes
- 0'50'01 : La CIA et le complexe militaro-industriel
- 1'02'04 : L'IA, un nouvel enjeu stratégique
- 1'14'03 : Trump contre l'État profond
- 1'26'26 : Conclusion
"La Grande Emission", animée par Mike Borowski.


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Quel est le rôle de l'ingénierie dans le système productif capitaliste ? Et quelles serait des perspectives communistes envisageables permettant une reconfiguration de cet appareil productif dans une optique post-capitaliste ?
C'est à partir des travaux de Nick Chavez qu'est analysée la domination du capital sur les ingénieurs, leur rôle dans la polarisation des savoirs, et la façon dont les impératifs économiques influencent la conception des marchandises, en distinguant deux grands modèles de production, "low mix, high volume" et "high mix, low volume".
Dans un second temps sont critiquées les approches utopiques ignorantes des contraintes productives. Et explorée la possibilité d'une reconfiguration révolutionnaire de l'ingénierie, en se demand quelle forme pourrait prendre la dissolution de la division du travail et la remise en cause du statut social des ingénieurs.


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Dans son livre La ronde des bêtes, l'historien François Jarrige explore une facette méconnue de l'histoire industrielle : l'importance du moteur animal, un pilier énergétique souvent ignoré mais crucial (et décarboné !) de la révolution industrielle.
Lorsque l'on pense à cette révolution, l'image de la machine à vapeur, propulsant trains, bateaux et usines, émerge naturellement. Pourtant, cette vision est incomplète. Certes, le XIXe siècle est marqué par l'essor des énergies fossiles, mais il a également été le théâtre d'une autre forme d'énergie : celle fournie par les animaux. Une force motrice qui, contrairement à ce que l'on pourrait penser, a profondément façonné la modernité industrielle.
D'où l'importance de revenir en détails sur l'histoire fascinante de ces "animaux prolétaires", utilisés comme moteurs économiques. Bien avant l'ère des combustibles fossiles, ces bêtes ont occupé une place centrale dans l'économie occidentale, un rôle qui s'étend de l’Antiquité jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale, moment où leur usage a progressivement décliné.