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Philippe Descola est sans doute l'anthropologue français le plus connu et commenté dans le monde depuis Claude Lévi-Strauss. Titulaire de la chaire d'Anthropologie de la nature au Collège de France de 2000 à 2019 tout en ayant dirigé son Laboratoire d'anthropologie sociale de 2001 à 2013, il a reçu la Médaille d'or du CNRS en 2012 pour l'ensemble de son œuvre.
Philippe Descola développe une anthropologie comparative des rapports entre humains et non-humains qui a révolutionné à la fois le paysage des sciences humaines, la réflexion sur les enjeux écologiques de notre temps et notre façon de concevoir la place de l'humain dans le monde, d'abord avec le récit de son expérience chez les Achuar d'Amazonie à la fin des années 1970, Les Lances du crépuscule, puis avec un livre publié en 2005, Par-delà nature et culture, devenu un classique.
Il y affirme que l'opposition entre Nature et Culture, sur laquelle notre monde occidental moderne est fondé, n'est pas pertinente, en tout cas pas universelle. En reniant ce dualisme fondamental pour nos sociétés, il est aussi une voix qui brise la hiérarchie entre les mondes, et qui ouvre de nouvelles perspectives politiques.
Émission "À voix nue", animée par Caroline Broué.


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Pour Ibn Khaldûn, immense historien arabe du XIVe siècle, l'État "civilise" au plein sens du terme, il crée une société civile, pacifique et désarmée. L'État trace une limite claire entre la société sédentaire, qui vit sous sa protection, et la société bédouine, tribale, qu'il ne contrôle pas. Mais il a besoin des deux mondes, puisqu'il tire du monde tribal la violence nécessaire pour imposer sa paix dans le monde sédentaire, où il puise ses richesses à travers l'impôt. Si on donne à ces termes, "sédentaire" et "bédouin", leur véritable sens, c'est-à-dire "sous le contrôle d'un État" et "hors du contrôle d'un État", la pertinence de la théorie peut être étendue très au-delà de l'Islam et du Moyen Âge.
Pour comprendre cette fascinante théorie utile à notre temps, Gabriel Martinez-Gros, avec toute la finesse et l'érudition qui lui sont coutumières, nous présente les lignes de force de l'œuvre d'Ibn Khaldûn pour nous permettre d'en cerner la richesse et la portée.
- 0'00'00 : Intro
- 0'00'45 : Qui est Ibn Khaldûn ?
- 0'08'55 : Développement de la dialectique entre bédouin et sédentaire
- 0'15'27 : Une logique de la violence chez Ibn Khaldûn
- 0'19'31 : La philosophie de la temporalité politique marche-t-elle ?
- 0'29'06 : Ibn Khladûn semble avoir une conception très moderne du travail
- 0'35'40 : N'est-ce pas étonnant la faible place de la religion dans sa pensée ?
- 0'41'26 : Vous dites que la théorie d'Ibn Khaldûn ne fonctionne pas pour l'Europe. Pourquoi ?
- 0'52'16 : Pour vous, nous vivons une actualité "khaldunienne" aujourd'hui.
- 1'04'25 : Selon vous et Kamel Daoud, la langue arabe littéraire est une invention et il n'existerait que DES langues arabes ?
- 1'09'38 : On dit souvent que la "vraie" langue arabe, c'est celle du Coran et on a vu le cas d'Al Jazeera incomprise par une part importante des arabophones.
- 1'11'48 : A l'époque d'Ibn Khaldûn, était-ce déjà sous domination ottomane ?
- 1'18'27 : Quelles langues parlait Ibn Khaldûn ?
- 1'20'27 : En vous écoutant, on a l'impression qu'il n'y a aucun point commun entre les dominés et les dominants
- 1'28'40 : Outro


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Stratégiste, analyste technique et scientifique indépendant, Laurent Ozon nous présente les premiers effets du recentrement national des Etats-Unis sous la présidence Trump, rompant avec la stratégie impériale mise en place au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale.
Ce boulversement sera-t-il durable ? Les forces mondialistes vont-elles organiser la riposte ? Comment le Vieux Continent et sa classe dirigeante, désormais orpheline de son tuteur américain, va-t-il réagir ?


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Philosophe, journaliste et essayiste, Giorgio Locchi (1923-1992) fut l'une des figures tutélaires de la Nouvelle Droite, tutélaires mais lointaines, effet du temps. Raison pour laquelle il fallait le remettre à l'honneur !
C'est l'objet de cette émission où son fils Pierluigi Locchi, accompagné d'Antoine Dresse, nous présentent les grandes lignes de force de sa pensée, en revenant notamment sur le mythe surhumaniste et sa philosophie de l'histoire.
L'occasion de renouer avec un auteur fascinant qui fut un réel maître à penser.
Émission "La Méridienne", animée par Wilsdorf et Jean-Louis Roumégace.


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Historien et politologue français spécialiste du Moyen-Orient, Roland Lombardi nous fait un état de slieux des puissances du Moyen-Orient, après avoir écrit sur l'Égypte, la Libye, le Liban, Israël ou le Qatar à l'époque contemporaine.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'03'40 : Comment les cartes sont-elles rebattues au Moyen-Orient ?
- 0'07'46 : Différence d'approche entre les administrations Trump et Biden
- 0'26'10 : Le cas de l'Iran
- 0'33'30 : Quid de la rivalité sunnite/chiite face à Israël ?
- 0'37'40 : La position de l'Arabie Saoudite
- 0'45'30 : Les intérêts de la Chine au Moyen-Orient
- 0'54'10 : La perception de la France dans la région
- 1'02'20 : Émergence et déclin des Frères musulmans dans le monde musulman
- 1'13'45 : L'Europe, terrain fertile pour la radicalisation des Frères musulmans.
- 1'26'50 : L'Arabie Saoudite entre l'Occident et les BRICS
- 1'40'10 : Situation de l'Égypte
- 1'53'45 : Situation du Liban
- 1'57'10 : Situation de l'Irak
- 2'02'33 : Situation de la Syrie
- 2'09'10 : Conclusion


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Dans ce grand entretien, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique du mois de janvier 2025.
Une analyse où les actualités nationale et internationale sont passées au crible de l'intérêt français souverain.
- 0'01'45 : Héritage de De Gaulle
- 0'13'05 : Actus du Cercle & Editions
- 0'20'45 : Actus nationales - Mayotte
- 0'37'20 : Gouvernement Bayrou
- 0'50'27 : Les ZFE
- 1'07'20 : Actus en vrac
- 1'12'33 : Hello Quitte X
- 1'21'18 : L'investiture de Trump
- 2'47'20 : Conséquences françaises
- 3'02'00 : Mort de Jimmy Carter
- 3'06'00 : Gang des violeurs au Royaume-Uni


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Ingénieure géologue minier spécialisée dans les impacts sanitaires et environnementaux des filières minérales, Aurore Stéphant aborde notamment les réalités humaines et environnementales de l'exploitation minière, les évolutions prévisibles des systèmes miniers, mais aussi les liens entre matières premières minérales et modèle de développement.
Ses travaux nous invitent à réfléchir aux implications des plans de transition actuels et aux perspectives pour des changements nécessaires.
- 0'00'00 : Introduction des modérateurs
- 0'07'44 : Début de la conférence
- 0'09'42 : 1. Réalités de l’industrie minière
- 0'28'41 : 2. Evolutions prévisibles des systèmes miniers
- 0'39'00 : 3. Modèle de développement et ressources minérales
- 0'55'19 : 4. Implication des scénarios de transition
- 1'03'47 : 5. Perspectives pour des changements nécessaires
- 1'18'55 : Questions du public


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Produit typique de la symbiose judéo-allemande, Martin Buber (1878-1965) est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands penseurs juifs du XXe siècle. L'originalité de son parcours n'en est pas moins souvent méconnue. Influencé dans sa jeunesse par la pensée de Nietzsche et la philosophie romantique de la vie, auteur d'une thèse de doctorat sur la mystique rhénane, il adhéra dès 1898 au mouvement sioniste parce qu'il y voyait une occasion pour le peuple juif de se régénérer en développant une "nouvelle culture de la beauté", vision "culturelle" qui le mit vite en opposition avec Theodor Herzl. Très proche de l'anarchiste Gustav Landauer, mais aussi de plusieurs représentants de la Révolution Conservatrice allemande, il se fit ensuite connaître par ses travaux sur le hassidisme, mouvement mystique juif antimoderne dans lequel il voyait l'exemple même d'une "tradition vivante".
Mais c'est surtout dans son livre le plus célèbre, Le Je et Tu (1923), que Buber s'est définitivement affirmé comme le théoricien d'une identité communautaire fondée sur la réciprocité : "Au commencement est la relation, qui est une catégorie de l'Etre". Les deux termes essentiels qui fondent la dialectique de la relation (que ce soit avec les autres hommes, la nature ou le cosmos tout entier) sont le Je-Tu, qui seul permet un véritable dialogue, et le Je-Cela, attitude réductrice et égotiste qui transforme les personnes en simples objets.
Une oeuvre à découvrir.
Émission du "Libre Journal de la Nouvelle droite", animée par Thomas Hennetier.


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Depuis une époque immémoriale, nous sommes entourés d'êtres et de choses - des animaux et des plantes, des objets quotidiens, des bâtiments - qui ont une forme reconnaissable, un certain "visage", et c'est une donnée première de notre expérience. Cela contribue à tisser une "texture des choses" que diverses théories contemporaines, de concert avec certaines forces sociales, s'emploient à défaire ou tendent à nier. Ainsi s'effectue peu à peu, de diverses manières, une disparition des formes et un retour à une réalité supposée être originairement un flux indifférencié.
Pour s'opposer à cette tendance à la fois intellectuelle et sociale, Jacques Dewitte met en évidence, à travers des lectures serrées d'Aristote, Heidegger et Arendt, un terrain commun pouvant accueillir à la fois une pensée des apparences vivantes et du tact qu'exige toute classification, une exigence de faire des distinctions conceptuelles dans la théorie sociale et politique.
Une réflexion fondamentale, donc, au sens où il pose les fondements rationnels de l'émerveillement devant un "monde beau et très divers".


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Persuadés qu'aucune révolution victorieuse ne pourrait enfanter un monde meilleur sans évolution préalable des mentalités, les anarchistes individualistes des premières années du XXe siècle ont accordé une importance extrême à l’éducation, pour eux principal levier du changement social.
Nous présenterons dans cette intervention la presse anarchiste individualiste, les brochures et les causeries qu'ils ont su développer au service de l'auto-éducation des adultes ainsi que leurs réflexions sur ce qu'aurait pu être une école véritablement émancipatrice, loin des modèles congréganistes et laïcs, qu'ils renvoyaient dos à dos.


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De la critique marxienne de la propriété, fidèles en cela au Manifeste du Parti Communiste, les luttes ont surtout retenu la mise en cause de la grande propriété, de la propriété capitaliste et des moyens de production avec toutes les inégalités et les dominations qu'elles véhiculent. Mais on peut avoir tendance à tenir éloigné de tout reproche la petite propriété individuelle, fruit du labeur. Le partage des richesses signifiant alors non pas remise en cause de la propriété privée, mais meilleur partage de celle-ci.
Pourtant, ne pourrait-on pas renouer avec ce qui, dans la critique marxienne, s'attaquait au concept même de propriété (dans les Manuscrits de 1844 en particulier) ? Ne serait-ce pas la propriété privée que les périodes moderne et contemporaine ont vu naître qui représente un concept intrinsèquement problématique ?
Pour faire face aux défis écologiques, à la nécessité du partage de ressources de plus en plus rares et de l'inclusion de l'ensemble des droits et contraintes qui doivent être pris en compte dans l'usage d'un monde plus que jamais commun, ne conviendrait-il pas de reprendre, à nouveaux frais, la critique de la propriété privée ?


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Curieuse époque que la nôtre, où le "progrès" – la transformation des conditions de vie liée aux applications sociales de la science – n'a jamais été aussi rapide, mais où seuls quelques idéologues croient encore que nos enfants auront une vie meilleure. Car les crises économiques, sociales et écologiques s'accumulent sans fin. Ce paradoxe s'éclaire si l'on revient à l'aube de notre temps, à l'époque où le capitalisme industriel, l'État bureaucratique et la science organisée se sont brutalement mis en place, et aux diagnostics historiques de ceux qui ont cherché à en saisir les implications pour la vie humaine.
Max Weber, Georg Simmel et Ferdinand Tönnies ont identifié avec une lucidité implacable les pathologies constitutives de notre époque : la marchandisation générale, l'érosion du lien social, la perte de sens et de liberté liés à l'emprise des organisations bureaucratiques. Tout l'intérêt de leur sociologie est d'analyser ces évolutions en se demandant, concrètement, quel monde elles créent et quels types d'être humain elles engendrent. Ce faisant, ils mettent en évidence des aspects de la modernité capitaliste en général négligés, car trop intimement liés à ce qu'elle a fait de nous.
Grâce à ce détour, on pourra se défaire des illusions véhiculées par ceux qui continuent de prôner, malgré tout, les vertus de la croissance et du développement industriel, ou qui annoncent que nous serions enfin sur le point d'accéder à la "société postindustrielle". Telle est la condition pour être à la hauteur des tâches qui incombent aujourd'hui à celles et à ceux qui n'ont pas renoncé à l'idée d'émancipation.