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La pensée d'Adolf Portmann, biologiste et philosophe du vivant, interroge la nature même de l'apparence et de la forme dans le monde animal et humain. En mettant en lumière l'importance de l'auto-présentation des êtres vivants, son œuvre ouvre des perspectives nouvelles sur la finalité du vivant, la place de l'homme dans la nature et les limites du darwinisme classique.
Ce colloque propose d'explorer ces thématiques à travers plusieurs approches : la possibilité d'une autre science du vivant, la finalité de l'apparence entre auto-conservation et expression, ou encore les évolutions récentes du darwinisme. Il s'agit aussi de réfléchir à la spécificité humaine à travers le prisme de la philosophie aristotélicienne, du rapport à l'animalité dans la chasse et des tensions entre anthropomorphisme et exception humaine.
À travers ces échanges, il importe d'approfondir notre compréhension des formes du vivant et de questionner la manière dont nous, humains, nous situons dans le monde naturel.


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On fait – mais on ne sait pas ce qu'on fait. On parle – on ne sait pas ce qu'on dit. Pas davantage à qui. On défère, on ignore à quoi. On accumule des biens, mais sans idée de ce qu'on cherche.
Double-fond des actions individuelles. Et double-fond des rapports sociaux. Qui, à leur logique propre, ajoutent celle, le plus souvent inaperçue, de l'investissement pulsionnel.
C'est la psychanalyse qui a ouvert cette perspective, et c'est elle qui l'a refermée. Ouverture : les concepts du double-fond – pulsion, inconscient, jouissance, fantasme, refoulement. Fermeture : LePhallus, LaCastration, LaLoi – soit la transfiguration à majuscules d'un ordre social-historique contingent en éternité du Symbolique. La psychanalyse s'est voulue science générale, elle a seulement fait la théorie psychique d'un lieu et d'un temps. Son "général" transpirait l'Occident patriarcal.
Alors, reprendre tout l'appareil conceptuel – pour le brancher sur la variabilité des mondes collectifs.
Avec l'oubli – le discrédit – de la psychanalyse, la pulsion s'était absentée du discours. En réalité, elle n'a jamais cessé d'irriguer les formations sociales et leurs rapports. Entre capitalisme devenu forcené et fascisme de retour, la voilà même qui sature à nouveau le paysage politique – pas pour le meilleur. Déterminante d'autant plus qu'invisible. Il était temps de s'en occuper à nouveau.


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Essayiste spécialiste des questions géopolitiques, Robert Steuckers explore ici en profondeur la géopolitique de l'Europe à travers le prisme de sa quête de désenclavement sur la longue durée. S'appuyant sur une analyse historique rigoureuse, il met en lumière les dynamiques qui ont façonné les ambitions européennes d'accès aux grands espaces stratégiques, qu'il s'agisse des routes maritimes, des corridors énergétiques ou des axes terrestres reliant l'Est et l'Ouest.
À travers une lecture géohistorique des conflits, des alliances et des grands projets d'infrastructure, il nous offre une perspective essentielle pour comprendre les enjeux actuels et les stratégies déployées par les puissances européennes face aux défis contemporains.
Émission "L'écho des canuts", animée par Roberto Fiorini.


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Si de Gaulle et Clemenceau – les deux plus grandes gloires de la République – ont été des calamités pour la France, il y avait lieu de suspecter qu'il en aille de même pour la médaille de bronze, Léon Gambetta.
Après avoir usurpé ses fonctions, Gambetta – trop occupé, du haut son inespérée dictature, à faire triompher ses passions politiques et à épurer les institutions – plonge la France dans la défaite qu'il avait promis de conjurer suite à la débâcle de Sedan.
Si Carnot fut qualifié – à tort ou à raison – d' "organisateur de la victoire", Freycinet, le délégué de Gambetta au ministère de la Guerre, est incontestablement l' "organisateur de la défaite" lors de la guerre de 1870. Par ses décrets inapplicables, son hostilité absurde aux généraux, ses aveuglements coupables et ses décisions "stratégiques" aberrantes, car inexécutables ou contre-productives, il a porté des coups fatals à l'armée française.
Adrien Abauzit, en s'appuyant sur les travaux de Henri Dutrait-Crozon, démontre qu'avant l'armée prussienne, en 1870, les grands tombeurs de la France sont Léon Gambetta et Charles de Freycinet. Nous sont révélés, par là, la face cachée du désastre de la guerre franco-prusienne.


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Physicien et professeur émérite de l'université de Louvain, Jean Bricmont nous présente le livre du regretté Dominico Losurdo Western Marxism: how it was born, how it died, how it can be reborn (Monthly Review, 2024, non encore traduit en Français), qui analyse de façon critique différents penseurs occidentaux, marxistes ou anti-marxistes : Bloch, Althusser, Adorno, Horkheimer, Marcuse, Arendt, Foucault, Agamben, Negri, Hardt, Zizek, Harvey et Badiou, entre autres.


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Fondateur de l'école hétérodoxe de l'économie des conventions, André Orléan nous expose ici les enjeux d'un "tournant expérimental" des sciences économiques.
L'essor de l'économie comportementale, des RCT (Randomized Controlled Trials) et de l'analyse économétrique à partir d'expériences naturelles (histoire économique, développement) montre un désir d'objectivité et de scientificité qui cache des choix théoriques et épistémologiques qui ne sont pourtant pas neutres.
Selon lui, cette tentative de baser le débat scientifique sur des faits et des causalités rigoureusement établies cache un grand décalage de ces méthodes avec celles des sciences expérimentales et peut mener à des dérives.


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Depuis toujours, l'homme souhaite subordonner ce qui est à ce qui devrait être, et c'est pourquoi les moralistes, les clergés, les idéalistes, les technocrates connaissent la tentation de soumettre cet "art des possibles" qu'est la politique à leurs lois. Pourtant, la politique est un éternel champ de déception pour eux, car elle ne correspond jamais à leurs attentes. Ne respectant que ses propres lois, la politique est rétive à se laisser enfermer dans les filets de l'idéal. Or, c'est de la constatation qu'il existe une hétérogénéité des fins entre morale et politique que naît le réalisme politique. Ce dernier ne constitue en rien une doctrine unifiée ni une école de pensée à proprement parler mais plutôt une sorte d'habitus, c'est-à-dire une disposition d'esprit qui vise à éclairer les règles que suit la politique.
Partant des intuitions majeures de Machiavel, de Thomas Hobbes et de Carl Schmitt, le but d'Antoine Dresse n'est donc pas d'imposer dogmatiquement une doctrine politique quelconque mais d'éclairer les présupposés sans lesquels il est impossible de penser le politique et de présenter une approche permettant de discerner les enjeux qui lui sont propres.
Émission du "Libre Journal des Débats", animée par Charles de Meyer.


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À la Libération, Céline laissait dans sa fuite des milliers de pages. Les derniers qui les cherchaient avaient perdu espoir. Mais en 2020, 76 ans après, le trésor disparu du plus controversé des écrivains français a ressurgi du passé.
Une série documentaire de Romain Weber, réalisée par Yvon Croizier.


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Entre les années 1960 et 1980, l'Italie a été secouée par une vague de violences politiques opposant différentes factions politiques, sur fond d'attentats, d'enlèvements et de manipulations d'État. Cette période, connue sous le nom d' "années de plomb", s'inscrit dans un contexte plus large : celui de la Guerre froide, où les tensions entre le "monde libre" et le bloc soviétique ont profondément influencé les dynamiques internes du pays, voire du continent européen.
Alberto Scott explore ici les enjeux de cette lutte, les stratégies des acteurs impliqués et l'impact durable de ces événements sur l'Italie et l'Europe.


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Dans un monde en proie aux crises favorisant la désignation de boucs émissaires, il importe de comprendre la résurgence des mécanismes sacrificiels tels qu'analysés par René Girard. Benoît Girard et Sylvain Durain explorent les dynamiques mimétiques qui façonnent nos sociétés et interrogent les moyens d'y résister.
Entre anthropologie, politique et spiritualité, cet échange propose une lecture lucide des tensions contemporaines et des alternatives possibles face à la violence collective.
Émission du "Libre journal de la Résistance française", animée par Nicolas Stoquer.
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Dans un contexte de montée de l'antisémitisme en France, de guerre coloniale à Gaza, et plus récemment de polémique sur le caractère antisémite des violences à Amsterdam en novembre 2024, cette émission vise à poser les jalons d'une articulation entre montée de l'antisémitisme et violence coloniale en Palestine, d'une part, et entre lutte contre l'antisémitisme et lutte contre le colonialisme israélien, d'autre part.


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En tant que psychiatre dans un centre de rééducation fonctionnelle, Maurice Berger reçois des victimes d'agressions qui gardent des séquelles importantes. En tant que pédopsychiatre, il travaille avec des mineurs extrêmement violents qui déclarent tous "n'en rien avoir à foutre" des blessures qu'ils ont occasionnées, avec une absence totale d'empathie.
Pour ralentir l'augmentation de cette violence dans notre société, il faut donc remonter l'histoire psychique de ces mineurs dont un certain nombre deviendront des majeurs dangereux. De manière schématique, ils présentent une violence "individuelle" liées à des maltraitances vues ou subies dans l'enfance, ou une violence liée à un milieu familial clanique, ou une violence commise en bande où le rôle du leader négatif est essentiel.
Le point commun est que les sujets concernés ne savent pas ce que c'est qu'obéir, à la loi entre autre, et que toute contrainte est ressentie par eux comme une insupportable soumission.