Le mythe du boeuf ou comment sortir du mépris de classe. Avec Rose Lamy sur Blast.


(1)
330 Vues
Enregistré le 05.2025
Posté le 13.06.2025
Durée : 1 heures 5 minutes 10 secondes


Description :
Le mot beauf qui à l'origine désignait le beau frère est entré dans le langage courant pour désigner la caricature d'un français moyen, réactionnaire, un peu bête, borné, macho, vulgaire… On pense alors au fameux tonton raciste ou à Kevin qui a un mulet, de grosses lunettes de soleil et fait du tuning….
Mais cela va encore plus loin, puisque petit à petit, le beauf devient l'autre, celui auquel on ne veut pas ressembler, celui qui n'a pas les bons goûts, la bonne culture, les bonnes opinions. Les beaufs n'existent que dans le regard de la société.
Dans son livre Ascendant Beauf, Rose Lamy démontre que la figure du beauf est surtout un outil de domination et de fabrique du mépris social. En se moquant des beaufs, on se moque aussi des classes populaires, on se désensibilise de leur sort. En revenant sur son histoire personnelle, l'autrice raconte tout ce qui se cache derrière l'image du beauf : une existence déterminée par la classe sociale, les morts prématurées, les emplois aliénants, les déserts médicaux. L'humiliation permanente… 
Pourtant, le dessinateur Cabu, qui a en partie créé ce personnage le disait "on est tous le beauf de quelqu'un". Pour le sociologue Gérard Mauger cité dans le livre "la figure du beauf produit simultanément une représentation stigmatisée des classes populaires et une représentation enchantée de soi-même comme l'envers du groupe stigmatisé". Le beauf en dit donc beaucoup sur la personne qui juge, la condescendance lui donne une forme de supériorité morale et intellectuelle mais tout ceci a des conséquences bien réelles. "Nous sommes toutes et tous à la fois bourreaux et victimes de l'oppression de classe" écrit Rose Lamy. 
Alors pourquoi est-ce problématique d'utiliser le mot beauf ? En quoi cette figure est-elle devenue un bouc émissaire ? Comment questionner ce mépris social ? Et comment l'extrême droite profite en partie de la stigmatisation des beaufs et donc des classes populaires blanches ?

Un entretien mené par Paloma Moritz.



Culture Classes sociales Prolétariat Gauche
Rose Lamy Blast

En annexe :

Commentaires :