Le mythe du boeuf ou comment sortir du mépris de classe. Avec Rose Lamy sur Blast.


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05.2025

Le mot beauf qui à l'origine désignait le beau frère est entré dans le langage courant pour désigner la caricature d'un français moyen, réactionnaire, un peu bête, borné, macho, vulgaire… On pense alors au fameux tonton raciste ou à Kevin qui a un mulet, de grosses lunettes de soleil et fait du tuning….
Mais cela va encore plus loin, puisque petit à petit, le beauf devient l'autre, celui auquel on ne veut pas ressembler, celui qui n'a pas les bons goûts, la bonne culture, les bonnes opinions. Les beaufs n'existent que dans le regard de la société.
Dans son livre Ascendant Beauf, Rose Lamy démontre que la figure du beauf est surtout un outil de domination et de fabrique du mépris social. En se moquant des beaufs, on se moque aussi des classes populaires, on se désensibilise de leur sort. En revenant sur son histoire personnelle, l'autrice raconte tout ce qui se cache derrière l'image du beauf : une existence déterminée par la classe sociale, les morts prématurées, les emplois aliénants, les déserts médicaux. L'humiliation permanente… 
Pourtant, le dessinateur Cabu, qui a en partie créé ce personnage le disait "on est tous le beauf de quelqu'un". Pour le sociologue Gérard Mauger cité dans le livre "la figure du beauf produit simultanément une représentation stigmatisée des classes populaires et une représentation enchantée de soi-même comme l'envers du groupe stigmatisé". Le beauf en dit donc beaucoup sur la personne qui juge, la condescendance lui donne une forme de supériorité morale et intellectuelle mais tout ceci a des conséquences bien réelles. "Nous sommes toutes et tous à la fois bourreaux et victimes de l'oppression de classe" écrit Rose Lamy. 
Alors pourquoi est-ce problématique d'utiliser le mot beauf ? En quoi cette figure est-elle devenue un bouc émissaire ? Comment questionner ce mépris social ? Et comment l'extrême droite profite en partie de la stigmatisation des beaufs et donc des classes populaires blanches ?

Un entretien mené par Paloma Moritz.

Le Capital de Marx. Avec Antoine Vatan pour le Café marxiste.


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2025

Docteur en économie, agrégé de sciences économiques et sociales et professeur à l'université Paris-Nanterre, Antoine Vatan a publié en 2022 La Situation de la classe laborieuse en France (Éditions Delga), dans lequel il étudie, statistiques à l'appui, les conditions générales du capitalisme, au stade impérialiste, en France, et ses conséquences sur les conditions de vie des travailleurs mais aussi les potentialités révolutionnaires objectives liées à cette situation.
Ce long entretien forme une sorte d'introduction au Capital de Karl Marx. Objectif : mieux comprendre les principaux concepts et résultats de cet ouvrage majeur, toujours d'actualité pour comprendre le monde et le transformer. En effet : les notions de "taux d’exploitation" ou de "baisse tendancielle du taux de profit", comme bien d'autres, demeurent tout à fait opérantes, à la condition d'être rigoureusement précisées, ce qu'Antoine Vatan s'emploie à faire ici avec clarté.

1. Karl Marx avait raison
 - 0'00'55 : Parcours d'Antoine Vatan jusqu'à Marx
 - 0'05'27 : La situation des travailleurs en France
 - 0'08'12 : La baisse tendancielle du taux de profit
 - 0'15'02 : Les prédictions de Marx se sont réalisées
 - 0'21'32 : Le marxisme, seule théorie des crises
 - 0'32'17 : Contradictions fondamentales du capital
 - 0'41'17 : L'actualité du Capital de Marx

2. La méthode Karl Marx
 - 0'00'32 : La démarche théorique de Marx
 - 0'04'45 : Critique de l'idéologie bourgeoise
 - 0'08'01 : Marx : idéologue ou scientifique ?
 - 0'15'22 : Le matérialisme dialectique
 - 0'21'22 : Le matérialisme historique
 - 0'24'48 : Le marxisme : un économicisme ?
 - 0'33'02 : Marx a-t-il une vision morale ?

 3. Qu'est-ce que le Capital ?
 - 0'00'31 : Le Capital = un patrimoine ? (Piketty)
 - 0'07'37 : L'analyse de la marchandise
 - 0'10'17 : Qu'est-ce que la valeur chez Marx ?
 - 0'15'39 : La valeur : une substance ? (Lordon)
 - 0'20'03 : Transformation de l'argent en capital
 - 0'29'56 : Les indépendants : des prolétaires ?
 - 0'35'23 : Dépasser Marx ?

4. Le procès de production capitaliste
 - 0'00'20 : Travail non payé et taux d'exploitation
 - 0'06'05 : Plus-value absolue et relative
 - 0'12'31 : L'armée de réserve du Capital
 - 0'19'21 : L'accumulation primitive
 - 0'28'28 : La circulation du Capital (livre 2)
 - 0'38'39 : Différence profit / profit moyen
 - 0'41'54 : Baisse du taux de profit (équations)
 - 0'49'57 : Intérêt et rente foncière (livre 3)

5. Keynes et les néoclassiques
 - 0'00'22 : Marx VS les classiques (Smith, Ricardo, etc.)
 - 0'08'46 : Marx VS le malthusianisme
 - 0'14'15 : Marx VS les néo-classiques (Hayek, Friedman, etc.)
 - 0'22'45 : Marx VS keynésianisme (Sismondi, Keynes, etc.)
 - 0'32'52 : Le protectionnisme est-il progressiste ?
 - 0'40'45 : Néolibéralisme ou capitalisme ?

La politique selon Jacques Rancière. Avec Etienne Balibar, Philippe Corcuff, Antonia Birnbaum, Marie-José Mondzain, Georges Didi-Huberman, Jean-Marie Schaeffer et Anne Kupiec sur France Culture.


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01.2023

Quatre émissions en compagnie du philosophe français Jacques Rancière, pour mieux comprendre son leg intellectuel :
 1. Souvent qualifiés de post-marxistes, Jacques Rancière et Étienne Balibar ont œuvré à un renouvellement de la théorie politique, gardant comme optique l'émancipation collective. Près de soixante ans après le séminaire de Louis Althusser à l'ENS Ulm en 1965, ont-ils dit adieu à Marx et au marxisme ?
 2. Jacques Rancière définit l'émancipation comme la sortie d'une situation de minorité qui, loin de se réduire à un résultat, implique une autre manière d'être au monde. Comment expliquer le déclin de l'intérêt porté à l'émancipation aujourd'hui ? N'est-elle pas masquée par la notion de domination ?
 3. Jacques Rancière tente de contrer l'idée selon laquelle l'image est quelque chose de passif. En tant qu'elles sont des relations, et non de simples copies, les images de l'art agissent. Pour autant, il soutient aussi que l'image peut résister à la façon dont on veut la regarder et la penser.
 4. Pour Jacques Rancière, la littérature est une révolution qui s'installe en Occident en opposition aux belles-lettres. Sa politique tient au désordre qu'elle institue dans le partage du sensible : la littérature opère une destruction des hiérarchies, notamment entre les sujets nobles et les sujets vils.

Émission "Avec philosophie", animée par Géraldine Muhlmann.

Le jeune Marx, ou comment Marx est devenu révolutionnaire. Avec Michael Löwy et Isabelle Garo pour ContreTemps.


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02.2022

C'est en compagnie des philosophes Isabelle Garo et Michael Löwy que nous revenons sur le parcours de Marx des années 1840 à 1848, de son arrivée dans le Paris révolutionnaire jusqu'à la publication du Manifeste du parti communiste.
Et l'on découvre que ce jeune rhénan en colère n'est pas né marxiste ! Il est alors intéressant de retracer son itinéraire, depuis ses positions démocratiques mais réformistes alors qu'il est à la tête de la Gazette Rhénane (un journal d'opposition libérale), à son appel à une "révolution radicale" pour l'Allemagne et à sa première évocation du prolétariat.

Émission "En avant Marx", animée Marina Garrisi.

Retraites et capitalisme. Avec Antoine Vatan sur le Travailleur Alpin.


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03.2023

Les différentes journées de mobilisation contre la réforme des retraites Macron-Borne ont été massives et ont clairement montré le rejet populaire de la retraite à 64 ans.
Mais alors que le gouvernement continue de faire la sourde oreille et ne veut pas entendre la colère de la rue, alors qu'il continue de faire preuve de démogagie et de mensonge autour d'une réforme qu'il entend bien mener à son terme, Antoine Vatan décortique et analyse les mécanismes économiques et idéologiques du projet Macron-Borne, qui n'est qu'une énième tentative d'augmenter l'exploitation du prolétariat au profit du Capital.

Quelle stratégie : front populaire ou classe contre classe ? Avec Victor Sarkis pour les Jeunes pour la renaissance communiste en France.


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2020

Il est un débat qui ressurgit périodiquement entre militants de la reconstruction communiste : pour faire face à l'irréversible dégénérescence réformiste des partis de la gauche de gouvernement, faut-il ressusciter la tactique "classe contre classe", que conseillait pour l'essentiel l'Internationale communiste des années 1920, ou faut-il revivifier la tactique de Front populaire, patriotique et antifasciste qu'expérimenta le PCF des années 1930 sous l'égide de Maurice Thorez ? Cette tactique, qui stoppa l'offensive fasciste en France et que trop de gens confondent avec la très confuse "union de la gauche" des années 1970, mérite d'être étudiée avec attention.

Introduction au Communisme. Avec Francis Cousin pour le Collectif Guerre de Classe.


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12.2019

"Le communisme, abolition positive de l'appropriation privative (elle-même aliénation humaine de soi) et par conséquent appropriation réelle de l'essence humaine par l'homme et pour l'homme ; donc retour total de l'homme pour soi en tant qu'homme social, c'est-à-dire humain, retour conscient et qui s'est opéré en conservant toute la richesse du développement antérieur. Ce communisme en tant que naturalisme achevé = humanisme, en tant qu'huma­nis­me achevé = naturalisme ; il est la vraie solution de l'antagonisme entre l'homme et la nature, entre l'homme et l'homme, la vraie solution de la lutte entre existence et essence, entre objectivation et affirmation de soi, entre liberté et nécessité, entre individu et genre. Il est l'énigme résolue de l'histoire et il se connaît comme cette solution.
Le mouvement entier de l'histoire est donc, d'une part, l'acte de procréation réel de ce communisme – l'acte de naissance de l'existence de son expérience  – et, d’autre part, il est pour sa conscience pensante, le mouvement compris et connu de son devenir." Karl Marx, Manuscrits de 1844
Retour, en compagnie de Francis Cousin et à partir de Karl Marx, sur les origines, l'actualité et le devenir du communisme, ce "mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses".

Les violences policières à la Belle Epoque. Avec Anne Steiner sur Radio Libertaire.


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08.04.2016

L'historienne et sociologue Anne Steiner nous parle de la répression du mouvement ouvrier à la Belle Époque. Archives militantes, cartes postales... elle a reconstitué les grèves et manifestations du prolétariat du début du siècle dernier dans deux ouvrages qui servent de base à la discussion : Le Temps des révoltes, une histoire en cartes postales des luttes sociales à la Belle Époque (L'Échappée, 2015) et Le Goût de l'émeute : manifestations et violences de rue dans Paris et sa banlieue à la Belle Époque (L'Échappée, 2012).

Émission "Les Amis d'Orwell".