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Le manque de réaction de nos sociétés face à la dégradation économique peut être imputé au niveau élevé de confort sur lequel nous reposons. En effet, la génération précédente semblait avoir trouvé toutes les solutions : plein emploi, hausse du niveau de vie, apogée du keynésianisme, paix sur le continent.
Mais aujourd’hui, le comportement de nos dirigeants en pleine crise paraît ahurissant : sauver l’euro reste leur obsession. Qu’est-ce qui pourrait expliquer cette incompétence ?
Emmanuel Todd est l’invité de Paul Jorion à la chaire Stewardship of Finance.


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Des démocrates athéniens à Montesquieu, d'Aristote à Rousseau, personne ne songeait à faire de l'élection l'instrument démocratique par excellence. Démocratie n'équivalait pas à gouvernement représentatif : c'est le tirage au sort qui paraissait le plus apte à respecter l'égalité stricte des candidats.
Que s'est-il passé au tournant du XVIIIe siècle, en Europe et aux Etats-Unis, pour que se renverse cette conception multiséculaire et pour qu'advienne l'idée qu'une démocratie est, par essence, un gouvernement représentatif ?
Bernard Martin montre que le système représentatif n'a pas pour seule fonction de permettre au peuple de se gouverner lui-même.
Le gouvernement représentatif mêle en fait des traits démocratiques et aristocratiques. L'élu n'est jamais le double ni le porte-parole de l'électeur, mais il gouverne en anticipant le jour où le public rendra son jugement.


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Un retour sur un an d'actualités politiques françaises et européennes sur Internet, avec le double regard de FDN (French Data Network, le fournisseur d'accès Internet français le plus ancien encore en activité) et de La Quadrature du Net.
Sujets abordé :
- Projet de loi contre le terrorisme
- Monopole d'Orange en fibre optique et aménagement du territoire
- Travaux de la Quadrature du Net
- Chiffrement des communications
- Sujets convergents entre associations
- Commissaires européens et neutralité du net
- Droit à l'oubli, censure et réécriture de l'histoire


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S'il faut défendre la sociologie, c'est bien malgré ce qu'elle est devenue. Bien loin de ses grandes espérances initiales et des splendeurs que nous ont léguées les Durkheim, Weber, Simmel, Mead, Elias, Mauss, etc. Ce que l'on appelle sociologie s'est peu à peu recroquevillé jusqu'à apparaître comme la "science (ou la pseudo science) des restes", la science de ce dont ne parlent ni les philosophes, ni les économistes, ni les historiens, ni les anthropologues, ni les théoriciens de la littérature, etc.
Eclatée en de multiples chapelles théoriques ou idéologiques, privée de colonne vertébrale paradigmatique et institutionnelle, elle ne croit plus pouvoir trouver son unité que dans une référence de plus en plus incantatoire au "terrain" et à l'empirisme, et dans ses querelles infinies sur ce qui fait la bonne méthode ou le bon terrain.
La sociologie classique, celle qu'il nous faut faire revivre et actualiser, se présentait tout autrement. Elle revendiquait hautement une approche empirique de la réalité et le souci d'établir des faits, elle aussi, mais elle n'imaginait pas que ce puisse être accompli hors-théorie et sans enjeux normatifs, c'est-à-dire éthiques et politiques... Dit autrement, elle se vivait comme le lieu et le moment généraliste de la science sociale générale.
C'est cette sociologie là qui nous fait désormais défaut et qu'Alain Caillé appelle ici à renaître de ses cendres. Cette sociologie sera ancrée dans le paradigme du don et s'attaquera aux enjeux normatifs et éthiques en proposant une philosophie politique du vivre ensemble : le convivialisme.
Remarque : la qualité audio de l'enregistrement est mauvaise.


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Les "silences" prêtés à Pie XII entre 1939 et 1945 ont suscité d’inépuisables polémiques. Annie Lacroix-Riz dépasse le cadre de la Deuxième Guerre mondiale et replace Eugenio Pacelli, nonce en Allemagne en 1917, secrétaire d’État en 1930, pape en 1939, dans le cadre général de la stratégie du Vatican depuis la fin du XIXe siècle.
En s'appuyant sur l’acquis de travaux souvent ignorés en France, et sur un grand nombre d'archives inexplorées, elle apporte un éclairage renouvelé à l’histoire du Vatican en tant qu’institution politique, auxiliaire de premier plan de l’Allemagne et des États-Unis, devenus puissance européenne au XXe siècle.
La remarquable continuité de la ligne politique, financière et territoriale de la Curie romaine est soulignée, à l’inverse de la thèse courante de l’antibolchevisme exclusif.
Émission "La raison présente", animée par l'Union Rationaliste.


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Qu’est-ce que l’humanisme : voilà une question complexe. Comment définir ces termes liés à l’homme, à l’humain, à l’humanité ? Leur emploi est de plus en plus fréquent, souvent galvaudé ou mal compris, équivoques, servant les ambiguïtés et les malentendus les plus surprenants.
Pierre Magnard se lance ici dans une vaste entreprise : remettre les choses à leur place, redéfinir des mots dont le sens originel a été oublié tout en étudiant le pouquoi de ce phénomène.
Chaque époque a ses préocupations. Le XXIè siècle se préoccupe de l’humain. Voici une intervention qui nous permettra de revenir à des notions plus justes et à des mots vrais...


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En dialoguant passionnément avec un biologiste, un mathématicien, un psychanalyste et un poète, Cornelius Castoriadis montre sa détermination de "penser tout le pensable".
Reconnaissant que l'homme ne sera jamais maître et possesseur de la nature, il démontre, dans ces entretiens, que le raisonnement philosophique n'est ni dévalué ni affaibli par la démarche scientifique. Pour lui, sciences exactes et sciences cognitives doivent avoir le même objectif : aider les êtres humains à devenir les plus autonomes et les plus créateurs possibles.
Les entretiens sont menés par Katharina von Bülow.


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Alors que notre "outre-modernité" continue à patauger dans l'absurdie, Maxence Caron et Francis Cousin affrontent le coeur du problème : la question ontologique.
Trajectoire historique du fétichisme de la marchandise pour l'un, problème de l'autoréflexivité humaine qui trouve sa résolution en Dieu pour l'autre, c'est une conversation riche en enseignements -théoriques et pratiques- qui nous est présentée ici.


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Voyageur infatigable en quête de justice, utopiste sans patrie "déloyal à tout drapeau par conviction", Ivan Illich est tout le contraire d'un rêveur ; son utopie est nourrie d'une expérience concrète qu'il a acquise au contact des pauvres et des paysans, dans les rues de New-York, avec les porto-ricains, puis en parcourant à pied l'Amérique du Sud et l'Afrique où il a appris à connaître "l'indignité de la misère".
Evêque non conformiste, il a accepté d'être le fils d'une mère indigne - l'église décadente. Il trouve dans le message évangélique et l'amour du Christ "une raison de croire dans l'essentielle beauté de l'homme, même s'il est aujourd'hui gravement blessé".
Toutes les recherches d'Ivan Illich s'inscrivent dans un vaste projet : la nécessité "d'inverser les institutions", c'est à dire d'arrêter le mouvement qui spécialise, miniaturise et paralyse les hommes, de les inciter à retrouver une "convivialité humaine", une "disponibilité à la surprise par l'autre" qui sont le fondement de toute espérance.
Il ne souhaite pourtant pas un retour en arrière mais plutôt "l'instauration d'un monde technologique sans spécialistes , qui limite les bienfaits de la technologie au seul bien des peuples".
Pour que notre civilisation technologique survive et que le "navire spatial terre" ne sombre pas, il est désormais nécessaire de fixer "non plus un minimum que tout le monde doit avoir, mais le maximum sur lequel tout le monde peut se mettre d'accord".
Un entretien mené par Jean-Marie Domenach.


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Une conférence où le philosophe Bernard Stiegler, non sans audace, s'attaque au problème du discrédit généralisé envers les élus.
Sous le regard de la psychanalyse et des sciences sociales, celui-ci décrit avec minutie les effets ravageurs d'une politique d'abandon des citoyens, devenus les "boucs-émissaires" de la déferlante néolibérale.


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Jean-Sébastien Bach (1685-1750) est l'un des plus grands compositeurs de l'histoire de la musique. La littérature abonde sur l'homme qui, parmi tant d'autres chefs-d'oeuvre, entendit et écrivit les Concertos Brandebourgeois, les trois centaines de Cantates, les Variations Goldberg, le Clavier bien tempéré, la Passion selon saint Matthieu, L'Art de la fugue, ou le continent des oeuvres pour orgue.
Pourtant, aucun de ces nombreux ouvrages n'a jamais estimé nécessaire de se pencher sur la pensée de Bach, son inspiration d'artiste, et son approche des questions cruciales de l'existence humaine.
Le premier pas qui permet de parler d'un homme qui n'a jamais fait secret de son inspiration profondément chrétienne est celui qui ouvre l'accès à sa pensée, celui qui accepte de traverser l'oeuvre que Bach a en toute conscience présentée comme sommet et testament : la Messe en si mineur. Car c'est bien dans cette messe que s'exprime l'insoupçonnée pensée théologique et catholique de Jean-Sébastien Bach, dont la musique témoigne au plus profond de la foi en l'Eucharistie.
Emission du "Libre journal des sciences".